‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 20 sur 138 · TRÈFLE DES CHAMPS. — T. ARVENSE L · texte numérisé non relu

TRÈFLE DES CHAMPS. — T. ARVENSE L

Noms vulgaires. — Patle-de-lièvre, Pied-de-Uèvre^ Pied-de-lion, Pluet, Mignonnel blanc, Minois.

Minous.

Fleurs très petites , blanches ou rosées , en capitules allongés , presque cylindriques , velussoyeux. ^ Calice très velu, à dents ciliées. — Feuilles petites , à folioles linéiiires , oblongues, denticulées au sommet, soyeuses sur les deux fîiees. — Stipules ovales. — Tige grêle, très rameuse, d'un vert blanchâtre, à poils appliqués. — Taille de 1 à 3 décimètres. — Floraison de mai à septembre.

Très commune clans les moissons de presque toute la France et du nord de l'Afrique, surtout dans les terres légères , cette espèce est de tous les Trèfles celui que les animaux recherchent le moins ; les chèvres et les moutons seuls le mangent volontiers. Mais comme le Trèfle des champs végète vigoureusement, môme pendant la sécheresse, il peut être cependant avantageux comme moyen de tirer parti de certaines terres en jachère, tout en fournissaut un hou pâturage pour le petit hélail. Il offre ainsi , en Algérie, où il est

1res couiniuii , mu- iililr ressource, sui'foiil en juin et eu juillel, jiour l'entrel.ien (les Iroupeaux.

TnÈFLE n.viDE, T. sirktuin Wald.-Kit.

Fleuvs roses, non réllécliies, en capitules entourés d'un involuere de bractées. Calice glabre, h dents uou ciliées. Tige dressée, de 1 Ji 3 décimètres.

Abonde dans les prairies sèches du Midi et du Centre. Donne peu de fourrage.

Trèfle Aggloméré, T. (jlomeratum L.

Fleurs roses, menvies, en capitules globuleux, serrés. C4iUce ii dents ovales, aristées, auriculées !i la base, étalées après la floraison. Feuilles très petites, il folioles ov.ales, denticulées, ii sommet arrondi. Stipules sc.arieuses, lancéolées. Tige dressée, glabre, de 1 à 2 décimètres.

Se rencontre dans les prairies sèches de la Provence, et croît, en général, dans les terrains arides et siliceux , où il forme des gazons peu élevés. Mangée par tous les animaux , surtout par les moutons, cette espèce a néanmoins peu d'importance comme fouiTagère.

Trèfle étouffé , T. suffocatum L.

Fleurs blanchâtres, en capitules petits, très rapprochés. Calice à dents lancéolées, aristées, non aui'ioulées, plus longues que la coroUe. Tige gazonnante, de 2 à 5 centimètres, cachée sous les feuilles.

Vient dans les lieux secs et arides du Midi et de l'Ouest , sur les rochers , où il forme de petites touffes, que recherchent les moutons. Plante trop petite pour devenir fourragère.

Trèfle rude, T. scabrum L.

Fleurs petites, blanches ou rosées, en petits capitules ovoïdes, denses. Calice velu, h dents lancéolées, inégales^ se courbant eu dehors après la floraison. Feuilles îi folioles oblongues ou cunéiformes. Stipides triangulaires, à pointes étalées. Tige grêle, flexueuse, pubescente, de 1 à 2 décimètres.

Vient sur les pelouses sèches, les lieux sablonneux. Espèce peu fourragère.

TRÈFLE FRAISIER. — T. FRAGIFERUM L.

Noms vulgaires. — Trèfle fraise, T. capiton.

Fleurs roses, très petites, dressées, sessUes, en capitules hémisphériques, portés sur de longs pédoncules axillaires. — Calice bilabié, la lèvre inférieure lierbacée, la supérieure membraneuse et se boursouffiaut, après la fécondation, en membrane vésiculeuse rougeâtre, la réimion de ces vésicules preuant alors l'aspect d'une fraise. — Feuilles il folioles ovales, élargies au sommet, denticulées. — Stipules étroites et allongées. — Tige couchée, radicante, de 1 à 3 décimètres. — Fleurit de juin à octobre.

