‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 38 sur 138 · M(I ' ROSACÉES · texte numérisé non relu

M(I ' ROSACÉES

ohées i''i'li;i|i[i('iil II l;i faux. i-o|.lo Poleulillc csl nianyée avoc assez ilc plaisir [mr tons l(?s Jjesliaux; c'usl l'espùco du genre la [ilus ordinairunuMit réservre aux usages médicaux.

POTENTILLE ANSEIUNE. — P. AÎ^SERINA h.

Noms vulgaires. — Argentine, Iferbe-aux-oies , Bec-d'oie.

Fleurs d'un beau jaune , grandes , solitaires , sur de longs pédoncules. — Calice soyeux et Ijlaiichâtre. — Feuilles grandes, pennées, h 6.10 paires de folioles oblongues ^ à dents aiguiis, vapprocliées , soj'euses-argeutées , en dessous principalement. — Tiges rampantes et radicantes, avec des nœuds d'où naissent plusieurs feuilles en touffe.

Cette espèce est abondante le long des chemins, près des habitations, dans les prés, dans les lieux sablonneux où l'eau séjourne pendant l'hiver. Elle est consommée, sans être recherchée , par les animaux , sinon par les vaches qui s'en accommodent surtout quand elle se trouve mêlée à des graminées et quand elle croit dans des lieux humides où ses feuilles prennent plus de développement. Les oies , notamment , mangent avec plaisir les feuilles de cette plante, ce qui lui a fait donner son nom d'Anse7-ine. Sa racine, qui répand une odeur de panais, est consommée comme légume dans quelques contrées du Nord. Partout , les animaux de l'espèce porcine la recherchent avec une grande avidité. Dans certaines localités , d'après M. Joigneaux, on emploie avec avantage la décoction des feuilles de celte plante pour combattre la diarrhée des veaux.

PoTENTiLLE PRiNTANiÈnE, P. vevna L.

Fleurs d'un jaune doré, en cymes teiininales irrégulières, peu fournies. Feuilles d'un vert Ibuoé, les radicales longuement pétiolées, à 5.7 folioles obovées , les caulinaires presque sessiles, simples ou ternées. Tiges nombreuses, coucbées, étalées en touffe compacte, velue, atteignant 10 à 15 centimètres. Floraison en avrU et en septembre.

Cette petite PotentiUe vient dans les lieux secs , dans les bols sablonneux, au bord des chemins, sur les pelouses, exposées au soleil, des montagnes calcaires de toute la France, oii on la voit étaler ses belles fleurs aux premiers jours du printemps et refleurir à la fin de la saison. Tous les bestiaux, et surtout les moutons, la mangent avec plaisir

PoTENTiLLE DORÉE, P. auvea L.

Fleurs gi'andes , d'un jaune vif, safrané à la base des pétales. Calice argenté-soyeux. F"euille5 radicales longuement pétiolées , à 5 folioles oblongues , dentées au sommet. Tige grêle, dressée.

Vient sur les pelouses de toutes les montagnes de France, où elle se mêle aux graminées. Elle est mangée par les bestiaux ; mais, par le petit nombre de ses feuilles , a peii d'importance.

PoTENTiLLE FRAISIER, P. fragaria DC; Fragaria sterilis L.

Fleurs petites, au nombre de 1.3 sur de longs pédoncules, à pétales écbancrés au cœur. Feuilles trifoliolées , soyeuses-argentées en dessous. Tiges grêles, de 5 à 15 centimètres. Floraison de mars à mai.

Espèce très précoce et fort commune dans les lieux arides et les bois montagneux de toute la France. Sans emploi.

nosACi!;Ks. 211

POTENTILLE BRILLANTE, P. 'xpleiuloi S DC; P. VuiUttnli NosU.

Fleurs gnirules. Feuilles l'ndionlos k 3. .5 folioles ohovules , ileiiti'es , urf^entéos en ilcsaous ; \.2 Ibiiilles caulinaivcs miifoliolées. fiueino lioi'izoïitiile à rliizoïiies [mrlbis stoloniffcres. Floriiison en mai et juin.

Se montre dans les bois sablonneux, les pâtm-ngcs du sud-ouest, de l'ouest et de presque tout le centre de la Franco, oii les bestiaux la pSturent avec les autres plantes.

POTENTILLE ASCENDANTE, P. CaulcSCCnS h.

Fleurs nombreuses, on corymbe serré. Calioule lîgal au calice. Feuilles longuotnent pétiolées, à 5.7 folioles. Tige ascendante, forme, de 1 à 3 déoimôtres. Floraison en itr.

EspL'ce abondante sur les pelouses des sommets du Jura, dos Alpes du Daupliiné, des C<5veunes, où elle fornio parfois do larges toufl'os, que mangent avec plaisir les moutons.

POTENTILLE DES ROCHERS, P. rupcstris L.

Fleurs grandes. FeiiîUes radicales nombreuses, pennées, lï -5.7 segments ovales, dentés, le terminal pétiolulé, cunéiforme Feuilles caiilinaires sessiles , pétiolulées. Tiges rougeâtres, de 2 à 4 décimètres. Floraison en été.

Vient dans les lieux secs, pierreux, des Alpes, des Pyrénées, des montagnes du Centre et de l'Est, où elle est pâturée par les troupeaux qui fréquentent ces collines.

POTENTILLE ARGENTÉE, P. arcjcnlea L.

Fleurs petites , nombreuses. Calice cotonneux. Feuilles radicales pétiolées , les eaulinaires sessiles, à 5 folioles incisées profondément, bl.anehes en dessous et d'un vert foncé en dessus. Tiges tomenteuses, blanchâtres, étaloes-ascendantes, de 2 à .5 décimètres.

Se montre dans les lieux secs et incultes , a\\ bord des chemins , daus les bois de la plupart des vallées de l'Est, du Centre et du Sud-ouest. Les animaux la bi'outent rarement, et ses tiges dures ue donnent qu'un mauvais foin.

PoTENTILLE PENCHÉE, P. SUpilia L.

Fleurs d'un jaune pâle, petites, sur des pédoncules courts, à la tin courbés en bas. Calicule dépassant le calice. Feuilles radicales longuement pétiolées, pennées, à 7.11 folioles incisées-dentées. Tige couchée, très rameuse.

Cette espèce, la seule annuelle du genre, vient dans les sables humides , au bord des étangs des vallées de l'Est. Elle est mangée par tous les animaux sans être recherchée.

Genre TORMENTILLE. — TORMENTILLA L.

Ktoo's jaunes , solitaires, sur de lougs pédoncules; — calice avec calicule, chacun à 4 divisions; — corolle à 4 pétales, très rarement 5; — élamlnes nombreuses; — styles latéraux, caducs: — ■ carpelles nombreux sur un réceptacle sec et poilu ; — feuilles digitées.

Ce genre renferme un petit nombre d'espèces vivaces offi'ant les principales propriétés des plantes de la famille.

ToRMENTiLLE DROITE, T. crccta L. ; Potcntilla toritientilla Nestl.

Tormentille officinale, Blodrot.

Fleurs petites, à pétales éohanorés en eœur. Feuilles radicales pétiolées, tomb.ant îi la floraison, les eaulinaires toutes sessiles, ;\ 3.5 foUoles , oblongues , profondément dentées au sommet. Stipules incisées-dentées , simulant 2 folioles. Tiges étalées-dressées , très feuillées. Plante velue, blanchâtre, do 3 à 4 décimètres.

Très répandue dans les prés, les bois , sur les pelouses sèches, jusqu'au sommet des Alpes, cette espèce est mangée par les moutons et les vaches. Mais vu sou peu de développement . elle

•,'lv ii(isAf;i:i;s.

u'n point d'importanoo comme fourragère. Su rncine, très ftstringentoet nromatique, est reclierolukiniv les cochons; elle est nnssi employi''e en mi^dopino contre les \\\\\ ilinrrluMqnes, et comme siibstnnco tnnnante.

Ton.MKNTiLLK RAMPANTE, T. rcplaiis L. ; PolcntilJa procumbens SibUi.

I"'alice tliipiissé pivi" le càlicule. Tiges couclii'es, radicantcs, omettant à cliiuinc nccuil de 2 h •"> fouilles inégalement potiolcos, à 3.5 folioles oboviies, incisées, aiguiis.

Cotte espace, qui se vopi-oduit par les racines que les nœuds des tiges émetlont à l'automne, est commmie, surtout, dans l'Ouest. Ello jouit des propriétés de la précédente. Xnn usitée.

Genre l'^RAISIKR. — FRAGARIA L.

Pleurs blanches ; — rnlice et oalicule à 5 divisions ; — corolle à ô pétales obovés ; — étami lies nombreuses; — shjhs latéraux, persistants; — carpelles nombreux, secs, réunis en capitule sur uu réceptacle convexe, qui s'accroît après la floraison et devient charun, coloré ; — feuilles trifoliolées ; — racines stolonifères.

Ce genre comprend un grand nombre de variétés, toutes vivaces, ramenées i:iar les auteurs à trois espèces seulement, et toutes cultivées pour leur fruit, bien connu et fort estimé partout pour les usages de table.

L'espèce principale est le Fraisier commun , F. vesca L., que l'on trouve dans les bois, les lieux hei-beux et couverts, au pied des haies et des buissons.

Les antres sont le F. collina Ehrh., qui vient surtout dans les bois et sur les collines calcaires, et le F. magna Thuill., plus rare, et que l'on rencontre dans plusieurs régions du Centre. — Les racines des Fraisiers jouissent des propriétés des Potentilles. Ces espèces n'ont point d'emploi dans l'économie du bétail.

Genre COMÂRET. — COMARVM L.

Calice et càlicule à 5 divisions; — corolle h 5 pétales lancéolés, aigus; — èlamines nombreuses; — styles latéraux, persistants; — ovaire à carpelles secs, enfoncés, sur un réceptacle convexe, persistant, spongieux, presque charnu, velu: — fevilles pennées.

. Comprend une seule espèce.

CoMABET DES M.4RAIS , C. palustre L.

Quintefeiiille à feurs rourjes.

Fleurs d'un pourpre foncé, en cynie ivrégulière. Corolle à pétales très courts. Feuilles ii •5.7 segments, rapprochés, oblougs, dentés. Tiges rampantes à la base, ascendantes, velues. Kaeiiies longuement rampantes. Vivaoe.

Vient au bord des eaux, dans les tourbières, les marais des montagnes et des plaines du nord de l'Europe. Elle n'est mangée qne par les vaches, qui la consomment sans la rechercher.

Genre RONCE. — RUBUS L.

Fleurs blanches ou roses, solitaires ou en grappes; — ra/ice persistant, sans càlicule, à 5 divisions: — corolle ^ 5 pétales insérés sur le calice; — slyhs presque terminaux, caducs: — (rtiit

KOSACKES. 213

forme du uiirpellca à pariciirpe cliarmi ot non ossoiix, ruuiii» en tàte «iir un l'éucpliielc conique, clianui, persistant; — feuilles iialméos on ••penni5o8, à 3.7 folioles; — tiije frutescente, faiblo, à rameaux ordinairement mujiis d'aigiiillonu.

