LUPIN BLANC. — L. ALDUS L
Noms vulgaibes. — Lupin cultivé, Fève-de-loup, Pois-loup.
Fleurs blanches, alternes, réunies en une grappe dressée, dépourvue d'appendices. — Calice h lèvre supérieure entière, l'inférieure Ji 3 divisions. — Gousse velue, à 5 ou 6 graines blanches, orbiciilaires, aplaties. — Feuilles alternes, à 5.9 folioles obovales, molles, longuement velues en dessous et à leurs bords. — Tige dressée, cylindrique, tistuleuse, rameuse, fortement pubeseente, pouvant dépasser la hauteur de 1 mfetre.
Originaire des contrées méridionales, le Lupin blanc est depuis longtemps cultivé en grand, dans plusieurs parties de la France et de l'Italie, ainsi que dans le Levant, comme plante d'ornement, comme aliment et comme engrais. Il était ft)rt connu des anciens; Golumelle (liv. II, cliap. 10) en indique d'une manière assez exacte les principales propriétés économiques.
II est peu rustique, craint le froid , aussi ne réussit-il bien que sous les climats chauds; le retard apporté amx semis par les gelées tardives du Nord, fait surtout obstacle à ce qu'il soit cultivé dans ces régions. Mais il résiste parfaitement à la sécheresse.
Il vient sur les plus mauvais terrains, sur les sols maigres, ai'gileux, graveleux ou ferrugineux, les terres légères et sablonneuses. Il redoute l'humidité, les terres compactes et limoneuses.
La farine de Lupin était employée autrefois pour la nourriture de l'homme; et cet usage s'est conservé dans plusieurs locahtés, en Piémont, en Corse et dans quelques parties du midi de la France. Mais la graine, amère et tonique, doit auparavant être soumise à une certaine préparation , consistant à la faire macérer dans l'eau, qu'on change plusieurs fois, jusqu'à ce que cette graine se soit dépouillée de son amertume, qui réside dans l'enveloppe.
On donne aussi le Lupin blanc aux animaux domestiques. Sa graine. d'après V. Yvart, macérée, cuite ou moulue, est prise avec plaisir par les bestiaux, qu'elle pousserait à l'engrais. Dans les Pyrénées-Orientales, on cultive la plante avec avantage comme pâturage d'hiver; on l'associe ordinai-
remoiit ;iu Ijnnucli (|ui accroît la (iualil« du fourrage. On peut aussi le donner iMi p.'iliira;.;!' aux moutons, ((ui s'en accommodent mieux (|ue les autres animaux ; mais il l'aul, pour cela, ne pas attendre; (jifil ait durci. M. Rodât , en raison de l'amertume de sa graine, l'a particulicremeut conseillé, dans le CuUivateur avcyronnaif!, ronuin' un hou moyen conti'(; la pDurrihu'c du mouton; on donne alors les graines crues ou cuites, et môme les feuilles. M. A. de Gasparin prescrit la graine de Lupin dans le même cas et conseille d'en faire entrer la fai'ine par moitié dans un pain destiné aux animaux malades. Ou a encore recommandé le Lupin , à l'état de fourrage sec , pour le gi'os bétail, qui toutefois le recherche peu et souvent même le refuse. Il ne convient point au cheval, et surtout au cochon, chez lequel il provoque des indigestions , avec météorisatiou pouvant se terminer par la mort.
Mais ce n'est pas comme substance alimentaire que le Lupin blanc offre le plus d'importance ; ce qui lui donne surtout une grande valeur économique, c'est la propriété remarquable qu'il possède de pouvoir se transformer en engrais, et d'ajouter ainsi considérablement, cjuand il est enfoui en vert, à la fertilité du sol sur lecjuel il végète. Aucun autre végétal ne l'égale sous ce rappoi't. Son effet, dans ces circonstances, a été comparé à celui de l'engrais de mouton. D'après V. Yvart, dans la vallée de Niévole (Haute-Jtalie), on obtient plusieurs récoltes consécutives de froment, rien qu'en enfouissant en automne une récolte intercalaire de Lupin, cpi, à la fois, nettoie et fertilise le champ.
Cette puissance fertilisante résidé dans toutes les parties de la plante, dans les graines principalement. Elle est accrue encore par la propriété singulière que possède la racine d'emmagasiner dans ses nodosités la matière organique.
Le Lupin, employé comme engrais, est semé après la récolte, de même que le blé, et sur un seul labour. On répand environ 1 hectohtre et demi de graines par hectare. Il commence à pousser en avril; en juin, il a acquis tout son développement et forme alors une masse touffue d'mi très bel effet. C'est le moment de l'enfouir, ce que l'on fait en passant une charrue à versoir, après l'avoir couché sm- le sol. La j)lante pom-rit très vite, et dès le mois de septembre elle se trouve changée en terreau. Par-dessus on sème immédiatement du blé, ou du seigle qui réussit mieux encore, et les céréales poussent dès ce moment aux dépens du Lupin. Comme les deux labours donnés pour semer et enfouir le Lupin eussent été nécessaires pour la céréale , il en résulte que cet engrais ne coûte que le pris de la graine et le temps employé à la semer, ce don t il faut encore déduire la dépaissance qu'on a pu en obtenir.
LliUUMINEUSBS, 7.'J