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NOMS \ '^'^ CAPITALES NOIRES: Cultivées en grand, en Fraoce. nr-o nan^i-r-o i ^^ PETITES CAPITALES: Gullivccs cxccptionnellemenL OU coDomunes.
f eu Italiques: non cultivées et rares.
LUZERNE LUPULDSTE. — M. LUPUIINA L.
Noms vulgaires. — Minette dorée, Trèfle jaune, Trèfle noir. Luzerne houblonnée, Lotier, Loliot, Mignonnette, Mirlilot des champs, Triolet, Truyote, Bujoline.
Fleurs jaunes, très petites, nombreuses, réunies en grappes ovoïdes, serrées, sur lui pédoncule grêle. — Gousse très petite, noire, monosperme, réniforme, un peu tordue au sommet, convexe, à faces striées, pubescente. — Feuilles à folioles ovales, élargies, denticulées sai sommet, avec stipules à pointe aiguë. — ' Tiges grêles, rameuses, étalées ou dressées, anguleuses, pubeseentes, hautes de 2 à 4 décimètres. ^ Racine pivotante. — Espèce bisannuelle. — Floraison de mai à à septembre.
Très commune dans tout le nord de la France et de l'Europe, la Lupuline croit spontanément dans les prés , dans les champs , sur les pelouses et les bords des chemins, ainsi que dans les lieux arides, sur les coteaux crayeux.
MiGTJMrNRIISKS. I O'J
Recherclléo avec avidil.i'; par li;s aninuiiix, i^lN; (!Sl, ciill.ivi'in coniim! jilaiil,i> l'oiirragère dans plusieurs régions du la France, où elle s'est Irés géiiéralemenl propagée, après être longtemps . n;st6(! œnfinéfi dans quelques cantons du Boulonnais. On la renconlre aujourd'laii communément dans les bonnes prairies de la Normandie, de la Belgique et (!(■ l'Ilalie.
Culture, valeur économique, usaijrs île la, LujivUnc.
La Lupuline prospéi'G dans les terrains frais ,, substantiels , profonds; mais elle redoute l'excès d'humidité. Elle vient aussi parlailemcnt dans les sols médiocres, légers, qui conviennent au Trèfle rampant, et mênrio dans les terrains maigres, secs et crayeux, où elle peut enfoncer ses profondes racines.
On la cultive comme le Trèfle des prés. Elle est semée ordinairement m mars, à raison de 15 à 18 kilog. de graines par liectare. Tivs rustique, l'ile résiste à la sécheresse dans les situations les moins avantageuses, ainsi qu'aux grands froids. Elle est très précoce, et repousse très vite après avoir été coupée. Elle ne donne que deux coupes, dont le produit, peu considérable, ne dépasse guère 3,000 kilog. de fourrage vert par hectare; séchée, elle se réduit à peu de chose. Bien qu'ordinairement bisannuelle, si on la fauche de bonne heure, avant sa floraison , elle peut durer ime troisième année.
La Lupuline est avantageuse par sa précocité, par sa facilité à croître dans les mauvais terrains, les sols arides et crétacés. Elle donne un fourrage peu abondant, mais dont la petite quantité est rachetée par l'excellente qualité. Elle fournit aux animaux , qui en sont tous avides , un foun-age sain et nourrissant, et qui n'a point l'inconvénient, môme employé en vert , de déterminer le météorisme. Quand ses graines ne sont qu'en partie formées , elle nourrit parfaitement les chevaux, qui la recherchent. Mais elle est surtout propre à former des pâturages pour les bêtes à laine, auxtfuelles ses tiges menues, rameuses, s'élevant peu au-dessus du sol, offrent une facile dépaissance. Elle ne soulfre d'ailleurs ni du piétinement ni de l'action de la dent, ce qm contribue, pour beaucoup, à rendre ce mode de consommation de la Lupuline plus profitable que sa conversion en foin.
Particulièrement propre, à cause de sa coiu-te durée, aux assolements à court terme, la Lupuline a été diversement associée dans les cultures. Ainsi, d'après Vilmorin , elle peut occuper, dans les assolements de terres à seigle, la môme place qu'occupe le trèfle dans les terres à froment. .^. Le mieux, suivant V. Yvart, dans les assolements a court terme des terres médiocres, c'est de la semer au printemps, avec de l'orge, de l'avoine, sur des terres qui, l'année précédente, auraient été ensemencées, ou en plantes légumineuses, ou en sarrazin, en navets, en pommes de terre, ou autres plantes convenables à cette nature de sol ; de s'en servir pour la pâtm-e des bêtes à laine, à la fin de la première et pendant une partie de la seconde année de sou ensemencement ; d'y faire parquer, à la fin de In seconde année.
les animaux qui en auront étt; nourris, et d'ensemencer la terre en seigle, ou tout autre grain applicable aux circonstances , après l'enfouissement de cette prairie bisannuelle.
Un autre emploi avantageux de la Lupulino est de la mêler à quelques graminées vivaces choisies; elle peut former ainsi, dans de bonnes terres, une excellente prairie permanente, où elle persiste, vu la facilité avec laquelle elle se multiplie par elle-même. On a conseillé encore de la mêler au sainfoin ; elle fournit, la première année, une bonne coupe et garnit ensuite la terre. Dans tous les cas, elle est peu épuisante, et laisse le sol bien préparé pour la culture des céréales.
Luzerne r.a.diée, M. radiata L.
Fleurs jaimes, au nombre de 1.2 sur un pédonoiile long et grêle. Gousse très grande, aplatie, foliacée STir les bords. Tiges arrondies, dressées ou étalées, de 2 !i 3 décimètres.
Vient comramiément dans les provinces du Midi, en Provence et dans le RoussiUon. Est mangée volontiers par les bestiaux qui la rencontrent dans les champs.