Co genre présente tui cefLiiin iiuiiilji'e iTesiiècos, oirr.'inl i.'iilre elli's mir exti'êjiiu ressenibUmci! , el, siif J;i disUiictiou flesi|uolle.s ne s'enl,eiideiil, jjuiiil. les botanistes, dont quel(|Li(îs-ims, on multipliant ces espèces ontre-mesure, n'ont l'ait ([n'ajouter, sans utiliti'", à la difficulté fie leur étude. I>es Jlonces no constituent, en réalité, (|n'nn petit iiomlire de types bien déterminés, oUrant dans leurs propriétés une très grande analogie. Leurs l'euilles anières sont alimentaires pour le bétail et constituent un bon condiment toni(]ue. Elles sont conunnnes dans les champs et les prairies où elles lutiseut et font perdre du fourrage par leurs épines, notanmient celles à tiges radicantes, qui s'étendent au loin avec facilité et sont toujours difficiles à extirper. — Le tableau ci-après résume les caractères distinctifs des espèces indigènes les plus généralement admises.

/ ïige herbacée Saxatuis I..

l / Tige dressée .. . rniiricoscs !..

^ - ] f Tige ) ( Iliriits w . L-t .N .

(ÏENKE KUBUS Kéceptacle \ anguleuse ^'S" ) TomcUo.» Burck.

adhérent ( '^™=^1'"= "^"""'^^M CoW,»,. DC.

f lige ) aux carpelles I i r •

\ ligneuse ) Tige presque arrondie ■^'""

/ i o I 1 j Glamluhms Bull.

[ Réceptacle se séparant des carpelles Iuj;us L.

Ronce des rochers. 11. saxalilis L.

Fleurs petites, blanches, solitaires, on groupées par 3,6 en grappes ombeUiforines. Corolle à pétales linéaires, dressés. Fruit rouge, hémisphérique. Feuilles à 3 folioles rhomboïdales aiguës, pubescentes. Stipules embrassantes Tige couchée, herbacée, à aiguillons faibles, sétacés. Taille de 3 à 6 décimètres.

Cette Ronce, la plus petite du genre, croît dans les lieux pierreux de la plupart des montagnes de France, sur les collines et les vooliers plus ou moins élevés, où elle se mêle à différentes herbes. Elle est recherchée surtout des moutons et des chèvres, et, soumise à la dessiccation, elle forme un bon fourrage que mangent tous les bestiaux.

Ronce commune, R. fruticosus L.

Ronce arbrisseau, R. des haiesj Mûrier des Itaies^ CaUmuron (Pas-de-Calais).

Fleurs grandes, blanches ou rosées, en grappes ter-minales. Calice à divisions réfléchies après la floraison. Fruit noir, d'une saveur douce. Feuilles à 3.5 folioles, ovales, dentées. Tiges sarmenteuses, garnies de forts aiguillons.

Extrêmement commune dans les haies, les buissons, les bois, le long des champs et des fossés, en nu mot à peu près partout , cette espèce fournit à tous les animaux , qui les mangent avec plaisir, ses feuilles et ses jeunes pousses. Le cheval y touche peu cependant . sm'tout quand les feuilles ont durci. Elle est surtout employée pour garnir des haies. La tige sert à faire des ouvrages de vannerie ; toutes les parties vertes servent comme détersifs eu médecine, et avec le sue des baies, additionné de sucre, on fait une espèce de ^■iu.

Ronce a fruit bleu, R. cxsius L.

Fleurs blanches, en grappe. Fruit recouvert parles divisions du calice, d'im bleu noirâtre, assez volumineux, formé de grains se séparant à la maturité. Feuilles à 3 folioles aiguës. Tige couchée, grêle, à aiguillons petits, peu nombreux

Comme la précédente, cette Ronce croît dans le.s haies , les bois et les champs . au bord des chemins, des fossés et des ruisseaux. Elle est commune dans toute la France, et ses ferùUes astinngentes sont mangées avec plaisir par les moutons et les chèvres.

„' I l . UOSACliES.

RONCK FRAMBOISIEH, /(. i(l;i'IIS \j. Ronce du Mont-Ida.

Fleurs blauclics, petites, solitaires on faseiculées, à la fin penchées. Calice h divisions réfléchies après la floraison. Corolle à pétales dressés, conniA'cnts. Fruit ovoïde, ronge-clair, d'une odeur et d'une saveur agréables. Feuilles à 3.5 folioles, d'un blanc argenté ut tomonteux en dessous, dentées. Tiges blanchâtres, inormes ou aiguillonnées.

Spontané dans les lieux boisés et montueux de presque toutes les montagnes du nord de l'Europe, et sur celles de l'intérieur de la France, le Framboisier aime surtout l'ombre et l'exposition du nord. Tous les bestiaux, le cheval excepté, mangent ses feuilles et ses parties encore vertes. On le cultive dans les jardins et en plein champ pour son fruit , la framboise , destiné aux usages de table.

Genre DRYADE. — DRÏAS L.

Calice h 8.9 divisions, sans calicule ; — corolle à 8.9 pétales; — styles insérés latéralement, très longs, plumeux, s'acoroissant après la floraison ; — fruits à carpelles secs, poilus, insérés sur un réceptacle déprimé, sec, hérissé, persistant.

Renferme une seule espèce.

Dryade a huit pétales, D. octopetala L.

Chinette.

Fleurs d'un beau blanc, grandes, solitaires, sur des pédoncules terminaux. Feuilles pétiolées, incisées, à segments oblongs, dentés, blanches et tomenteuses en dessous. Tiges dures, très rameuses, un peu rougeâtres, couchées. Taille de 1 à 2 décimètres. Vivace.

Cette espèce, assez jolie, vient sur les pelouses élevées du Jura, des Alpes , des Pyrénées, et se rencontre dans les contrées les plus septentrionales du nord de l'Europe. .Jusqu'à sa floraison, elle est fort recherchée des moutons et des chèvres.

'k^ Trilou. — FtOSBES.

Carpelles nombreux, uniovulés, indéhiscents, renfermés dans le tube du calice, devenant charnu à la maturité. Étamines en nombre indéfini.

Le genre Rosier, Rosa L., qui a doimé son nom à la famille, et qui seul constitue cette tribu, comprend un groupe de plantes particulièrement remarquables par la beauté d« leurs fleurs. Ce sont des arbrisseaux , s, tiges et rameaux armés d'aiguillons qui en éloignent les animaux , et dont les espèces nombreuses, midtipliées en variétés infinies et intéressant exclusivement l'horticulteur, sont de nulle importance dans l'économie agricole.

MosAciilis. 215

a" Tribu. — SAlVGUISORI3li:)ES.

Ovaire à 1.2 carpelles monospermes, indéhiscents, socs, renfermt'js dans le tnbe du calice devenant presqne ligneux. — Comprend un pritit nombre de genres caractérisés ainsi qu'il suit :

Corolle' et calice à 5 div. — Ktiira. 12.20. — Style terminal. AoiiiMONH.

Etam. 20.30. — Ovairos2 . PoTEnixmi.

Etam. 4. — Ovaire 1. .. Sakgiiisorea.

Style latéral. — r Etamines 4 Alciiemii.la.

SANGUISORBÉEs),^.^^^^^,j, (style tern^inalj

Calice k 4 div.

Genre AIGREMOINE. — AGRIMONIA T.

Fleurs hermaphrodites, jaunes, en grappes terminales; — calice :\ 5 divisions comiiventes après la floraison, à tube presque ligneux, cannelé, hérissé au sommet d'épines snbuleuses, crochues; — corolle à 5 pétales étalés; — élamines 12.20, insérées avec les pétales à la gorge du calice; — «(i/te terminal ; — /'eHiVte irrégulièrement pinnatiséquées à segments ovales, dentés, les uns très grands, les autre plus petits.

Ce genre, peu nombreux, ne renferme que deux espèces indigènes.

AIGREMOINE EUPATOIRE. — A. EUPÂTORIA L.

Noms vulgaires. — Eupatolre des anciens^ E. des Grecs, Herhe de Saint-Guillaume^ Francormicrj

Soubeirette.

Fleurs petites, nombreuses, en grappes longues, effilées, sur uu pédoncule court, muni d'une bractée triiide à la base et de deux bractéoles supérieurement. — Calice à divisions obtuses, cannelé presque jusqu'à la base. — Ovaire à 1 carpelle. — Feuilles à 5.9 segments, velus eu dessus, cendrés-cotonneux en dessous. — Stipules grandes, embrassantes, incisées-dentées. — Tige velue, dressée, rameuse au sommet. — Taille de 3 à 8 décimètres. — Tivace.

Fort commune dans les haies, les buissons, le long des chemins, sur les pelouses sèches et ombragées, l'AigTemoine constitue une plante amère dont les moutons et les chèvres seuls mangent les feuilles. Elle est d'un usage fréquent en médecine humaine et vétérinaire ; sa décoction est employée comme tonique à l'intérieur et comme détersive à l'extérieur. Les Cosaques de la petite Russie la donnent au bétail pour combattre les vers. On obtient, en outre, de ses tiges et de ses feuilles bouillies, une couleur jaune. Elle est cultivée, enfin, comme plante d'ornement.

AiCtRemoine odorante, a. odorata Miller.

Fleurs grandes, eu grappes eom-tes, compactes. Calice à divisions aigué's. avec sillons ne dépassant pas la moitié du tube. Ovaire à 2 carpelles. Feuilles glanduleuses en dessous, exhalant une odeur de térébenthine.

■il(j - llDSAC.liKS.

Cette espccc, ussex nvrc, vuascmbliitit beaucoup pur son :ib[icct ^ciiéi'al ii hi prûci'xleiitc, est plus grande souleniont dans toutes ses parties. Originaire d'Italie, elle su rcncoutro dans diverses régions du Nord. Ses leuilles fournissent une décoction qui a quelque analogie avec celle du tlié. Non roclicrclii^o p.ir le bétail, clic est assez fréquemment cultivée dans les jardins.

Genre PIMPRENELLE. — VUTERWM L

Fhnirs monoïques ou polygames, sessiles, à épis courts et serrés, presque globuleux, les Heurs femelles occupant le sommet et les fleurs nniles la base de l'épi; — calice persistant, Ji 4 divisions caduques, entouré de 2.3 bractéoles squamniiformes ; — corolle nulle; — étamines 20.30, insérées sur la gorge du calice, pins longues que les sépales et pendantes; ^ ovaire à 2.3 carpelles, terminés cliacun par un style à stigmate plumeux ; — friiil constitué par 2.3 akènes insérés dans le tube du calice, à la fin induré et à- 4 angles; — feuilh'.-i iniparipennées.

Comprend une seule espèce.

PIMPRENELLE COMMUNE. — /'. SA.WUIHOtlIlA L. Noms vulg.vires. — Petite Pimi>reneile , Piitijuxtielte des montayiies , liipinetlc.

Fleurs petites. — Calice verdàtre mêlé de pourpre. — Style à stigmate d'un beau rouge. — Feuilles à 9.25 folioles presque sessiles, petites, ovales ou arrondies, fortement dentées. — Tige dressée, anguleuse. — Taille de 2 à 6 décimètres. — ■ Vivace. — Fleurit de mai à septembre.

Quelques auteurs ont subdivisé cette espèce en plusieurs espèces nouvelles, ne se distinguant entre elles que par la disposition des angles du fruit. Les considérations qui suivent s'appliquent aux unes et aux antres, lesquelles, toutes, d'ailleurs, se ressemblent exactement par l'aspect général de la plante ainsi que par leurs propriétés.

Très commune dans toute la France, la petite Pimprenelle vient spontanément dans les bois, les prés secs et les pelouses des montagnes, sur les terrains volcaniques et calcaires. Amère et astringente, elle constitue une bonne nourriture, et a été cultivée, soit en prairies, soit eu pâturages. En Angleterre, elle a été pour la première fois soumise à la culture en grand, en plein cbamp, par M. Rocque, propriétaire de la Provence.