Cette espèce, qui offre quelque analogie avec le Trèfle blanc, est extrêmement commune le long des chemins, des fossés, dans les prairies sèches et dans les lieux humides, sur les pelouses et sur les collines. Elle vient de préférence sur les terrains frais , argileux ou sablonneux , plutôt que sur un sol calcaire, et résiste facilement à de longues submersions, ce qui permet, en certains cas, de l'utiliser. Elle donne nue grande quantité de feuilles qui, ainsi que les tiges, repoussent facilement après avoir été broutées. Elle fournit un bon fourrage qui plaît à tous les bestiaux; mais par sa petite

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taille, elle semble spécialement dostiiiéo aux moalons, cIk;/, l(;js(]iiels (;ll(; ne provoque pas la môtt'iorisatioii. Elle est trop courte pour qu'on puisse la rauc.hcr. Sa présoni'.e dans les prés est toujoui's un indice de la bonne rinnlité' du Iburrage.

TuÈFLE ÉcuMEUx, T. spv/mosvm L.

Fleurs TOUgoâti'cs. Calice tulniloux d'abord, puis vésiculonx. Tiges tro» rameuses, de 1 k 3 dëoimètres.

Originaire de lu Corse et dos parties méridionales de la l'rovcneu, cette espèce, assez commune, vient dans les pâturages secs et les bords des cliamps du midi et du centre de la Franco. Croît très rapidement et donne uu fourrage vert extrêmement tendre, dont les animaux se nourrissent parfaitement.

Trèfle retourné, T. resupinatum L.

Fleurs roses ou purpurines, presque sessiles, en capitules arrondis. Calice pubescent, à dents très saillantes, divariquéos. Corolle renversée, ayant l'étendard en bas. Feuilles à folioles ohovées on cunéiformes, dentées, glabres. Tige dressée, glabre, très rameuse, de 2 à 4 décimètres.

Cette plante, assez jolie, vient dans les lieux incultes et les sables du Midi, où elle se montre assez conmiunémeut. Elle est très précoce, et recherchée de tous les bestiaux.

Trèfle cotonneux , T. lommtosum L.

Fleurs petites, roses. Calice fortement tomenteux, à dents supérieures courtes, cachées dans les poils. Corolle étalée.

Espèce commune dans les prés maritimes Je la Méditerranée. Elle plaît au bétail, et donne un fourrage vert très tondre, facile ;\ sécher, mais peu abondant.

Trèfle strié, 3". striatum L.

Fleurs très petites, rose pâle, en capitules ovoïdes. Calice très velu, presque globuleux , fortement strié, à divisions linéaires aiguës, presque égales, étalées. Feuilles à folioles obovées, denticidées au sommet , pubesoentes. Stipules membraneuses , terminées en pointes , les supérieures plus larges. Tiges rameuses dès la base. Taille de 1 Ji 3 décimètres.

Ce petit Trèfle se rencontre dans toute la France, dans les prairies, les clairières des bois, et croît dans toiis les terrains. 11 est très recherché des bestiaux et pourrait être cultivé avec avantage dans les prairies permanentes, si l'on pouvait aisément s'en procurer de la graine.

Trèfle des Alpes , T. Alpinwrn L.

Réglisse de ■montagne^ îiéglisse des Alpes.

Fleurs roses ou rouges, rarement blanches , peu nombreuses , grandes , portées sur de courts pédicelles , réunies en vertieilles involucrés au sommet d'un long pédoncule partant de la souche et formant ainsi des sortes de capitules lâches ou ombelles. Calice à 5 divisions égales. Feuilles partant de la souche, à folioles lancéolées-linéaires, dentieulées. Stipules très longues, étroites et aristées. TaiUe de 1 à 3 décimètres au plus.

Cette jolie espèce est commime dans les pâturages des hautes montagnes, où elle se rencontre à peu près exclusivement. Elle croît de préférence sur les terrains sablomieux et légers, ou ses longues souches se développent mieux. Recherchée des bestiaux, sm-tout des vaches, elle donne, bien que peu élevée, un abondant pâturage et un hou fourrage, facile à sécher. Ses racines ont le goût sucré de celles de la réglisse.

Trèfle en g.4zon , T. cœspitosum Reyn.

Fleurs roses ou blanches , en capitules globuleux , portés sur de longs pédonciûes. Calice à dents lancéolées, presque égales. FeuiUes à foUoles élai-gies au sommet, dentées. Stipules scarieuses, étroites, aiguës. Taille de 6 à 12 centimètres.

