‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 33 sur 156 · FIER SIGÂMBRE, BAISSE LA TÊTE · texte numérisé non relu

FIER SIGÂMBRE, BAISSE LA TÊTE

Ce fait n'est pas contestable pour tout homme qui a lu et qui sait lire; il est écrit à chaque page derhisloiredeFrance.

Au milieu de tous les vices des hommes et malgré leur corruption, le christianisme, cette force constitutive de la nation française, a traversé notre histoire; elle est encore au milieu de nous.

Si, comme nous Tavons déjà indiqué, les éveques de la Gaule n'avaient point exercé une si grande influence sur les conquérants barbares, s'ils ne les avaient point convertis, que serait devenue celle Gaule arrachée aux Romains? Si le christianisme, en un mot, ne s'était pas trouvé dans le monde, à la chute de l'empire des Césars, l'Europe entière, comme la Gaule, ne se voyait-elle pas précipitée dans un état de barbarie dont on ne pouvait assigner, le terme? Si les conquérants, qui ne connaissaient qu'un droit, celui delaforce,ne s'étaient pas soumis à une force supérieure, si la religion n'avait pas pris un grand empire sur ces natures pleines d'une sauvage indépendance, quel lien social et politique eût-on pu établir entre des races ennemies? Des peuples venus, comme plus tard les Turcs, pour tout soumettre à leurs armes, s'étonnent de céder devant des paroles, mais ils cèdent! « Fier Sicambre, baisse la tête, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ^ »

Il nous vient souvent à la pensée que l'admiration des Socrate et des Platon aurait été bien profonde, s'ils avaient pu assister à un tel spectacle : l'intelligence régnant au

* n ne s'est pas trouvé de saint Rerai pour dire aux Turcs ce que saint Rémi dit à Clovis, et Tesclavage des Grecs, comme de tous les clintiens orientaux, qu'une même religion ne rapproclia pas de Ieui-3 conquérants, a montré quel eût été Tétat de l'Europe sous des mai- Ires barbares et païens. (Note de Tauleur.)

!»► iJiâfJTIil Tl!

iiciiii (ir Iheu i'i loiidaDt une M*cir'it' au milm] des annes et <i(* la a»nqii(^te ! Cef (rancs. ce Ckmb^ éiàkeni-ik donc \riiij^ dans lis Gaules pour s'aiienouiller. et quelle puis- ^iMU'c vt*s é\«V|ije«, «-s piètres ^'unros rvaient-iîs pour li> \ ('fiiilraiiidre'.'

M.iîn, â l'ôlé de cette converûon extraordinaire des eo-

uiliissi*iii*s de la Gaule^il} a un fut signalé par M. Gnizot,

iLiiis Niiii histoire de la civilisation, qui ne s'adaptait pas

il iiiir iiiiiiiii^re moins ment-illeuse â la situation de cède

1. 1 aiiilr tiiiilrrt* qui allait devenir la France, qu'à celle de

liHiif 1 1 iin)|ic\H ce fait ressortait delà nature de IXfflise.

il iiiK* liirrnrrliic qui se trouvait Tordre même en face du

i)4>N(inliv (Ir tiuil un monde : comme Ta si bi«i dit M. Gui-

v*A, f« 1 i-^liM' st*uloélait alors une socictêrêpilièrenieDt

«NMixiiiiifV (I ofïrait à ce monde une nouvelle et bien plus

i.i.'iit()r iiniic'' :i In plac^^ do l'empire romain qui 5'écroo-

0«»««hI on ii^fliVliit à la nature de cette société, dont les

iKmin jMi^niii'^n'N lui^MS sont la foi en la vie future et le

i\i'\o\\ il.'uiN oi'lIcM'i^ quand on voit toute une hiérarchie

il«^ n^Npot'l cl i\c Nonmission, de dévouement, fondée sur

r«^N ilonx pnniipoN^ où It^prit commande toujours, on

Oi)nuiN\ o\Mvc <v> deux forces matérielles, celle des

HoniainN qni Muvomhail et celle des barbares qui était

\ h t«>rtonN<\ qui ù\W\\ tout envahir, la mission d*une telle

^1>^hM1'' I rvi ollc\ en effet, qui vient recueillir les naufira-

J^1'^^ de lompnv i\>n)ain, leur ouvrir un port de salut au

nnlion de eeiio f^i^nde tempête où périt un monde; mais

\^\^^y^ une M>n<M*\ qui nVsl comparable à rien de ce qui

i\\i\\\ evivi^'^ jusqn'îtloi^, à aucune organisation religieuse

1»^ I iinliqnil*'', h nueun sact^rdoce, apporte, avec sa force

' M (iihmiI, t oN'Sirkistùiir modcm\ 3* leçon, p. t^.