Elle se plait surtout sur les terres sèches, calcaires ou sablonneuses, perméables à l'eau. Grâce à ses racines longues et pivotantes, elle résiste parfaitement au.x excès de froid et de sécheresse, végète même au milieu de l'hiver, et repousse avec facilité sous la dent. On la sème ordinairement eu mars, ou bien en sex^tembre pour les terres légères. On répand de 30 à -10 kilog. de graines par hectare. La même graine est bonne pendant trois ans.

Particulièrement réservée pour la nourriture des troupeaux, la petite Pimprenelle convient essentiellement pour créer d'excellentes pâtures sur les terres pauvres et sèches, sablonneuses ou calcaires, et pourrait ainsi contribuer à améliorer beaucoup de mauvais terrains en France. Elle prospei'e aussi sur les bonnes terres; mais elle est alors relativement moins avantageuse, vu le grand nombre des autres espèces fourragères qu'on peut avec

plus (L'avaiiLago liiiii; M'iiir sur celles-ci. Hllo s'est cepemlaiil, luoiili'r'e jiadbis exU'ûmeiiient productive.

Ainsi, d'après A. Youiiy-, M. Aiid(;nloii , près d'Iieulade, i;ii ITfiT, put, ohtenir de cette plante, sciik'i! eu lnui Icriviiu , du ! i lrvri(;r à. la, lin de septonibre, jusqu'à huit coupes, dont (juelques pieds attoigiiaiout 'i^ à 50 centimètres. Le môme agriculteur observa une plantation de Pimprenellc qui, coupée vers le milieu de décembre, s'élevait, vers la fin de janvier, à une hauteur de 10 à 12 centimètres, bien que le temps eût été constamment à la gelée et à la neige. M. Anderdon constata encore ce fait assez peu cror;yable : nne seule racine qui avait poussé par hasard dans un champ de Luzei'ue avait donné 870 pousses vertes.

Ce qui résulte surtout de ces observations , c'est que la petite Pimpronelle a la l'acuité de pousser en hiver; ce qui permet, en laissant sui' pied, à l'automne, un regain nu peu épais, d'en obtenir une récolte très précoce, qui assure, dès le mois de l'évrier, une nourriture abondante aux troupeaux. Quant aux qualités alimentaires de la petite Pimprenelle, elles restent encore à déterminer exactement. A. Young, que nous citions plus haut, dit qu'elle convient spécialement aux moutons ; que les chevaux, qui l'aiment à l'état frais, la refusent souvent à l'état sec; que les vaches, au contraire, la préfèrent dans ce dernier état. D'un autre côté, ajoute-t-il, on a vu des chevaux en manger voloiïtiers les fanes dont on avait retiré la graine. Cherchant à résoudre expérimentalement ce qu'il pouvait y avoir de fondé dans ces assertions contradictoires, il remarqua, en résumé, que les moutons recherchent la Pimprenelle avant qu'elle soit montée en graine ; que les chevaux et les bêtes à cornes qui souvent la refusent quand elle est fraîche, s'y habituent facilement, surtout si on commence par la mélanger avec d'autres plantes de leur goût, et finissent même par la manger avec plaisir ; qu'enfin, elle communique, au lait des vaches qui s'en nourrissent, une finesse de goût très agréable.

De son côté, V. Yvart, après avoir noté que le fourrage sec et fortifiant constitué par cette plante convient aux bêtes à laine, fait observer que, cultivée seule, la petite Pimprenelle durcit promptement, monte bientôt en graine et fournit un foin médiocre, peu recherché par les bestiaux. D'où il résulterait qu'elle est plutôt propre à être mélangée avec les graminées vivaces et autres plantes pouvant croître comme elle sur les terrains crétacés, arides et élevés ; elle fournit alors une nourriture saine, agréable à tous les bestiaux, même aux chevaux qui la recherchaient le moins d'abord.

En somme, la petite Pimprenelle, donnée aux moutons en pâtui'e, constitue une ressource précieuse comme moyen d'obtenir pour ces animaux, sur des prairies sèches et médiocres , une bonne nourriture d'hiver , et du vert précoce au printemps. Eu toute saison , eUe convient comme condiment tonique propre à améliorer les fourrages fades ou aqueux.

Cette plante est bonne aussi pour les lapins, qui la mangent avec avi-

■,' I s ROSACÉES.

iliU'. Eiiliii, elle osl, ciiiployée (jnelquefois coiiiiiic (ilanic potagère, daus les tbiirniluves ilo salade; le surplus, aon ulilisp, osl doniH' aux bestiaux.

Dans tous les cas, le moyen le plus sûr de la faire consommer et do surmonter les répugnances que peuvent, an d(')inl , manifester les animaux à son égard , est de l'associer à des plantes fourragères aptes à pousser comme elles dans des terrains secs, ou de la mélanger, quand elle est récoltée, à des fourrages auxquels les bestiaux sont habitués.

Genre SANGUISORBE. — SANGUISORBÂ L.

Fleurs hermaplirodites, sessiles, en épis terminaux, très sevrés, convts et ovales, avec bractéoles lancéolées, égalant les flenrs; — calice à 4 divisions, cadnqnes, à tube contracté et velu au sommet ; — corolle nulle ; — étamines 4 , insérées sur la gorge du calice et égalant ses divisions; — ovaire à 1 carpelle, avec style terminal et stigmate dilaté, devenant un akène renfermé dans le tube induré du calice, quadrangulaire, ailé, à faces lisses ; — feuilles iraparipennées ; — stipules grandes, incisées.

Ce genre comprend une seule espèce, herbacée, pouvant être utilement, dans certains cas, soumise à la culture.

SANGUISORBE OFFICINALE. — S. OFFICINALIS h.

Noms vulgaires. — Grande Pimprenelle. Pimprenelle des montagnes. P. des jardins, P. d'Italie,

Sanguisorbe des boutiques.

Calice d'un pourpre brun, donnant aux fleurs une teinte rougeâtre. — Feuilles à 9.13 folioles cordiformes , régulièrement dentées , d'un vert glauque en dessus, plus pâles en dessous. — Tige glabre, anguleuse, dressée, rameuse au sommet. — Racine grêle et rampante. — Taille de 5 à 10 décimètres. — Vivace.

Assez commune dans les prés arides et tourbeux des plaines et des montagnes de presque toute la France, sauf la région méditerranéenne, où elle ne se montre point, cette plante, comme celle qui précède, est parfois cultivée en vue d'en obtenir un fourrage principalement destiné aux bêtes à laine, et pouvant aussi être donné à d'autres animaux.

La grande Pimprenelle est peu difficile sur le choix du terrain. Elle vient bien sur les sols maigres, surtout ceux de nature calcaire, ne craint ni le froid, ni la sécheresse, mais réussit mieux quand le sol est frais, humecté. Elle est excellente aussi dans les prairies aquatiques, dont elle améliore le foin, en corrigeant, comme l'espèce précédente, par sa saveur astringente, le mauvais effet des plantes trojj aqueuses. Dans une terre fraîche et substantielle, elle est fort productive.

On la sème en mars ou en septembre, 'sur deux ou trois labours, en répandant 30 ou 40 kilog. de graines par hectare. Quand elle est semée au printemps, elle peut être pâturée dès l'automne, et fournir un fourrage d'hiver d'une certaine importance. Sur une terre calcaire et un peu fraîche, elle

uosAciiEti. :M!J

repoLibîîU vilu, draycoime beaucoup et peut donu'ji', iliiiis h: cours de ïrAO suivant, plusieurs coupes, deux an moins, que l'on l'nil: manger en vert à l'étable. Dans tous les cas, il convient de la faucher de bonne heure pour prévenir l'endurcissement de ses tiges. En l'emprîchant de fructifier, on peut lui conserver plusieurs années ses propriétés fonrragcres, tout en la faisant servir de pâturage pendant l'hiver.

Salubre el nutritive, la grande Pimprenclle est un bon aliment pour les moutons, sur lesquels les substances astringentes exercent toujours une influence favorable. Elle est aussi fort du goût des lapins, à la nourriture desquels il est utile de l'ajouter quand on le peut. Ses feuilles sont également employées comme assaisonnement dans la salade.

Genre ALCHEMILLE. — ALCHEMILLA T.

l'teurs liermaplirodites, très petites; — ca/iceà 4 cUrisions, muni d'un calicule soudé au tube, à 4 divisions aussi ; — corolle nulle ; — éiamines 4 , ti'«s courtes , insérées sur le calice ; — stijle partant de la base du carpelle; — ovaire à 1.2 carpelles, devenant un fruit sec, ovale-aigu, enfermé dans le tube induré du calice ; — fnUlles palmatiséquées ; — stipules connivsntes.

Ce genre comprend un petit nombre d'espèces herbacées ou sous-frutescentes, annuelles ou vivaces, dont trois au moins sont alimentaires.

ALCHEMILLE COi\BIUNE. — A. VULGABIS L.

Noms vulgaires. — Pied-de-lion, Patle-de-lapin, Mantelet-des-clames, Porte-rosée, Soubeiretle.

Fleurs nombreuses, petites, jaunâtres, en covymbes serrés terminaux. — Calice à dents pi'esque égalées par celles du calicule. — Feuilles réniformes , plissées de la base à la circonférence, divisées profondément en 5.9 lobes orbiculaires , peu profonds, régulièrement dentés dans tout leur pourtour ; les caulinaires presque sessiles , les radicales longuement pétiolées. — Tiges dressées, velues. ■ — Racine ép.aisse, ligneuse. — TaiUe de 2 à 3 décimètres. — Vivace.

Cette espèce, assez commune, vient dans les prés, les pâturages, les lieux frais et humides de la plaine, dans tout le nord de la France et de l'Europe. On la trouve aussi sur les Alpes et les montagnes du centre de la France, dont elle atteint presque les sommets. C'est une bonne plante de pâturage et dont la présence indique toujours un terrain fertile; tous les bestiaux la recherchent. Bonafous l'indique comme faisant partie des meilleures espèces du pays de Gruyères, près de Fribourg. Elle repousse très vite quand elle a été broutée, et vient abondamment si elle peut recevoir les eaux des fumiers qui s'écoulent des chalets.

11 faut ranger près de cette plante : VA. pcnlaphylla L., espèce plus rare, se distinguant par ses fleurs en double verticiUe, avec calicule à peine visible, ses feuilles à 5 lobes obovés, sa tige ligneuse, et que l'on ne trouve guère que dans les p.àturages humides des plus Lauts sommets des Alpes; puis VA. Pijrenalca L.. caractérisée par ses feuilles à 7,9 lobes, et habitant les mcmc» lieux.

V'V'lt ■ nOSACÉKS.

Aliiiikmii.li-: des Ali'Ks, .1. Mpiiia 1-.

l'Icurs d'un vurt jauuAtro, en petites grappes nombroiises , mmassiies on corjnibc allongé, spiciforine. Calice ii caliculo tri's petit. Feuilles iivroiulies, non plissées, blauclies, soyeuses en dossous, divisées profondément on 5.9 segments dentés au sommet. Tiges drossées. Vivnce.

Espèce commune dans les pftturages des Alpes , des Pyrénées , des hauts sommets do l'Au- \orgne, du .Turn, des Vosges, et dans les montagnes du nord de l'ICurope, où elle reste limitée à la zone supérieure dos sapins, et forme de larges gazons que les bestiaux ne mangent que lorsqu'ils sont pressés par la faim.

Alchemille des cii.v.mi's, .1. (vvensis Scop.

Petit piv(l~Je-lioiij Percc^iiicn-e, Perce-pied^ Aphane des champs.

