TRÈFLE RAMPANT. — T. REPENS L
Noms vulgaires. — Tri-IU blanc, petit Trifle de Hollande, Triolet, Triffolet, Trainelle, Trianellt blanche, Traufjle, Troublotte, Louvotte, Irlolet, Fin-Houssy (en anglais).
Fleurs blanches ou légèrement rosées, en capitules globuleux, portées sur de longs pédoncules toujours axillaires , réfléchies après la floraison. — Calice glabre, il 5 divisions lancéolées, dressées, inégales, les supérieures plus longues, ordinairement colorées. — Gousse exserte, linéaire, contenant 3 ou 4 graines très petites. — Feuilles longuement pétiolées, à folioles arrondies et denticuléos, ordinairement vertes, quelquefois brun pourpre, souvent marbrées de blanc à la face supérieure. — Stipules étroites, terminées par une pointe .allongée. — Tiges grêles, nombreuses, couchées, émettant quelquefois des racines à chaque articulation. — Taille de 2 à 5 décimètres. — Racine pivotante, portant un grand nombre de di%dsions fibreuses. — Vivace ; fleurit de mai à octobre.
Le Trèfle rampant est une espèce fort commune dans toutes les régions de la France ; elle croît partout , dans les prés , près des habitations , sur les bords des chemins et des fossés. Elle vient dans toute espèce de terrain, même dans les lieux argileux , inondés, bien qu'elle se plaise davantage dans les sols légers et sablonneux. Est spécialement cultivé comme plante fourragère.
Le Trèfle hlanc offre plusieurs variétés, plus ou moins précoces et vigoureuses , ayant des fleurs et des feuilles de nuances assez variées , toutes sotunises au même mode de culture et offrant à peu près la même valeur économique.
Culture du Trèfle rampant.
Cultivé en Europe depuis peu de temps, le Trèfle rampant l'est aujourd'hui dans beaucoup de localités , plus au Nord cependant qu'au Midi , en Angleterre, notamment, et en Hollande, d'où l'on exporte encore une grande quantité de ses graines. Par suite de la disposition de ses tiges, qui rampent sur le sol, échappent facilement à l'action de la faux, il est peu propre, quand il est seul , à être cultivé en prairie ; aussi est-il principalement réservé pour les pâturages, destination qui lui convient d'autant mieux qu'il ne craint pas d'être foulé et brouté par les animaux , et qu'il talle au contraire davantage
après la pAture. Mêlé à d'autres plantes, il peut, en outre, concourir à former d'excellentes prairies naturelles .
Choix et préparation du terrain. — Ensemencement. — Soins de cultriix. — Plus rustique que le Trèfle des prés , le Trèfle blanc exige des terres moins humides ; et bien qu'il préfère les sols compactes qui conviennent au premier, il s'accommode également des sols légers, sablonneux , un peu frais. C'est un des fourrages qui viennent le mieux sur les terres hautes. Vu la disposition de sa racine qui , quoique pivotante , offre beaucoup de divisions étalées , il n'a pas besoin d'une terre profonde ou labourée profondément ; ce qui explique pom'quoi il vient également bien sur les terres fortes et sur les terres légères.
Quand il doit être cultivé seul , on sème le Trèfle blanc en automne ou au printemps. En automne on répand la graine sur les champs ensemencés en seigle ou en froment , après deux labours, ou sur une autre production liivernale. Au printemps, on la sème par-dessus ces grains, ou bien avec l'orge et l'avoine, en procédant d'ailleurs comme pour le Trèfle des prés.
La graine, très fine, doit être peu enterrée. Cela est rendu encore nécessaire par la tendance de la tige à se développer latéralement, mode de croissance qui permet, en outre, d'économiser la semence. Ainsi, 8 kilog. de bonne graine par hectare pourraient suffire pour bien couvrir un champ. Mais comme la graine , très petite , est difficile à semer et peut se perdre , comme aussi la plante pâtm-ée n'a pas le temps de prendre tout son accroissement, il faut toujours une plus grande quantité de graine ; on la fixe, en général, à 12 kilog. par hectare.
Le Trèfle rampant , une fois semé , n'exige pas de soins particuliers. Puisant sa nourriture dans une grande étendue de la surface du sol oîi il rampe, en même temps que, par son tallage, il s'oppose à l'évaporation de l'eau de la terre, il a moins besoin d'être fumé que le Trèfle commun. Les engrais, néanmoins, et notamment les matières calcaires, la chaux, la suie, les les cendres, etc., en activent beaucoup la végétation, et quelquefois suffisent pour le faire apparaître spontanément. Le plâtre surtout est efficace sous ce rapport ; c'est même, de tous les Trèfles, celui sur lequel cet amendement a le plus d'action ; il semble parfois le faire naître, tant sous sa seule influence on voit, dans les prés où il a été répandu, la légumineuse se multipKer avec abondance.
