LICHENS
à l'air ; les vieilles grilles ou portes eu fer, les vieilles vitres eu sout fréquemineut couvertes. Ayaut besoiu, pour se développer, de l'air, de la chaleur et de la kuuirre, ils viveut très lougtemps; et colorés des nuances les plus diverses, ils ofl'rent rarement la couleur verte, ce qui n'est qu'une conséquence de leur état ordinaire de sécheresse, car ils prennent cette couleur dès qu'ils sont mouillés et humides, en même temps que leur tissu devient mou, flexible et facile à déchirer. Les Lichens se développent sous tous les climats, dans tous les sites. Dans les régions polaires, où aucune autre plante ne peut venir, ils constituent en quelque sorte le fond de la végétation; sur les hautes montagnes, au voisinage des neiges perpétuelles, ils représentent le dernier terme de la vie organique et forment, par l'abondance de quelquesunes do leurs espèces, une région botanique spéciale, la région des Lichens. Dans la nature, les Lichens jouent un rôle important. Ils constituent la première végétation qui apparaît dans les endroits les plus arides, sur les rochers les plus durs. Par leur désagrégation, ils laissent après eu.x une faible quantité de terreau suffisant pour faire vivre quelques autres cryptogames de petites dimensions, comme les Mousses, lesquels préparent déflnivement l'apparition des Phanérogames.
Doués la plupart d'une saveur amère, les Lichens renferment presque tous une matière azotée gélatineuse et une fécule abondante qui les rendent très nourrisants. Aussi sont-ils employés comme substances alimentaires dans quelques contrées, dans les régions glacées du Nord surtout, où ils forment la base de l'alimentation des classes pauvres, parfois même des animaux, offrant d'autant plus d'iutérêt sous ce rapport qu'aucune espèce n'étant vénéneuse, toutes peuvent être employées à cet usage.
La famille des Lichens renferme un grand nombre d'espèces, près de 1,500 à 2,000, toutes réunies par Linnée, qui n'eu connaissait qu'une petite partie, en un seul genre, rapporté à la famille des Algues, dans laquelle les a maintenues Jussieu. Leur étude plus complète a permis d'en former des genres assez multipliés, une soixantaine environ, et d'en constituer une famille distincte que quelques auteurs même ont élevée au rang de classe. La famille elle-même peut se diviser en plusieurs tribus, déterminées par Fries, suivani
la disposition des organes reproducteurs, ainsi qu'il suit :
110 Tribu. — HTMÉNOTHALAMÉS .
Apotbéoie sur un réceptacle spécial, et foraiant un appareil distinct. — Tribu la plus uombreuse, renfermant presque toutes les espèces utiles, et pouvant être subdivisée elle-même, suivant la forme du tballe, eu trois groupes :
A. LiCHEVS FRUIIcnLEUx ou RAMEUX. Thalle ramifié, en forme de petit arbrisseau à base étroite, ou en filaments plus ou moins étalés.
Cenomijce rangiferina Acharius, Cladonia rangiferina DC. (Lichen des reunes), petit buisson serré, formé par la réunion de petites tiges creuses, droites, molles, blanchâtres, très ramifiées, à rameaux lobés, aigus, perforés à l'.aisselle, les uns courbés d'un même côté, les autres
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poi'tant au sominot les apotlujcies sons fonne de tiibovcnliis Iji'iins. — KsiicVce tWjs commtiiic (iuiis le Nord, vonmit diins los bois iiioutagnenx, les laiidos, les prairies, sur les peloiiaca, et disparaissant dans le raidi de la France , ai ce n'est sur les montagnes éleviies, oi'i on la voit tonjour» reparaître, formant de larges gazons que le moindre brouillard rond mous et flexibles. Croissant surtout en abondiuioe dans le voisinage du pôle, sous los neiges do la r,a|ionie, couvrant une grande partie du pays, ce Lichen constitue, pondant les longs liivers de ces contrées, l'unique nourriture des rennes qui le découvrent parfaitement sous la neige. Dans la Suéde et la Carniole, on le donne aux ti'oupoaux il l'ei'igrais. Dans nos climats, les cerfs, les daims, les clievrewils, les lii'vrcs et les lapins mîïme s'en accommodent parfaitement pondant l'iiiver j et dans quelques cnnton.s, on le 'fait manger aux cochons. On pourrait, dans les localités oii il est commun, en étendre l'usage et l'employer, après l'avoir débarrassé de son amertume, h la nourriture de l'homme. On a essayé enfin de le distiller; ainsi, nn professeur de chimie de Stockhcjlm, M. Stenberg, est parvenu il le transformer en alcool, et à fabriquer, avec ce végétal, nue eai.-de-vie commerciale devenue la base d'une industrie qui existe déjà en Suède et en Norwége.
