‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 34 sur 138 · I.KIjOMINliUSES. I8Ô · texte numérisé non relu

I.KIjOMINliUSES. I8Ô

semence peut même ôlre tout à Tait perdue. On répand cette graine moins dru que le blé ; il en Tant, en moyëii'no, de 250 à 300 litres par hectare.

La Gesse végète d'aLord très lentement ; mais ne craignant pas les gelées, elle n'est pas pour cela conipromis(! |i;ii' la, mauvaise saison; (|ii;iii(l de forts hivers en l'ont exception Liollunieiit pc'rir une partie, ce (jui reste acquiert iilus do vigueur et talle davantage. Klle réussit inrailliljlement, pour peu que le printemps soit l'a vorahlc ; si cette saison est sèche, la Gesse s'élève moins; mais dès que quelques pluies surviennent, elle s'épaissit beaucoup, en formant un lit sorré et uni.

Le moment de la récolte varie suivant qu'on veut obtenir du fourrage ou de la graine. Quand la Gesse doit être fanée, on la coupe au moment où elle est bien en fleurs : dès qu'elle est fauchée, on la sèche sur place comme le foin, et on la rentre sans attendre qu'elle soit entièrement desséchée, afin qu'elle ne se brise pas trop. On obtient ainsi à peu près autant do fourrage qu'en peut donner une bonne coupe de luzerne, faite sur une surface égale : soit environ 7,000 Idlog. par hectare. Après la fauchaison, et dès que le fourrage est enlevé, on retourne le terrain au moyen d'une forte charrue, afin que les racines brisées et les feuilles encore fraîches qu'on enterre, aient le temps de se pourrir avant leur dessiccation.

Lorsqu'il s'agit de recueillir les graines, il importe d'attendre leur parfaite maturité, et il faut être attentif à saisir ce point, car si la plante n'est pas assez mûre, la graine se retire et se dessèche ; et si elle l'est trop, celle-ci s'échappe de la gousse et il s'en perd beaucoup. Le moment venu, des femmes arrachent la Gesse, qui , vu la faiblesse de sa racine, offre peu de résistance ; puis la plante est portée sur l'aire, où elle est foulée et nettoyée comme les autres grams. Le produit, en graines, est de 8 à 10 pour 1 environ. Cette graine est exposée à être piquée par les insectes, ce qui oblige à tremper dans l'eau bouillante toute celle qu'on ne garde pas pour semence.

La Gesse-chiche est cultivée encore comme engrais vert. C'est une des meilleures plantes que l'on puisse réserver à cet usage. Dans le territoire d'Aix, elle est, depuis longtemps, exclusivement semée dans ce but. L'enfouissage a lieu au moment où la plante est en pleine floraison. Si l'opération se fait sur une petite surface, on fauche chaque jour la quantité que l'on peut enfouir à bras ; souvent, alors, l'herbe étant trop épaisse, trop abondante pour le terrain qui l'a portée, on en transporte sur le champ voisin, qui s'enrichit ainsi sans frais. Mais si le tei-rain est étendu, ou se sert d'une forte charrue à versoir, et on place à mesure, dans les sillons ouverts, les tiges abattues, que recouvre le sillon suivant. L'herbe est aussi bien enfouie de cette manière que si on l'eût enterrée à la pioche.

Certains propriétaires, pour épargner quelques journées de travail, font passer les bœufs et les moutons sur la prairie, afin qu'après avoir brouté les sommités de la Gesse, ils l'abattent et la foulent sous leurs pieds, ce qui permet à la charrue de l'enterrer plus facilement, mais à la condition qu'un

Oiivrici' \i('iinr cii^iiilc, ;i\{'i- la 1i("'i'1h', i'oroin'i'ir l'iii'i'lic (|iii piuiiTail, rcsUM' sur la Icrrc. Ccdi' ini'llmilc ne vaiil [las la iirciiiici'c (>(, ne réalise ([ii'iiiie cconomi(! apparente.

Quoi qu'il en soit, une t'ois la Gcsso recouverte par la terre, eoinnie (^lle n'est bien pourrie qu'en automne, il ne faut plus labourer qu'au momeut d'ensemencer. Si on passait la cbarrue plus tôt , on ramènerait la plante à la surface, avant (ju'elle fût changée en terreau, et on n'eu olilienrlrait point Feifet désiré. Il n'y a, d'ailleurs, aucun inconvénient à attendre ainsi, une culture donnée aussi profondément ne permettant point aux mauvaises plantes de se développer dans un aussi court espace de temps.

Valeur mjrkole et ccunomiquc de la Gcsse-cliielw.

Comme la plupart des autres Légumineuses, la Jarosse, empruntant une grande partie de sa nourriture à l'atmosphère, enrichit le sol où ou la cultive, au lieu de l'appauvrir. Même quand on la laisse grainer, elle n'effrite point la terre. Ainsi, d'après des observations déjà anciennes de V. Yvart, im terrain qui a porté la Gesse-chiche, produit autant de blé que lorsqu'il est resté en jachère, surtout si on a passé la charrue immédiatement après la récolte, et cela outre les avantages qu'offre la plante comme fourrage ou comme engrais vert.