Fleurs opposées aux feuilles, ou glomérules serrées et embrassées par les deux stipules conniveutes. Calice à oalicule extrêmement court. Étamines, 1.2 fertiles, les autres avortées. Feuilles non plissées, en éventail, divisées en 3 lobes cunéiformes segmentés. Tiges coucLées, de 1 à 2 décimètres. Annuelle.

Cette petite plante, fort commune dans les champs et les moissons de toute la France, surtout dans les terrains secs, sablonneux et caillouteux, est broutée avec plaisir par les moutons.

6" Tribu. — X'0:M AGEES.

Ovaire à 2.5 carpelles. Calice adhérent à l'ovaire, se développant pour former le fruit, dit mélonide, à péricarpe charnu, à endocarpe membraneux, cartilagineux ou osseux, et couronné par les dents du calice. Étamines nombreuses.

Cette tribu, dont les botanistes modernes ont généralement fait une famille distincte, est formée d'arbres et d'arbrisseaux très communs, répandus principalement dans les jardins et les vergers, et comprenant, dans nos contrées, les genres : Néflier, Mcspilus L.; Alisiek ou Aceé- PINE, Cratxgus L.; CoTOXHIER , Coloneaster 'DQ.; CoiGNASSIEli , C'jdonia T.- PoiRlEK , Ptjrush.; Po.viMiEK, Malus T., et AMELAhXHiEB , Ameliinchier Mœnch.

Comme les Aniygdalées , les plantes de cette tribu contiennent dans toutes leurs parties du tannin, auquel elles doivent des propriétés toniques qui permettent de les employer aux mêmes usages dans la médeeine, les arts et l'industrie. Leurs troncs et leurs branches fournissent aussi de la gomme du pays, et leurs fruits, doux et sucrés à la maturité, peuvent subir la fermentation alcoolique et offrir parfois, ainsi que leurs feuilles, des ressources utiles pour l'alimentation des animaux.

iiN'\(;iiAun';i:s. 221

Famille des ONAGRARIÉES .liss.

IIOSACICliS T.

Fleurs hennaplirodites ; — calice à tube allongé et, adhéreiil à J'ovaire, limbe à 2.4 divisions; — corolle à 2.4 pétales, rarement nulle; — étamines au nombre de 8.4.2, insérées au tube du ealice avec la corolle, sur nn disque plus ou moins distinct; — ovaire unique, infère, à 2.4 loges multiovulées ; — slylc simple, à 2.4 stigmates libres ou soudés entre eux ; — fruil charnu ou capsulaire, à 2.4 loges oligospermes, à un nombre égal de valves portant les cloisons, quelquefois uniloculaire par avortement de celles-ci; — graines sans endosperme, à cotylédons Ibliacés ou cliarnus; — feuilles simjjles, opposées ou éparses; — stipules nulles.

"Cette famille, formée de végétaux herbacés, rarement frutescents, ne

renferme qu'un petit nombre de genres indigènes, comprenant des espèces

que l'on trouve spécialement dans les lieux liumides et ombragés, et (jui sont

parfois très communes dans les prairies. Les animaux les mangent, mais

elles n'ont pas d'importance comme fourragères. — Créée par Jussieu et

maintenue par De CandoUe, la famille des Onagrariées a été démembrée par

les botanistes modernes, qui en ont formé un grand nombre d'autres familles,

doiit plusieurs ne comprenant qu'un genre. Nous la conserverons telle qu'elle

a été établie primitivement, avec les genres dénommés dans le tableau qui

suit :

rf , , ,. I Tube brièvement prolongé.

, , , ) brames nlumeiises l-.PiLor.irM.

r -. 1 prolongé au-dessus ( „ '■ , l'ruit I 1 ,, . „ .. ) lube longuement prolonge, j ji ■ . \ de 1 ovaire — 8 etani . / „ . " '^ '^ „déhiscent ) f Cn-aines nues (l-.NOTTrEiîA.

ONAGRARIÉES Tube du ciliée non prolonge' — 4 étamines Isn.vrdu.

Fruit bilocnl. — Cal. et corolle à 2 div. — 2 étam , Cikc.ba. Fruit unilocul. — Cal. et corolle à 4 div. — 4 étam. Trapa.

Fruit indéhiscent

Genre EPILOBE. — EPILOBIUM h.

Fleurs roses, purpurines on blanches, eu grappes ou panicules terminales; — calice à tube brièvement prolongé an-dessus de l'ovaire, avec limbe à 4 divisions caduques ; — corolle ù 4 pétales; — étamines 8; — fruit capsulaire, grêle, très allongé, tétragoue, à 4 loges polyspennes et :"i 4 valves ; — graines couronnées par une aigrette soyeuse.

Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, toutes herbacées ou vivaces, propres à l'Europe, et généralement remarquables par l'abondance de leurs fleurs. Sans emploi spécial , elles sont cependant , pour la plupart . mangées par les animaux. Le tableau ci-après résume les caractères distinctifs des principales espèces connues dans nos contrées :

;'•>;' ■ oN.vr.n.vniÉEs.

t'orullo irri'pnlière — PiStales entiers — ttaniiiies peneliéos. !

Stigmates soudés

SprCATDM l.nt.

HOSMARINIrOLILii llu'll.

Fleurs dressées. ( Uiusutum l.

(iENiiE ) / Stigmates ) Feuilles cauliuairos scssiles ( PAii\iFi.OttiiM Sdir.

F.PILOlîlUM \ l '''"'"S ) Fleurs peucliées. ( Montaso.m ' l.

Corolle vo^ulii're.) \ Fouilles toutes potiolées \ Laimvhiium Seh.

Pétales biloliés. / i Feuilles caulinttires( PitosTnE L.

Étam. dressées J / Espèces ) sessiles ( rinjuimn Fr.

1 stolonifères j Feuilles i AkincfoUum \M.

f toutes pétiolées ( Alpimm L.

I i Roscum Scbr.

\ Espèces nou stolouifères j Teimgonum L.

( Trlgo7ium Sclir.

Épilobe a Épi, E. spicatum Lm.

Pelil laurier rose, faux Laurier, Laurier nain, Laurier de Saint-Antoine, Herbe île Saint-Antoine, Ant07iin, Antonine, Nériette, Osier fleuri.

Fleurs gi-andes, d'un rouge violacé, rarement blanches, en grappe allongée, spioiforme, feuillée il la base, munie de bractées au sommet. Corolle irrégulière, à pétales obovés, les deux inférieurs plus étroits. Feuilles longues, lancéolées, presque sessiles, non dentées, d'un vert blanchâtre en dessous. Tige dressée, arrondie, très feuillée, glabre, souvent rougeâtre. Racines à souche traçante. Taille de 5 à 15 décimètres.

Cette espèce constitue une fort belle plante, commune dans toute l'Europe, et que l'on trouve surtout .abondamment dans le nord de la France, d'où elle s'avance jusqu'au centre et au midi. Elle habite les haies, les bois montagneux et peu feuilles. Les vaches, les moutons et les chèvres eu mangent les feuilles avec avidité, surtout quand elles sont jeunes. Dans quelques contrées du Nord, les habitants utilisent comme comestibles ses racines, ses jeunes pousses et la moelle des tiges. On en fait entrer aussi les feuilles dans la fabrication de la bière. Avec les aigrettes des semences, ou prépare une sorte de ouate qu'on a inutilement tenté de filer. Enfin , on cultive quelquefois l'Epilobe à épi comme plante d'ornement, bien que la facilité avec laquelle tracent ses i-acines ne soit pas sans inconvénient dans les jardins.

Épilobe \ feuilles de romarin, E. rosmarinifoKum Hœnck. ; E. angustifoUum Lm.

Fleurs grandes, roses ou blanchâtres, peu nombreuses, en grappe courte, feuillée jusqu'au sommet. Feuilles très rapprochées, souvent fasciculées aux nœuds, régulièrement linéaires. Taille de 4 à 6 décimètres.

Vient dans l'Est et le Sud, le long des ruisseaux, des torrents et des sables de rivière. Elle fournit, comme la précédente, un fourrage agréable aux bestiaux.

Épilobe velu, E. hirsutum L.

Nériette amplexicaule.

Fleurs purpm-ines, plus grandes et plus ouvertes que dans toutes les autres espèces du genre. Pétales éohancrés en cœur. Feuilles opposées, amplexicaules, oblongues, dentées, les supérieures alternes. Tiges di-essées dès la base, très rameuse, arrondie. Racine stolonifère. Taille de U) à 15 décimètres.

Espèce fort commune le long des ruisseaux et des rivières , au bord des étangs , dans tous les lieux ombragés et humides. Elle est consommée par tous les bestiaux. Quelquefois elle vient avec tant d'abondance qu'on doit la couper, soit pour en faire du fourrage, soit pour l'employer en litière ou comme combustible.

Épilobe a petites fleurs , E. parviflorum Schreb. ; E. molle Lm.

Fleurs petites, d'un violet pâle, en grappes feuiUées. Feuilles lancéolées, pubescentes. Tige dressée, arrondie. Racine non stolonifère. Taille de 5 à 10 décimètres.

Commune dans toute la France, cette plante vient surtout dans les lieux humides , au bord des fossés, dans l'eau des marais et des étangs. Elle est mangée aussi p.ar tous les bestiaux.

oNAOnAiiiriiîs. 'l-i?,

l'ùnt.ODK DKS MONTAGNES, E. utOlltUnvill !.. NéfieUe des montugnts.

Fleurs d'un pourpre pâle. Feuilles lancéolées, arronclies à la Wso, Jentées; le» nuliciiles (Iressces, presque imljriquéos. Tige dressée. Taille de 2 k fi décimètres

Espèce ooramuuo dans toute la France, sur les liantes innntngiies ;'i l'ombre des grands arlircs. Tous les bestiaux la mangent.

Est voisin de cotte espèce, VE. Irmceolatiim Sob. et Maur., (pie caractérisent ses Heurs Idanclies d'abord, puis d'un rose vif, ses feuilles radicales étalées, et sa taille ne dépassant point 2 à 5 décimètres. — 11 vient dans les lieux arides , sur la lisière des bois, dans In presque totalité de la France.

ï^^piLOBE DES MARiVis, E. paluslve I>.

Fleurs d'un pourpre pâle, quelquefois blanobâtrcs. Feuilles d'un vert opaque, lancéoléeslinéaires, les moyennes sessilos. Tige dressée, arrondie, velue au sommet. Taille de 3 à 6 décimètres.

Cette plante, que l'on trouve dans les lieux humides, les prairies tourbeuses de la plus grande partie de la France, pourrait, vu ses qualités alimentaires, être employée à la nourriture du bétail, et Ptre semée, à cet effet, dans les prairies basses, bien que, par son abond.ance même, elle mérite d'être rangée parfois au nombre des plantes nuisibles.

Les autres espèces du geiu'e, très rapproobées des précédentes par lem-s propriétés, n'offrent entre elles que de faibles différeuoes. Elles comprennent :

VE. rirgaluin Fries, à fleurs purpurines, à tiges couchées et radicantes à la base, munies de 2.4 ligues saillantes, et que l'on rencontre dans les marais tourbeux de l'Est et du Nord.

VE. alsinefolium A^ill., E. origanifoKum Lm., k fleurs grandes, peu nombreuses, à feuilles luisantes, foncées, acuminées; à tige simple, couchée, puis redressée; d'une taille de 1 il 2 décimètres ; venant au bord des ruisseaux et sur les montagnes élevées du Centre et de l'Est.