Luzerne faucille, M. falcata L.
Luzerne de Suide, Tranche, Hebu.
Fleurs jaunes, réunies en grappes courtes sur de longs pédoncules. Gousse courbée en faucille, formant quelquefois un tour de spire, polysperme. Feuilles à folioles oblongues, mucronées, denticulées au sommet. Stipules lancéolées. Tiges coucbées et redressées, hautes de 6 à 8 décimètres. Vivace.
Cette Luzerne vient surtout dans le Nord, et se rencontre communément dans les prés et sur les coteaux secs, le long des chemins, dans les lieux arides et calcaires. Elle est très recherchée des bestiaux, possède d'ailleurs toutes les qualités alimentaires de la luzerne ordinaire, mais elle est beaucoup moins productive. Aussi n'est-elle pas cultivée, bien que l'avantage qu'elle offre de venir dans des sols oii la première ne peut subsister pourrait permettre parfois de l'utiliser. Son inconvénient principal est de se développer, sur un seul pied, en touffes volumineuses qui étalent leurs rameaux sur le sol et rendent ainsi la plante très difticile h faucher.
Luzerne arborescente , M. arborea L.
Fleurs jaunes, en capitules sphéroïdes. Gousse comprimée, en croissant, ressemblant h celle de l'espèce précédente. FeuiUes nombreuses, à folioles cmiéiformes, entières ou éohancrées en cœur à leur sommet, pubescentes. Tige frutescente, très rameuse , un peu cotonneuse, haute de 2 à 3 mètres. Vivace.
Originaire des îles de la Grèce, cet arbrisseau est cultivé dans beaucoup de jardins. Ses feuilles sont très recherchées des bestiaux. Suivant M. Amoreux, qui en a préconisé la culture, cette espèce ne serait autre que le fameux Cytise des anciens, dont les agronomes latins, et plus particulièrement PUne (XIII , 24), ont vanté les qualités pour la nouiçriture du cheval et des autres animaux domestiques. En France, on ne poun'ait la cultiver que sur les bords de la Méditerranée, où elle donnerait, suivant M. Amoreux, des résiiltats très avantageux. Là, elle peut endurer la rigueur de l'hiver sans perdre ses feuilles. On la sème en ligne, au mois de mai , et dès l'automne elle donne une première coupe. On récolte ses rameaux à la faucille et aux ciseaux. Elle dure plus qu'aucune plante à foun-age, et reprend avec facilité par bouture, ce qui constitue un excellent moyen de la multiplier et d'en avoir promptement des produits.
LI5GUMINEU8ES.
LUZERNE CULTIVÉE. — M. fiATlVA L.
Noms VDLOAIBES. — Foin de llourijoync, Tréjle de llouniniine, Grande Luzerne, Sainfoin (dans le Midi), Lauzerte, Auserda ou Aserdo (dans le Uoussillon).
Fleurs violettes ou bleuâtres, en grappes olilongues, portées sur dos pédoncules tixillaires, plus longs 'que les feuilles. — Gousse glabre ou pubescento, ridée, étroite, contournée en nne spirale de 2 ou 3 tours au plus, laissant une ouverture circulaire au centre, renfermant plusieurs graines i-éniformes et jaunâtres. — Feuilles nombreuses, à folioles ovales, lancéolées, muoronées au sommet et garnies de quelqnos poils. — Stipules lancéolées, acuminées, entières ou dentées. — Tiges glabres, fonnes, rameuses, anguleuses, dressées, s'élevant jusqu':'i, 8 on 10 décimètres. — Racine pivotante, épaisse, très longue. — Vivace. — Fleurit de mai i\ septembre.
Originaire des régions méridionales, la Luzerne vient naturellement, en France , dans les prés, dans les champs , dans les fissures des murailles et dans beaucoup de lieux arides. Très recherchée des animaux , elle constitue l'une de nos principales plantes fourragères, que l'on cultive en grand pour la formation des prairies artificielles permanentes.
Culture de la Luzerne. ^
Cultivée chez les anciens, qui paraissent l'avoir tirée de la Médie, et desquels elle tient le nom de saint foin ou sainfoin, qu'elle conserve encore dans beaucoup de locahtés, la Luzerne a été de tout temps l'une des plantes les plus appréciées comme fourragères. Olivier de Serres exprime le prix cfii'on y attachait autrefois en l'appelant itnc des merveilles de nostre mesnage. Aujourd'hui on la cultive en France et dans la plupart des contrées de l'Europe, et partout elle tient le premier rang pour la formation des prairies artificielles de longue durée. Assez précoce pour donner du fourrage vert quinze jours au moins avant le Trèfle, très productive, extrêmement vivace, grâce à sa forte racine atteignant parfois une longueur de 3 mètres , et qui , en la soustrayant à l'influence des grandes sécheresses , peut prolonger sa durée jusqu'à près de trente ans, tout en empêchant la récolte de faire jamais défaut; n'épuisant pas le sol, cju'elle enricliit, au contraire, de ses débris, la Luzerne présente en effet, on le voit , outre ses vertus ahmentaires , des qualités véritablement exceptionnelles, et qui justifient amplement la place importante qu'elle occupe dans l'agriculture et l'économie du bétail.
Choix et préparation du- terrain. — Dans nos climats tempérés, la Luzerne peut venir partout ; toutefois , comme en raison de sa précocité elle redoute les gelées du printemps, et qu'une douce chaleur aidée d'une humidité modérée lui sont nécessaires, elle se trouve toujours mieux dans le Midi que dans le Nord. C'est pour cette même raison qu'on devra choisir une exposition méridionale, au soleil, loin des arbres et bien aérée.