Elle convient surtout pour remplacer, dans le Midi et toutes les localités, en général, où la sécheresse est à redouter, les prairies artificielles permanentes. Semée avant l'hiver, étant moins délicate et craignant moins le froid que la Vesce, elle réussit parfois mieux que celle-ci, tout en s'élevant aussi haut et donnant autant de fourrage. Son principal inconvénient, qu'elle partage au surplus avec les autres plantes annuelles, est d'obliger chaque fois à renouveler la semence et les labours, et de ne donner qu'une coupe de fourrage, tandis qu'une prairie permanente n'oblige ni à cultiver, ni à semer) tout en donnant plusieurs coupes. Mais celles-ci, bien que supérieures en principe, ne réussissent point partout, et c'est dans ces circonstances que deviennent utiles des plantes comme la Jarosse, qui offrent le moyen d'utiliser des terres qui resteraient sans elles abandonnées à une stérile jachère, et laissent, par une culture facile et peu coûteuse et un seul labour après la fauchaison, le sol parfaitement préparé à recevoir le blé. Ajoutons qu'il est des localités, comme ou l'observe dans les Bouches-du-Rliône, où cette plante, par suite de la rareté des pluies, est souvent le seul fourrage qu'on puisse récolter.

La propagation de la Gesse-chiche mérite donc d'être encouragée comme culture améliorante, principalement pour les pays secs. V. Yvart a pu, par elle, obtenir sur un même terrain et avec une seule fumure, jusqu'à dix récoltes consécutives. Il semait, d'abord, sur le champ fumé, des légumes de toute espèce ; puis venait le blé ; puis la Jarosse pour fourrage ; et en continuani

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jiiusi, a.ll,(!riial,iv(.Mii('iil, il arrivii à, ohlcnii' imi (Ii\ ans : I i-('collr de Icigurnes, 5 de Mé et 4 de foan'agos. Aushi ci'oil-il iiDiivoir ri'roiiiinainliir cdIIi! piaule comme un des inoilloiirs moyens d'a,ii(''aiilii' la, jarJjri'O.

Comme cnj^rais verL, la Gesse-cliiclus n'es!; pas moins jjrolilalih;. Ox engrais, aussi bon que le l'iiniier, ne dni-e, il esl, \rai, ipie lUuix ans. Il a de plus rinoonvéniout, dans les terrains kis et irais, de retarder un peu la maturité des graines, par la fraielKuir i|n'il ai)porte à la terre. Mais dans les lieux élevés, où l'hnmidité an coiU-rairc, Fait défaut, cet engrais i-onvient à tous égards et réussit toujours. No coûtant que la semence, il constitue im des moyens les plus écononn(jues de rendre à ces terrains la fertilité dont ils sont privés.

Emploi aUiiiCntairc de la Gcsse-cliichc.

La Gesse-ctiiche Ibnrnit à l'alimentation du bétail ses graines et ses fanes. Ainsi la graine est employée avec succès à l'engrais des bœufs et des cochons, auxquels on la donne entière, ou en farine délayée dans l'eau des boissons. Elle est bonne aussi pour la volaille; les pigeons surtout en sont friands. Enfin, dans certaines contrées, elle est employée comme légume frais ou sec dans l'alimentation de l'iiomme. Il importe, toutefois, d'être fort réservé sur l'emploi de cette graine, qui, lorsqu'elle est donnée en nue certaine quantité, produit des accidents graves. Ainsi Vilmorin rapporte qu'à la suite de l'usage de la graine de Jarosse, dans certaines années de pénurie, quelques personnes sont mortes et d'autres ont été frappées de paralysies incurables. Dow, dans le Dictionnaire du Jardinier, dit que le mélange de la farine de cette graine avec moitié de celle de froment, détermine la rigidité des membres. Il y a quelques années, le docteur James Irving a publié le récit curieux d'une espèce d'épidémie de paralysie, avec rigidité des membres inférieurs, survenue aux Indes, dans le district d'Allahabad , par suite de l'usage de ce même végétal ; auparavant, le docteur Thomas Thomson, dans ses Voyages à l'Himalaya, avait déjà rapporté plusieurs cas de paralysie, dus à la même cause, observés par lui an Thibet. Cette paralysie avait même été constatée sur des animaux , notamment dans le territoire de Saugor, dont les habitants, suivant le docteur K. Kirk, croyaient que les bœufs et les chevaux qui se nourrissent de Gesse perdent l'usage de leurs membres.

Ces faits établissent d'une manière assez positive les propriétés toxiques des semences de la Gesse-chiche, pour ne plus laisser de doutes à cet égard et pour qu'on soit autorisé à recommander la plus grande circonspection dans leur emploi.

La paille de Jarosse ne paraît pas dangereuse au même degré. Ainsi elle est fort recherchée des bœufs, des chèvres, des moutons surtout , qu'elle nourrit et engraisse parfaitement. Elle convient également aux porcs, auxquels on la donne encore en vert cl (jui s'en montrenl fort avides. Mais elle

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ue semble pas convenir nn môme degré aux chevaux cl anx nuilcl.s, cliez lesquels, d'ailleurs, ainsi (jn'il ivsulte de faits observés à plusicnrs reprises, par MM. Rimbaut, de Brinvillers (Comptc-rcndu de l'Ecole d'Alfort, 1822), Renault et Delafond (Rec. de Médec. vétér., 1833, p. 608; 1834, p. 471), Lenglen (Ibid., 1800, p. !)93) , elle donne lieu au développement dn cornage. Cette allection, dans les divers cas observés, s'est manifestée après l'usage, continué pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, de laJarosse; apparaissant après un exercice plus ou moins prolongé, en s'accompagnant d'une dyspnée intense, qui menaçait l'animal de suffocation, elle se terminait par l'asphyxie et la mort de celui-ci, si on continuait aie faire travailler.