VE. Alpinum L., il fleurs très petites, à feuilles d'un vert pâle, obtuses; à tige presque filiforme, couchée, puis redressée et munie de 2 lignes saillantes et velues naissant des bords du pétiole; d'une taille de 5 h 1.5 centimètres; plante des hautes montagnes de l'Est et des Pyrénées.

VE. roseuni Sohreb., à fleurs roses, petites; à feuilles obtuses; toutes longuement pétiolées; il tige dressée dès la hase, avec 2.4 lignes saillantes, poilues ; venant dans les lieux humides, au bord des fossés et des ruisseaux.

VE. tetragonum L., à feuilles luisantes, étroitement lancéolées, obtuses, les moyennes sessiles ; à tige dressée dès la base, avec 4 nervures saillantes; commune dans toute la France, et croissant dans les lieux humides, au bord des marais et des fossés.

VE. irigonum Schrauk., à fleurs assez grandes, à feuilles ternées ou quaternées, dentées, les supérieures acuminées, sessiles; à tige dressée dès la base, et qui se trouve dans les pâturages des escarpements de montagnes vers l'Est et le Centre.

Genre ONAGRE ou OENOTHÈRE. — ŒNOTHERA L.

Fleurs jaunes, solitaires, .axillaires, réunies eu grappes terminales feuillées s'allongeont à la maturité ; — calice à tube effilé, longuement prolongé au-dessus de l'ovaire, à 4 sépales réfléchis, caducs ; — corolle à 4 pétales ; — étamines 8 ; — style à 4 stigmates en croix ; — fruit capsulaire, coriace, oblong, à 4 valves et 4 loges renfermant quelques graines, petites, anguleuses, unes ; — feuilles éparses.

Genre renfermant plusieurs espèces, toutes exotiques, dont deux seulement naturalisées dans nos contrites.

v;' 1 . (IN \i;H.\i;ii;i-:s.

Onac.hh hisvnn'Ueli.k, ()K. hii'iiiilx L.

IlerIjc-aiij-Anes , Jambon île Snint-Aii(oiin\ ./. ili:'! jardiniers.

Fleurs h pétale'i courts, eu cœur rcuversiî. Fouilles lancéoli'es, les rmlicnles en rosette iipplii|Ui'e, profonilrmeut snuu'es-cleuti'es h leur buse, sèclies h la floraison ; les cnnlinaires éparses. l'i peine dentelées Tige dre^sùe, munie fie poils tuliereuloux à la base. Taille de <i à 15 décinifctres. Bisannuelle.

Cette espèce, oi-iginaire d'Amérique, d'où elle fut importée au commencement du dix-septiëme siècle, et aujourd'hui complètoment naturalisée en Fjurojje, est très commune aux bords des rivières, dans les clairières des bois et les lieux sablonneux de presque toute la France. Elle llenrit nue grande partie de l'année ; mais ses fleurs no durent que quelques lieures. Les codions aiment beaucoup ses racines, qui ont un goût iigréable, et que l'on mange même comme légume, crues ou cuites, dans quelques parties de l'Allemagne. La plante, employée autrefois pour les usages médiciii.aux, n'est plus maintenant utilisée que pour l'embellissement des jardins.

On connaît encore YOE. mnrimta L.,- plus i-are que l'espèce précédente, et s'en distinguant par ses fleurs plus petites et ses feuilles étroites et aiguës ; elle vient sur le bords des rivières du Centre, de l'Est et du Nord-est.

Genre JSNABniE. — ISNAUniA L.

Fleurs petites , axiUaires, solitaires ; — calice à tube court, à 4 divisions; — corolle nulle : — élamines 4; — style en tète; — fruit capsulaire, couronné par les dents du calice, à 4 valves et il 4 loges oligospemies ; — graines nombreuses , jaimes , très jjetites ; — feuilles opposées, épaisses, luisantes.

Une seule espèce indigène.

ISNAUDIE DES MARAIS, /. pCtluStriS L. Pl.ante aquatique, radioante, de 1 à 3 décimèti'es. Vivaoe. = Vient dans les marais, les ruisseaux, et se rencontre assez communément, surtout dans les prairies du Nord. Sans usages.

Genre CIRGEK. — CfRC/EA L.

Fleurs blanches ou rosées, petites, régulières, en grappe terminale lâche; — calice un peu prolongé et brusquement contracté en col aii-dessus de l'ovaire, à 2 sépales caducs ; — corolle il 2 pétales bifides, insérés sur un disque qui remplit la gorge du calice; — étamines 2 ; — oraire biloculaire ; — fruit sec, coriace, indéhiscent, hérissé de poils crochus, à 2 loges monospermes ; — racine stolonifere.

CIRCÉE PAEISIEN'NE. — r. LlTETlAyA L.

Noms \xi,g.41Iîes. — Uerhe de Sainl-Élienne , H. de Saint-Simon H. aux sorciers, H. <i la magicienne, H. enchanteresse. Tierce, Circée pubescente.

Fleurs roses, en grappe effilée, dressée, sur des pédoncules réfléchis, non bractéolés. — Calice velu. — Fruit en massue. — Feuilles assez grandes, d'un vert foncé en dessus, ovales, un peu

ONtruiAIlIliKS.

cordées ii lu, base, aiguijs, dentées, ii [K^-tiole lonx, camiliculé. — Tige droite, velue, rurneuse. — Taille de 3 ii 5 décimètres. , .,

Commune dans les lieux frais, ombragés, dans les bois humides de presque toute la Franco, parfois extrêmement abondante dans les forêts, la Circée, à laquelle ou attribuait autrcrois des propriétés surnaturelles, est regardée encore comme nuisible par le préjugé populaire. C'est là une erreur, attestée par le goût prononcé i]ue les bestiaux , et surtout les moulons, ont pour cette plante. Sa propriété de croître principalement à l'ombre peut même, en certains cas, être utilisée pour regarnir des pacages stériUsés par une mauvaise exposition.

CincÉE DES Alpes, C. Alpwa L.

Fleurs ii ijédoncules br.aotcolés. Calice glabre. Fruit allongé. Fouilles cordiforines , luisantes, transparentes, ii pétiole plane et ailé. Taille de 1 à 3 décimètres.

Cette petite espèce, que l'on rencontre communément dans les forPts humides des Vosges, du Jura, des Alpes et des Pyrénées, est mangée aussi par les moutons.

Dans les mêmes lieux se montre le C. intermedia Elirli., espèce tenant le milieu, par ses caractères, entre les deux espèces précédentes, et que les moutons mangent de même.

Genre MACRE. — TRAPA L.

Fleurs blanches, isolées, axillaires; — calice h tube court, soudé avec la base de l'ovaire, « 4 divisions persistantes, s'-acoroissant après la floraison et devenant épineuses ; — corolle il 4 pétales ; — étamines 4; — ovaire à 2 loges uuiovulées ; — fruit indéhiscent, ligneux, uniloculaire et raonosperme par avortement , muni latéralement de 4 grosses épines en croix formées par les dents du calice; — graine volumineuse, à cotylédons inégaux, farineux.

Comprend une seule espèce, entièrement aquatique. Macre nageante, t. natans L.

Châtaigne d'ea«. Marron d'eau. Truffe d'eau, Noix d'eau, Tribule aquatique, Cornue, Cornette, Cornuelle, Corniole, Cornoufle, Cornifle, Corniche, Echardon, Echarbot, Saligol, Galurin.

Feuilles, les unes submergées, pinnatitides, à segments capillaires; les autres flottantes, disposées en rosette étalée au sommet de la tige, à limbe rbomboïdal, denté aux deux bords supérieurs, porté par un long pétiole creux et renflé vers son milieu. Tige simple, naissant dans l'eau et arrivant à sa surface. Annuelle.

Cette espèce, fort commune, vient dans les mares et les étangs, dans tontes les eaux stagnantes mais non croupissantes. Les vaches mangent avec plaisir son feuillage flottant à la surface des eaux; dans les pays oii elle abonde, on la tire de l'eau avec de longs r.àteaux pour la leur donner fraîche comme fourrage. Le fruit, qui offre à peu près la couleur des châtaignes, est rempli d'une pulpe blanche, farineuse, sucrée, et d'un goût assez agréable ; il nourrit les oiseaux aquatiques: on le mange aussi comme comestible, cru ou cuit sous la cendre.

.';'Li i,VTiiiiAitii:r'.s.

Famille des LYTHRARIÉES .Ti ss.

nOSACÉES T.; DODÉCANmiE L.; SAUCAllŒS ou SALICARIÉES Jcss.

Fleurs hermaphroilites, régulières, pnrpurinus ou l'ougeàtres, axillaires; — calire monosopnle, non adhérent, à 8.12 dents sur 2 rangs; — corolle à 4.6 pétales insérés sur la gorge du calice ; — élmnines en nombre égal ou double à celui des pétales, insérées sur le tube du calice; — ovalrn unique, h plusieurs loges multiovulées, sujuionté d'un style simple; — fruit capsulaire, membraneu.x, à 2 loges, à déhiscence irrégulière; — graines sans albumen ; — feuilles simples, entières, sessiles, non stipulées.

Cette famille renferme des espèces la plupart exotiques et arborescentes. Un petit nombre seulement, toutes herbacées, viennent dans nos contrées, où elles habitent les lieux humides. Elles sont comprises dans deux genres.

Genre SALICAIRE. — LYTHRUM L.

CoUce long, tubuleux, strié, à 8.12 dents, les internes plus courtes; — étamines 8.12 insérées plus bas que les pétales; — sUjte filiforme, allongé; — capsu/e cylindrique ou oblongue, allongée, bivalve.

Ce genre renferme plusieurs espèces, douées de propriétés toniques, qu'elles doivent à la présence du tannin. Les animaux ne les refusent point, mais le développement qu'elles prennent parfois empêche de les considérer comme de bonnes plantes d'herbages.

SALICAIRE COMMUNE. — L. SALICARIA L.

Nojt VULGAIRE. — Lysimachie roiicje.

Fleurs rouges, en fascicules bractéolés, rassemblés en un épi terminal, interrompu à la base. — Calice à 12 dents , les externes en alfene. — Corolle à pétales étroits , allongés. — Étamines 12, dont B plus courtes. — Feuilles opposées ou ternées , lancéolées, aigiiës, eu cœur à la base, glabres. — Tige à 4.6. angles, dressée, raide, simple, rameuse au sommet. — Taille de 6 il 12 décimètres. — Yivace. — Fleurit à la fin de l'été.

Cette plante, assez abondante, se montre dans les lieux humides, dans les prairies basses ou inondées, au bord des ruisseaux de la majeure partie de la France, mais principalement dans les provinces méridionales. Elle aime l'ombre et se plaît sous les saules, d'où le nom qu'elle a reçu. Elle est mangée par tous les bestiaux , mais principalement par les moutons , qui la recherchent en vert et en sec , bien que ses grosses tiges quadrangulaires donnent un foin très dur. Elle a été recommandée par V. Yvart, pour con-

LYTimAniiiES. 227

courir à former les prairies humidos. Fieni'issanl, l,anl elle iiiiil pou, d'ailleurs, aux prairies, car étant fauchée avant d'avoir durci, elle donne alors nn bon aliment qui peut, sans inconvénient, se mêler aux antres fourrages. La Salicaire est encore employée dans les tanneries.

Salicaiiih a vKVihLv.fi d'iivsoi'e, a. Iiyssoplfolia L.

Flem-s petites, rosées, solitaires. C.ilice h 12 dents. Feuilles alternes, linéaires, allongées, atténuées !i la base. Taille de 1 à 3 déeimètres. Annuelle.

