‹ Nouvelle histoire de la révolution de 1789Chapitre 80 sur 156 · EDUCATION DE LOUIS XYI · texte numérisé non relu

EDUCATION DE LOUIS XYI

on n'eût pu lui refuser une place à Tacadémie des sciences S »

Nous remarquons, dans un historien qui s'est occupé d une manière toute particulière du règne de Louis XVI, et avec une résolution très-sincère d'impartialité, une assertion qui n'est justifiée par aucun fait, c'est que le duc de la Vauguyon, gouverneur du jeune prince, l'avait élevé « dans l'ignorance de l'art de régner*. » Rien ne justifie cette assertion. Le duc de la Vauguyon était fort pieux, et c'était en partie à cause de ses sentiments religieux que le Dauphin, père dej^ouis XVP, l'avait choisi comme gouverneur de son fils; mais en quoi ces sentiments excluent-ils, chez le gouverneur d'un prince, les idées politiques? Le duc de la Vauguyon, au contraire, dirigea de bonne heure les idées de son élève vers les hautes pensées qui doivent dominer dans le cœur d'un roi.

Louis XVI n'avait que onze ans lorsqu'il devint l'héritier présomptif de la couronne. Son gouverneur voulant, dans la charge qui lui était confiée, s'entourer des meilleurs conseils, écrivit à un des anciens bibliothécaires

* Louis XVIy par M. de Falloux, p. 18.

* Histoire du règne de Louis XV I^ premier volume, p. 88, par M. Droz.

» Le Dauphin était lui-même un prince d'un mérite éminent. U portait une estime particulière à M. de Machault, le meilleur ministre de son père, dont la sagesse et Thabileté auraient pu donner aux finances de TÉtat une meilleure base, s'il était resté aux affaires. Le père de Louis XVI, s'isolant dans Versailles, de la cour de Louis XV, s'y occupait d'études sérieuses : « Vhistoire, disait-il avec une haute raison, donne aux enfants des leçons qu'on n'ose pas faire à leurs pères ; » il s'apprêtait, s'il était appelé au trône, profondément religieux et dévoué aux grands devoirs qui l'y attendaient, à beaucoup réparer.

336 CHAPITRE XYUI.

de la Dauphine, le P. Berthier, exilé de France avec son ordre % pour lui demander sa pensée sur les principes qui doivent régler la vie d'un prince. Nous empruntons à un historien, qui a reproduit quelques parties de ce travail, les idées chrétiennes, sages et élevées, dans lesquelles se formulait la réponse du religieux. On en jugera par Textrait suivant*.

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