‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789 (volume 3)Chapitre 92 sur 183 · INSTANTANEITE DE LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

INSTANTANEITE DE LA REVOLUTION

procher ici ces deux dates, qui ont un rapport logique très-étroit, et dont l'une est la conséquence de Tautre.

Il y a même lieu de s*étonner que celle conséquence n ait pas été plus rapide, si Von songe à la situation que les journées d'octobre avaient faite au pouvoir.

Nous croyons qu'on peut consulter très-utilement, à cet égard, deux témoignages qui forment comme le testament politique de celte partie de TÂssemblée, qui avait voulu fonder en France le gouvernement constitutionnel, imité de l'Angleterre*.

Mais si l'on se demande pourquoi une révolution, si prompte dès son origine, ne l'a pas été encore davantage, n'a-t-on pas bientôt reconnu qu'il y a une proportion à établir entre tout ce long passé, ces antiques institutions que la Révolution de 89 avait entrepris de détruire, et le temps qu'elle put mettre à accumuler ces ruines, sans lesquelles il lui semblait impossible de fonder ce qu'on appelait alors un ordre nouveau? Il suffît d'un regard jeté sur cette avalanche de démolitions pour en admettre l'inslantanéilé comme la promptitude de la transformation opérée des 5 et 6 octobre 1789 au 14 septembre 1791 *; moins de deux années, pendant lesquelles tout parut tomber sous le même marteau, et l'administration, formée surtout par Richelieu et par Louis XIV, où le tiers-état, sous le régime des intendances, sous les ministères bourgeois, avait tenu, comme on Ta vu, la première et la plus grande place dans le gouvernement et l'administration ;

* Voir, à TAppendice de ce livre, les explications très-reraarquaquables de Meunier sur les motifs et les circonstances qui lui ont fait donner sa démission de député, et la lettre de Lally-Tollendal, dont la pensée est la même.

' Jour auquel le roi accepta la Constitution.

5jO chapitre vm.

et l*ordrc judiciaire, qui avait été, pendant tant de siècles, Korganisation, l'honneur, la noblesse même des classes bourgeoises; ce qui, dans une révolution, d'abord entreprise au nom de ces classes, indiquait à la fois, et un esprit qui n'était pas le leur, et un avenir prochain, dont elles pourraient s* effrayer. Cet avenir ne se cachait-ii pas derrière les absiractions de Sievès, et cette théorie sur le tiersHL'tat, où il confondait tout pour diviser, ce roman qu*il avait été le premier à prodamer, démenti qu'il avait donné à toute l'histoire de cette France, où la royauté avait tant fait pour et par la bourgeoisie, déclamation qui avait évidemment servi de texte aux premières résolutions de I Assemblée constituante *?

I.a théorie au nom de laquelle Sieyès avait afiinné que la Franco pouvait se passer d*une de ses classes supérieures n'allaîl-elle pas bientôt être retournée contre le okNTgè. contre FÈvangile et ses conseils de perfection, oMitre la bourgeoisie eUe-mème?

Cola o:st si vrai« que plusieurs historiens* ont voulu voir «toiix rôxviklutions dans les évànements de 89 et des anmVs sua^audlos. Fane booi^eoise^ Fautre populaire, tandis qull n> on a ou qu une^ sortie des mtaies idées, des imHi>ets thoorios^ dos mémos principes, et que Funité de b Row^iulion do 8.^ est rèeHcfDont imttaquaUe.

^1 il y ait des distinctioRS i faire entre ses acteurs, as- ^^in^nv^nt ollos s^Hit rè^dles et profondes: mais, quant à $0$ diwrsif^ OMistilutioiis. au principe surtout qui en était b Kn:^^ los faits domontrennt jusqu'à Févidence qu'il

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