IL NY À EU QU'UNE REVOLUTIOIV
n*y a eu qu'une révolution en France, celle que tout le monde, depuis 89, appelle la Révolution française, celle qui agite encore TEurope.
Nous avons cru nécessaire d'indiquer d'abord par quelques mots Tensemble d'idées et de faits qu'embrassent ces deux dates, les 5 et 6 octobre 1 789 et le 1 0 août 1 792.
Après les journées d'octobre, il y eut à Paris une quinzaine de calme, comme si, après un si violent accès, la Révolution devait se reposer quelques jours au moins. L'Assemblée se réunit encore plusieurs fois à Versailles; à peine eut-elle ouvert ses séances à Paris', qu'un nouveau meurtre, celui du boulanger François, victime des soupçons les plus faux, montra que les crimes de la rue n'avaient pas cessé. Il est vrai, rare et honorable exception pour l'Assemblée, ce meurtre fut puni, et une loi martiale votée, grâce surtout à M. de la Fayette. Peu de temps après, la condamnation à mort du marquis de Favras, imposée au Châtelet par la populace de Paris, devait donner à celle-ci une satisfaction barbare, le supplice d'un gentilhomme exécuté par le bourreau '.
Mais une fois le roi et l'Assemblée à Paris, une question se présente d'abord : quoique le roi y ait été amené prisonnier par l'insurrection, quoiqu'on ne puisse prévoir qu'un dernier effacement dans sa personne de l'autorité souvc-
* Elles commencèrent le 19 octobre.
> Le supplice du marquis de Favras eut lieu le soir, • à la lueur des torches et des lampions, i> d'après Droz. t II entendit sans émotion, ajoute le même historien, les applaudissements, les injures et les plaisanteries d*une multitude féroce... La foule, qui depuis huit heures du matin attendait sur la place, le demandait à grands cris, impatiente de voir pendre un noble, i (Droz, Histoire du Régne de Louis XVI, t. ni, p. 74.)
338 CHAPITRE Tlil.
raine, n'imporle-t-il pas d'apprécier le caract de cet efbcement?
On l'a vu : à Versailles, il y avait encore, d roi, Rambouillet, une retraite armée que lui diquée M. de Sainl-Priest, un retour peut-être : est vrai, la lutte de Charles I" contre son parlen dans d'autres conditions peut-être, quoique le poussé ce projet. Maintenant ce roi qui avait coi étals généraux, qui avait donné au tiers la dou sentalion, après tous les événements intervenu vait à Paris tout près de l'Assemblée, qui siège pas de son palais, non plus à quatre lieues de u 1: souveraine, » mais au milieu même de cette pc
On put dire, dés lors, que tout le gouvernei France était comme resserré sur quelques i terrain : ici un roi captif qui pouvait à peine Tuileries, là une assemblée souveraine de mille des galeries remplies de deux mille spectateui tenant en majorité aux classes populaires, et vingt mille hommes presque toujours entassés jardins des Tuileries, ou formés en groupes, ( surtout la terrasse des Feuillants, en face de h séances, comme la garde de la Révolution, ] multeux et menaçant, assistance qui était prt émeute toujours debout, et dont les clameurs saient dans le château comme dans l'Assemblèi
Ce fut un des premiers changements, celui riel, qui résultèrent de la résidence du roi à 1 mise en scène toute révolutionnaire ilans « la c la Révolution, » où la populace n'avait plus à se pour rendre au roi ses visites souveraines, et où pour parler comme M. Mignet, était sous la sui