Vient dans les lieux sablonneux et humides : fossés, bords des mare» , cliamps submergés pendant l'biver, de presque toute la Franco. Elle est mangée aussi par les bestiaux.

Salicaire a feuilles de tfiym, i. tliymifolia L.

Fleurs les plus petites du genre, solitaires, très rapprochées. Calice à H dents, les internes à peine visibles. Corolle Ji 4 pétales. Feuilles épaisses, presque linéaires, les inférieures obtuses. Taille de 5 à 10 centimètres. Annuelle.

Se montre dans les lieux humides de la région méditerranéenne. Les bestiaux la broutent quand ses tiges ne sont point durcies.

Citons encore : le L. hibrackatum DC, à fleurs munies, au sommet du pédoncule, de 2 bractées herbacées, à feuilles atténuées à la base, avec une tige très rameuse, de 1 à 2 décimètres, annuelle, et Ycnîint dans les lieux incultes et humides de la région des oliviers ; — le i. Gr!e(feri Ten., se distinguant à ses feuilles presque en cœur h la base, à ses tiges couchées et radicantes à la base ; taille de 2 à 6 déeimètres ; elle est vivaee et vient aussi dans les endroits humides des provinces méridionales.

Genre PEPLIDE. — PEPLIS L.

Calice camp.iuulé ou ovoïde, à 10.12 dents, les internes plus longues; — corolle à .5.6 pétales ; — élamines insérées avec les pétales ; — capsule presque globuleuse.

Comprend deux ou trois espèces, toutes annuelles, ne dépassant point 1 à 2 décimètres, et habitent les mares, les étangs et les heux inondés.

Le Peplide pourpier, P. portula L., qui vient dans les lieux inondés de toute la France ; le P. crecta Req., commun surtout dans les mares et étangs des provinces méridionales, sont les espèces principales de ce genre. Sans Importance dans l'économie du bétail.

•Ji'8 - ClKltRBrrAC.l'lF.S.

Famille des CUCURBITACÉES .It ss.

CMtl'ASi'LACliES T.: MONOECIli et lllOlUllt L. : t'Énil'fyiALIF. ,his».

Tire son nom dn genre Cucurbita Courge.

Fleurs en général nnisexuées : monoïqnes, dioïques on polygames, axillaires, régulières; — calice monosépale, à tulie globuleux, adhérent à l'ovaire dans les Heurs femelles, à 5 divisions ; — corolle monopétale, jaune, blanche ou rose, à 5 divisions, insérées sur le limbe du calice; — dans les fleurs mâles : 5 élamines ti'iadelphes, 1 liljre et les autres réunies 2 à 2, insérées à la base de la corolle ; à filets courts ; à anthères allongées, flexueuses, soudées au tube ; — dans les fleurs femelles : style épais , court , à 3 divisions, avec chacune un stigmate épais, bilobé ; ovaire iufère à 3.5 carpelles, à un nombre égal de loges, chacune divisée en 2 compartiments par une fausse cloison verticale et allant de l'axe à la périphérie ; — fruit charnu, dit péponide, à 3.5 loges, quelquefois uniloculaire par avortement des cloisons, et plus ou moins volumineux ; — graines nombreuses, horizontales, aplaties, enveloppées d'im tissu mou ou pulpeux, à cotylédons plans, sans albumen ; — feuilles alternes, pétiolées, simples, palmées, plus ou moins découpées en 5 lobes , garnies de poils ; — stipules nulles ; — iiyes herbacées , grêles , striées, rudes et velues, couchées ou grimpantes, quelquefois volubiles, munies de vrilles simples ou rameuses , naissant à côté des pétioles , avec rameaux naissant entre les feuilles et les vrilles.

Les Cucurbitacées constituent une famille très naturelle, comprenant exclusivement des plantes herbacées, de grande taille et la plupart annuelles. Presque toutes exotiques et originaires des pays chauds, ces plantes ont néanmoins réussi, depuis longtemps, à s'acclimater dans nos contrées plus froides, et plusieurs y sont cultivées en grand, pour leur fruit principalement. Dans leur état naturel, elles renferment toutes un principe acre, amer et caustique, que la culture, en Europe, a fait disparaître, en même temps qu'elle a donné aux fruits une saveur douce, sucrée, accompagnée souvent d'un arôme agréable. Ces fruits se sont considérablement modifiés, en outre, sous le rapport de leur aspect extérieur ; ils ont atteint, dans certaines espèces, un développement énorme, tout en affectant une variété infinie de Ibi-mes. Ils sont employés avec avantage dans l'alimentation de l'homme et des animaux.

Toutes les Cucurbitacées qui n'ont point conservé leur principe Acre sont propres à l'usage alimentaire. Dans ce cas se trouvent, uniquement, les espèces exotiques et acclimatées. Ces plantes, crues, cuites ou sèches, constituent en Turquie, et dans diverses autres régions de l'Orient, l'une des bases de l'alimentation du peuple. En France, bien que d'un usage moins général, elles jouent cependant, comme espèces potagères, un rôle des plus importants.

Elles n'offrent pas moins d'intérêt au point de vue de l'économie rurale.

i'.iT,iiiii)iTAi;iiKs. '229

]iiir rMliniiilaiicc' dos [ii'oiJiiils, |]i:9[ires à l'Mliiii('iil;il,i(jii ili.'s bestiaux, (in'elles peuvent fournir. IjCS espèces indigènes étant refusées par les animaux, ces produits ne proviennent, do inème, (juo dos ospè(;es exotiques acclimatées, et encore, parmi celles-ci, un petit nombre sevdemont sont-elles spécialement cultivées comme plantes fourragères; mais les fruits dos unes et des autres convenant également aux bestiaux, auxquels on peut, conséquemment, donner tous ceux eu excès ou de moins bonne qualité, ainsi que les débris non consommés que ces fruits laissent en plus ou moins grande abondance, l'agriculteur a intérêt à connaître toutes les espèces, au moins, i|ni ont été l'objet de tentatives de culture.

Les Cucurbitacées ne sont pas seulement des plantes alimentaires. Quelques espèces, qiii ont conservé leur principe actif, comme la Rryonc, la Coloquinte, fournissent à la médecine des substances purgatives. De plus, les semences des espèces cultivées, douces et mucilagineuses , peuvent être employées comme éniollientes. D'un grand nombre d'entre elles, on retire une huile grasse, dite huile de pépin, qui sert à la médecine et dans les arts.

Extrêmement modiiiée par la culture, la famille des Cucurbitacées est l'une de celles dont la subdivision a créé aux botanistes le plus d'embarras. Les types primitifs, que séparaient seulement des différences peu tranchées, ayant pour la plupart disparu sous les altérations diverses que les plantes ont éprouvées, une extrême confusion s'est étabUe entre eux, et a fait naître les plus grandes difficultés pour la distinction, soit des genres, soit des espèces. Voici un tableau des genres, en assez petit nombre, que l'on admet aujourd'hui, et dans lesquels peuvent être comprises l'ensemble des variétés, de grande et de petite culture, aujourd'hui connues eu France :

, ., , , i Gi'aiues non écliancrécs au sommet Cccckbih.

Anthères en colonne. \

raines à bords épaissis. / ^ ■ . , , . t

' ( urames echaucrees au sommet LAGE^ABI.^.

/ „, . , 1 Graines à bords épaissis. BExrscAS.\.

l'I. monoïques et polygames, 1 '

e; j , , . \ les femelles toui. solitaires ) , . . . l i • ■ ,>

g i Anthères \ •' [ Graines a bords ammcis. CccrMis.

g I conniventes

O ' contournées en S ] FI. mouoïq., mal. et fem. réunies à raisscUe des feuilles. Momokdica.

FI. monoïques ou dioïques . eu cynie.

Genre COURGE. — CUCURBITA L

Fleurs monoïques, solitaires, jaunes, très grandes; — calice a divisions en alêne, campanule dans les flenrs mâles; rétréci supérieurement dans les fleurs femelles; — étamines a anthères, incurvées , soudées en colonne ; — ocaire à 3.5 loges multiovulées ; — fniil ordinairement très volumineux, charnu, à écorce plus ou moins épaisse, dit iwponide : uniloculaire à la maturité: —

'230 ' r.uci'UDrrACKES.

uraiiios épivissic» sur les bords; — Iruillcs largcniciit pétiolôcs, cordiScs, à 5 lobos; — tiges concilies, tr^s rameuses, garnies de vrilles.

Les espèces de ce genre, toutes annuelles, et originaires des Indes, sont aujourd'liui répandues partout. Venant des pays cliauds , elles aiment toutefois la clialeur et l'huniiiliti; et ne croissent qu'en été. Faciles à multiplier par uraine ou par boiiture, elles sont cultivées pour leurs fruits, qui donnent des produits en alioudauce. Les Courges ont pris ainsi une place importante dans l'agriculture de l'Europe, et ont été notamment recommandées pour améliorer l'agricullure du Midi, aucune culture, eu etîet, si l'on compare les frais exposés avec les produits obtenus, n'étant plus économique. Le genre Courge est d'ailleurs le seul de la famille qui renferme des espèces spécialement cultivées pour le bétail, auquel ces plantes fournissent, non-seulement leurs fruits, mais encore leurs graines, mucilagineuses, rafraîchissantes et oléagineuses, plus leurs feuilles, toutes alimentaires quand elles sont jeunes. Quelques-unes de ces espèces, par les formes bizarres et multipliées de leurs fruits, sont cultivées en outre comme plantes d'ornement.

Les espèces du genre Courge, peu fixes et faciles à hybrider, ont subi, plus qu'aucune autre de la même famille, l'influence de la culture. Le fruit surtout a été profondément modifié, dans la forme, le volume, la couleur, ({ui offrent des variétés infinies; dans la composition et le goût, qui de sec et amer est devenu plus ou moins aqueux et sucré. Cette multitude de formes, que l'on peut augmenter encore en croisant les variétés entre elles, a rendu leur distinction assez difficile pour que certains auteurs, renonçant à les classer, aient trouvé plus simple de les grouper toutes ensemble sous la dénomination générique de Pépon polymorphe. Sans nous arrêter à cette expression, qui ne fait que consacrer la confusion existante au lieu de la faire cesser, nous nous bornerons, pour l'étude des innombrables variétés du genre Courge, à les grouper en un petit nombre d'espèces, eu ne considérant cj[ue celles le plus généralement admises.

Courge potiron, C. maxiina Duch.

Pédoucule très long, renflé, strié. Fruit d'un énorme volume, souvent très pesant , globuleux, oblong ou dépi'imé aux extrémités, quelquefois ombiliqué; à surface lisse, rarement verruqueuse ou brodée, à chair ferme et fade. Graines blanches, lisses, ovales, gonflées, abords amincis. Feuilles très amples, plus larges que longues, eu cœur, à lobes arrondis et découpures peu profondes. Tiges très longues, étalées sur le sol.

Cette espèce, la plus répandue de la famille et depuis longtemps soumise à la culture, comprend plusieurs variétés, dont trois principales, offrant elles-mêmes un nombre indéterminé de sous-variétés. Ce sont :

Le PoiiKON JAU>"E ou coMJirx, C- M. potirn 6er. , fruit le plus gros de tous, un peu déprime, jaune ou orange, à écorce lisse et luisante, quelquefois brodée ; creux à la maturité ; tiges très longues, grimpantes, à vrilles entières, et couvrant par ses larges feuilles de grands espaces; variété la plus commune.

I.e GROS PoTiKON VERT, C. M. viriiUs Ser., fruit globuleux, très gros, d'un vert intense, creux à la maturité ; tiges grimpantes et très longues ; variété moins rustique que la précédente, mais de qualité supérieure.