Ce cornage, qui paraît dû à une paralysie des nerfs du larynx, ue se manifeste que par accès, pendant l'exercice ; il cesse au repos ; la respiration alors revient à son état normal, sans qu'aucun dérangement, d'ailleurs, se déclare dans les autres fonctions. La maladie se prolonge pendant un temps variable, et l'on est obligé, pour que l'animal puisse travailler, d'appliquer un tube à trachéotomie. Elle finit par guérir, si l'on interrompt immédiatement l'usage de la Jarosse ; mais si, au contraire, l'on continue à faire consommer ce végétal, elle ne cesse que par la mort du sujet. Dans certaines circonstances, comme l'a observé M. Lenglen, elle s'est compliijuée d'accidents plus graves : soit d'une exaltation de la sensibilité générale, avec faiblesse du train postérieur se terminant par la mort ; soit une immobilité complète du train postérieur finissant par disparaître. Mais les animaux avaient été nourris alors, pendant trois mois et demi, avec une forte ration de Jarosse, 4 kilog. par jour, fauchée à la maturité, c'est-à-dire renfermant une notable proportion de graines, auxquelles il est permis d'attribuer les phénomènes de paralysie observés. Quant au cornage, est-il occasionné par les fanes de la Jarosse ou par les graines qui ont pu rester dans la paille? C'est ce que l'on ne saurait dire encore, jjar suite de l'insufiisance des premières observations ; de nouveaux faits pourront seuls l'apprendre. En attendant, les accidents plus haut relatés suffisent pour faire comprendre la nécessité de ne distribuer qu'avec les plus grandes précautions la Gesse-chiche, surtout si elle est en graine, et de s'abstenir même tout à fait d'en faire usage pour les solipèdes et poiu' tous les animaux de travail en général. Employée verte, seiùement chez les animaux à l'engrais, et pendant un temps limité, elle pourra être employée sans danger et constituer un très utile supplément aux provisions alimentaires.

Gesse a petites fleurs, L. inconspicuus L.; L. axiUaris Lm. ; L. micranthus Gérard.

Fleurs très petites, lilas, solitaires, sur un court pédoncule articulé à la base. Gousse linéaire, presque cylindrique. Feuilles à pétiole non ailé, à vrille simple, remplacée, dans les feuilles inférieures, par une pointe courte; à 1 paire de folioles linéaires. Tiges filiformes , non ailées, dressées. Taille de 1 à 3 décimètres. Annuelle.

Cette espèce, chétive en toutes ses parties, vient spontanément dans les moissons des pro-

LlSfillMINEUSKS. l 'SO

vinces méridioimles. Bien (|uo vcclicrclii'o dii licHuil , ne «eniit point iisBoz productive pour r-tru cnltivée hvoo avantage.

GussE A GRAINES spHioiuyuES, L. spli.xricuii Retz.

Fleurs d'un rouge plus ou moins vif, solitaires, sur un pédoncule filiforme, court, lonjçuemcnt aristi'ï, articulé vers le milieu, (iousse linéaire, un peu bosselée, li nervures longitudinales saillantes. CIraines globuleuses. Feuilles à pétiole légèrement ailé, à vrille simple et longue, remplacée par une pointe courte dans les feuilles inférieures ; !i 1 paire de folioles étroites. Tiges grfile», dressées. Taille do 2 ii 5 décimètres. Annuelle.

Assez commune dans les moissons dos provinces du Midi, du Centre et de l'Ouest, dans les pi'és, les bois et les lieux secs, cette esp6o6 est, comme la précédente, mangée par les animaux ; mais elle est do même sans usages.

Gesse a graines anguleuses, L. angulalus L.

Fleurs petites, d'un pourpre bleuâtre, solitaires, sur un pédoncule filiforme, très long, .aristé et articulé au sommet. Gousse comprimée, linéaire, un pe\i bosselée. (Jraines petites, tuberculeuses. Feuilles à pétiole non ailé, à vrille longue et rameuse, remplacée par une pointe courte inférieurement, à 1 paire de folioles étroites, aigni'S. Tiges non ailée.s, dressées. Taille de 2 ii (> décimètres. Annuelle.

Spontanée dans les lieux sablonneux et arides, cette espèce vient encore assez communément dans les moissons du Midi, du Centre et de l'Ouest, où elle forme de grosses touffes presque droites, qui, par leur abondance, sont toujours nuisibles aux récoltes. EUe est très recliercliée des bestiaux, ce qui, parfois, pourrait rendre sa culture profitable, d'autant qii'elle offrirait un moyen de tirer parti de certains sols médiocres, de nature granitique et scbisteuse, sur lesquels, d'après la remarque de Bosc, elle vient de préférence et prend un assez grand développement.

Gesse a feuilles sétacées, I. setifoUvs L.

Fleurs petites, purpurines, solitaires , sur un long pédoncule. Gousse stipitée, courte, comprimée, pubesoente sur les sutures, Feuilles à pétiole non ailé, à vi'ille simple ou rameuse, à 1 paire de folioles très étroites , terminées en alêne au sommet. Tiges très grêles , non ailées. Taille de 1 à 3 décimètres. Annuelle.

Dans une variété de cette plante, dont on a fait une espèce particulière, L. amjihicarpos Gonan, quelques gousses, pliées sur elles-mêmes , se développent à la base de la tige et s'enfoncent en terre.

Cette espèce, assez précoce, vient dans les lieux ai'ides des bords de la Méditerranée. Elle est sans usages.

Gesse velue, L. hlrsutus L.

Pois iVoe'.

Fleurs violettes devenant bleues, au nombre de 2.3 sur un long pédoncule. Gousse un peu enflée, carénée sur le dos, couverte de poils tuberculeux à la base. Graines fortement verrnqueuses. Feuilles à pétiole court, non ailé, à vrille rameuse, à 1 paire de folioles elliptiques, étroites, muoronées. Tiges ailées, grimpantes, velues. T.aille de 3 à 10 décimètres. Bisannuelle.

