‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 33 sur 138 · GESSE SANS FEUILLES. — L. ÀPHACA L · texte numérisé non relu

GESSE SANS FEUILLES. — L. ÀPHACA L

Noms vulgaires. — Pois-aux-lièvres. PoiS'de-souris. Hehiiseau.

Fleurs petites, jaunes, veinées de noir sur l'étendard, solitaires ou géminées sur un pédoncule plus long que le pétiole. — Calice à dents linéaires, longues. — Gousse comprimée, courbés

liS;' i.iiiir.Mi.MUîijCïi.

011 l'aux , nUiculùo, glabre, jaunâtre. — Graines ovoïdes, lisses, marbrées. — Feuilles sans loliolcs , réduites h m\ pétiole fdifonne, torminéos on vrille. — Stipules grandes, entières, simulant deux fouilles opposées, sessiles , ovales, iiuriculéos à la base et serrées l'une contre l'autre. — Tiges peu i-ameuscs, glabres, grimpantes. — Taille do 2 à 5 décimètres. — Annuelle.

Commune dans les champs, au milieu des cultures de la plupart des régions de la France, mais principalement dans les plaines, cette espèce s'étale quelquefois sur la terre, mais plus souvent s'atlaclio à la tige du hlé, du seigle et des autres céréales. Quand, par son abondance, ce qui est à redouter, elle ne devient pas alors un inconvénient pour les récoltes , en diminuant le rendement en grains, elle ajoute, par sa présence, aux qualités alimentaires de la paille et la rend propre à remplacer le foin dans la nourriture des chevaux et des bêtes à cornes. Seule, elle produit peu ; sa fane est d'ailleurs recherchée de tous les bestiaux, surtout des moutons. Ses graines passent pour être vénéneuses.

Gesse sans vrilles , L. Nissolia L.

Gesse de Nissole, Nissolie des boutiques.

Fleiu-s piu'puriucs, solitaires, sur un pédoneule court. Gousse droite, grêle, légèrement veliic. Graines rugueuses, brunes. Feuilles sans vrilles ni folioles, réduites k un pétiole foliacé, simulant une feuille lancéolée comme une feuille de graminée. Stipules très petites, en alène. Tiges grêles, raides, dressées, non grimpantes. Taille de 3 à 8 décimètres. Annuelle.

Cette espèce vient comminiéraent dans les moissons, les clmmps pierreux, les bois découverts de presque toute la France, plutôt dans le Midi que dans le Nord. Elle est mangée avec plaisir par tous les bestiaux ; mais produisant peu, elle est sans imi)ortance.

GKSi^E CULTIVÉE. — L. SATIVUS L.

KojIS VULGAIRES. — Gesse commune, Gesse domesliiiue. Gesse blanche j Gesse à lar'jes gousses, Pois fiessc. Pois carré, Pois-de-brebis, Pois breton, Pois gras. Lentille carrée, Lentille d'Espagne, Lentille suisse, LenliUin, Jarra, Jarosse, Hiboge (Picardie).

Fleurs blanches , roses ou bleues , grandes , solitaires , sur un pédoncule plus long que le pétiole. — Calice à dents très longues. — Gousse comprimée, large, ovale, munie, sur le dos, de 2 ailes membraneuses, disposées eu gouttière, réticulée, glabre, fauve, renfennant 3.4 gr-aines.

— Graines grosses, comprimées, anguleuses, lisses, unicolores, d'un blanc verdàtre. — Feuilles à pétiole étroitement ailé, à vrille simple on rameuse, à 1 paire de folioles linéaires-lancéolées.

— Stipules aiguës, courtes. — Tiges peu ailées, faibles et grimpantes. — Taille ds 3 à 6 décimètres. — Annuelle.

Cette espèce, originaire d'Espagne et propre au Midi, vient spontanément dans les moissons. Elle était cultivée par les anciens, qui en faisaient grand cas pour la nourriture des bestiaux. Olivier de Serres, qui la désigne sous le nom de jarrus, la recommandait pour l'engrais des porcs. De nos jours , sa culture est répandue dans plusieurs départements du Midi et de l'Ouest, où elle permet d'utiliser des terres argileuses, médiocres. Quelques cultivateurs l'ont essayée avec avantages dans d'autres localités.

Craignant seulement le froid et l'excès d'humidité, la Gesse cultivée peut ^euir dans la plupart dos terrains où l'eau ne séjourne pas, aussi bien

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diuis los mauvais sols argileux (jui; dans di'S sols calcaii'us et, de ]ji;ii de valeur; elle préfère, toutefois, les terres meubles, fraîches et substantielles.

On la sème ordinairement en mars on en avril. Dans le Midi, où l'on a moins à redouter les rigueurs de l'hiver, on la sème en automne ; elle est alors ]ilus vigoureuse et plus productive. On r(''pa,nd 1 hectolitre et demi de semence par hectare. La plante étant faible, il est a.vantageu.\ d'y joindre ({uelfjues graminées à tige ferme, telle que le brème des prés, le dactyle pelotonné, l'avoine, qui végètent dans les mêmes terrains. Les graines semées sont recouvertes par la herse, et la prairie, jusqu'à la récolte', reçoit les mêmes soins de culture que la Vcsce.