Le PETIT PoTiROîi VERT, C. M. courgcro Ser. (Courgeron), ft-uit petit, vert, ou jaune panaché de vert, plein à la maturité ; tige dressée, naine, à nœuds très rapprochés ; vTilles avortées.

Le Potiron, cultivé dans presque toute la France pour la nourriture de l'homme, est récolté principalement dans les jardins potagers, oii on le soumet ii quelques soins qui ont principalement pour objet de favoriser le développement des fruits. Ou fait germer les graiues, en mars, sur couche ou sous cloche, dans des pots remplis de terreau ; puis , daus la première quinzaine de mai , on les porte eu pleine terre, si le sol est bien préparé, ou bien dans de petites fosses de 4 à 5 décimètres de large sur 3 de profondeur, que l'on remplit de fumier et de terreau.

Quand la plante est suffisamment développée, on coupe la première tige au-dessus du 2« ou

niinuiiniTACiJKs. >'.\\

du 3** œil potii- qu'il su produiso aiitîint (l« brîis. I,o fVtiil iiuin'*, un iirrûlc, Ji 2 ou 3 iifi-tKJR audessus, la branclio qui lo porto. Ou laisse deux fruits, riirouioiit trois sur un mfnio piod ; on n'oii laisse miîmg qu'un si on veut l'olitonir trfcs gros. Quelquefois ou enterre les bra» prineipaux sur une grande partie de leur longueur; des racines adventices se f<jrment alors ii l'aissello des fouille», et apportent h la plante un surcroît dci sfcve qui concourt il grossir lo fruit.

Ce fruit, dont le poids atteint dans quelques circonutanccs 100 et 1.50 kilog., est rempli d'une pulpe douce, sucrée et alimentaire, constituant, non-seulement pour l'homme, mais encore pour le bétail, une oxcollente nourriture. Lo Potiron jaune surtout est propre a cet usage. On le cultive alors ou plein cbamp, c(mimo la Citrouille, à laquelle il peut Otro substitué; il est, dans ce cas, soumis exactomont aux mûmes soins do culture, tels qu'ils seront indiqiiés ci-après.

COURGE CITROUILLE. — C. Plùt'o I,.

Noms vulgaires. — Cilrouilh à vaches, C. iroquoise, Courijc de Saint-Jean. Girautnon, etc.

Pédoucule mince, à 5 fortes cannelures. — Fruit trcs volumineux , globuleux ou oblong , lisse, jaune pâle, ou rougo avec des bandes vertes, souvent garni de cornes obtuses. — Graines avec uu bourrelet très prononcé sur les bords , aplaties , moins douces au toucher que celles du C. maiima. — Feuilles cordées-obtuses, à 5 lobes^ découpés et séparés par des échanerures profondes. — Tiges couchées, courtes, à vrilles presque nulles. — Poils très rudes, presque épineux .

Avec le Potiron, la Citrouille est, de toutes les plantes de la même famille, celle qui offre le fruit le plus volumineux. Elle présente, comme les autres espèces du genre, un assez grand nombre de variétés, parmi lesquelles ou distingue principalement :

Le Gn^AUMON j.\une ou doué {CilrouUk à vaches), constituant la variété la plus généralement cultivée en grand ;

Les GiR.iUMONS BLANCS, NOIRS, VERTS, etc, SB distinguant par la couleur et atteignant des grosseurs très variables ;

Le GiR-VUMON TURBAN (Boimct turc), h fruit comprimé, jaune ou verdàtrc, à couronne vert foncé ; chair plus ferme et plus sucrée que celle du Potiron ;

La Courge melonnée ou musquée, cultivée sur de grandes superficies, principalement dans le Midi ; les Courges diverses de Chypre, de Valpa- RAiso, du Brésil, et d'autres encore, culti\'ées exceptionnellement comme espèces fourragères :

La Courge d'Italie {Cougourzelle), la Courge a la moelle, le Courgeron DE Genève, etc., qui se mangent avant la maturité.

Cultivée pour son fruit, dans les jardins potagers, la Citrouille, par les différentes variétés qu'elle forme, constitue l'une des plus importantes espèces, non-seulement du genre, mais de la famille tout entière. D'une culture plus facile que le Potiron conm^un, les Courges sont souvent abandonnées à leur développement naturel, et n'eu donnent pas moins d'excellents produits, mais que l'on peut toujours accroître par une culture soignée et une bonne taille. Enfin, comme plante de grande culture, la Citrouille est préférable à aucune autre de la même famille, étant presque seule, de toutes les Cucur-

23"2 IXCL'HItlTACÉKS.

bitacées, i|ui, lualyrc son origine des pays tropicaux, ait assez de force de constitution, pour croître et prospérer sous les diverses latitudes de la France. Aussi , depuis quelques années surtout , a-t-elle commencé à être cultivée très en grand, comme espèce fourragère, dans différentes localités, notamment à l'Ouest, dans le Maine, l'Anjou, la Touraine, ainsi que dans les vallées et les plaines fertiles de la Franche-Comté, où elle sert à la nourriture des bestiaux que l'on élève dans ces pays.

Culture de la Citrouille.

Choix du terrain — Ensemencement — Soins de culture. — La Citrouille réussit sur les terres à blé, à maïs, à sarrazin, cà chanvre ; mais les sols sableux, graveleux, légers et cependant substantiels, lui sont le plus favorables. Il n'est point d'ailleurs nécessaire que le terrain soit nettoyé pour la recevoir. La terre est disposée à plat, ou en sillons espacés d'environ 1 mètre, que l'on recouvre d'engrais sur lequel on sème. Les engrais qui conviennent le mieux pour cet usage, sont : le fumier éteint, les curages de trous à fumier, les terreaux de basse-cour bien consommés, etc.

L'ensemencement a lieu à la fin d'avril ou au commencement de mai. Un sillon étant tracé, puis l'engrais qui doit faciliter le développement de la plante y étant répandu, on disperse les graines, à 8 ou 10 centimètres de distance, si l'on veut plus tard éclaircir le plant ; ou bien, ce qui est préférable et plus généralement pratiqué, on les dépose, en mettant plusieurs graines ensemble, dans des fossettes préparées à cet effet. Suivant la qualité du sol, les pieds sont diversement espacés, depuis 50 centimètres jusqu'à 2 mètres ; le plus souvent, on laisse entre eux un intervalle de 1 mètre environ. Les graines une fois déposées, on les enterre en traçante côté un autre sillon, et ainsi de suite.

Quelquefois, au lieu de semer sur place, on fait germer la graine à l'avance, dans le courant de mars, soit sur couche ou sous cloche, soit dans des pots remplis de terreau, et on transplante en pleine terre à la fin d'avril.

Quand on a semé à la volée, dès que le plant a cinq ou six feuilles, on l'éclaircit en laissant 1 mètre de distance entre les pieds restants. Si le semis a été fait par paquets, on laisse à chacun un seul pied, le plus beau, et on arrache les autres. Tous donneront des fruits d'autant plus gros qu'on aura pvi mettre une jjlus grande quantité de fumier dans le champ, et surtout au pied de chaque plante, soit avant, soit après le semis.

Jusqu'au moment où le fruit se noue, le sol ne réclame d'autres soins que le sarclage des parties du champ où l'herbe pousse trop abondamment. Quand le fruit a atteint la grosseur d'une pomme, on laboure des deux côtés, en laissant constamment le plant enterré jusqu'aux premières feuilles.

La Citrouille, ordinairement cultivée seule, est assez fréquemment mé-

CUOUltllITACKKS. 2H3

langée sur le sol avec d'autres plantes. Ainsi, dans l'Est et le Sud-ouest, on la sème souvent dans des champs qui portent du maïs, ou bien entre des rangées de clianvre et de pomnio de terre ; on espace alors les plants de Citrouille à 2 ou 3 mètres, plus ou moins, suivant l'importance de l;i initure intercalée.

M. Lucien Georges a récemment l'ail connaître le procédé suivant d<: culture, usité en Bretagne, et qui parait avoir donné les résultats les plus avantageux.

Ayant choisi, dans un terrain, malpropre et ombragé par des arbres si on le veut, un carré de 10 mètres de côté, on conmrence, en février, par le labourer et le bêcher profondément, en grosses mottes et sans le fumer. A la fin d'avril ou au commencement de mai, par un beau temps, on étale à la surface une couche de fumier consommé, que l'on mélange, avec la fourche ou le boucard, avec la couche superficielle du sol.

Cela fait, pour semer, on prépare 25 pochets, dont 10 à chaque côté du carré au midi et au nord, et à 1 mètre en retraite du bord, et 5 autres au milieu du carré, à une distance double, c'est-à-dire à 2 mètres les uns des autres. Tous sont remplis d'une pelletée ou deux de ce terreau de fumier pourri qu'on trouve toujours dans la cour d'une ferme. On sème sur place 2 ou 3 graines que l'on enterre à 5 centimètres de profondeur, dans le terreau du pocliet, et dont plus tard on extrait un ou deux des plus faibles plants, pour n'en garder qu'un seul vigoureux.

Quelquefois, on fait lever les graines à l'avance sur un tas de fumier, en les mettant dans des coquilles d'œufs ou bien dans un peu de terre de taupinières de prairies, étalée à une épaisseur de 9 à 12 centimètres. Quand apparaissent les premières feuilles au-dessus des cotylédons , les plants , en mottes, sont transportés en pleine terre. Dès que le végétal, semé ou planté. a un peu grandi, on lui donne un binage et on applique un copieux paillis de fumier de vache qui conserve la fraîcheur pendant toute la végétation.

Lorsque d'autres plantes, telles que la betterave, le sorgho, le maïs, le chou cavalier, doivent être intercalées, on choisira, pour cette contre-plantation, le moment de l'application du paillis, qui doit bien couvrir la terre.

Les soins à donner à la plante sont des plus simples. On laisse à chaque pied un seul bras, celui du centre, qui du reste pousse toujours avec le plus de vigueur. On coupe tous les bras latéraux, à mesure qu'ils paraissent, jusque dans l'aisselle de la feuille, où ils s'attachent sur la tige centrale. L'opération répétée une fois tous les quinze jours suffit pour empêcher l'encombrement de la plantation. On laisse faner sur le terrain ce qui est retranché; cela sert de paillis. A mesure que l'on procède à cette taille, on dirige les tiges des deux rangs du bord en les croisant au milieu de l'espace de 1 mètre qui les sépare, en sorte qu'elles forment des cordons de branches couchées en travers sur le sol, de 50 en 50 centimètres. Quant aux plants de la ligne du mUieu. on les dirige en travers des plants de la hordiu'e, en alternant, une tige à droite

V3'i r,r{;riuii\'.\r.i';Ks.

cl l'autre à gauche. tj)u,iiiil il y a ini ou doux Truils de uours, un coupe la tigp une feuille ou deux au-delà du deruiei' l'ruil ; alors toule la sève se concentrant dans les fruits, les fait grossir avec ruie activité surprenante.

Les variétés que l'auteiu' conseille pour cultiver de la sorte, sont le gros Potiron jaune des maraîchers de Paris , quand il s'agit d'une culture restreinte, et pour la grande culture, le Potiron vert d'Espagne, qui, bien f[uc moins volumineux que le précédent, donne plus de fruits sur chaque pied et se conserve plus longtemps, quand il est récolté avec soin.