Cette petite espftco se rencontre dans les pûtnragos élevés des Alpes et dos PynSnées ; dans les lieux arides et les sentiers des montafcnos , où elle forme des gazons, qno les montons reclierclient beaucoup, et qui repoussent laeilement sous l'action de la dent. Kst do peu d'importance à cause de sa petite taille.

Trèfle \ fleurs simples, T. uni/lorum L.

Fleurs roses, solitaires ou géminées, portées sur de courts pédoncules. Fouilles ii folioles orbiculaires. Tige velue, haute de 3 à 6 centimètres.

Vient sur les lieux élevés du Midi, où elle forme des gazons serrés. Sans importance comme fom-ragôro.

Trèfle couché, T. procumbcns L.

Trèfe étalé, T'réjle houblon, Petit trijle jaune. Petit trèfle brun, Mir/nonette jaune. Petite mignonette. Fleurs jaunes, peu nombreuses, en capitules ovoïdes, axillaires et terminaux, portées sur de longs pédoncules roides. Calice tr.ès ouvert Ji la gorge. Corolle h étendard renversé et lisse, à carène ouverte sur le dos, légèrement recourbée au sommet. Feuilles petites, à folioles obtuses, obovales, dentioulées supérieurement, la moyenne pétiolée. Stipules auriculées à la base , atteignant la moitié de la longueur du pétiole. Tige rameuse , étalée , très petite.

Ce Trèfle se rencontre dans les lieux secs et sablonneux , dans les champs maigres , sur les pelouses peu garnies. Il donne un fourrage de bonne qualité, pâturé avec avidité par les moutons, mais peu abondant ; sa petite taille, d'ailleurs, faisant obstacle à ce que les autres bestiaux puissent le brouter. Cultivé, il prend peu de développement. Aussi, dans quelques parties de l'Angleterre, où ou le cultive, n'est-il jamais semé seul; on le mêle avec d'autres espèces dans le but de varier et d'améliorer la qualité du foin.

Trèfle filiforme, T. filiforme L.

Petite tranche, Petite trance.

Fleurs jaunes, portées sur des pédoncules longs et flexueux. Feuilles à foliole moyenne sessile ou presque sessile. Stipules non élargies à la base. Tiges grêles, couchées, rameuses.

Habite les mêmes lieux que l'espèce précédente, notamment les prairies sèches, où il offre une variété qui ne s'élève pas à plus de quelques centimètres. Donne un bon fourrage vert oii sec; mais il est de trop petite taille pour compter comme plante fourragère.

Trèfle des camp.4Gnes, T. agrarium L.

Trèfe champêtre, T. jaune, T, houblon, Mélilot hottblonnet, Minette dorée, Trance, Thimothy. Fleurs d'un beau jaune, nombreuses , imbriquées, en capitules ovoïdes ou presque globuleux Corolle à étendard strié , plan sur le dos , fortement recourbé au sommet. Feuilles à folioles obovales, dentioulées, sessiles, la moyenne pétiolée. Stipules ovales, arrondies à la base, plus longues que le pétiole. Tiges grêles, rameuses, dressées, de 1 à 3 décimètres.

Se trouve communément dans les champs sablonneux, les pâturages et les prés humides, sur les jachères, dans les bois et les vallées. Se fane très facilement et donne un bon fourrage vert et sec que les chevaux surtout aiment excessivement. Il pourrait être semé et récolté. Bien que ne nuisant pas aux céréales , il doit cependant être écarté des champs dont il diminue le produit. Mieux vaut le semer à part si on veut le récolter.

Trèfle étalé, T. patens Sch.

Trèfle doré, Trèfle de Paris.

Fleurs jaunes, ressemblant a celles de l'espèce précédente. Feuille à foliole moyenne sessile ou pétiolulée. Stipules dentées , auriculées à la base et plus courtes que le pétiole. Tige peu rameuse.

Vient dans les prés humides , notamment dans les environs de Paris et dans le centre de la France. Recherchée des bestiaux , elle peut , sous le rapport agricole, être tout à fait assimilée au Trèfle des campagnes.

'l'itÈFLK ])Ai, y. Iiadium Scii.

Klours hiMinos , en capitules presque Rlobiilctix , \><}rU:cif sur un pwloneulo épiiis. Feuille» ii folioles oboonli'ios, toutes sossilcs, ilcnticul(5es. Sti|iulo3 laiiciioloe», pointues. Tiges rlroite», simple»,

Se reneoutro dans les prairies «les hautes montagnes; ({iiclqueibis abonile (lans les lieux humides. S'616ve pou , se dessèche facilement ; est très recherchéo dos bestiaux qui vont pilturer dans les hautes régions.

