‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 177 sur 183 · SECONDE EXPÉRIENCE PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

SECONDE EXPÉRIENCE PHILOSOPHIQUE

On dirait que les leçons de Thistoire sont désormais inutiles : il y a un pays, au sein même de l'Italie, le Pié* mont^ où toute TœuTre de notre première Révolution, avec soa antagonisme contre la religion, a été reprise : attaque systématique d'abord contre le clergé et les ordres religieux, dans ce pays même; puis, à la manière de notre première Révolution, irruption dans les États du pape, spoliation du souverain pontife, centre offert à tous les révolutionnaires dltalie • pour frapper la papauté, avec Garibaldi, ce la Fayette de rencontre, derrière lequel est Mazzini, qui se charge de tout résumer.

On a vu, nous l'avons déjà dit, des gouvernehients protestants : le Piémont veut nous offrir, en Italie, dans la seconde expérience philosophique qui se prépare, un système de gouvernement où des pays catholiques se passent tout à fait du christianisme, Tère des états philosophiques; car il n'y a pas de milieu en Italie pas plus qu'en France, et ce n'est pas un protestantisme quelconque qui peut sortir de la situation actuelle, du carbonarisme et des théories mazziniennes.

On n'ignore pas, au reste, qu'après le coup d'État de 1851, les chefs de la Révolution européenne, Mazzini et ses collègues de France et d'Allemagne, ont vivement regretté que la République de 48 n'eût pas pris aussitôt dans ses actes une couleur antireligieuse, et qu'ils se sont promis de retremper la Révolution à sa source première, en attaquant le christianisme : l'ambition insensée du Piémont a favorisé ce plan.

Que vient donc tenter aujourd'hui, dans le monde chrétien, l'esprit du dix-huitième siècle? d'arriver à sa dernière, à sa générale conclusion, la ruine du christia-

riX4 CONCLUSION.

niBinc, par un premier résultat, dont le triste spectacle, que nous offrent en Italie des prêtres et des religieux apostats, les déserteurs qu'on avait déjà vus en France, ne serait que la préface. C'est le résultat auquel on tend, par les procédés essentiellement révolutionnaires et antireligieux du Piémont, et la levée en masse du carbonarisme toujours armé^ sous la main de Garibaldi. C'est la dernière prétention du dix-huitième siècle et de sa tradition antichrétienne : le socialisme est derrière le carbonarisme et les sociétés secrètes*, c'est-àdire le monde sans christianisme, la barbarie du matérialisme païen qu'a fait entrevoir la Terreur de 93 avec sa déesse Raison, menaçant, après avoir souillé l'autel de Notre-Dame de Paris, celui de Saint-Pierre de Rome, le centre même de l'univers catholique et du « ^iritualisme dans le monde*. »

Voilà le but auquel, en Italie, en France, dans l'Eui*ope entière, tout ce qui est anticatholique travaille aujourd'hui.

Nous assistons à la dernière conséquence de la philosophie du dix-huitième siècle, à la dernière et suprême lutte : l'humanité s'efTorçant de refaire l'humanité en dehors de toutes les conditions d'existence que Dieu lui a

' Au moment où nous écrivons ces lignes, ii juillet 1862, nos yeux tombent sur un journal, et nous y trouvons tout le manifeste de la société secrète qui comparait devant les tribunaux, celle des cinquante^)uatre prévenus, manifeste où se résume tout le socialisme : suppression du culte, de la famille, de la propriété, dictature avec le peuple ett armes toujours, c'est-à-dire 95 en permanence, pour forcer la société à subir la transformation socialiste, où ce qu'il y a de pins ('lair est Tattaque à toute foi, à toute morale, comme à toute propriété.

* l^roles de N. Cousin.

Page 1