Se montrant dans les cultures , au bord des cliamps , et dans les terres incultes de toute la France, cette espèce, très productive, a été recueillie et essayée comme fourragère. Vilmorin, dans le Bon Jardinier, cite le baron de Wall , qui l'a cultivée avec succès. Elle lui a paru à lui-même pouvoir rivaliser avec la Yesce d'hiver, bien que moins rustique que celle-ci. Elle produit beaucoup de semences qui pourraient fournir une bonne nourriture pour les pigeons. Ces semences restent dans les cosses, si la plante, comme elle doit l'être, est coupée en vert. Elle constitue alors un assez bon fourrage.

Gesse odorante, L. odoratiis L.

Pois odorant, P. de senteur, P, musqué. Fleurs grandes, roses ou pourprées, odorantes, au nombre de 2.3 sur un long pédoncule. Gousse oblongue. très poilue. Feuilles ,'i l paire de folioles orales, pubeseentes, à pétiole étroite-

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niom Ijordr. Tif;(>5 largement ailles, f;rini|iniilcs. nulos, velues. Tnillc Je ") ii lu ili''cinii'tres. Amuielle.

(- 'otte csiH'CC, la \>\ns jolie ilii genre, est , ileptiis un temps inimémorial , eultivéo duns les Jardins pour la lieanté de ses Heurs, nnancées de Idanc, do rose, do bleu, de violet, et pour leur odeur suave, approchant de celle de la (leur d'oranger. On en distingue deux varicitiis, une l'i étondnrcl violet, avec les ailes et la carène bleues, qui est originaire de Sicile; l'autre Ji étendard rose, ftvoc ailes et carène blunchos , originaire de Ceylan. Los graines de cette plante non employées aux semis sont données avec avantage aux volailles de toute espèce. Sa fane est, en outre, rechercliée de tous les animaux ; aussi ]iourrait-elle, en certains cas, T-tre semée pour fourrage.

Gesse de Tanger, L. Tiiifiiianvs L.

Fleurs violettes ou ronges , très gi-andos, solitaires ou géminées sur un long pédoncule. Gousse mince, légèrement réticulée, noueuse, à sntiires épaisses. Feuilles à 1 paire de folioles mucronnlées. Tige largement ailée, très glabre. Taille de 1 à 2 mètres. Annuelle.

Originaire de Jlauritanie, et d'une taille élevée, cette espèce pourrait Otre cultivée avec quelque avantage dans les climats chauds, linéiques amateurs d'agriculture l'ont essayée dans plusieurs cantons du midi de la France, et en ont obtenu un fourrage agréable aux bestiaux Cette culture, toutefois, ne s'est point répandue.

GESSE TUnÉREt'SE. — i. TUBEROSUS. L.

XoM-s VULGAIRES. — Gland de terre, Mégazon, Maguzon, Macusson, Macson, Maajon, Macion, Minson, Malcoise, Milrouillet, Favouellef, .Incqnerelle, Lotiiselle, Annefic, Anolc (le Dourr/ogui-, Arnoutp. Choxirhs.

Flem's d'un l'Ose vif, odor.antes, grandes, réunies au nombre de 3.5, en grappe lâche, sur un pédoncule plus long que la feuille. — Corolle avec étendard à limbe plus large que long. — Gousse petite, enflée, cylindrique, un peu arquée, munie sur le dos de 3 côtes peu saillantes. — ■ Graines lisses. — Feuilles à pétiole court, non ailé, à 1 paire de folioles oblongues , obtuses. — Tiges non ailés, faibles , grimpantes. — Souche grêle, rampante, pourvue, h l'extrémité des radicules, de renflements tuberculeux, charnus. — Tige de 5 à 12 décimètres. — Vivace.

Cette fort jolie plante, qui doit son nom au.\ petits tubercules dont sont garnies ses racines, est commune dans les champs cultivés, les haies, les bonnes prairies naturelles de presque toute la France, mais principalement du midi et du centre. Elle est mangée avec plaisir par tous les bestiaux , et vient dans tous les terrains, de préférence, cependant , sur les sols frais et légers. Mais elle produit trop peu pour être cultivée avec profit comme fourragère, et elle offre l'inconvénient, par ses racines qui tracent et se multiplient, de n'être extirpée que difficilement des terres où elle a été cultivée. Si les fanes de la Gesse tubéreuse ont peu d'importance, les tubercules des racines en ont davantage. Les porcs, qui en sont très friands, vont dans le sol les rechercher. Dans quelques localités, les habitants des campagnes les mangent comme comestibles, soit crus, soit cuits dans l'eau ou sous la cendre. Leur saveur rappelle celle de la châtaigne. On récolte ces racines k la suite des labours d'automne et d'hiver , et l'on peut les conserver jusqu'au milieu du printemps.

r,Ér.f.\nNi',i '^JKs.

r.Es^v. mes pnï'is". -- /.. niiATKXf^is t..

l''lonrB jaunes, voinûcs do violot sur l't'toiuhtrd , iiu uomlirc de 3.12 ou ^'l'îippc courte sur un loug pédoncule. — (Joussc comprinico , fortomeut et <jl)ii(]uemont veiut'C, pi"efifiuc ^lal)re, noire.

— Fouillos h pétiole non aile, caualiculé en dosau.s, à 1 paire do folioles proscutaut 3 nervures .saillantes. — Stipules munies cliaoune, h la base, do 2 appendices étroits et réflécliis. — Tiges non ailées, srimpantos, très rameuses. — Souelio prOle, pivotante et traçante, non tuberculeuse.

— Taille do 5 à 10 décimètres. — Vivace.