Cenomyce pijaidata Ach., — C. coccifera Aeh., — C. nnrialis Ach., — espèces voisines, communes sur les pelouses sèches, dans les bois, les fossés, etc., et utilisées comme béchiques.
fiooe/(o tinctoria Ach. (Rocelle, Orseille des Canaries, Lichen de Grèce), thalle de 5 ii 6 centimètres, lï rameaux arrondis, — venant sur les arbres et les rochers maritimes, et dont on retire, ainsi que de quelques espèces voisines, un principe colorant servant à fabriquer le tournesol en pain.
liorrcra furfuracetis Ach., — Hamalina fra^rinna Ach., — espèces se rencontrant, ainsi que les diverses UsnÉes Usnea Ach., sur les troncs d'arbres.
B. Lichens TOLIACÉS. Thalle formant une expansion membraneuse étalée ^ lobée ou laciniée, à lobes plus ou moins ondulés, imbriqués et fixés au support par un ou plusieurs points
Cetraria Islandica Ach., Physcia Islandica DC. (Lichen .d'Islande), expansions foliacées de H il 10 centimètres, dures, élargies, ramifiées, ii lobes obtus, irréguliers, écartés, creusés en gouttière, ciliés çii et là, d'un gris roux, formant une sorte de gazon serré ; apothécies scutelliformes, brunes, grandes, entourées d'un bord cilié, peu nombreuses — Espèce la plus remarquable et la plus célèbre de la famille, très abondante dans les régions septentrionales de l'Europe, non-seulement en Islande et les autres contrées froides, où elle vient sur les rochers, à la surface du sol, dans les lieux secs et pierreux, mais encore en Allemagne, en France, où on l'observe sur toutes les montagnes, couvrant p.arfois de vastes espaces et descendant dans les plaines jusqu'aux environs de Paris. Très amer et très riche en fécule, doué d'une valeur nutritive supérieure même à celle du blé, ce Lichen entre pour une part importante dans l'alimentation des peuples du Nord, surtout en Laponie ou en Islande, où les céréales et les autres matières alimentaires sont rares, et dont les habitants, après l'avoir dépouillé de son amertume par des lavages répétés, le mangent sous des formes diverses ; en gelée, en bouillie, etc., ou le mêlent à de la farine pour en faire du pain. Les Islandais, qui apprécient toute l'import.ance de ce végétal, connaissent les cantons qui en fournissent le plus, et chaque année se réunissent et entreprennent des voyages pour aller le recueillir , ne retournant aux mêmes lieux que tous les trois ans, temps nécessaire pour le renouvellement de la plante. Ils ramassent le Lichen dans des sacs, le lavent, le sèchent au four, le pulvérisent pour le conserver dans des tonneaux, état sous lequel il circule dans le commerce. — Le Lichen d'Islande ne sert pas seulement à l'alimentation de l'homme, on le fait, en outre, manger aux animaux, qui n'y touchent guère lorsqu'ils le rencontrent, dans les pâturages de montagne, mêlé ;i des herbes meilleures, mais pour lesquels il devient une bonne ressource, à la fin de l'hiver, formant alors la première nourriture qui se montre sous la neige fondante. Dans la Carniole, on le donne aux cochons à l'engrais, ainsi qu'aux chevaux et aux bœufs épuisés que l'on veut refaire.