Sans être difficile sur le choix du terrain , la Luzerne aime surtout des sols profonds, substantiels et assez meubles, dans lesquels puisse se dévelop-
I IV LEGUMINEUSES.
prr sa longue racine, cause de sa prospérité. La plante craint ainsi les sols sablouneu.\,'caillouteu.\., arides, les calcaires purs, les fonds froids et compactes où sa l'aciue ne pourrait pénétrer, et où, en restant superficielle, celle-ci serait plus accessible aux sécheresses, h l'action de l'humidité, et par cela môme e.vposée à pourrir ou à s'épuiser promptement. Cette racine se développe, au contraire, parfaitement dans les terrains argilo-calcaires mêlés de terre végétale, dans l'es dépôts limoneu.x, et surtout (juand le sol, sans être humide, contient cependant assez d'eau pour entretenir la végétation.
Dans tous les cas, avant d'établir une luzernière, il importe que la terre soit défoncée, ameublie par de profonds labours et conveuablement fumée. L'engrais employé doit être très exactement incorporé au sol. Pour cela, le mieux est de préparer celui-ci par une ou plusieurs cultures améliorantes, telles que celles de la vesce, de la fève, des haricots, des pommes de terre, des raves, des navets, ou par toute autre récolte sarclée, propre à ameublir, à nettoyer et à fertiliser le terrain. Si l'on met l'engrais l'année même du semis, on devra ne l'employer que suffisamment consommé. Il faudra veiller surtout à ce qu'il ne contienne pas de graines des plantes adventices que la Luzerne redoute beaucoup; c'est dans ce but, notamment, qu'il est essentiel de ne 'pas faire usage du fumier qui n'aïu-ait pas éprouvé de fermentation. Si le sol est trop compacte, on l'amende avec de la chaux ou du plâtre. Pour ces soins divers, il ne serait point d'une sage économie de s'épargner des frais qui seront ensuite largement couverts par l'augmentation du produit annuel.
Ensemcncemmt. — L'époque des semailles de la Luzerne varie suivant le cHmat. La plante craignant le froid, les gelées tardives de l'hiver, il est d'usage, dans le Nord, de la semer en mai ou en juin. Dans le Midi on peut la semer en mars et même dès l'automne, si la terre est sèche ; la plante s'y fortifie pendant l'iiiver et pousse au printemps avec plus de vigueur. On répand ordinairement la graine, quand on sème au printemps, sur orge ou avoine, qui, étant fauchées, laissent la fourragère seule. Dans les terres sèches ; et légères, V. Yvart recommandait de la semer en automne avec de l'escour- '"geon ou du seigle. On a conseillé encore de la semer mêlée à d'autres plantes, avec de la graine de trèfle, par exemple. Cette méthode est peu avantageuse. Le trèfle, il est vrai, donne des produits dès la première année,- quand la Luzerne est à peine développée ; mais lorsqu'il disparaît , il laisse des places que la Luzerne ne rerapht pas toujours et que viennent alors occuper les plantes parasites.
n est donc préférable, dans tous les cas , de répandre seule la graine de Luzerne. On la sème en lignes ou à la volée. Ce dernier mode est le plus généralement suivi. Il faut semer dru pour étoufi'er les plantes adventices ; 20 à 25 kilog. de graines par hectare suffisent ordinairement pour cela. En Angleterre, on en répand de 18 cà 20 kilog. Schwerz conseillait d'aller jusqu'à 40 kilog. C'est le meilleur moyen, selon lui, de se dispenser du sarclage et du hersage. Le semis en lignes, proposé par Tull, avait pour but de rendre
faciles les sarclages ; mais le semis ;i l;i volée, quand la graine est assez abouiliiTiiiiient répandue, atteint le inônie but. Dans les climats scptijnti'ionaux, ou Ecosse, en Irlande, on a essayé, .pour préserver la plante du Iroid, de la semer en lignes, pour pouvoir en novembre la couvrir de terre; elle passe, de la sorte, l'hiver à l'altri et au printemps on la découvre. On a essayé encore do planter la Luzerne, afin d'oljtenir, dès la première année de la plantation, un produit que ne donnerait pas le semis. Gela peut servir pour regarnir une luzernière, mais ne sam'ait être l'objet d'une application en grand.
Quelque procédé d'ensemencement que l'on suive, la graine doit être choisie jeune, fraîche, lisse, brune, pesante, exempte sui'tout de toute graine parasite. La graine récoltée dans le Midi est la meilleure.
Soins de culture. — La Luzerne, lierbe ti'ès vivace, peut, une fois développée, durer longtemps sans beaucoup de soins; mais pom* qu'elle prospère et donne jusqu'à la fin un bon produit, il convient d'y répandre chaque année, au printemps ou en automne, quelques engrais consommés ou pulvérulents, des cendres de tourbe ou de houille, de la suie, de la chaux éteinte, de la marne, du plâtre, mais surtout du plâtre calciné et pulvérisé, qxd, dans certains terrains, agit sur la Luzerne aussi bien que sur le Trèfle. Ces engrais, indispensables pour préparer le sol de la luzernière, le sont moins, il est vrai, quand la plante est développée, la racine allant alors profondément chercher la nourriture de la plante ; mais ils sont utiles toujours pour en activer la végétation et accroître la masse du fourrage. On commence à les répandre vers la troisième ou la quatrième année, et l'on ne doit, en ce cas, jamais craindre l'excès ni la verse qui pourrait en résulter, car si la prairie pousse trop dru, on peut la faucher jeune, outre l'avantage que l'on a ainsi de la mieux soustraire à l'invasion des mauvaises plantes, en empêchant la formation des clairières. Lorsque celles-ci se montrent trop nombreuses ou trop larges, il faut les regarnir en y semant quelques graines ou en repiquant quelques pieds retirés des endroits trop touffus.