L'une des plus rt^pnndues du genre, cette espèce vient daii.s lodiç la France, dans le Nord et les régions montagneuses principalement. On la trouve dans les liois, les haies et les luiissons, mais surtout dans les lieux frais, les prés humides, au hord des eaux. Sa racine traçante la fait s'étendre lieaucoup dans les prairies naturelles, où elle aljonde. l'allé est très ]irécoce, vient sur tous les terraius, dans les sols marécageux, comme sur les montagnes, résiste pai-faitement à la gelée, pousse plus tôt que la Vesee ordinaire, et se dessèche bien en donnant un bon foin.

Elle est très recherchée des bestiaux , en vert comme en sec, principalement des chevaux, des chèvres et des bêtes à laine. Arthur Young la regarde comme une des meilleures plantes pour les prairies, et méritant plus d'attention qu'on ne lui en accorde. Elle est cultivée en grand , en Angleterre, pour former des prairies pernianentes ; mais ne l'est point encore chez nous, où elle pourrait se substituer avantageusement, en certains cas, au Trèfle et à la Luzerne. La Gesse des prés offre naturellement plusieurs variétés qu'on pourrait améliorer encore par la culture.

Gesse des bois, L. sylvcstris L.; L. platyphyllus Retz.

Gesse saiivage^ Pois-aux-Uèn-es^ Penoijer.

Fleiu's assez grandes, à étendard rose eu dedans, taclié de vert au deliovs, les ailes pourpre au sommet, la carène verdâtre, au nombre de 4.10, en grappe lâche sur un long pédoncule. Gousse comprimée, munie sur le dos de 3 côtes peu saillantes, denticulées. Graines chagrinées. Feuilles à pétiole ailé, à 1 paire de folioles très allongées , offrant 3 nervures saillantes. Tiges largement ailées, grimpantes. TaiUe de 1 à 3 mètres. VÎTace.

Commune dans les prés montueux, les lieux boisés de presque toute la l-"r.ance, venant quelquefois dans les prairies, s'accrocbant partout, aux branches et aux végétaux de son voisinage, cette espèce, qui serait productive par suite de son grand développement, est mangée de tous les bestiaux, mais sans être recherchée. Ou la cultive surtout comme plante d'ornement.

Gesse a larges feuilles, L. latifolivs L.

Granâe Gesse, Gesse pcrpétiielle, Pois perpétue! . Pois éternel, Pois einace. Pois à bouquet. Pols-de-faclw.

Pois de la Chine.

Fleurs grandes , roses , rouge vif ou pcm'pre violet , nombreuses , en grappe allongée sur un très long pédoncule. Gousse comprimée, longue, munie sur le dos de 3 côtes lisses, la médi.ane saillante et tranchante. Graines fortement tuberculeuses. Feuilles à pétiole largement ailé à 1 paire de folioles elliptiques, très amples, entières, mucronées, munies de ner-nu-es saillantes. Tiges largement ailées, grimpantes. Taille de 1 à 2 mètres. Vivace.

Cette fort belle espèce vient dans les haies, les bois, les vignes, les lieux un peu ombragés, en général , des provinces du Centre, de l'Ouest et du Midi. Plus encore que les autres plantes du m?me genre, elle a besoin de 'contiens, et quand elle en trouve clic s'élève fort haut. I.c; bestiaux

la roclierclioiit (|iinnil elle est jeune ; mais lorsqu'elle n pris tout sou développement , ils ne peuvent nuinfjcr ses tiges, grosses comme un tuyau de plume et dures en proportion. C'est lii ce qui enipOclic de cultiver cette plante pour fourrage, bicu qu'en la coupant avant qu'elle soit en fleurs, on puisse la faire consommer et , dnus tous les cas, obtenir do ses feniUos un fourrage abondant. Ses graines, fort nombreuses, sont ég.alement très propres il nourrir la volaille. On la cidtivo dans les jardins pour la beauté de ses fleurs.

Gesse a feuilles variées, /.. Iieterophyllus L.

Fleurs roses, au nombre de 5.10, en gi-appe lâche. Gousse très longue, atteignant 9 centimètres, presque cylindrique, renflée. Feuilles il pétiole très largement ailé, k 1 paire de folioles inférieurement , et à 2 paires, dans les feuilles moyennes et supérieures. Taille de -5 à tt décimètres- Vivace.

Vient dans les bois des hautes montagnes du Dauphiné, dans le .Jura. EUe donne un produit abondant et pourrait Ptre employée pour rendre productifs les terrains les phis secs et les plus arides. Certaines toufî'es , rencontrées l'i la soui-ce du Doubs, ont donné, il l'état sauvage, jusqu'il 6 ou 8 kilog. de nourriture verte. Espèce il cultiver dans les lieux élevés, où les espèces ordinaires ne pourraient réussir.

Gesse a vrilles, L. cirrhosus Sering.

Fleurs purpurines, au nombre de 4.10, en grappe lâche. Gousse munie sur le dos de trois eûtes, la médiane saillante et tranchante. Feuilles il pétiole non ailé, ii 2.3 paires de folioles sonvent alternes. Tiges ailées, grimpantes. Taille de 10 ii 1.5 décimètres. Vivace.

Cette grande espèce, signalée par .Seriuge dans le Prodio?nus, se rencontre dans les lieux stériles des Pyrénées-Orientales. Sans usages.

Gesse des marais, L. pahistris L.

Fleurs purpurines, puis bleues, au nombre de 2.8 sur un pédoncule grêle plus long que la feuille. Gousse comprimée, glabre, fauve. Graines lisses. Feuilles à pétiole non ailé, canaliculé eu dessus, à 2.3 paires de folioles. Tiges grêles, ailées, grimpantes. Taille de 4.6 décimètres. Vivace.

