‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 176 sur 183 · LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

LA RESTAURATION

La Keslauration en était revenue au vœu de Meunier et dé Lally-Tollendal, elle avait établi le gouvernement des deux Chambres, le gouvernement représentatif sur le modèle de TAngleterre.

Avait-il en France les mêmes conditions de force et de durée? C'est une autre question; mais, après la chute de l'empire, qui avait emprunté tout ce qu'il avait pu à Tancien régime, moins naturellement un pouvoir antique et traditionnel, moins, sans entrer dans d'autres détails, un clergé propriétaire et indépendant, comme Ta fait remarquer M. de TocquevîUe, moins cette forte organisation de la bourgeoisie dans la magistrature avec son caractère politique, moins cette vie provinciale qui ap. parleuait encore aux pays d'états, aux villes universitaires, aux villes surtout de parlements, malgré la centralisation créée par Richelieu, on s'était replacé, pour ainsi dire, à l'origine du grand débat soulevé par la révolution de 89, et Ton en avait cherché la solution dans un gouvernement représentatif donné, sous le nom de Charte, par le roi lui-même.

On a vu ce que le vieil esprit du dix-huitième siècle avait opposé à cette solution qui semblait mettre un terme à toute lutte politique, puisque, si c'était pour la liberté parlementaire qu'on avait fait la Révolution, cette liberté, la Restauration venait l'offrir; si le gouvernement représentatif était le véritable but du mouvement d'idées de 89, on n'avait donc qu'à l'accepter.

L'esprit voltairien semblait n'avoir rien à faire dans une telle question; mais cet esprit, qui avait animé la presse la plus hostile à la Restauration, à peine la révolution de Juillet a-t-elle triomphé, se montre dans le sac

O0BaCSI05.

4e Tànkt%écàé H de Saint-Germain-r Aoierroîs, dans les ctmx des jffises afaailoes, comme dans les insultes au dLtqgky qn est toné de quitter son costume; fl cdate dass vue certaine presse et une certaine littérature, sur- Inl dans on dêvdoppement nouveau de la théorie ptiiloMfUqaf^ soos la forme de sectes qui prétendent remplacer le dhristîanîsme : oo Toit le saint-âmonisme, avec sa temmÈt fihne, arec ses doctrines matérialistes, renouvder, à sa manîèfe, le culte de la déesse Raison. Le fou* rîèrîsme. le phalanslérianisme, également matMaltstes, fw «MIS aPOBS entendu affirmer, afMés 48, dans une ckambre CraBçaise, en même temps qu'on y attaquait la propriété, qu'on déclarait que « Dieu était le mal et que la propiièlè était le toI, » qu^on |»olessait au Luxembourg le dnoi: au tniafl^ tontes ces théories, dont le socialisme «si II formule générale, nous ont donné le dernier mot 4f la plàlosoplûe du fix-kuitiéme siéde, à côté de la ftèfuUqpae en apparence anodine de 48, qui n'était ^^une préface^ en nous olErant un état de société où le dviftàiàsnie^ comme b ci\ilisation chrétienne, comme ks sMnars chiétienifees, oomme la famille elle-même, devftît ^fe;«iratne !

Aiitsi r^nrcre de InnsiHmatîon radicale du monde :si^ l^wr^uivaii et se poursuit dans les mêmes doctrines: ainsi 1 ulopîe antichrétienne qui a^ait précédé 95, et qui 1 avut ÊùL, qpii aTait JMié un Id Tù)e a\ant 89, venait <nKiw>^ ^lernr d^a^saïA-garde au sodalisme.

iV le sma&me a jrté son cri de guerre aux journées 4e Juin ci 5 test montré dans une insurrection furieuse.

n a\;ùt stttt. pMir ceb, que le mot de République repqunlt. «k4 qui n^aorail jaaaats dû reparaître en France.

A>\>tt$HiioiKS kesiain de rappeler les révolutions de

ROME. — L'EUROPE. — L'ITALIE. 58 f

Rome, de Vienne el de Berlin répondant à la proclamation de la République à Paris.