L'irrigation, jointe à l'emploi des engrais, est un moyen très efficace d'augmenter le produit d'une luzernière, de multiplier les coupes, surtout si l'on est secondé par l'influence de la chaleur. Dans nos contrées tempérées, c'est surtout de sa première à sa troisième année que la Luzerne a besoin d'être arrosée ; plus tard , ses racines pénétrant à une grande profondeur, elle résiste mieux aux chaleurs, mais elle donne moins de produits.
En même temps , on devra attentivement veiller, afin de combattre l'envahissement des mauvaises plantes et des insectes qui attaquent la prairie. Pour cela , les anciens , ainsi que nous l'apprend Pline, avaient recours au sarclage. De nos jours, on se débarrasse des mauvaises plantes en les fauchant avec la Luzerne, si elles sont annuelles , et en les arrachant , si elles sont vivaces. On obtient le même résultat, quand la plante est bien enracinée, en passant la herse, à plusieurs reprises et en divers sens , à la fin de l'an-
114 UiGUMINEUSES.
loiiino (M apivs la (loriiii're coupe. ()ii répète, an priiilomps, ('Rlt.o opération i|iii, (le plus, offre l'uvaulçige d'ameublir la terre et d'activer la végétation, sans (jue la L^izerne, vu la profondeur de sa racine, ait à en souffrir.
Do ces plantes parasites la plus à redouter, pour la Luzerne, est la cuscute, à cause surtout de sa rapide extension, du nombre de ses filaments qui finissent par étouffer la plante. Pour s'en préserver, la première cliose est d'éviter de faire usage de semences provenant des luzernières infectées. Si la plante parasite apparaît dans la prairie, H faut trancber jusqu'au collet , avant que la cuscute soit en graine, tous les pieds de Luzerne affectés, puis enlever du cliamp toutes les portions de tiges coupées, et ressemer les endroits dégarnis. On a proposé encore de tuer la cuscute par les amendements caustiques, tels que la chaux vive, le feu, employés immédiatement après la récolte. Mais ces moyens restent souvent sans efficacité. On n'a plus alors d'autre ressource que de rompre la luzernière.
La Luzerne est exposée encore aux attaques d'une espèce de champignon souterrain, le Rhizoctone, observé surtout dans le Midi et signalé pour la première fois par M. de Dombasle. On ne connaît aucun moyen d'en prévenir l'invasion; on en limite l'envahissement par un fossé assez profond creusé autour de la partie infestée, sur laquelle on rejette la terre extraite.
Quant aux divers insectes qui attaquent la Luzerne, outre les moyens spéciaux préconisés pour les détruire, on parvient, en général, sinon à les faire disparaître, mais au moms à en limiter les ravages, en fauchant la plante dès qu'on s'aperçoit qu'ils menacent de se multiplier. Dans le Nord, le plus commun est le hanneton, qui se montre surtout dans les luzernières fréquentées par les bœufs et les vaches, parce qu'il se niche dans les excréments de ces animaux et y dépose ses œufs. On reconnaît la présence de sa larve en voyant les pieds de Luzerne se flétrir. Le plus sûr moyen d'en prévenir les atteintes est d'éviter le séjour des bêtes à cornes dans les Luzernes.
Dans le Midi, on redoute plus spécialement le Négril {Colaspis atra Oliv.) sur les mœurs et les ravages duquel nous aurons plus tard à revenir, en étudiant les divers insectes nuisibles aux plantes fourragères.
Un autre danger auquel est exposée la Luzerne est la gelée du printemps, qui est surtout à craindre quand le sol est humide et quand la pureté du ciel favorise le rayonnement nocturne du calorique. Si le soleil vient alors frapper la plante, elle est grillée et perdue. Pour la sauver, le plus sûr est de faucher promptement les tiges frappées, en ayant soin, toutefois, d'attendre qu'elles soient dégelées, l'observation ayant appris que les pieds que l'on mutile dans l'état de congélation périssent.
Récolte. Fanage. Produits. — A moins de circonstances exceptionnelles, telles que l'imminence de la gelée, la présence de parasites, etc., il convient d'attendre, pour faucher la Luzerne, qu'elle soit en pleine floraison. Plus tôt, elle serait trop aqueuse, peu nourrissante, outre que, par une coupe prématurée, en foi'çant la production, on épuise la plante. D'un autre côté,
LÉGUMINEUSES. I 1 f)
si on la fauche trop lanl , la Luzerne se fatigue pai' le travail de la maturation, et l'on n'a qu'un fourrage dur, ligneux et dillicile à digérer. Quelquefois, il convicMil de fanclier dès que les pi'omiéres fleurs eoniinijucont à paraître; on agit ainsi (juand, après une sécheresse, on voit les feuilles du bas de la tige jaunir et tomber. En ce cas , les pieds repoussant de nouveaux jets au lieu de croître en hauteur, si l'on retardait trop le fauchage, l'on n'aurait plus qu'un fourrage mêlé de tiges dures et de pousses trop tendres qui, se desséchant inégalement, serait de moins bonne qualité, sans compter ce que l'on perdrait sur la coupe suivante.
Quoique moins difficile que celui du trèfle, le fanage de la Luzerne exige, pour être bien exécuté, les mêmes précautions, la fjlante jjcrdant aisément ses feuilles et moisissant avec assez de promptitude, surtout si elle a été mouillée après être tombée sous la faux. Quand elle est bien sèche, on la serre en grenier, en la stratifiant autant que possible avec la paille, afin de l'empêcher de s'échauffer et de fermenter, ce qui, en môme temps, donne à la paille un goût agréable qui plaît à tous les bestiaux.