Espèce commune dans les prés marécageux du nord et du centre de la France, sur les bords du Rhin, en Lorraine, aux environs de Paris, en Normandie. Un teiTain humide semble être la condition première de son développement; elle vient quelquefois même dans l'eau. Elle est mangée partons les animaux sans être recherchée; mais, étant supérieure aux autres plantes de marais par sa sapidité et ses propriétés nutritives, elle mériterait d'être multipliée, au moins pour améliorer le foin des prés marécageux.

Gesse annuelle, L. annuus L.

Fleurs jaunes, au nombre de 1.3 sur un pédoncule court. Gousse comprimée, caualiculée sur le dos, glabre. Graines anguleuses, tuberculeuses. Feuilles à pétiole un peu ailé dans les feuilles supérieures, ii 2 paires de folioles allongées, linéaires, raides, il nervures saillantes. Tiges un peu ailées au sommet, grimpantes. Taille de 4 à 6 décimètres. Annuelle.

Espèce assez rare, venant dans les moissons, les lieux incultes et sablonneux des provinces méridionales, en Corse. Elle est assez productive et recherchée des bestiaux. Non cultivée.

Gesse jaune, L. ochrus DG.; Pisum ochrus L.

Pois ailé.

Fleurs blanches ou d'ur. jaune pâle, solitaires, sur un pédoncule court, articulé au milieu ou plus haut. Corolle avec étendard ti-bosselé. Gousse comprimée, munie de 2 ailes membraneuses sur le dos , glabre. Graines lisses. Feuilles inférieures et moyennes réduites au pétiole foliacé ; les supérieures à pétiole ailé, à vrille simple ou tritide, à 2.4 paires de folioles. Stipules nulles inférieurement. Tiges ailées, gi-impantes. Taille de 4 à 8 décimètres. Annuelle.

Très précoce, commençant à fleurir dès le mois de mars, cette espèce vient dans les champs et les moissons du Koussillon, de la Provence. EUe n'est pas difficile sur le choix du terrain, et a été soumise ii la culture dans quelques parties du département du Var. Les bestiaux la mangent volontiers.

J,Kili;MrNK(JSKfi.

(Jrssk l'oiui'inii:, /.. (■l'iiinr.uifiii \..

rieurs ÎC ('temlai'J piirpiiriii, avec les iiiles bleues, uu lumibro de 1.5. St.yle tei'miui' en pointe l'ôdéoliie. Gousse conipi'inKÎe, légi^romont hossoliîo, ctuiuliculi'e sur le des — I,08 autres carnctferos oomnio l'ospfcoe préoédonte.

AHont dans les haies, les buissons, les lieux ivvidos des bords de la Mc';diterranéo. X'est point cultivée.

Gesse autioulke, L. arUculalm L.

Fleurs h, étendard pourpre, avec les ailes et la corolle blanclies. Gousse fortement bosselée sur les faces, non caualiouléc sur le dos. Graines lenticulaires, veloutées. — T. es antres caractères comme la précédente.

Espi'co assez rare, qui vient spontanément sur les bords do lu Méditerranée, principalement vers le Sud-est. Trùs rcelicrclu'îe des bcstiany.

Gesse nECouriBiiro , L. incurinis RotJi.

Fleurs d'un rouge foncé, nombreuses, sur un long pédoncule. Gousse incurvée. Feuilles à folioles rugueuses, ponctuées. Tige peu ailée. Taille élevée. Vivace.

Originaire de Sibérie, cette espi'ce, peu connue, a été signnlée aux agronomes par Sonini , sur la recommandation du botaniste Willemet. Essayée en petit, dans tme propriété de la Lorraine, elle n paru se bien conserver en pleine terre et donner un fourrage de bonne qualité.

Genre OROBE.

OROBUS R.

Fleurs en grappes, sur des pédoncules axillaires ; — calice à 5 dents inégales, les 2 supérieures plus courtes, écartées ; — étamînes diadelphes, à tube tronqué transversalement ; — sti^le très grêle, aplati d'avant en arrière, velu au sommet; — gousse cylindrique, oblongue, atténuée en coin à la base, glabre, poly sperme ; — graines lisses; — feuilles paripennées , sans vrille, à pétiole canaliculé en dessus, terminé par une courte arête; — stipules demi-sagittées ; — liges herbacées, raides, dressées, non grimpantes; — souche épaisse, ligneuse.

Ce genre comprend un certain nombre d'espèces, presque toutes vivaces, confondues par plusieurs auteurs avec les Gesses, dont elles diffèrent par l'absence de vrilles, ainsi que par leur port , leur taille moins élevée et leurs tiges non grimpantes. Les Orobes croissent dans les bois et les lieux couverts, sur les montagnes. Plusieurs d'entre eux se rencontrent dans les herbages, où ils contribuent à nourrir les animaux, qui les mangent avec plaisir. Quelques espèces sont alimeiitaires , d'autres tigurent dans les jardins comme plantes d'ornement. Aucune n'est cultivée comme fourragère, bien que, par leur rusticité et leur peu de délicatesse sur le choix du terrain, elles pussent parfois être utilisées dans la pratique agricole. Voici un tableau de celles d'entre elles qui viennent spontanément dans les prairies et les pâturages.

Gksee OROBUS

Feuilles à 1 paire de folioles Lathyroïdcs L

l Versos Txge ) Yaricgattis Flem's bleues \ non ailée j Niges jou purpurines J ' Sylvaiiatt

Feuilles à plusieurs

paires de folioles

Folioles tarses

Folioles très étroites

I Tige ailée TcBEnoscs

Fleurs jaunes Lciecs

Pédonc. multiflor.j ^"""

( Canescens

Pédonc. nuitlores . Sa.ratilK-<

Ten.

■ja

■iL

■ii.

Venl.