i; ÉGLISE. 1>9

loule spirituelle, avec son chef unique, un secours nécessaire au monde d'où Tunité romaine disparait sous les pas des barbares, plus la grandeur d'une telle société ressort dans un événement qui est Torigine même de TEurope moderne. N'est-il pas évident, en effet, que cette société religieuse, TÉglise chrétienne, a fait tout d'un coup planer au-dessus de l'anarchie de la conquête et de l'absence de toute société civile, de ce vaste empire déchiié, dispersé, jeté à tous les vents qui soufflaient du Nord, un point de ralliement universel? C'est de ce pointlà d'abord que part l'histoire de France.

Quels que soient les faits politiques qui interviendront, il est difficile que cette origine religieuse de noire société, qu'on la respecte et qu'on la vénère, ou qu'on la méconnaisse et qu'on veuille l'effacer, ne se représente pas toujours*.

^ Nous reproduisons ici le passage de M. Guizot, relatif ù TEglise, dont nous avons déjà cité quelques mots : « L'Église était une société régulièrement constituée, ayant ses principes, ses règles, sa discipline, et qui éprouvait un ardent besom d'étendre son influence, de conquéiir ses conquérants. Parmi les chrétiens de cette époque dans le clergé chrétien, il y avait des hommes qui avaient pensé à tout, à toutes les questions morales et politiques, qui avaient, sur toutes choses, des opinions arrêtées, des sentiments énergiques et un vif désir de les propager, de les faire régner. Jamais société n'a fait, pour agir autour d'elle et s'assimiler le monde extérieur, de tels efforts que l'Église chrétienne du cinquième au dixième siècle... Elle a, en quelque sorte, attaqué la barbarie par tous les bouts, pour la civiliser en la dominant. » (M. Guizot, Histoire de la Civilisation, 3« leçon, p. 23.)

Il est remarquable que Tavénement de la troisième race a lieu en France précisément vers la fin du dixième siècle, en 987, à la suite de cette longue influence exercée par la civilisation chrétienne sur 1» barbarie. (Note de Fauteur.)

ICO CHAPITRE Yll.

Après avoir conquis ses conquérants sous bien des formes, rÉglise chrétienne conserve et développe cette société qu'elle a sauvée.

S'agil-il de Tagriculture, ce sont les ordres monastiques qui, loi'squ'elle est à peu près désertée, entre les attaques incessantes d'envahisseurs nouveaux et Tavénement du régime féodal, toujours guerroyant, offrent le modèle de cet art, sans lequel il n'y a pour les peuples qu'une vie nomade et presque sauvage.

S'agil-il des lettres, des sciences, ce sont encore les ordiYs monastiques et le clergé qui seront les institul(Hu*s do la société nouvelle.

Avons-nous bt^soin de le rappeler? Si, après la chute de Tompiiv ix>main, on cheixhe où sont les écoles, on ne les ivlixuivora que dans les cathédrales, sous le patronage dos éNiSjuos^ ot dans les monaslèi^es. Cette instruction classique, ces langues anciennes si parfaites, cette histo'nv do 1 anliquilé. tout ce qui forme aujourd'hui les |^'iuoi|Kdos* iKist^ do notre enseignement est d'origine ^^^MS\^^^Kdo ol mouasliquo»

No^^s l'iUv^Uî^ dil : KKirlise avait entrepris une œuvre oius^^N^ (4u^ 0^lo\<\\ ivHo de Tèducation même, de la ci- \iliixiUi\M\ dos K^rtvirx^ de la nêtorme de leurs idées et de (ouiN uu^HU^ ; l\s)uoalù>ii qu elle donna dans les cloîtres ol lo< \\iUu\li^lt>Sx no fut que la conséquence de la pre- «Mv^^w i'\^^l ^ù\5^ qu\^U^ |vjir\iul à former la société nouw^Uox >\ l^ K^ùv onUxH^ \Ui^ vt4te civilisation qui est celle ^W Is^ Vu^UxW v\muiH"' <iUi wrs4<^ Af rEun>pe, qui dans tout \s^ vj\^ oUo s'^ d luu^MÙu <iW |mr^ de j:é*iéfi?ux, d'élevé, mév^^\ n\ v^ j|^>iHN l^Uw K^ iivMii Ac^ àvîfeation chrétienne, unn^^^ v\^^^ MN>t H'^^^HN^^^ <(^v>4i¥j«tt^ «e pfuxwit lui refuser.

v^ K^^^ ^v»^ s^^xt^WKstt^ Af »rv^ ïw«$ étendre ici, nous

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