Tiu'oFLE imuN, T. spadiaum L. ^.

Fleurs brunes, en capitules allongés, presque cylindriques, et portés sur des pédoncules grflics. Habite, comme l'espbee précédente, les prés dos montagnes, où elle pousse parfois en touffe» considérables, qui fournissent aux troupeaux une bonne pilture.

Genre DORYCNIUM. — DORYCNIUM T.

Fleurs petites, blanches ou roses, en capitules pédoncnlés, terminaux ou axillaires; — nalicr évasé-, à 5 dents disposées en 2 lèvres; — corolle à, ailes adhérentes à la carène, plus courtes que Véteudard; — • gousse renllée, courte, déhiscente, oligosperme; — feuilles sessUes, trifoliolées ; — stipules libres, égales aux folioles.

Genre peu nombreux, ne comprenant que quelques espèces. DoRYCNiUM SOUS-LIGNEUX , D. suffruticosum ViLL.

Fleurs en petites têtes nombreuses, h corolle blanchâtre, et la carène d'un bleu noirâtre au sommet. Gousse ovoïde a, \ graine. Feuilles à 3 folioles linéaires, oblongues, entières. Tiges ligneuses, tortueuses, grêles, & rameaux dressés, pubescents. Taille de 3 îi 4 décimètres.

Croît dans les lieux stériles et sablonneux , les coteaux arides du midi de la France. Non consommé par les bestiaux.

DORYCNIUM HERBACÉ , D. herbaccum Vill.

Fleurs comme l'espèce précédente. Tige herbacée, rude, rameuse, de 3 à 4 décimètres. Vient de même dans les sables et lieux arides des provinces méridionales. Sans usages.

Genre MBLILOT. — MELILOWS T.

Fleurs petites, réunies en grappes spiciformes, plus ou moins allongées, lâches, portées sur des pédoncules axillaires; — calice persistant, en tube évasé, à 5 dents presque égales; — corolle à. étendard aussi long ou plus long que les .ailes, celles-ci libres en avant, soudées par la base à la carène; — gousse indéhiscente, ovoïde, droite, plus longue que le calice, à 1 ou 4 graines; — Feuilles trifoliolées, à stipules soudées iuférieurement au pétiole.

Autrefois confondues avec les Trèfles, les espèces du genre Mélilot , peu nombreuses, sont surtout remarquables par l'odeur de foin, très agréable, plus prononcée quand la plante est à domi-flétrie , qu'elles répandent. Les bestiaux les mangent quand les tiges n'en sont pas trop dures. Toutes fournissent un suc que les abeilles recherchent avec a^'idité pour leur nourriture.

MIOLILOT OFFICINAL. — M. OFFWINALIS Lui.

Noms vuLOAluiisi. — Mélilot des champs, MèUlol citrin, MiTlilnl, Liitier jaune, Mug(é, Tréllc odorant, T. des mouches, T. de cheval, Couronne royale, Trouillet.

Klours jauiios, rarement blanches, on grappes effilées, pins longues que la feuille, ilresséos ou pendantes. — Corolle à étendard plus long que les ailes, et colles-ci plus longues que la carfcne. —Gousse ovale, mucronés, ridée en travers, glabre ou légèrement pubescente. — Feuilles à folioles ôi)Iongue3, dentées h leur partie supérieure, d'autant plus étroites qu'elles se rapprochent du sommet. — Tige rampante, dure, rameuse, de 4 Ji 10 décimfctres. — Racine pivotante et fibreuse. — Espèce bisannuelle. — Floraison de juin à septembre.

Le Mélilot , commun dans la plupart des localités de la France, vient dans les terres médiocres et arides, dans les champs secs ; il se montre rarement, toutefois, dans les prés, au milieu des graminées. C'est une plante que tous les animaux, notamment les moutons et les chevaux, prennent avec plaisir. Quelques auteurs en ont conseillé la culture.