Sa végétation est encore activée par l'action du rouleau, par le piétinement des bestiaux, qui, en la forçant à s'étendre, rendent la plante plus épaisse , plus vigoureuse , et en font un gazon très dense. Ses tiges, étalées, garnissent alors le terrain nu , ou bien elles passent sous les plantes plus élevées avec lesquelles le Trèfle a été semé , et forment une espèce de taillis qui recouvre une plus ou moins grande étendue de la surface du sol.
Ainsi cultivé , seul , le Trèfle rampant , dont les racines sont très vives, dure de quatre à cinq ans. Il se développe de bonne heure, résiste aux gran-
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(les sécheresses aijisi (jn'iuix iVoiils, ot doinu! (îhnqiii; amiôc un hou Unin-.i'^a. Sa vigiiear, toutefois, ost varial)le suivant les saisons. Ainsi, ((uaud l'année est sèche, ou ne le voit pas paraîl^re, sur le; pi-é ; il l'isvifjut quand l'étal de l'alinosphère change. CeS éclipses do la |>la,nl,(; [KMivent être passagères on se continuer pendant plusieurs années.
Bien qu'il puisse durer davantage, il convient en général de rompre le pré vers la quati'iénie année. Dans les terrains secs, (juand le Trèfle blanc est |)âturé ras, il ne dépasse souvent pas trois ans. Qn(;li[uefois môme on le traite comme le Trèlle commun et on le rompt dès la denxième année. Il faut agir de la sorte quand on voit les hrômes , les chiendents et antres parasites envahir la prairie.
Le Trèfle rampant épuisant le sol plus que le Trèfle commun, on ne peut pas, comme celui-ci, le faire suivre par le froment. Il est préférable de le remplacer par des pommes de terre ou mieux encore par une récolte sarclée, .jf.
La culture de cette espèce a réussi quelquefois dans des lieux arides, auxquels même il a donné de la valeur. On l'a vu ainsi, après avoir duré quelques années, favorisé par le plâtre ou la chaux, laisser après lui une belle prairie naturelle couverte de graminées.
Récolte. Usages. Valeur économique et agricole.
Ordinairement pâturé , le Trèfle rampant est très rarement soumis à la dessiccation. Quand on veut le convertir en foin, on peut, dès la seconde année, le fauiîher au mois de juin et faire une seconde coupe à la fin d'août. Il sèche plus facilement que le Trèfle commun, perd alors environ le tiers de son poids, et donne un fourrage de bonne qualité, mais peu abondant.
Là, toutefois, n'est point sa véritable destination. Il est toujours préférable de le faire consommer en vert, sur place. Moins aqueux que le Trèfle commun, il expose beaucoup moins les animaux aux indigestions et leur fournit à tous, au milieu de l'été, un pâturage succident, bien qu'un peu court, ce qui est un avantage, en ce sens qu'il risque moins ainsi d'être pris avec excès. Il engraisse parfaitement les moutons et les porcs, qui le préfèrent au Trèfle commun; il convient également aux vaches; en Allemagne, on en fait des pâturages exclusivement réservés à ces derniers animaux.
Dans ces conditions , la culture du Trèfle rampant ofii-e quelques avantages réels : la plante, en effet, dure longtemps, exige peu de soins, et ne souffre point d'être foidée et broutée par le bétail, quaUtés qui la rendent surtout précieuse pour l'entretien des bêtes à laine.
On tire encore très communément un excellent parti du Trèfle rampant en le mêlant, en des proportions variables, à diverses gi'aminées vivaces qui, soutenant ses feuilles, le forcent à croître en hauteur et le rendent ainsi très propre à entrer dans une prairie naturelle. Il est une des meilleures plantes
(|uc l'on puisse unir, do la aorle, aux graminées ; il augmente la quantité et la ([uaiilé du foin, et ajoute ainsi lieaucoup à la valeur de la prairie.
Mêlé au ray-grass seulement, comme on le pratique assez généralement en Angleterre, il donne un bon fourrage ; celui-ci se développant plus tôt , on peut môme laisser paître jusqu'au milieu de mai sans nuire au développement du loin, que l'on fauche six semaines ou deux mois après.
On le môle encore quelquefois au Trèfle des prés. Celui-ci d'abord domine; mais disparaissant à la troisième année, le Trèfle blanc prend le dessus, et, avec ce qui reste de la plante bisannuelle, il fournitun excellent fourrage, tout en constituant un bon fonds de prairie que l'on peut améliorer eu y semant du ray-grass ou du dactyle pelotonné ; on a, par ce moyen, une prairie permanente, dont le plâtre et les engrais pulvérulents peuvent encore augmenter beaucoup le produit.
Trèfle HYonmE, T. hybridum L.
Fleui's rosées ou blanches, en capitules globuleux. Calice à dents inégales, séparées par un sinus arrondi. Feuilles à folioles elliptiques , presque rhomboïdales , obtuses , denticulées , munies de nerviu'es. Tiges ascendantes, très glabres, fistuleuses.