Le moment de la récolte varie suivant le produit (]u'on se propos(; d'obtenir. Ainsi, quand on veut la faire manger en vert, on la coupe au moment de la floraison. En la fauchant de bonne heure, elle peut, comme la Vesce, si elle se trouve dans des circonstances favorables, fournir plusieurs coupes ou un pâturage abondant. Si, au contraire, on doit faner la plante afin de la garder pour fourrage d'hiver, il faut attendre que les premières gousses commencent à fleurir, mais sans dépasser ce moment. Suivant M. de Père, il est un point de maturité qu'il importe alors de saisir exactement , car si on la devance, la plante, trop verte, risque de faire prendre la diarrhée aux bestiaux; et si on retarde trop la récolte, le fourrage qui sèche tout à la fois serait trop dur, les tiges se trouvant toutes en graine en même temps. Enfin, quand on veut obtenir la graine, il faut nécessairement attendre la maturité complète.

La culture de la Gesse, comme celle de la Vesce, peut être considérée comme préparatoire et améliorante, surtout lorsqu'elle est coupée avant la formation des gTaiiaes. Elle produit, sans épuiser le sol, un fourrage abondant qui convient à tous les bestiaux. Par sa forme anguleuse, sa graine se défend mieux que la Vesce contre l'avidité des pigeons, ce qui permet au cultivateur de voir sortir du sol autant de tiges qu'il lui a confié de semences. — Enfin, de même que les autres Légumineuses, la Gesse peut, lorsqu'elle est enfouie en fleurs, former un engrais vert; mais l'espèce suivante paraît mieux convenii* pour cet usage.

La Gesse, cultivée en sec ou en vert, est recherchée de tous les animaux. Mais elle est principalement cultivée par les moutons, qui eu sont très avides. Elle les échauffe moins que la Vesce , surtout quand on ne l'a pas coupée trop tardivenaent. Elle engraisse, en outre, les vaches, et active la sécrétion du lait.

Les semences forment également une bonne nourriture pour les bestiaux, qu'eUe entretient et engraisse assez promptement. On les donne à la volaille, mais surtout aux porcs ; M. Dussieux, près de Chartres, a spécialement cultivé la Gesse pour l'engrais de ce dernier animal ; mais il donne la graine après lui avoir fait subir un degré de cuisson ou l'avoir réduite en farine grossière, pour la mêler à d'autres aliments: elle lui a paru, dans ces

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cas, préférable même à l'orge, lanl au i)(iiiit de vue de la valeur alimentaire qu'à celui des produits obtenus.

Dans quelques contrées, la semence de Gesse est utilisée encore pour la nourriture de l'homme. Cueillie verte, elle peut être transformée en excellente pm-ée. En Espagne, on l'utilise comme les petits pois. Mais son enveloppe coriace la rendant de dilHcile digestion, il vaut mieux la réserver pour la nourriture du bétail.

GESSE-CHICHE. — I. ricEnA L.

Nojlâ VULGAIKES. — l'elitc Gesse, Gesselte, Jarat, Jarote, Jarossc, Jarousse, Garroussc, Garasse, Garroule, Gairroute, Garobe, petit Pois chiche, petit Pois carré, Pois cornu.

Fleurs d'un rouge brique, de moyenne graudeur, solitaires, sur des pédoncules courts. — Gousse comprimée, non ailée, canaliculée sur le dos, glabre, fauve, contenant 5.6 gi*aines. — Graines petites, anguleuses, lisses, marbrées de noir. — Feuilles à pétiole peu ou non ailé, à vrille, h 1 paire de folioles étroites, aiguës. — Stipules égalant le pétiole, ampl^, lancéolées. — Tiges minces, légèrement ailées au sommet, rameuses, gi-impantes. — Taille de 3 à 6 décimètres. — Annuelle.

Commune dans les moissons des provinces du Midi, de l'Est, et même du Centre, dans les bois de chêne, cette espèce, ainsi que la précédente, est cultivée comme plante fourragère, principalement en EspagTie et dans plusieurs départements du midi de la France, surtout dans les Bouches-du- Rhône. Au commencement du siècle, elle a été introduite dans quelques localités des environs de Paris, près de Meaux, et paraît y avoir réussi. Depuis, sa culture a été considérablement étendue en France. Plus petite que la Gesse cultivée, dans la largeur de ses tiges, de ses feuilles et de ses fruits, bien que d'une égale élévation, la Jarosse donne aussi moins de produits ; mais étant plus rustique et moins difficile sttr le choix du terrain, elle peut, dans certaines circonstances, lui être préférée. D'après Vilmorin, elle est plus rustique que la Vesce d'hiver.

Culture de la Gesse-chiche.

Apte à se développer sur tous les terrains, la Gesse-chiche réussit surtout parfaitement sur les sols calcaires, qu'ils soient, d'ailleurs, forts, légers ou graveleux. L'important est qu'ils ne soient pas trop humides pendant l'hiver, ce qui pourrait compromettre le développement des semences.

Dans le Midi, où l'on n'a pas à redouter les excès de l'hiver, on sème ordinairement cette plante en automne, à la fin d'août et dans le cours de septembre. On répand la graine sur des terres qui ont porté du blé, après avoir enterré le chaume à la charrue, ou sur le chaume même. L'essentiel est que la terre soit sèche; l'opération, pour cela, doit être faite avant les pluies d'automne. Semée par un temps humide, la Gesse-chiche réussit mal; la

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