La Luzerne donne des récoltes extrêmement abondantes. C'est de to\ites les plantes fourragères la plus productive. Elle fournit chaque année plusieurs coupes, d'autant plus multipliées et plus considérables que le terrain est meilleur, mieux fumé, qu'une certaine humidité, jointe à une température élevée, favorise la végétation de la plante.
On commence à la faucher dès la seconde année, et souvent on en obtient déjà deux belles coupes. La troisième année, elle atteint son maximum et peut en fournir trois , même quatre. Sous un climat chaud , si les conditions générales sont favorables, on peut aller à cinq et même au-delà. C'est le nombre auquel on arrive habituellement en Algérie, où la culture de cette plante commence à prendre de l'extension. En Italie, en Espagne, on a pu, en certains cas, faire jusqu'à dix , douze , quatorze coupes ; une production aussi excessive, à la vérité, épuise vite la plante ; mais elle donne au moins la preuve de l'extraordinaire puissance de végétation de cette espèce.
En France, dans le midi, on dépasse rarement cinq coupes; et ce nombre va eu diminuant à mesure qu'on se rapproche du nord. Le produit total , qu'on peut calculer sur une moyenne de trois coupes, offre, d'ailleurs, de grandes variations; on l'a évalué de 10 à 25,000 kilog. de fourrage vert et à 6 à 10,000 kilog. de fourrage sec, par hectare.
La Luzerne donne, en outre, sa graine, que l'on récolte principalement dans le Midi , et sur les prairies qui , ayant plusieurs années d'existence, ont plus de vigueur pour la faire mûrir. Comme cette production est épuisante, il est même bon d'attendre que la pi-airie soit à la fin de sa carrière. Il ne faut d'ailleurs demander la graine qu'à la seconde coupe de l'année, la première, trop vigoureuse, étant exposée à verser et à pourrir avant de grainer, et pouvant, de plus, renfermer des semences nuisibles.
Durée, rupture de la prairie. — Une luzernière, nous l'avons dit, peut
I 1(1 LÉGUMINKUSBS.
durer Iros longtemps, douze, ijuhize uns, !<i le sol lui convieuL ; elle peut même donner de bons produits pendant vingt-cinq ou trente ans, sans exiger d'autres soins (ju'un peu de l'umier et quelques hersages. Elle périt, au contraire, beaucoup plus tôt, ne dépasse pas cinq ou six ans, si elle est en mauvais terrain et mal soignée. Il est peu avantageux, en général, de la garder un temps trop long; une durée de quatre à six ou dix ans, selon les localités, paraît la plus convenable pour en obtenir un bon rendement.
Il ne faut pas attendre, d'ailleurs, pour remplacer la luzernière, qu'elle soit tout à fait épuisée, ce qui l'expose à donner accès à de nombreuses plantes parasites qui diminuent son produit tout en affamant la terre. Le cultivateur habitué à observer saisit facilement les signes de cette décrépitude de la plante ; elle pousse des tiges moins hautes, moins tendres, moins succulentes ; le collet s'élève au-dessus du sol , pi'end une texture presque ligneuse ; la prairie se dégarnit ijartiellement, laissant vides des espaces irréguliers plus ou moins étendus. Quand, à ces changements, s'ajoute l'apparition, au miheu des vides de la luzernière, de quelques plantes adventices, telles que les bromes, l'agrostide commune, la chicorée sauvage, le pissenlit, les mousses, la folle-avoine, etc., il n'y a pas à hésiter, il faut rompre la prairie, après avoir préparé une pièce de terre pour un nouvel ensemencement, afin de ne pas compromettre la nourriture de son bétail.
Après elle, la luzernière laisse un sol fécond, dans lequel les racines, en se transformant peu à peu en engrais végétal, entretiennent longtemps la fertilité, surtout si on ne se hâte pas de l'affaiblir par des cultures épuisantes. On estime que l'engrais restant au sol, quand on rompt une luzernière bien entretenue, équivaut à vingt-cinq ou trente charges de fumier, qui viennent compenser l'intérêt des frais d'établissement.
Il importe, pour la Luzerne comme pour les autres végétaux, quand elle a été défrichée, de ne point la faire revenir trop tôt sur le terrain où elle a été cultivée. On admet généralement que , pour rétablir la fécondité de couches profondes, il faut au moins laisser s'écouler, avant de faire reparaître la plante sur un champ, un temps égal a celui de sa durée. Quand on veut reconstituer la luzernière, il convient, d'ailleurs, d'user, pour la préparation du sol, des mêmes précautions que pour le premier établissement, et de ne pas la semer, comme on le fait trop souvent, quand la terre cesse de donner d'autres produits. En soumettant à l'écobuage une luzernière rompue, on peut avancer de quelques années l'époque de son rétablissement. Une culture suivie du chanvre, en nettoyant bien le terrain, peut encore en faciliter le retour".
Usages alimentaires de la Luzerne cultivée.
La Luzerne constitue pour les herbivores domestiques un aliment précieux que tous recherchent , bien qu'il paraisse, en général , mieux convenir aux bêtes à corne qu'aux autres bestiaux. Elle peut être consommée sur
lilÎGUMlNJiUSIOK. 117
piod ou à l'ôlable. Mais ou Ja donne raromeul, un pàUirage, co nioili; do consommation exposant les animaux à Ja météorisalion , toul, (!m uuisaiil à la plante, (|iii soidlro (]\i pioUiiomeuli, de J'aclioii du la dent ul dus iriseutes cjue les excréments attirent. Mieux vaut la donner au râtelier, où elle peut Ctrc prise en vert ou en sec. "
La Luzerne verte donne beaucoup de lait aux vaches ; mais la crôme et le bourre des botes qui s'en nourrissent, quand la plante est trop jeune, conti'actent quelquelbis un goût désagréaWu. On fait manger encore la Luzerne verte aux animaux d'engrais et même aux bûtes de travaU. Mais il faut éviter de la donner avec excès, par crainte des indigestions, de la pléthore, etc., qu'elle peut occasionner.
