‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 34 sur 156 · U NATIONALITÉ FRANÇAISE · texte numérisé non relu

U NATIONALITÉ FRANÇAISE

montrerions TÉglise qui, sous les derniers empereurs romains, avait une grande part à l'administration municipale, la conservant aux peuples conquis, maintenant ainsi la cité qui était menacée de périr, sous Tempire de la France germaine, des mœurs errantes et barbares ^ Mais en ce moment nous nous bornons à de simples indications.

Ce serait, au reste, un grand et magnifique travail que celui qui, réunissant dans une même élude tous les éléments qui ont contribué à former la nationalité française, reconnaîtrait à chacun sa part légitime, sans attribuer à aucun une part exclusive. Nous n'avons pas la prétention, dans un cadre que nous ne voulons pas trop élargir, d'aborder une telle élude d'une manière complète; au moins chercherons-nous à en faire ressortir toute la portée.

Nous venons d'indiquer Tintluence capitale et première du christianisme et de l'Église sur la nationalité française.

La seconde influence qui a été assurément la plus grande, à l'égard de cette nationalité, est celle de la monarchie.

Nous aurons souvent, dans l'œuvre que nous avons entreprise, à parler de l'Église et de la religion, ou plutôt nous les retrouverons partout, parce qu'elles sont étroitement unies à toute l'histoire de France ; en ce moment, nous devons surtout faire embrasser d'un même coup d'œil les grandes lignes de cette histoire.

Il y a, au commencement du livre que nous écrivons, deux parts à faire, pour ainsi dire, celle de la religion, du clergé, et celle de la monarchie, de la royauté.

Ces deux premiers éléments de notre nationalité et de notre civilisation se sont bien souvent unis, et dès

* Cours d'histoire moderne par M. Guizot, 2* leçon, p. 'i8.

l'origine, dès la première tentative d'une royauté dans les Gaules envahies, depuis le baptême de Clovis; mais il leur est arrivé de se distinguer, si nous pouvons nous exprimer ainsi : voilà comment, après la royauté barbare et guerrière, nous avons vu se former un pouvoir civil, un pouvoir qui, se faisant une place à lui dans noire société, a fondé, avec la troisième race, la royauté française, mais sous le patronage de cette foi qui avait changé et civilisé les barbares.

L'union qui se forma entre la première image du pouvoir qui parut dans les Gaules après la chute de l'empire romain, et le christianisme, paraît bien dans ces paroles d'Avitus, évùquc deVienne, adressées à Clovis, où il caractérisait ainsi la mission du nouveau roi : « La Providence vient de trouver en vous un arbitre à notre époque ; tout en choisissant pour vous, vous décidez pour nous tous. Votre foi est notre triomphe. »

Cotte alliance entre cet essai de monarchie, qui fut la royauté de Clovis, et le christianisme, était, on peut le diitî, le premier acte de pacification et de civilisation de Itt conquête l>arbare. Cette conquête entrait dès lors dans une voie nouN'elle, étrangère à toutes les causes qui avaient amené Tinvasion- Clovis, accueilli par tout le t^le^^x^ eathoUque des Gaules comme un défenseur des !Ï4^u<e!5; centre U barbarie païenne et contre larianisme des > isigx>ths, rapprochait aussitôt la France de la Rome t^î^thAh<jne. la monnrohic qui devait être un jour la mon^^ivl^ie tV,iiK^i^ <1<" '^ papautés ce premier et grand tvnhv iV^ la oiviii^wntion nouvelle,

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