‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 15 sur 138 · LUPIN JAUNE. — L. LUTEUS L · texte numérisé non relu

LUPIN JAUNE. — L. LUTEUS L

Floursjaimos, odorantes, on vertioillos rcgnliJiremont 9uperpo»i5eB lo long de la gr.appo terminale. — Ciilico muni, entre los doux livres, do doux potits appendice» linéiiiros. — Grtiines bicolores. — Feuilles à 7.9 folioles , oblongucs cnnoiformos.

Le Lupin jaune, originaire des régions méridionales, peut être ciiilivé avec avantage pour la mise en valeur et l'amélioration des terres pauvres. Il a particulièrement été recommandé, à cet effet, il y a quelques années {Journal d'Agriculture pratique, 1857, t. VII), par M. Edouard Karcher, de Sarrobruck (Prusse rhénane), et plus récenmient par M. Gaud, dans diverses publications. M. Lecoq, de Glermont, dit également en avoir essayé la culture avec succès sur les terres pauvres et siliceuses.

Cette plante, en effet, convient spécialement aux terrains sablonneux. Elle ne vient point dans les sols compactes ou calcaires, réussit, toutefois, dans les argiles non calcaires ; mais préfère, à tous, les sols ferrugineux , sur lesquels ne peuvent croître d'autres végétaux. Elle se montre, d'un autre côté, peu exigeante, à cause de la force de ses racines qui pénètrent profondément dans le sol et le sous-sol, et vont chercher, jusqu'à 1 mètre, les matières salines entraînées par les pluies et que les racines moins profondes des autres plantes cultivées dans les sables ne peuvent atteindre.

De plus, conservant longtemps ses feuilles vertes, cette plante offre l'avantage de tirer de l'air la plus grande partie de ses principes nutritifs, et de pouvoir ainsi s'entretenir aux dépens de l'atmosphère, presque jusqu'au moment où on la coupe. Elle enrichit, de la sorte, le sol, au lieu de l'épuiser, et constitue une excellente préparation pour toutes les cultures qui doivent lui succéder. Enterrée en vert, elle forme, comme le Lupin blanc, un engrais énergique, pouvant rendre des sables, ou des terrains en friches sans valeur, propres à la culture du ])lé, du seigle ou d'autres céréales, et même des fom-rages. Ajoutons que le Lupin jaune, en s'emparant entièrement du terrain, le nettoie en détruisant les plantes parasites qui tendent à l'envahir. Cette plante, enfin, est propre à l'alimentation des bestiaux auxquels elle fournit, soit ses graines, soit du fourrage vert ou sec.

La Lupin jaune doit être cultivé exclusivement dans les sables. On le sème en mars, avril ou mai , quand on veut eu obtenir la graine, ou en juin seulement, quand on veut avoir du fourrage ou l'enfouir comme engrais. Le sol étant préalablement et profondément ameubli , on sème et on recouvre la graine, qui doit être peu enterrée, avec un on deux coups de herse. On répand environ 50 kilog. de semence par hectare, quand on veut récolter de la graine. Si on doit le couper en vert ou l'enfouir comme engrais, il en faut 100 kilog. en teiTC propre, et 130 kilog. en terre salie. Le Lupin cultivé pour la graine doit être mis toujours en terre propre ; on peut, dans ce cas, trouver a-^-antage à fumer; dans les antres cas, on s'en dispense.

Le Lupin jn\ino croît d'abord lentement; mais une fois les tiges développées, il pousse vile ; sa ('roissauco esl; arrêtée par la gelée seulement. 11 résiste d'ailleurs parfaitement aux températures extrêmes; il supporte mieux que le Lupin blanc la chaleur, la sécheresse et la gelée. Il résiste à — 3°; un froid de — 4° tue la feuille, et de — 5° tue la tige.

Pour récolter la graine, il faut attendre que les gousses de la tige médiane aient pris une teinte brune verdâtre; ce moment venu, il no faut pas retarder la coupe de la plante, car, en séchant, les gousses s'ouvrent et lancent leurs graines à plus de 2 mètres, ce ffui ferait perdi'c imo partie de la récolte. Derrière le faucheur, deux femmes relèvent les andains pom' en faire des menions de 1 mètre de diamètre, en ayant soin de mettre le pied des plantes en l'air et les gousses en bas. Lorsqu'on visitant les menions on reconnaît que la maturité est complète, on rentre et l'on bat de suite. On retire les fanes, en laissant les cosses avec les graines, et l'on étend le tout dans un grenier, où la dessiccation s'achève.