Sèche, elle est très nourrissante, bien qu'un peu dure, et convient aux mêmes bestiaux (]ue la Luzerne verte. On doit la donner d'ailleurs avec non moins de précautions, et seulement quand elle a resué, car, lorsqu'elle est nouvelle, elle échauffe, occasionne la constipation, et expose davantage les bêtes au météorisme. Sous cette forme, elle supplée avantageusement le foin des prairies naturelles; le mieux, cependant, est de la donner mélangée avec ce dernier fourrage.
La Luzerne de la première coupe est la plus nutritive ; les fleurs et les sommités fleuries en sont avidement recherchées. Celle de la deuxième coupe, moins estimée, n'entre dans les distributions, pour les chevaux de l'armée, que dans la proportion de un tiers sur deux de la première coupe.
On a encore utilisé, pour l'alimentation du bétail, les racines de la Luzerne ; il suffit, pour cela, d'arracher chaque jour la quantité de ces racines qiie l'on veut faire consommer, de les laver soigneusement après les avoir fait tremper dans l'eau, puis de les diviser au hache-paille. On peut faire entrer ces racines à la dose de 3 à 4 kilog. dans la ration journalière des bêtes à corne, qui paraissent s'en bien trouver. C'est un moyen à la fois d'utiliser plus complètement les débris d'une luzernière rompue et d'accroître, dans une année de disette, sa provision de fourrages.
Variété de la Luzerne cultivée.
On connaît, sous le nom de Luzerne jaune, Luzerne intermédiaire, M. média Pers., Luzerne rustique, M. rustica Vilm., une variété intéressante de la Luzerne commune, que quelques auteurs ont considérée comme le type primitif de l'espèce, et dans laquelle d'autres ont vu, à tort, une hybride de cette dernière et de la Luzerne faucille. Elle se caractérise : par ses fleurs, en grappes courtes, d'abord jaunes pâles, puis verdâtres et ensuite ^âolettes; par sa gousse contournée en une seule spire, c'est-à-dire formant un tour de moins que celle de l'espèce type ; par ses tiges couchées à la base, puis ascendantes, pouvant atteindre, d'après M. de Vilmorin, plus de 1 mètre de longueur.
Originaire de la Suisse et du Tyrol et très commune dans le midi de la France, cette variété est aujourd'hui cultivée en Alsace et dans diverses par-
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ties de l'Allemagne, où elle s'est répandue surloul (lo[iiiis 1850. Elle donne un bon fourrage, estimé à l'égal des meilleurs trt'lles, mais qui durcit assez vite. Son principal avantage est de croître dans tons les terrains, même dans ceu.x où la variété ordinaire ne vient point, par exemple dans les sols sablonneiLx. Elle est plus tardive que celle-ci, dure longtemps, supporte très bien le mélange d'autres fourrages, des graminées notamment, et peut être, snus danger, pâturée par les moutons. Elle donne, en deux coupes, de9 à 12,000 kil. de fourrage sec.
Luzerne orbiculaire, M. orbicularis All.
Fleurs jaunes, petites, au nombre de 2.3 au sommet de pédoncules axiUaires, plus courts que les feuilles. Gousse discoïde à 3.5 spires inégales, serrées les unes contre les autres, sans ouverture au centre. Feuilles à folioles cunéiformes ou obovales , mucronées , denticulées au sommet. Stipules laciniées. Tige rampante ou dressée, de 2 à 4 décimètres.
Se trouTe dans les lieux incultes, parmi les moissons de presque toute la France, mais principalement dans les provinces méridionales. Est mangée par tous les bestiaux ; forme une bonne plante de pâturages.
Luzerne a écusson, M. scutellata All.
Fleurs jaunes, au nombre de 1.3 sur un pédoncule plus court que la feuiUe. Gousse presque globuleuse, à 5.6 spires. Stipules dentées. Tige velue, de 2 à 4 décimètres. Vient spontanément sur les bords de la Méditerranée.
Luzerne en toupie , M. turbinata Axl.
Fleurs jaunes, au nombre de 1.2 sur un pédoncule aussi long que la feuille. Gousse ovoïde à 6.8 spires, très serrées. Stipules dentées. Tiges couchées, de 1 à 2 décimètres. Vient dans les mêmes lieux que la précédente.
Luzerne contournée, M. tornata Willd.
Fleurs jaunes sur un pédoncule égalant la feuille. Gousse cylindrique à 5.6 spires égales se dirigeant à gauche. Stipules profondément dentées. Taille de 2 à 3 décimètres. Mêmes lieux qua les précédentes.
Luzerne naine, M. minima L.
Fleurs jaunes, très petites, au nombre de 3.5, portées sur des pédoncules iiliformes. Gousse globuleuse, petite, à 4.5 spires rapprochées, portant sur les bords deux rangées d'épines égèrement crochues. Feuilles à folioles cunéiformes, dentées légèrement au sommet, pubescentes. Stipules entières. Tige pubescente, ascendante ou dressée, haute de 1.3 décimètres.
Cette petite espèce est très commune dans les lieux secs et arides de presque toute la France. Bonne pour les bestiaux qui la mangent, mais ne la recherchent point, surtout quand elle est mûre, à cause des épines de sa gousse et du peu de saveur de sa tige qui , bien que petite , durcit très facilement. La plante d'ailleurs n'a que peu de durée. Ainsi , souvent , en six semaines , elle a accompli toutes les phases de sa végétation , et ne peut , par suite , constituer qu'une très faible ressource alimentaire.
Luzerne de Gérard, M. Gerardi Willd.