I il 1 - UJGDMINEUSKS.

OnoDE FAUSSE (iEssE, 0. latliyro'icks L.

Floiivs d'un l)ei\ii bien, nombreuses, en grappes spicifuvmes serrées. Feuilles ii 1 paire île l'iilioles, limcéolées, mueronées, ii nervures divariquées. Taille de 3 à 4 di'ciinètros.

Originaire de Sibérie et très rustique, cotte espèce se roucoiitrc dans quelques prairies du Nord, où elle reste abaudonnée sans culture.

OROBE PRINTANIER. — 0. VEKNUS h.

Lalhyrus vernus Wimmer.

Fleurs grandes, bleues ou purpurines, au nombre de 3.7 sur un long pédoncule. — Gousse longue, brune. — Graines globuleuses, jaunes. — Feuilles à 2.4' paires de folioles ovales, acumiuées, vert-clair. — Stipules auriculées à la base. — Tiges faibles, simples. — Souche épaisse, noueuse. — Taille de 2 à 4 décimètres. — Floraison en mars et avril.

Cette espèce, fort précoce, vient dans les bois montagneux de l'Est, dans le Jura, les Alpes du Dauphiné, et même dans certaines parties des Pyrénées. Elle est recherchée des bestiaux, surtout des chevaux, qui la préfèrent à beaucoup d'autres plantes. Sa racine était autrefois employée dans la pharmacie. EUe serait, dans le genre Orobe, une des espèces que l'on aurait le plus d'avantages à cultiver en grand, si jamais ces plantes entraient dans la culture.

Orobe a fleurs bigarrées, 0. variegatus Tenore; Lathyrus variegatus God.

Fleui's petites, très caduques, en gi'appe courte et serrée, à étendard rose veiné de pourpre, à ailes bleues et carène verdâtre. Gousse couverte de petites glandes brunes. Graines bnines. Feuilles à folioles très brièvement acuminées. Floraison eu mai.

Ressemblant pour tous les autres caractères à VO. vernusj cette espèce vient surtout dans les contrées méridionales, les bois montagneux de la Corse. Recherchée aussi des bestiaux.

Orobe noik^tre, 0. niger L.; Lalhyrus niger Wimmer.

Fleurs purpurines passant an bleu livide, puis au noir, au nombre de 4.8 en grappe unilatérale longuement pédonculée. Gousse un peu comprimée , couverte dans sa jeunesse de papilles rougeâtres, noircissant. Graines ovoïdes, brunes. Feuilles à 4.6 paires de folioles, petites, glauques en dessous. Stipules linéaires, sétacées. Taille de 3 à 8 décimètres.

Cette espèce, qui doit son nom à la couleur noire que prennent toutes ses parties par la dessiccation, vient principalement dans les bois montagneux non humides et oii le sol est de natur^! calcaire. On la trouve dans tonte la France, notamment dans le centre et l'est, d'où elle s'avance jusque dans le nord de l'Allemagne. Elle est recherchée des bestiaux , malgré la dureté qu'acquièrent ses tiges après la floraison. Elle donne un prodiiit assez abondant , mais eUe se dessèche difficilement et perd ses feuilles.

Orobe des bois, 0. sylvaticus L.

Fleurs purpurines, au nombre de 6.12. Gousse stipitée. Feuilles à 7.10 paires de folioles petites, acuminées, très rapprochées. Tiges basses, couchées. Toute la plante velue.

Vient dans les bois des régions septentrionales. Assez rare; plus commune en Angleterre.

Orobe tubéreux, 0. tuberosus L.; Lathyrus macrorhizus Wimmer.

Fleurs d'un rose vif passant au bleu verdâtre, au nombre de 2.4. Gousse élargie au sommet, noire. Feuilles à 2.4 paires de folioles non acuminées, glauques en dessous. Tiges ailées, grêles, dressées ou couchées. Racine à souche rampante, stouolifère, renflée çà et là en tubercules. Taille de 3 à 4 décimètres. Floraison en avril et mai.

MillIlMINHUSES. 195

Cette espôoo olfre fiUisiours vtu'iiHiia, se distiiiguimt \mr In furnie et lu Jurgciir île» foliole* et dont quelques auteurs ont fuit des espaces fiarticulifere»; telles sont, piir exemple, l'O. Pyrena>i:us Df'.; l'O. lenuifiiiius lîotli.; l'O. dieariuntus Lnpoyr., etc. On la rencontre très coniminn-nieni dans les bols taillis, les prés ombragés do la majeure partie do la France, ainsi que du nord et du centre do l'Kurope. Très précoco, pouvant croître mOme dans l'argile pure, elle fournit aux animaux que l'on méno paîtro dans les bois uno nourriture pou abondmito, mais de bonne qualité, surtout quand la plante est encore verte. Los porcs surtout se montrent friands de ses tubercules qu'ils cberoliont on fouillant le sol. La racine tuberculeuse, douce et nutritive, est employée, en ÏCoosse, apriss avoir été cuite dans l'eau, Ji l'alimentation de l'homme; mais elle est trop peu volumineuse pour constituer une ressource importante.

OuojiR j.vuNE, 0. hUcus L.; 0. montanus Scop.; Lalliyrus monlanus Goil.

Fleurs jaunes, grandes, au nombre de 5.10 sur un long pédoncule bnictéolé. Gousse fort longue, un pou comprimée, arquée, fortement réticulée, brune. Graines globuleuses, bi'unes. Feuilles h. 3.5 paires de folioles apiculées, molles. Stipules tn'^s grandes. Tiges très fcuillécs, pubescentes. Taille de 2 à 6 décimètres. Fleurit en mai et juin.