— Le Lichen d'Islande, enfin, est d'un usage journalier en médecine, pour le traitement, surtout, des maladies de poitrine et des maladies vermineuses; il entre, à cet effet, dans de nombreuses préparations.
Lobaria pulmonaria DC, Sticta pulmonacea Ach. (Lichen du chêne, Pulmonaire du chêne),
— espèce commune sur les vieux arbres , offrant les propriétés du Lichen d'Islande, et pouvant être employée de même.
>J52 ciiAMi'ir.NoNs.
Pelli'jfra ciiniim Hon'm., — cspi-ce iiboiulante, dans les fossés siililonneiix, les liois, parmi les mousses, etc., iuitrofois ciSU-bro comme anti-rnbique.
C. Lichens ORïiSTACKS. Thntli' en ci-oiUc })niu:G ou vpahui'. iilufi nu ntoiiis (liabU:, t'ialéc^ et iiilirrtnle « son supjiori /)«r luute sa' surface inférieure.
Lecanimi parella Acii. (Parellc, Orseille d'Auvergne), croûtes bliincliâtres, irrégulifcres, s'attaolmnt lUix rochers volcaniques, — et dont on obtient nue couleur ronfle auiarantlie, la lutrelle, nniiloguo Ji l'orseillo.
Lecanorti csculcnla DC. , Urceolaria esculenta 'Sy]. , Lirlicn esculenlus Pallas (Liclicn comestible"!, tballe arrondi en petites niasses de la grosseur d'une aveline, à surface prise, inégale, ridiie, verruqueuse, imparfaitement foliacée, blanches il l'intérieur ; venautparmi les cailloux, dont elles se distinguent diflicileuieut, et ne paraissant jamais fixées à un support quelconque. — Espèce commune dans le sud de la Russie, en Tartarie, en Perse, observée également eu Algérie, et servant, dans la Russie septentrionale, àla nourriture des habitants et des bestiaux. Son développement est si rapide qu'on la regarde dans le pays comme tombant toute formée de l'atmosphère j on lui a donné le nom de manne, et on croit que c'est cette substance qui a nourri les Hébreux dans le désert.
2" Tribu. — GASTÉHOTHALAMÉS.
.\pothécies pourvues d'un réceptacle spécial toujours clos ; thalle plus ou moins foliacé ou crustacé. — Genres principaux : Verrucaria, Spheropltora, Endocarpon, etc.
3« Tribu. — IDIOTHALAMÉS ou CEUSTAOÉS.
Apothécies renfermées dans le thalle, closes d'abord, s'ouvrant à la fin ; thalle formant des croûtes sans forme déterminée. — Genres principaux : Urceolariaj UmbiUcario , GrajihiSj etc.
4« Tribu. — GONIOTHALAMÉS ou PULVÉRULENTS.
Apothécies remplacées par des soridies ; tballe pulvérulent, fugace. — Genres principaux : Puheraria. Goniocarpon. Arthronia, etc.
Famille des CHAMPIGNONS.
Végétaux cellu!eu.\, .sans épiderme, se développant sur la terre et les corps organiques les plus divers, n'olTrant ni fronde, ni aucune partie comparable à celles qui constituent les Phanérogames ; d'aspect, de volume, de consistance et de couleurs les plus variés ; apparaissant ainsi, sous forme : tantôt de cellules, de filaments, de tubercules irréguliers; tantôt de corps réguliers, en coupe, en parasol, etc.; — d'un tissu lâche ou serré, pnlpeu.x ou charnu, rarement ligneu.x, pourvu parfois de vaisseaux propres contenant un suc blanc ou jaune ; comprenant généralement, dans leur ensemble, deux parties distinctes : — 1° l'appareil de la végétation {mycélium), organe fondamental et constant, formé de filaments celluleux, grêles, simples ou ramifiés, aériens, souterrains ou engagés dans la substance même du corps sur lequel se développe la plante; — 2" l'appareil de la repi'oduction, essen-
i;jIAMI'IGN(JNS. Hf).')