Quand on veut faner le Lupin jaune, on le coupe à la faux. On laisse les andains deux jours, puis on les retourne une fois chaque jour jusqu'à ce que les tiges soient desséchées. On forme alors des meules de 2 mètres de diamètre qu'on rentre quinze jours après, mais qui peuvent rester, sans inconvénient, deux ou trois mois sm- le champ. « Le rendement , dit M, Gaud, est en rapport avec la profondeur de la couche sableuse, c'est-à-dire que plus cette couche sera profonde, plus la plante aura de hauteur, la tige centrale d'un pied de Lupin jaune, cultivée dans un sable profond, mesurée de la dernière fleur au collet de la plante, représentant régulièrement deux fois la longueur de sa racine

« Cette règle n'est apphcable qu'aux terres sablonneuses dans lesquelles domine la silice, les seules où il y ait intérêt de cultiver cette plante, dont le produit diminue lorsqu'elle rencontre des quantités plus ou moins grandes de cailloux calcaires, et arrive à zéro dans les terres argileuses. C'est dans le sable ferrugineux que le Lupin jaune donne sapins brillante récolte; 1 hectare de cette terre, de 50 centimètres de profondeur, rapporte 49,000 kilog. de fourrage vert, représentant 12,000 kilog. de fourrage sec; si au lieu de couper la récolte on la roule et qu'on l'enterre , on obtiendra une excellente fumure, car 100 kil. de Lupin en fleurs contiennent 1 Mlog. 650 gr. d'azote. »

Ces faits montrent l'extrême avantage offert par la culture du Lupin jaune. Végétant avec vigueur sur les sols où règne la stérilité, il rend ceux-ci productifs sans exiger d'engrais. Il constitue lui-même, au contraire, une fumure excellente, après avoir assimilé les principes de l'air et ramené, à la surface du sol sablonneux, les engrais entraînés loin des racines.

Gomme fourrage vert, il peut être mangé par tous les bestiavLx. Toutefois, quand il est seul, les chevaux et les bêtes à laine le refusent, à cause du principe amer qu'il renferme et dont on atténue le goût en le mêlant avec d'autres fourrages. Ainsi, pour le donner aux vaches, on se trouve bien de le

semer môle avec des vesces, ou avec VErmm nwnanthoa; il iic (Inil, jj.'ih d'iiilleurs entrer pour plus d'un tiers dans la ration, afin de no pas donner un mauvais goût au laitage. Les inoytons, également, ont besoin do s'y liabiluor; il constitue, pour- eux, un excellent in-(';sorvatiI' de la cachexie aqueuse. Les graines, macérées dani? l'eau, concassées et mêlées avec du son, font un excellent mélange, propre h l'alimentation des espèces chevaline, ovine et porcine. En résumé, le Lupin jaune est une plante de grande valeur pour les landes et les terres sablonneuses, qu'elle fertilise en môme temps qu'i'ilo peut venir en aide au cultivateur pauvre, auquel elle fournit à la fois fourrage, litière et fumier, et dont il serait à désirer, conséquemment, de voir la culture se répandre partout oii la nature du terrain fait obstacle à l'extension des cultures ordinaires.

Lupin .\ feuilles étroites, L. angustifolius L.

Lupin à café.

Fleurs bleues. Calice à lèvre supérieure bifide, l'inférieure entière. Graines très grosses, marquées de taches blanches et fauves. Feuilles à 7.9 folioles étroites, linéaires.

Commune clans les moissons et dans les terres sablonneuses du Midi , cette espèce est cultivée, à la place du Lupin blanc, dans les environs de Dax. Elle croît encore, naturellement , dans les mauvaises terres du centre de la France, et paraît mieux que celui-ci convenir aux assolements do ces contrées. Partout elle serait utile , outre sa valeur comme engrais , pour servir de support aux vesces, aux gesses, etc., qu'elle empêcherait ainsi de pourrir sur le sol.

Lupin réticulé , L. reticulatus Desv.

