‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 27 sur 183 · LES BRIGANDS · texte numérisé non relu

LES BRIGANDS

A peine une courte rencontre a-t-elle eu lieu entre les troupes et le cortège qui suivait les busles de Necker et du duc d'Orléans, à peine la désertion des gardes françaises a-t-elle fait de nouveaux progrès et s'est-elle changée en lutte ouverte, dès que les troupes ont évacué Paris, on voit intervenir dans le mouvement qui se prononce, des hommes auxquels la plupart des historiens s'accordent à donner le nom de brigands^ nom terrible mais vague, sur lequel il importe d'être fixé*. Suivant tel historien, il y avait la bonne et la mauvaise insurrection; l'une bourgeoise, l'autre ouvrière, suivant tel autre', lorsqu'il s'agissait d'une si grande cause, il ne faut pas se hâter de condamner les mouvements de la justice populaire.

Ces ouvriers, ceux que dans d'autres circonstances on a appelés les Bras nuSj et que nous avons vus dans les journées de juin 1848, brisent les bateaux de la ferme générale, délivrent les prisonniers de l'Abbaye et de la Force, sous la conduite de l'huissier Maillard, forcent les boutiques d'armuriers, pillent le couvent de Saint-Lazare, et, la nuit, parcourant tout Paris avec des torches qui jettent une lueur sinistre, y excitent par leurs clameurs et leurs appels à l'insurrection, cette fièvre dont ils sont eux-mêmes atteints.

'c Le tumulte était à son comble, dit M. Mignet, diacun nerece» Tait d'ordre que de sa passion, A côté des citoyens bien intentionnés étaient des hommes suspects qui ne cherchaient dans l'insurrection qu'un moyen de désordre et de pillage. Des troupes d'ouvriers, employés par le gouvernement à des travaux publics, la plupart sans domicile, sans aveu, brûlèrent les barrières, infestèrent les rues, pillèrent quelques maisons; ce furent ceux qu'on appela les brigandsj^ (Mignet, Histoire de la Révolution, t. I*% p. 90.)

* M. Louis Blanc.

h\\ulres tîtaient accourus à THôtel de Ville, où quelques iMiH.ieui*s se Irouvaienl réunis. La foule qui arrive, crie: Aux armes! Les électeurs lui livrent celles qui sont à leur disposition et qu'il serait difficile de refuser. Au lieu do la garde de Paris, on place comme sentinelles aux porlos de Tllôlel de Ville, les hommes qui viennent de pivudiD part à Témeute-

Si>us rinfluence du mouvement qui se prononce dans Taiis évacué par les troupes, les électeurs, dont TAssernbKv, dés Torigine, s'est constituée en face du pouvoir et des étals généraux, s'érigent en conseil souverain et ordoiHieut la convocation de tous les citoyens qui devront former aussi dans leurs districts soixante assemblées déli" b&untes. Ou le voit : hier le pouvoir monarchique était dans son unité, le lien de l'État; aujourd'hui le système électif est partout. Paris n'est plus qu'une assemblée, ou plulO^l qu'une réunion d'assemblées; mais à ce pouvoir qui s'organise en dehors du pouvoir existant, il faut des Inuipes ; le lundi, 13 juillet, les électeurs se déclarant en pormauouoe» décrètent la formation d'une garde de quaruutt^huit nulle hommes, sous le nom de milice pari- Mioune; ou lui donne la cocarde rouge et bleue, les coulouiH do Paris; c'était la garde nationale.

(Vllo garde, qui sous l'impulsion du moment sera hiouUH furu)ée dans la France entière, vient en même (ou^is, au point de vue de ceux qui l'organisent, résister \\\\\ brigands qui représentent l'anarchie dans tous ses (iV^H^^i soutenir la révolution et la liberté; elle est comme \w liM nulle armée de l'esprit nouveau et des craintes que \\\\ iutîpiro rintervention des masses populaires dans sa >U'loito,

W\^i depuis quelques jours, les électeurs de Paris en-

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