Ce caractère général de la Révolution s'était montré aussi après 1830, mais naturellement avec une moins forte expansion : 1850 n'était, pour elle, qu'une étape.

Bientôt une réaction a lieu en Europe contre les résultats de 48, on y oppose en France un second empire, partout de grandes armées.

Il faut toutefois le reconnaître, on avait vu une Chambre française, où, sous une république, les partisans du gouvernement monarchique et les défenseurs de la civilisation chrétienne étaient en majorité, voter el mener à bien l'expédition de Rome, vaincre la république romaine et rétablir le pape.

Si Ton se reporte aux lettres mêmes de Voltaire, on verra qu'il y a longtemps que le dix-huitième siècle travaille ritalie : n'y parle-t-il pas d'un ouvrage, la Réforme d^ItaliCy qui, suivant lui, y a déjà produit le meilleur effet?

Faut-il rappeler ici la république romaine proclamée par le Directoire à Rome, sous la première Révolution, le pape Pie VI dépossédé, traîné captif en France par Tordre de Sieyès, prêtre apostat et l'un de nos gouvernants % qui, de par la Constitution civile du clergé sans

* Ces paroles de M. de Tocqueville expliquent bien le mouvement antireligieux de la RéTolution au dehors comme au dedans : c Mais dans la Révolution française, les lois religieuses ayant été abolies en même temps que les lois civiles, Tesprit humain perdit entièrement son assiette; il ne sut plus à quoi se retenir ni où sVrèter, et Ton vit apparaître des révolutionnaires d'une espèce inconnue, qui portèrent Taudace jusqu'à la folie, qu'aucune nouveauté ne put surprendre, aucun scrupule ralentir, et qui n'hésitèrent jamais devant

(loule, donnait au souverain pontife, prisonnier et persécuté, le nom de ci-devant pape î

Depuis lors le germe de..la ]rèyol^tion a été déposé dans les États romains; mais le où il Ta été surtout, c^jQst dans les idées anticatholiq^eSfiOt antich^étiei^nes quf travaillent TEurope, et dont le quartier général eat.^ujours au miliiau de nous, dans les livres, dans la presse et dans les sociétés secrètes : la guerre, parmi nous» au clergé, à toutes les institutions religieuses, rép(Hid à cette destruction d« pouvoir temporel et de Tindépendance du souverain pontife, qui est aujourd'hui le premier but d'une révolution, conséquente avec son origine, et qui, avant tout, ennemie du christianisme, philosophique à la manière du dix-huitième siècle, veut écraser le christianisme dans la papauté, dans le successeur de Pierre, frapper en lui à jamais la tradition chrétienne.

Ici wqore des institutions représentatives, municipales, comme on Ta dit, sont-elles en question ? I^ pape ne les avait^l pas données, ces institutions? Et comment ont-elles été interprétées? Par le meurtre même de son ministre I Voilà comme les carbonari les entendent I

IVx^tiUoii d'aucun dessein. » (V Ancien Héçime et la RéiH>lutionf par M. do TocqnfTille, p. 259.)

UuaiHi cm réllMiît à ces paroles de M. de TooqiieviUe, cet ami sîiH>\re du gou^'erneineiil représentatif, en présence surtout de Tétai actik^l de ritalie, ou ne peut que souhaiter au gouyernement repréaentatif lui-nrànie de distinguer de plus en plus sa cause d'une telle r^volutiiui et d un tel moureoient d^idées, Qoe devrait être» en ^fet» lo ^iTemeoH^t représenlatir? La représentation des forées vives d une société et non leur destruction, Taffinnation d'une société ot IKH) sa né^tion : Tesprit du dix4iuitièaie siècle n'a fiiit que coin- IMMUhHtre legouTemement représentatif» qu'il n'a point eréé, et il ^t timt prêt ai^iourdliui à le laisier périr dans quelque convulsion im|^ et socialiste.

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