Vient dans les forêts des hautes montagnes des Alpes, des Pyrénées, de l'Auvergne, où elle forme de belles touffes, que tous les animaux reoliercbent jusqu'au moment de la floraison; après quoi ses tiges deviennent trop dures poiir être consommées. Pouvant acquérir un grand développement, cette plante serait bonne pour concourir h former des prairies précoces dans les pays de montagnes.

Orobe blanc, 0. albus L. ; 0. asphodeloïdes Gotian ; Latlnjr^is asphodeloïdes God.

Fleurs d'un blanc jaunâtre, quelquefois avec l'étendard bleu, au nombre de 6.8 sur un pédoncule très long Ji bractéoles caduques. Gousse fauve. Graines comprimées, anguleuses. Feuilles à 2.3 paires de folioles étroites, à pétiole terminé en pointe longue. Souche courte, émettant des l'adiciiles enflées, fusiformes, fasciculées. Taille de 2 à 4 décimètres.

Vient dans les prairies de montagnes, les lieux secs des Alpes du Daupliiné , des Pyrénées, des montagnes du Centre, de l'Anjou. Recherchée aussi des auimaux.

Orobe blanchiss.4nt, 0. canescens L. ; 0. filiformis Lni.; Lathyrus canescens God.

Fleurs assez grandes, bleues, parfois mêlées de blanc, au nombre de 4.10 sur un pédoncule très long à bractéoles persistantes. Graines ovoïdes. Feuilles îi pétiole terminé par une poiute courte, foliacée. Stipules longues. Souche émettant des radicules filiformes.

Offrant le port et les autres caractères de la précédente , cette espèce vient dans les mêmes lieux qu'elle, et partage ses propriétés. Elle est seulement plus précoce et plus rare.

Orobe des rochers, 0. saxatilis Vent.; Lathyrus ciliatus Guss.

Fleurs petites, bleuâtres, solitaires. Gousse stipitée, courte, Feuilles à 2.3 paires de folioles, linéaires vers le haut, cunéiformes, tridentées inférieurement. Souche pivotante, émettant quelques radicules stonolifères. Taille de 10 à 15 centimètres Annuelle.

Cette espèce, la plus petite et la seule annuelle du genre, vient sur les collines calcaires des bords de la î\léditerranée.

Genre POIS. — PISUM L.

Fleurs grandes, sur des pédoncules axillaires: — calice h 5 dents aiguës, les supérieures plus courtes et plus larges ; — corolle à étendard ample , muni de 2 bosses calleuses à la base ; — Hamiiiex diadelphes , h tube tronqué transversalement; — stijle genouillé à la base, arqué, com-

l!K) - i.Hi-,UMiNTa'sr-:<.

primi- liitériUement, cnnnlicuk' en Jessous et volu en ilossus ; — gousse scssile , olilongue, polyspenne, tronqui-o oliliquoinont mi sonnnot , prolongi?e en bec court; — feuilles li pétiole non ailé, :'i vrille r:vnieiiso, l'i plnsleiirs piiiro» do folioles ; — sliptiles très gi'nndes, folinc(5e9, auriculées il lu liftso, — ("i/e llcxucuse, orilinniroment grimpante.

Ce genre comproiid un jietit nombre d'ospères, donl deux solUos ont de rimportancc en agriculture, l'une comme potagère, l'autre comme fourragère; toutes fournissent des fanes qui plaisent beaucoup aux animaux, et des graines farineuses essentiellement alimentaires.

Pois CULTIVÉ, P. .tntivum L.

Flcnrs blanches ou violacées, solitaires on géminées. Gousse plus ou moins renflée. Graines globuleuses, lisses. Feuille terminée par une vrille iv 3 filets, à 2.3 paires de folioles sessilos, larges, ovales. Stipules très amples, simulant 2 folioles. Tiges cylindi'iques, grimpantes. Taille de 8 à 15 centimètres. Annuel. Floraison de mai Ji juillet.

Se montrant rarement d'une manière spontanée, cette espèce est depuis longtemps cultivée dans tous nos jardins potagers pour ses graines et ses fiMiits employés à la nourriture de l'homme. Elle a subi , sous l'influence de la cnltnrc, de nombreuses modifications , qui ont donné lieu à la fonnation d'autant de variétés, dont deux principales :

Le Petit Pois, P. S. 7ianiim; P. S. sdrcharalum Sering. [P. commun, P. à érosser, P. à parchemin), caractérisé par sa gousse presque cylindrique, à valves coriaces, il graines arrondies, très sucrées, constituaut la seule partie comestible du fruit ;

Le Pois a gros fruit, P. S. macrocarpum Sering. (P. goulu, P. gourmand, P. mange-toul, P. tout-parchemin), k gousse très grande, très aplatie, arquée, avec valves non coriaces et bomies il manger.

Chacune de ces deux variétés principales présente un grand nombre de sous-variétés , les unes naines, les autres ù rames, que l'on cultive soit dans les jardins, soit en grand, dans les champs, pour obtenir en quantité plus considérable les pois, verts ou secs, nécessaires il la consommation. Les fanes et les cosses de ces diverses variétés forment pour tous les animaux un fourrage excellent. — La récolte la plus considérable est celle des pois secs ; le moment d'y procéder est annoncé par la dessiccation de la tige. On arrache alors celle-ci de terre, ou achève de la faire sécher sous des hangars, et quand elle est au point nécessaire, les gousses sont détachées, ouvertes, les pois mis de côté, et les cosses vides réunies avec les tiges pour le bétail. Si on les cueille avant la maturité, les grains se rident, perdent en quantité, mais ils gagnent en qualité ; et les tiges moins dures forment un meilleur fourrage. Dans tous les cas, il est bon de les hacher avant de les donner aux animaux.

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