Cette espèce se trouve principalement dans le Nord, en Suède, en Nonvége, où on la cultive depuis longtemps. Elle y a atteint jusqu'à 1 mètre et demi d'élévation, et peut donner, dit-on, pendant quinze ou vingt ans, jusqu'à 10,000 kilog. de fourrage par hectare. Le Trèfle hybride est également cultivé dans quelques départements du Nord , notamment dans la Moselle , où M. Louis, de Metz, a particulièrement contribué à le répandre. Il lui faut des terres fortes ; on le sème en gousse dont on répand jusqu'à 100 kilog. par hectare, soit en automne, avec les seigles, soit au printemps, avec les graines de mars. H peut être pâturé, sans que le surplus de la récolte en soit compromis. Semé dans le Midi, sa végétation pourrait être entravée par les alternatives de froid et de dégel plus grandes que dans les régions septentrionales. '
Trèfle de Micheli, T. Mkhelianum Savi.
Fleurs roses, en capitules arrondis. Galice à dents égales, très longues, séparées par un sinus étroit et arrondi. Stipides courtes, ovales. Tiges dressées, fistuleuses.
Ressemblant beaucoup par son port à l'espèce précédente, le Trèfle de Micheli en diffère surtout par son origine méridionale. Vient en Corse , dans le midi et à l'ouest de la France. Il se rencontre dans les prairies, où les bestiaux le mangent avec plaisir. B se développe beaucoup par la oiilture.
Trèfle élésant, T. elegans Savi.
Fleurs roses, en capitules globuleux, longuement pédoncules, se renversant après la fécondation. Calice à divisions fiUformes , inégales, allongées. Feuilles à folioles ovales, denticulées, à sommet arrondi. Stipules allongées et terminées en pointes. Tige pleine , dressée , couchée à la base. Haute de 5 à 6 décimètres.
Cette espèce , qui se rapproche beaucoup du Trèfle blanc et n'en diffère essentiellement que par ses tiges non radicantes , et que l'on confond quelquefois aussi avec le Trèfle hybride , habite principalement les contrées méridionales , le midi de la France , l'Italie , le nord de l'Afrique. Il vient surtout dans les sols sablonneux et humides. Mêlé à diverses graminées, il forme dans quelques localités du centre de la France d'excellents pâturages. M. de Dombasle en a essayé la culture. Il donne une seide coupe, mais elle est abondante et produit du bon foin. Il peut aussi être p,âturé ; il est tendre, et mangé avec avidité par les bestiaux.
mSgtiminetises. 99
Tiii'jFLr; soTiTKnitAiN , T. .sublerraneitm L.
Kloiirs fertiles il'iiii liliuic jiiiinfitro, lUi Jiombro do 2.5, ijétiioolléos, et réunie», en ciipitulo», l'i, un grand nombre de fleurs stériles, réduites h un calieo roide iiccrescont; ciipitule» s'cnfonçiuit on terre aprfes la fécondation pour y mûrir les gruines des Heurs fertiles. Fouilles h folioles ohcordéos, dentiouléos siix sommet. Tiges ooucliéos , flexueusos , velues , hautes do 1 Ji 3 décimètre».
Cotte espèce , assez singulière par lo mode de dévelop])omeiit de ses fleurs , so trouve répandue dans presque toute la France, dans les lieux .sablonneux, les bords des eliemins, les coteaux secs. Elle est surtout rocliorclu'^o par les moutons, qui la préfèrent à beaucoup de graminées.
TnÈFLE A PETITES FLEUiis , T. parvi/lorum Enn.
Fleui'S blanches ou roses, très petites, eu capitules brièvement pédoncules. Caliee à dents très inégales, filiformes, so recourbant en dehors. Tiges diffuses, hautes de 1 à 3 décimètres.
Cette espèce , rare en France , est plus commune en Espagne et dans quelques régions des Pyrénées-Orientales. Elle acquiert par la culture un gi-and développement. F.lle est mangée par les moutons.
TaÈFLE DE MONTAGNE, T. monlanum L.
Fleurs blanches, un peu jaunâtres, en capitules globuleux, terminaux et axillaires, ceux-ci portés sur de longs pédoncules. Calice velu, à dents inégales. Feuilles à folioles elliptiques et denticulées , soyeuses en dessous. Stipules lancéolées, très étroites. Tige droite, jieu rameuse, velue. fistuleuse , de 2 ii 3 décimètres de hauteur. Souche ligneuse , épaisse , s'implantant profondément dans le sol.
Cette espèce, commune eu, Europe, se rencontre principalement dans les prés montueux, les terrains secs et sablonneux du nord et du centre de la France ; s'y trouve d'ailleurs rarement en abondance. Elle donne un bon fourrage, recherché des animaux ; mais la partie inférieure des tiges est Tm peu dure. On la cultive en Belgique et dîins quelques parties de la Prusse rhénane, pour l'alimentation du gros bétail; elle donne du fourrage vert et sec. Ce Trèfle produit moins que le Trèfle connnun , mais il a sur lui l'avantage de prospérer sur des terrains secs où ce dernier ne réussirait pas. C'est un dos Trèfles qui se dessèchent le mieux ; .aussi est-il facile à convertir en foin. ,