Fleurs petites, d'un bleu pâle. Calice à lèvre inférieure lancéolée, bi-tridentée. Graines petites, un peu comprimées, marquées d'un réseavi formé de lignes blanchâtres etde lignes noires. Feuilles à 7.9 folioles linéaires, obtuses, canaliculées en dessus. Tige dressée, simple ou rameuse, très fouillée.

Plus commun en France que le précédent, avec lequel on le confond souvent, et dont il partage les propriétés.

Lupin hérissé , L. hirsutus L.

Fleurs bleues. Gousse très poilue. Feuilles à 5.7 folioles obovées , un peu mucronées. Plante partout recouverte de poils étalés.

Habite les mêmes lieux que le précédent, qu'il peut suppléer. Espèce rarement cultivée.

Lupin bigarré, L. varius L.

Fleurs odorantes , nuancées de bleu et de blanc , quelquefois de jaune ou de rouge, en demiverticilles. Calice à lèvre supérieure bifide, l'inférieure à 3 dents. Gousse velue, à graines volumineuses, arrondies, tachées de blanc et de roux. Feuilles à 5.9 folioles lancéolées, obtuses.

Se rencontre dans les moissons des provinces méridionales. Cultivé aussi comme espèce fourragère et pour être enfoui comme engrais. Ses graines , très nutritives , engraissent les animaux de boucherie. Enfin on l'utilise comme plante d'ornement.

LEGUMINEUSES.

a» Xrlbix. — TRIFOUÉH'fe,

Étamines diadelphes. Gousse uniloculaire. Feuilles trifoliolées. Galice à 5divisious. Plantes herbacées. — Plusieurs genres énumérés dans le tableau ci-dessous.

! Gousse incluse Trœolium.

/ Ailes de la corolle soudées à I la carfcne ' DonYCNIUM.

\ / G. indéliisconte , Gousse / Ailes 1 droite Melilotus. exserte ] <le j G. débisc., press 1 la corolle / que droite .... TkiGONELLA.

^^ j I ' libres I G. large ou con-

Gousse I gousse i \ en avant f tournée en

polysperme \ | \ spirale Mebicago.

\ Étamines contournées en spirale Phaseoujs.

! Gousse nue. . . . Lotus.

Gousse ailée. . . . Tetkagonolobus.

Gousse monosperme, indéhiscente, incluse Psokalba.

Genre TRÈFLE. — TRIFOLIUM T.

Fleurs en capitules globuleux ou ovoïdes, plus ou moins allongés, de nuances diverses; — calice tubuleux, à 5 divisions peu profondes; — corolle a, pétales parfois soudés entre eux à la base et avec les étamines, avec étendard axtssi long ou plus long que les ailes, et une carène obtuse, plus courte que le reste de la corolle; — gousse très petite, ne dépassant point ou presque point le calice, ovoïde ou oblongue, droite, difficilement déhiscente, renfermant de 1 à 4 graines ; — feuilles trifoliolées, avec stipules adhérentes au pétiole; — tiges droites ou couchées, presque toujours multiples. — Espèces toutes herbacées, annuelles, bisannuelles ou vivaces.

Les espèces du genre Trèfle, extrêmement nombreuses , sont, en outre, fort répandues. On les trouve dans les bois et les lieux cultivés , et sous les altitudes les plus diverses, dans les plaines comme sur les montagnes. Toutes sont recherchées par les animaiLx et constituent d'excellentes plantes fourragères. Leurs tiges, toujours tendres, les feuilles, très abondantes, les fleurs, sont également nourrissantes. Les Trèfles ont l'avantage encore de pouvoir vivre en société, d'admetti'e sur le même sol d'autres plantes sans que leur végétation en souffre. Trois espèces principalement sont cultivées chez nous en grand ; ce sont le Trèfle des pbés , le Trèfle incarnat et le Trèfle rampant ; elles constituent une des plus précieuses ressources pour l'agriculture et l'entretien du bétail. Quelques autres espèces sont exceptionnellement cultivées dans certaines localités ; les autres, bien que consommées par les bestiaux, ne sont point soumises à la culture.

Le tableau ci-contre donne la liste, avec leurs caractères distinctifs, leur durée, l'époque de leur floraison , leur lieu d'habitation ordinaire , leur importance agricole relative, des espèces du genre Trèfle les plus communes dans nos contrées :

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