lielUniiuul, j'opréseiiLn iiiiv lus .s'imrès, sportUesan srvuiiidi's, (îoi'piisciiic.s sjiljùi'oïdesou allongijs fnsiforines, laulôl .siniiiliis ci h un sur li; rnyr;('diiini, soif, sur la loiiguoiir, soit ;'i l'oxl.rûniiho des lilamoiil-s; taiilôl, rrnnis iilnsioiirs dans nno enveloppe coiuimme exLrAinemenL mince {sjwrcuinc, Lli'cqtie. on .sfwridift); Lantôl, portés par des sn]}ports sp(''c,ianx (sporoplwrcs), i'ormés do filaments eellnlenx allongés, les nns (r/M)odr.v) simples on ramenx, naissant inuiiiklialtiment des cellnlos ibrman t le i)areiiuhyme ; hvs antres Ihasidcs) (;onstitnés par des n tricnles renflées, terminées à leur sommet par 2. 4 tnljes étroits (sirrigmalcs), portant, cliacnn à leur sommet une spore luie. Ces organes re[)rodnctenrs, tantôt isolés, épars ; tantôt réunis à la surface d'une mmnlirane prolifère (liyinmhnn) superficielle ; j in rlbi s ne se distinguant pas du mycélium, h; plus souvent portés par un organe spécial (réceptacle) de forme et de grandeur extrêmement variées, et constituant la partie de la plante ordinairement la seule visible à l'extéi'ienr. Ce réceptacle quelquefois enfermé, dans sou jeune âge, par une enveloppe complètement close et plus ou moins résistante (iK'Iva), qui se déchire pour le laisser se développer et dont les débris persistent au pied de la plante. — Végétaux naissant par le développement des spores , qui placées dans des conditions favorables , germent aussitôt et émettent d'abord 1.2 filaments formés de cellules simples allongées, qui se ramifient en constituant un mycélium filamenteux, lequel s'étend, en rayonnant, d'une manière indéfinie autour de la spore, en dévorant les substances organiques qu'il rencontre, jusqu'à ce que, sous l'influence de la lumière, il produise les organes de la fructification ; ceux-ci naissant sur plusieurs points h la fois et se disposant, avec plus ou moins de régularité, dans un espace circidaire où ils paraissent constituer autant de pieds différents inégalement rapprochés.
Les Champignons constituent une famille extrêmement nombreuse, vivant, comme les Lichens, depuis les tropiques jusqu'aux régions les plus froides des deux hémisphères, et sur les sommets des hautes montagnes où cesse la végétation des Phanérogames. Ils viennent dans les conditions les plus diverses, sous terre et à l'air, sur le sol, les pierres, les bois, sur tous les objets possibles, sur les organismes végétaux et animaux malades ou languissants ; en général ils recherchent l'ombre et l'humidité, bien que se montrant très rarement dans l'eau. Quelques espèces abondent dans les prairies, surtout pendant les temps de chaleurs interrompues par des pluies tièdes ; on les voit alors fourmiller sur l'herbe courte et peu serrée des pelouses. Les animaux les rechei'chent peu ; ils mangent cependant ceux qui sont comestibles pour l'homme ; dans tous les cas, ils doivent en consommer communément avec l'herbe des prairies, et il est rarement arrivé qu'ils aient donné lieu à des accidents. — Cette famille, fort nombreuse, a été divisée 'par M. Lé veillé en six tribus :
V Tribu. — BASIDIOSPOKÉS.
Spores simples portées sur des basides distribuées à la surface d'un Inyméuium, et parfois aooompaguées de cellules saillantes (cystidies on anlhériâies), plus volumineuses, transparentes, sans stérigmates ni spores. — Réceptacle distinct, variable de forme, affectant communément celle d'un parasol, et dans lequel on distigue : le chapeau, partie supérieure et dilatée, convexe ou concave, offrant à sa face inférieure des organes annexes : lames parallèles ou réticulées, tubes soudés entre eux, aiguillons, etc., que recouvre l'hyménium ; le pilier, pédicule ou stipe, organe tigellairc, central ou latéral, cylindrique, conique, fusiforme, etc., plein ou fistuleux, ordinairement entouré.