SITUATION ET POLITIQUE DU POUVOIR
du roi étaient bien connues de TÂssemblée et de ses principaux chefs.
Nous ne cherchons ici qu'à établir un fait, la situation réelle du gouvernement de Louis XVI et sa ligne de conduite. Avait-il tort ou raison? Ce système d'attente avec des forces considérables était-il en deçà ou au delà du parti à prendre? Eût-il^ieux valu garder Necker, rester passif entre TAssemblée, l'Hôtel de Ville et le Palais- Royal? Ou bien le roi devait-il en appeler à la force et imposer à TAssemblée, comme plusieurs historiens lui en attribuent l'intention, la déclaration du 23 juin? L'étude d'une telle question doit avant tout ressortir des faits. 11 est naturel qu'elle se présente en son lieu, mais le premier devoir d'un historien est de donner aux faits eux mêmes leur véritable caractère : nous croyons n'y avoir pas manqué. Offraient ils alors la suite logique qu'ils peuvent nous présenter aujourd'hui? Non sans doute, et n'est-il pas facile de comprendre qu'au lieu d'embrasser du regard tout l'ensemble d'une situation, qui pouvait, qui devait plus qu'aucune autre, avoir ses périlleuses obscurités et ses doutes profonds, un esprit mesuré surtout comme celui de Louis XVI, la suivit plutôt dans ses développements pour se décider suivant les circonstances. C'est ce qui explique comment ce prince avec des forces considérables et un nouveau ministère qu'il avait appelé dans une situation toute nouvelle pour un successeur de Louis XIV, ne se hâtait pas de prendre un parti.
Or, si l'initiative est ce qui manque le moins aux révolutions, aucune ne devait en avoir plus que la révolution de 89. L'initiative était dans sa nature et dans son principe.
(]'esl ninsi que les électeurs qui, dès la réunion des iMuls généraux, avaient formé une sorte de club à THôtel tlo Ville el correspondu avec l'Assemblée, prirent la direction du mouvement qui avait commencé au Palais-Royal, dans le moment même où les plus graves désordres avaient lieu dans Paris.
Ces élecleui^s, bien que peu nombreux, représentaient une partie considérable de la bourgeoisie parisienne; acceptant les idées nouvelles dont elle désirait le triomphe, appartenant à ce mouvement d'opinion qui avait déji\ amené la formation d'une assemblée unique et constituante, c'est-à-dire la révolution législative, elle craignait les excès et le règne de la rue, quand ils se produisaient sous une certaine forme. Un historien contemporain de cette époque s'étonne de l'autorité dont quelques individus s'étaient alors emparés, de l'influence qu*ils exercèrent dans une ville comme Paris, et de cette mesure qu'ils purent faire adopter de la formation immédiate d*une gaixie bourgeoise qui fut la garde nationale ^ Nous croyons que, pour expliquer l'influence de bien des hommes à dater de 89, il ne feul pas s'arrêter à leur importance personnelle, mais au mouvement d'idées qui les pousse, et à certaines opinions dont ils ne sont que les instruments bien passagers.
On dirait que les principes, alors proclamés, changent d*hommes comme de relais, el que, suivant l'époque dont ils servent les tendances, souvent les passions, ces hommes se succèdent sur la scène révolutionnaire.
Cette émeute du 12 juillet offre un double caractère :
* Gel lustorien eslBesidieu, évidemmait royaliste, mais boui^eois, oi gt^nt^^alement conU^ire à la cour.