Récolte — Conservation — Produits. — La Citrouille mûrit, selon les saisons et les années, du 1"' octobre au 15 novembre. On reconnaît la maturité à la couleur jamie du sommet, à sa queue qui se cerne un peu, an dessèchement de la branche qui la porte. On peiit, quand on la voit dans cet état, la cueillir de suite ; mais il est mieux de la laisser suer quelques jours dans les champs, surtout si les gelées ne menacent point. Dans tous les cas, il ne faut la récolter que bien mûre, en choisissant un beau temps.

Le fruit de la Citrouille, ne pouvant supporter le froid, doit être conservé dans im lieu sec, à l'abri de la gelée ; une température moyenne de 5° au-dessus de zéro est la meilleure pour l'empêcher de s'altérer. On le renferme dans des celliers, des hangars faciles à aérer, dans une cave sèche, ou bien dans une étable, sur des tablettes ou des claies. Quelcjuefois on est dans la nécessité de laisser ces fruits dehors ; on les préserve alors de la gelée en les recouvrant de paille ou de chaume.

Les citrouilles, dans les circonstances ordinaires, se conservent ainsi jusqu'en février et en mars. Les moins mûres sont exposées à pourrir vers les environs de Noël. Pour n'en point perdre, on défait vers cette époque les las, on met de côté pour les employer d'abord les fruits qui se gâtent, et on conserve les autres. M. Lucien Georges annonce que les fruits de la variété cultivée à Rennes, lorsqu'ils sont récoltés bien mûrs, peuvent se conserver une année entière, condition très avantageuse pour l'entretien, en toute saison, des vaches laitières.

Le chiffre de la récolte varie suivant la qualité du sol, la distance des semis, le mode de culture adopté. Les fruits, d'autant plus gros que les pieds sont plus espacés, peuvent peser ainsi chacun de 8 à 10 kilog. et jusqu'à 25 et SOkilog., comme on en obtient en Franche-Comté. Dans cette même province et dans la Sarthe, on arrive, avec des variétés peu perfectionnées et une culture médiocrement soignée, à un rendement moyen de 60,000 Mlog. à l'hectare. A Grand-Jouan, on a obtenu plus de 100,000 kilog. sans l'applicationd'une taille spéciale. Quelques particuliers, dans des cultures restreintes, sont arrivés à un chiffre plus élevé encore. En suivant la méthode culturale décrite par M. L. Georges, M. Dugré, dans les jardins de l'hospice de Rennes, a obtenu, sur moins de 100 mètres carrés, 1,774 Mlog., ce qui fait un rendement proportionnel de 187,000 kilog. à l'hectare, sans compter une récolte de bettei'aves intercalée.

CUCtJnBITACliliS.

Valeur agricole cl économique de la CUrouilk.

Par l'abondance de ses produits, on peut apprécier riniporlanro (]u'a proniptement acquise la Citrouille comme espèce l'ourragère , notamment dans les contrées de l'Est et de l'Ouest, où elle s'est le plus répandue et où elle rend de très grands services pour l'entretien du bétail. A cela doit s'ajouter l'avantage qu'elle offre comme culture préparatoire et améliorante. La Citrouille, en effet, par ses feuilles larges et noniLreuses, qui, en même temps qu'elles s'opposent à l'évaporation du sol, puisent abondamment dans l'air, l'eau et les principes nutritifs qui doivent servir au développement du végétal, enrichit plutôt la terre qu'elle ne lui emprunte; c'est môme une de celles qui en la nettoyant le mieux l'épuisent le moins, ce qui en fait une des plus propres à préparer les champs pour les semailles d'automne.

La Citrouille est encore précieuse par les graines qu'elle fournit et qui servent à l'alimentation des bestiaux et aux usages médicaux ; cette graine constitue l'une des quatre semences froides majeures. On en extrait encore une huile rougeâtre, abondante, dite huile de pépin. La graine, à cet effet, après qu'elle a été extraite du fruit, est ramassée dans des paniers; puis, après l'avoir triée, on la fait sécher dans des greniers bien aérés; quelquefois , pour en hâter la dessiccation, on la fait passer dans un four presque refroidi. La graine sèche est mondée pendant les longues soirées d'hiver. A cet effet, on l'humecte, au préalable, afin d'empêcher les cotylédons de se briser. L'opération se fait, en déchirant, avec le pouce, le rebord prononcé de la graine ; la partie centrale sort ensuite par la simple pression des doigts. On la met alors sur des claies ou des toiles, quelquefois après l'avoir de nouveau fait passer au four, pour achever la dessiccation.

Cette graine fournit de l'huile, soit à froid, quand on la destine à l'usage alimentaii'e, soit à chaud quand on veut, ce qui est le plus ordinaire, avoir de l'huile d'éclairage. La quantité, dans ce dernier cas, est toujours plus considérable.

Cent citrouilles donnent 6 à 8 boisseaux de graines, qui, après mondage et dessiccation, se réduisent au quart. Il faut '2 kilog. et demi de ces dernières pour produire 1 litre d'huile. Les résidus de cette opération ou tourteaux sont donnés aux bestiaux.

On a obtenu encore de la Citrouille, du sucre ; ainsi, en Hongrie, où on a essayé d'en extraire ce produit, on en a retiré jusqu'à 4 et demi pour 100, chiffre fort élevé et qui, si on l'obtenait régulièrement, rendrait le sucre ainsi produit meilleur marché que celui de betteraves.

236 cLCURiiiTACiiiis.

Emploi alimentaire, de la Citrouille.

Depuis longtemps cultivée pour la nouiiiliui' de l'Iiomme, qui l'emploie de plusieurs manières, en pulpe ou en purée, quelrjuefois mêlée à la pâte des céréales pour la préparation d'un pain d'nssez ]jon goût, la Citrouille est utilisée aussi pour l'alimentation des animaux. Mais ce n'est guère que depuis le commencement de ce siècle qu'elle a reçu en France, sous ce dernier rapport, de grandes applications. On l'emploie pour nourrir les bestiaux de toute espèce, principalement les bêtes à cornes, les porcs et les moutons, qu'elle rafraîchit et maintient en bon état de chair. Elle donne aux vaches, qui s'en montrent très avides, un lait abondant et de bonne qualité. Elle est utile principalement, comme nourriture d'hiver, pour les animaux nourris au régime sec ; elle les rafraîchit et prévient les irritations intestinales. On prétend, ce qui est admissible, que les vaches qui s'en nourrissent sont moins portées à recevoir le taureau. Eu Orient, on en fait manger aux chevaux.

On donne aux bestiaux la citrouille crue ou cuite, seule ou mélangée. Dans l'Est, elle est distribuée crue aux vaches ; on évite seulement d'y laisser la graine, qui, dit-on, est malsaine pour elles et nuit à la qualité du lait. On se borne à la couper par tranches, en y mêlant un tiers de nourriture sèche, des choux, du son, des feviilles d'orme ou des fourrages secs hachés. La Citrouille est avantageuse encore pour l'enti'etien des jeunes élèves, auxquels on la fait manger, soit cuite avec du son, des choux verts et autres plantes fourragères, soit, comme on le fait en Champagne pour obtenir un engraissement rapide des veaux de ferme, en la mêlant au lait et aux boissons farineuses.

Dans le Maine, l'Anjou, la Touraine, ainsi que dans le Doubs, où on cultive la Citrouille en grand pour le porc, qui la mange avec plaisir, et à l'entretien desquels elle est très favorable, on la soumet auparavant à la cuisson, qui développe le principe sucré. On cuit alors l'écorce avec la pulpe, et quelquefois même avec les graines c[uand ou veut engraisser rapidement les animaux. Dans la Lorraine et sur les bords du Rhin, où ce fruit constitue une importante ressource pour l'élève des porcelets et cochons de lait, on fait manger la Citrouille en purée, avec de la farine, soit aux truies prêtes à mettre bas, soit aux petits avant de les vendre.

Aux moutons, on la donne crue après l'avoir divisée. Au moment de distribuer la Citrouille, on la prépare d'ailleurs d'une manière différente pour chaque espèce. On coupe d'abord le fruit en deux pour en extraire la graine ; puis on en fait des morceaux, très petits pour les moutons, plus gros pour les vaches, et on se borne à la briser pour les porcs.

Les poules aussi mangent la Citrouille; on leur abandonne tout ce que

l'.rciudiTAUÉKs. 237

laissent les bcsliaux ; il no fau(, pas, toutefois, qu'elles l'ii ini'iiiiriii eu excès, car ell(;s pourraient en être iiiconin'itpdées et périr.

La feuille, quoiijue peu noiirrissanli;, donne, de son côté, un assez Ijou fourrage d'été et d'automne, utile surtout quaml la sécheresse rend les pâturages peu productifs. On la recueille avec les tiyes, lorsqu'on pratique l'opération de la taille faite en vue d'activer le développement du fruit. Cette récolte est surtout importante quand le fruit a atteint à peu près sa grosseiu-, parce qu'alors il est utile de couper toutes les branches folles qui poussent, à deux ou trois nœuds au-dessus. On obtient ainsi des produits assez abondants sans nuire à la récolte principale.

Courge Pastisson , C. melop&po L.

Bonnet d'électeur, Bonnet de prêtre, Artichaut de Jérusatem.

Fruit d'un volume moyeu, irrégulier, plus ou moius resserré dans son milieu, sommet formant un bourrelet circulaire, surmonté de trois saillies proémineutes. Feuilles finement denticulées. Tiges croissant en touffes et ne courant pas sur terre.

Fonne plusieurs variétés, se distinguant notamment par la couleur du fruit; les principales sont :

Le Pastisson jause, variant du jaune au blanc ; le plus précoce ;

Le Pastisson veet, le moins gros, à côtes peu marquées, à chair moins ac^ucuse ;

Le Pastisson panaché, à bandes vertes et jaunes; le plus gros et très estimé.

Le fruit du Pastisson à chair jaune, très savoureux et très alimentaire, est l'objet d'une grande consommation à P.iris, où on le mange de plusieurs manières. Il peut mflrir en pleine terre; cet avantage, se joignant à celui qu'offre la plante de ne pas courir sur le sol, permettrait de le cultiver eu grand pour la nourriture du bétail.

Courge verruquedse, C. verrucosa L.

Courge de Barbarie, Barberiue, Barbaresque sauvage, Giraumon long.

Fruit volumineux , allongé en concombre, à côtes verruqueuses , marbrées de jaune ou de noir.

Cette espèce offre plusieurs variétés se distinguant surtout par la couleur du fruit , qui est vert, jaune doré, gris, blanc ou noir, d'une teinte unie ou panachée. Sa chair, très délicate, est alimentaire comme celle des précédentes espèces ; elle est fort répandue et vient partout ; elle est souvent cultivée comme variété d'ornement.

Courge orangée, C. aurantia Willd.

Fruit offi'ant le volume et la couleur d'une orange.

Forme deux variétés principales :

La Fausse oe.vnge, C. A. orangina Ser. [Orangin, Orangine); fruit orangé, à pulpe Bbreuse. presque sèche ;

La Fausse coloquinte, C. A. colocynthoïdes Ser. {Coloquinelle); fruit varié, à pulpe sèche.

Ce fruit, très beau, très curieux, mais non amer et se conservant longtemps, se mange parfois, mais alors confit, avant son entier développement. C'est aussi une plante d'ornement.

Courge cougourdette , C. ovifem L

Fausse poire.

Fruit ayant à peu près la forme et le volume d'une poire, d'un vert brun, marqué de bandes et mouchetures d'un blanc de lait.

Variable de grosseur, ce fruit, arrivé à maturité, est très beau et se conserve longtemps. 11 sert comme objet d'ornement; quand il est jeune, on le mange confit. Les feuilles jeunes aussi se mangent cuites.

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