‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 155 sur 183 · AVÈNEMENT DE L.\ LÉGISLATIVE · texte numérisé non relu

AVÈNEMENT DE L.\ LÉGISLATIVE

et suspendu comme un fonctionnaire coupable, quoiqu'on prélendit le respecter, la République hautement invoquée; c'est sous l'empire d'une telle situation qu'avait été nommée la Législative ^

* La question des deux Chambres ne fut pas même discutée : une Chambre unique succéda à une Chambre unique. Le roi ne pouvait dissoudre, ni même proroger TAssemblée, tandis qu'elle avait le droit de s'ajourner ou de prolonger indéfiniment sa session. Elle devait intimer ses résolutions au roi, qui ne pouvait à cet égard que lui faire des observations et se soumettre à ce pouvoir législatif perpétuel. C'est ce que les législateurs de 91 appelaient i une Constitution représentative dont les représentants étaient le corps législatif et le roi. » Quant à la base même de v cette Constitution, elle était toute dans le peuple, « auquel appartenait la souveraineté » et qui la déléguait. Comment un tel système de gouvernement pourrait-il se maintenir, comment cette Assemblée souveraine par délégation, qui pouvait dominer et qui dominait la royauté au nom d'une théorie, tiendrait-elle dans la condition de sujet, ainsi que Malouet le fit re> marquer, ce peuple à qui on ne cessait de dire : « Tu es souverain ?»

Peu de temps après l'affaire du Champ de Mars, Marat, qui s'était cachéy comme on l'a vu, s'apercevanl qu'il n'était pas poursuivi, avait publié cet appel au peuple, cette provocation au massacre contrel'Assemblée elle-même, sans qu'elle le fit poursuivre davantage : « Peuple, que faites-vous? Tous vos chefs vous trahissent. Armezvous de poignards ; égorgez le perfide Motier (nom patronymique de la Fayette), le lâche Bailly; courez ensuite au Sénat, arrachez-en les pères conscrits, empalez ces représentants vendus à la cour, et qu& leurs membres sanglants, attachés aux créneaux de la salle, épouvantent à jamais ceux qui viendront les remplacer. » Marat et les autres démagogues s'appuyaient précisément sur ce peuple auquel on disait : < Tu es souverain » C'était dans les passions de ce peuple, toujours, excitées et toujours soulevées, que devait être leur propre pouvoir et ce qu'ils appelèrent la république.

Page 1