Vu son peu de durée, cette espèce pourrait convenir pour les assolements à court terme. Le 'Mélilot, garni toute l'année d'un grand nombre de feuilles , de jfleurs et de fruits, fournit alors un fourrage assez abondant. Il offre, en outre, l'avantage de croître facilement sur les plus mauvaises terres, et de pouvoir, grâce à ses racines profondes qui lui permettent de résister à la sécheresse, rester vert au milieu de l'été. Enfin, grâce à l'odeur qu'il exhale, il est parfaitement propre à aromatiser une grande quantité de foin. Mais, d'un autre côté, à cause de ses tiges rampantes, il est difficile à faucher ; il a de plus l'inconvénient d'être ligneux quand on attend la floraison pour le couper, et de perdre beaucoup par la dessiccation si on le coupe plus tôt ; d'où il résulte qu'on ne peut guère le transformer en foin. Enfin, à l'état frais, en vert, il est d'un usage dangereux, à cause de la facilité avec laquelle il provoque, chez les animaux, le météorisme.

Le meilleur emploi qu'on puisse en faire est de le mêler à des plantes fourragères faibles, qui en atténuent la dureté et auxquelles il communique sa bonne odeur. — On peut, en outre, donner sa' graine à la volaille, qui en est fort avide.

Mélilot blanc, W. alba Lm.

Mélilot de Sibérie.

Fleurs non odorantes, blanches, petites, nombreuses, en grappes effilées, plus longues que la feuille. Gousse comme l'espèce précédente. FeuiUes à folioles dentées, étroites dans les feuilles supérieures, presque orbiciûaires dans les feuilles inférieures, et parsemées de quelques poUs. Tige dure, rameuse, dressée, forte, pouvant s'élever jusqu'à 15 décimètres. Espèce bisannuelle. Fleurit de juin à septembre.

Regardé comme originaire de Russie, le Mélilot à fleurs blanches croît partout en abondance ; il se trouve principalement dans les lieux secs, sur les plages sablonneuses. Thouin, qui, en 1788, le distingua de l'espèce précédente avec laquelle l'avait confondu Linnée, en recommanda, ainsi que Daubenton, la culture, qui fut tentée en plusieurs localités. Il pourrait être semé comme le Trèfle des prés et entrer dans les mêmes assolements. On en répand, dans ce cas, 12 à 15 kilog.

LKGUMINKUSES. I Di)

par ItcotHvo; iiiain il n'y îi, nul iiK;<jiivniiioiiL !i, un Ktîiiior (liivaiitiigo. liion qiu; I<îh iitiiinfiux prennent volontiers cotto iilanto, ollo no vimt copondiuit pus lo TrMIo, snr le'|«el cllo n'offre tTaiitr»! iivantuf^o ([lie fie pouvoir venir »nr do mauvaises terres. Uana tous les cas, elle iloit fitre funcliéi: (le lionne lionro, alin d'empCclior les tiges 'dc^ devenir ligneuses, et, on mi^mo temps, d'en accroître lu. diirûo; elle peut donner ainsi, dans l'année, plusieurs conpos d'un fourrage abondant, sans compter dos seraencos que les volailles et les liestiuux mangent avec plaisir. Mais, comme tous les Mélilots, ce végétal météoriso facilement les animaux. Pour remédier ti ces divers inconvénients, Thouin avait recommandé de somor le Mélilot blnno avoo la vesce bisannuelle, qui offre h peu prfes le mémo modo do végétation, et à laquelle il servirait de 'sontion, tout en améliorant ses produits. On a encore essayé, au moyen do cette plante, d'amender, en l'enfouissant on vert, les terres mauvaises. En somme, sa culture est peu répandue.

MliLILOT BLEU , M. CXTUlca LlTl.

Mélilot d'Allemagne, Trille musqué, Trèfte miélé, tôlier odorant, Bavmier, faux Uamnc du l'érou. Fleurs odorantes, bleuos, on grappes courtes, ovoïdes. Gousse ovale, une fois plus longue que le o.alico, glabre, ridée longitudinalement , contenant 1 ou 2 graines. Feuilles à folioles oblongues, doutées en scie, plus étroites dans le bas. Tigo di'ossée, fistulouse, haute de 3 à <> décimètres. Espèce amiuello. Fleurit on juillet et août.