Fleurs jaunes, petites, au nombre de 2.4. Gousse ovoïde, à 4.6 tours de spire, bordés chacun d'un double rang d'épines, courtes, coniques. Feuilles h folioles cunéiformes, denticulées. Stipules laciniées. Tige étalée ou ascendante, de 1 à 3 décimètres.
Vient dans les pelouses sèches, dans les terrains sablonneux et calcaires.
Luzerne ciliée, M. cîliaris Willd.
Fleurs simples ou doubles sur des pédoncules aristés. Gousse ovoïde, pubescente, à 6.8 spires,
LÉGUMINEIISKS. I Hl
portant fies ôpiiu).? iiomhrousos, loiif^iios , (Haliies ut eiitrecroifiéos. .Stipule» 'Icnti-cs. 'l'iiille (Je 2 ii 4 d6oimfetros.
Ci'oît dans les cliimipa du Midi, sur les pazons dos y'yréniu». Ainsi que lu précédente, elle plaît au bétail, mais do niômo aussi elle produit tros peu.
Luzerne tachée, M. maculala Willd.
Afaillelles,
Fleurs d'un beau jaune au nombre do 2.5, sur un pédoncule ]ilu8 court i(nc la feuille. Gousse presque globuleuse, un pou déprimée, à 4..'> spires ii épines arquées, divergentes Feuilles il folioles obcordées, doutées, marquées souvent d'une largo taclio noire ou brune. Stipule» dentées. Tiges anguleuses, coucbées, diffuses, de 3 à 0 décimètres.
Cette espoco, très précoce, et commune dans toute lu France, se trouve prineipulemcnt dan» les prés humides, où elle forme de larges touffes qui se développent parfaitement Ji rom1)re des gi-aminées et presque dans l'eau. Elle se ressème d'ells-mêmo et produit un excellent fourrage, avidement recherché de tous les bestiaux. Sa culture pourrait être avantageuse dans les terrains humides, où les autres Luzernes refusent de végéter. H faudrait la semer on automne et elle pourrait être exploitée au printemps suivant. Elle produirait plus que la Lupidine.
Luzerne bardane, M. lappacea Lm.
Flem'S jaimes, au nombre de 2.5,- sur des pédoncules égalant la feuille. Gousse volumineuse, ovoïde, à 3.5 spires, pourvues d'épines divergentes, allongées et crochues. Feuilles h folioles obcordéss. Stipules laciniées. Tiges de 2 Ji 5 décimètres.
Luzerne précoce, M. prxcox DC.
Pédoncule plus court que la feuille. Gousse glabre, à 3.4 spires, garnies d'épines divariquées. Stipules laciniées.
Luzerne a cinq tours, M. pentacyda DC.
Gousse à 6 spires décroissantes, à épines fortes, crochues, étalées.
Luzerne trépan, M. tercbelhmi Willd.
Gousse tronquée aux deux extrémités, à épines courtes.
Luzerne laciniée, M. laciniata All.
Fleurs au nombre de 1.2 plus longues que la feuille. Gousse à 4.5 spires décroissant aux extrémités, à épines longues, divergentes. FeuUles à folioles et stipules laciniées.
Cette espèce, ainsi que les précédentes, vient principalement dans les régions méridionales. Toutes peuvent également servir de pâture aux bestiaux, qui les mangent volontiers.
Luzerne a pointes , M. apiculata Willd.
Fleurs jaiines , réimies en grappes au nombre de 3.8. Gousse presque globuleuse, un peu déprimée, ;\ 2.3 spires, munies de petites épines courtes, droites et divergentes. Feuilles à foHoles obovalos, à peine donticulées. Stipules laciniées. Tige de 2 à 5 décimètres.
Croît spontanément dans les moissons , les champs en friche , les terrains secs et arides , et résiste aux longues sécheresses.
Luzerne denticulée, M. dentmUata Willd.
Gousse à épines saUlautes , longues et recourhées au sommet. = Se trouve dans les mêmes lieux que la précédente. Les animaux la mangent de même avec plaisir.
Luzerne striée, M. striata DC.
Fleurs au nombre de 4.6, sur un pédoncule plus long que la feuille. Gousse mimie de pointes courtes. Tige anguleuse, couchée, de 2 à 4 décimètres. = Vient sur les sables des bords de l'Océan.
Li'ZEnNE EN DISQUE, M. disriformis DC.
Kloiirs nu iiomliro cle 2.4. Gousse nuo h la spire supérioui-o , pourvue ii la face infiSrioure de lougues (5pinos crochues. = Vient clans les provinces mériilionales.
Luzeune marine, M. marina L.
Fleurs gramlos , d'un jaune vif, au nombre de 'i.l2, sur un pédoncule 6'^a\ a la feuille. Gousse à 2 ou 5 spires, h épines courtes, quelquefois tuberculeuse. Feuilles à folioles cunéiformes entières, couvertes d'un duvet blanc. Stipules entières. Tiges blanches et tomenteusos, rampantes, longues.
Vient dans les sables de la MéditerranOe et de l'Océan, oii elle peut acquérir un grand développement. Pourrait être cultivée dans les terrains pauvres, d'autant mieux qu'elle est fort recherchée des moutons et des chevaux.
Luzerne couronnée, M. coronata Lm.
Fleurs très petites , au nombre de 8.15 , portées sur un pédoncule très grêle , beaucoup plus long que la feuille. Gousse très petite, à 1,2 spires bordées d'épines en courorme. Stipules dentées à la base. Tiges filiformes, de 1 à 2 décimètres.
Cette petite espèce croît dans le Midi et produit peu.
Luzerne hérisson, M. echinus DC.