Originaire de la Bolième, et remarquable par la forte odeur aromatique qu'il exhalo, et qui rappelle un peu celle du jus de réglisse, le Mélilot bleu réussit dans des terres très arides et résiste parfaitement à la séoberesse, ce qui a engagé à le cultiver, comme plante fourragère, d.ans plusieurs localités. Ses tigos, très garnies do feuilles, sont moins dures que celles des autres Mélilots ; aussi est-il mangé avec avidité par les animaux ; mais de même que toutes les espèces du genre, il les météoriso avec une extrême facUité. Ses Heurs, hachées, sont employées pour aromatiser certaines espèces de fromages, et leur donner cette tehite bleue verdâtre que l'on rechm'cho dans leur pâte.

Outre ces trois espèces principales, on connaît encore d'autres Mélilots : les M. mcssanonsis Lm.. sulcata Df. , parviflora Df. , ilalica I^m., eleyans Salzm., gracilis DC. , qui se rencontrent principalement dans les contrées méridionales, la Provence, la Corse, l'Italie, l'Algérie, ete. , et qui offrent à peu près tous les inconvénients et les avantages des espèces plus haut décrites.

Genre TRIGONEI.LE. — TRIGONELLA L.

Fleurs axiUaires, solitaires, géminées ou midtiples; — calice campanule, à 5 divisions presque égales; — corolle à ailes et étendard un peu ouverts et de même longueur, h carène très courte, obtuse, et cachée dans les aUes; — gousse allongée, comprimée, linéaire, plus ou moins courbée en arc, polysperme ; — feuilles trifoliolées, à foliole médiane plus longuement pétiolée ; — stipules petites et distinctes.

Ce genre renferme un petit nomhi-e d'espèces , toutes méridionales , fort recherchée des besticaux, mais dont aucune chez nous n'est cultivée en grand.

TEIGONELLE FOIN GREC. — T. FOENUM GRJECUM L.

Noms vulgaikes. ^ Fenugrec, Saine-graine, Seinegré, Senegré.

Fleurs d'un jaune pâle, sessUes, solitaires ou géminées :i l' aisselle des feuUles. — Gousse de 10 à 12 centimètres, allongée, aplatie, arquée en faux, terminée par un long bec grêle et conique, représentant le style, et renfermant 15 Ji 20 graines, d'un brim jaunâtre, légèrement tuberculeuses, d'une odeur forte et aromatique, d'une consistance mucilagmeuse. — Feuilles à folioles glabres, assez grandes, obovales ou oblongues, deuticulées au sommet, vertes en dessus, plus pâles

on (lossuHS. — l'in! ou iilusieurs ti{>(cs drossi5es, grûlos, fistuleusos, inibesccntos. — Taille rie 2 h 5 d(5oim{itres. — Annuelle. — Floraison de juin à juillet.

Le Feniigreo ou foin grec, comme son nom l'indiiiuo, est originairo do la Grèce, qui l'avait elle-même reçu de l'Egypte , où cette plante est cultivée sous le nom de hclbè depuis un temps immémorial ; elle jouit d'une grande réputation, non seulement pour la nourriture dos animaux, mais encore po\u' celle de l'homme. L'usage s'en est conservé dans ce pays où , pour toute culture, on se borne à répandi-e la graine sur le limon du Nil, et à l'arracher soixante-dix jours après. Ce végétal était également fort estimé en Grèce, où, à cause de la forme de la gousse, comparable à une corne de bœuf ou de chèvre, il avait reçu les noms de buscros ou de xcjoceros. Tous les agronomes latins le signalent comme un fourrage commun dans ce pays et recherché de tous les bestiaux, mais particulièrement des bœufs. Ses graines servaient, en outre, à la nourriture des esclaves. .

En Europe , la culture dn Fenugrec est moins répandue qu'autrefois , ayant été abandonnée pour celle de plantes fourragères plus productives. On ne cultive guère aujourd'hui cette plante qu'en Suisse et en Allemagne, pour sa graine, et dans quelques régions de l'Itahe. Elle s'est aussi acclimatée en France; on la trouve dans les champs et les sables du Midi. Elle se fait remarquer par son peu d'exigence ; c'est, de toutes les plantes, une de celles (|ui ont le moins besoin de culture, ce qui faisait dire autrefois à Pline qu'elle vient d'autant mieux qu'on la soigne moins.

Sonini , qui en a essayé et recommandé la culture, dit que bien qu'elle vienne sur les terres maigres et sablonneuses., la plante prend cependant plus de développement quand la terre, sans cesser d'être légère, est riche et bien fumée ; qu'elle peut être semée en automne, ce qui la fait fleurir et mûrir alors plus tôt; mais que dans la crainte qu'elle souffre de l'hiver, il vaut mieux la semer au printemps ; qu'une fois semée, elle n'exige d'autres soins que l'enlèvement des mauvaises plantes qui dévorent sa sul^stance; et, enfin, qu'on doit la faucher en juillet, au moment de sa floraison.

En résumé, le Fenugrec, comme plante fourragère, produit peu; il donne, il est vrai, un très bon fourrage; mais craignant le froid et la pluie, il ne peut être cultivé que dans le Midi, oi)i d'autres plantes le remplaceront toujours avec avantage.

Le foin de TrigoneUe constitue une nourritm'e substantielle et très saine, donnant aux animaux de la vigueur et de l'embonpoint. On l'emploie dans quelques contrées de l'Itahe pour l'engraissement des bœufs ; mais elle donne à la viande un mauvais goût qui oblige à terminer l'engraissement avec une autre nourriture.

Ses graines sont plus employées que ses tiges. Elles servent à divers usages pharmaceutiques, et dans l'art culinaire, comme lég-ume de fantaisie. En Suisse et en Allemagne, on les donne, comme tonique, aux chevaux faibles et relâchés.

TlUfiONELLE DE MONTPELLIEU , T. MonspcticWll L.

Flours ndoraiitos, jaunes, au nombre dp il. 15, presque aesailos, aggloniiirées en ciipiliiles nmbolliformes à l'aisselle clos fouilles. Gousses étalées, courbées en faucille. Graines tuberculeuse». Feuilles Si folioles obovalos, dentoléos au sommet. Tige grêle, couchée, il rftmeaux pendants, do 1 h 3 décimètros. Annuelle.

ComuMino dans les lieux arides ot sablonneux du Midi, cotte espteo est sans importance comme plante fourragère, bien que tous les bestiaux, et notamment les moiitonS; la mangent avec plaisir.

Il en est de même dos autres espèces du même genre, les T. prostala DC, corniculata L., Iiybrida Pouu., polycerala L., ornithopodioïdos DC, qu'il nous suffira do mentionner.

Genre LUZERNE. — MEDÎCAGO.

Fleurs ordinairement disposées en grappes axillaires, pédououléos, quelquefois solitaires an sommet dos pédoncules; — calice tubulenx, cylindrique, h 5 divisions égales; — corolk caduque, à étendard étalé, plus long que les ailes et la carène, colle-ci obtuse, bilide et éloignée de l'étendard; — ■ gousse dépassant le calice, uniloeuUiire, polysperme, et affoctîint des formes diverses ; réniformo, courbée en faux ou contournée en spirale, quelquefois garnie d'épines sur son bord externe; — feuilles pétiolées, trifoliolées, munies de deux stipules soudées au pétiole par leur hase, entières, doutées ou laciniéos; —lige grêle, rameuse. — Espèces indigènes toutes herbacées, annuelles, bisamiuellos ou vivaoes.

Ce genre renferme un grand nombre d'espèces, presque toutes originaires du Midi. Celles qui croissent naturellement dans le Nord se trouvent principalement dans les prés, taudis que les espèces méridionales viennenl partout, dispersées dans les champs et les lieux arides. Elles se montrent seulement dans les plaines, et n'apparaissent que très rarement dans les contrées montagneuses; aucune espèce, sauf une ou deux exceptions, ne paraît pouvoir se développer au-delà de 1,500 mètres d'élévation. Les espèces du genre Luzerne sont toutes recherchées des bestiaux, pour lesquels elles constituent un fourrage sain et nutritif. Plusieurs peuvent entrer avec avantage dans la composition des prairies, et leur présence augmente la valeur des terres livrées à la pâture. Deux seulement de ces espèces , la Luzerne cultivée et la LupuLiNE , sont cultivées en grand comme plantes fourragères et ont acquis, à ce titre, la première surtout, une extrême importance agricole. Quelques autres espèces cependant pourraient aussi entrer dans la culture.

On trouvera, dans le tableau synoptique ci-contre, l'énumération de celles de ces espèces les plus répandues, avec l'indication de leur diu-ée, de l'époque de leur floraison et de leur lieu principal d'habitation.

Il est quelques autres espèces encore, plus ou moins communes dans les régions basses et élevées du Midi, sur les bords de la Méditerranée; mais leur importance absolument nulle comme fourragères nous dispense de les mentionner.

LKCtUMINEUSES.

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