Fleurs multiples s\ir des pédoncules plus courts que la feuille. Gousse cylindrique à 5. fi spires , très lâches , à deux rangs d'épines très grêles. Stipules fortement dentées. Plante glabre, de 3 h 5 décimètres. = Vient dans les régions maritimes du Midi.
Luzerne chausse-trape , M. tribuloîdes Lm.
Fleurs portées sur un pédoncule plus court que la feuille. Gousse oyUndriqne à 3.5 spires égales, à épines divergentes. Folioles obovées, cunéiformes. Stipules laciniées. Vient dans diverses régions du Midi.
Luzerne en cylindre, M. njlindracea DC.
Fleurs au nombre de 4.6 sur im pédoncule aussi long que la feuille. Gousse cylindrique à 5.6 spires serrées. Folioles grandes, rhomboidales. Stipules laciniées. Plante velue, de 3 à 6 décimètres. = Se trouve plus communément en Corse.
Luzerne hérissée, M. muricata Benth.
Fleurs simples ou doubles, sur un pédoncule plus long que la feuiUe. Gousse convexe à la base et au sommet, à 7.8 spires à bords armés d'épines étalées. Stipules dentées. Tige velue, de 1 à 3 décimètres. = Vient dans les champs cultivés du Midi.
Luzerne des rivages , M. littoralis DC. "r
Fleurs portées par un pédoncule plus long que la feuille. Gousse plane, à 3.5 spires égales, garnies d'épines étalées. Tiges couchées, de 1 à 2 décimètres. Commune sur les sables de la Provence.
Luzerne tuberculée, M. tuberculata Willd. Fleurs au nombre de 2.6 sur un pédoncule aristé aussi long que la feuille. Gousse plane à la base, convexe au sommet, à 4.5 spires à bords tuberculeux. Tiges anguleuses, pubesoentes, de 2.4 décimètres. = Croît en Corse et dans les provinces méridionales de la France.
Luzerne écourtée, M. truncatulata G^rtn.
Fleurs sur un pédoncule plus court que la feuille. Gousse plane à 3.5 spires égales, garnies d'épines courtes appliquées sur les tours de spire voisins.
Vient dans les mSmes lieiix que l'espèce précédente. — Ces dernières espèces, toutes originaires du Midi, sont, les unes et les autres, sans importance comme plantes fourragères.
LÉ&UMINKUSES.
Genre IIARICQÏ. — l'IfASIWUJS L.
l'knrs on pjrappes, Braotéolcios, portûea sur dos pciilcmcnlos axillaircs; — calice bilnliié, lu Ifevro siiporieuro oiitinre ou dontùc, l'ijifériourc Ji 3 donts ; • — nnrnlk k (îtoiidiirtl redrcsBi*,, it cari/iie contonrmie en spirales avec les litaïuinos et le stylo; — ijousac pondante, ol)longiic, bosselée, à deux valves, oontenaiit plusieurs graines séparcies par dos saillies cellulcuses; — fcuillea h trois foliole» très grandes, artieuli'^es. — Plantes annuelles, lierhae(!es.
Co genre ibnrnil; plusieurs espèces, cultivées pour la uourrilui'o de l'homme, et dont la, culture a multiplié les variétés.
HAnicoT COMMUN , P. vulfjaris L.
Fleurs blanches , jaunâtres ou violacées. Calioo à lévro supérieure bidentée. Gousse presque droite. Graines volumineuses , oblongues , de ooiûeur variable. Feuilles à folioles irréguliiremcnt ovales, la moyenne plus longuement pétiolulée. Tige longue, volubile, grimpante.
Originaire de l'Inde, et depuis longtemps naturalisée en Europe, cette espèce est cultivée dans les jardins potagers pour sa graine, après la récolte de laquelle il ne reste que des valves et de» tiges, peu reobereliées des animaux.
--'Les autres espèces cultivées sont : le Habicot multiflore, l\ muUijlorus Lm., ii fleurs d'un rouge vif, et le Haiîicot nain , P. nanus L.
Les hortioidteurs divisent ces diverses esuèees et leurs variétés en deux groupes principaux : les Haricots grimpants ou à rames, cultivés dans les jardins , et les Haricots «anis ou non à rames. que l'on sème ordinairement dans les champs. Ni les imes, ni les autres, ne sont fourragères.
Genre LOTIER. — LOTUS L.
Fleurs jaunes ou rougeâtres, devenant vertes par la dessiccation, solitaires ou géminées, plus souvent réunies en capitules, au sommet de pédoncules axillaires. — calice tubuleux, à 5 divisions ; corolle à étendard et ailes de même longueur, rapprochées au sommet; — étamines à filets inégaux, les plus longs très élargis; — gousse allongée, droite, cylindrique ou anguleuse, à 2 valves qui se tordent sur elles-mêmes après la déhiscence , polysperme ; — graines séparées par du tissu cellulaire, formant des eloisons transversales ; — fexnllcs trifoliolées , à folioles entières ; — s(/j)nZes libres , foliacés.
Ce genre renferme plusieurs espèces herbacées, la plupart méridionales, qui viennent spontanément dans les prairies et les pâturages , où elles s'allient aux graminées et forment une nourriture saine, que recherchent les animaux, et dont plusieurs pourraient être cultivées en grand. Le tableau suivant fait connaître, avec lem-s caractères distinctifs, l'ensemble de nos espèces indigènes :
f Fleurs jaimes,
carèue relevée
en bec
Dents
du calice
ssales
' Pédoncule 1 multiflore
Pédoncule Gousse \à 8. 12 fleurs 1 cylindrique
di-oite / Pédoncule à 2.6 fleurs
coknicdlatds Uliginosus Deatmbens Àngitslissimus Uispidits \ Parviflonts Gousse gonflée et arquée. Edulis Pédoncule nniflore Àrisiaïus