VÉGÉTAUX
J MOKocoTYLEDONEs 5c Mouocotylédonés.
I (Tissu devenant vasculaire 6= V. cell.-vascnlaires.
\ACOTVT.ÉDONÉsj
' Tissu toujours dépourvu devaisseaus. ''' V. cellulaires.
l'^'^ CLASSE. - THALAMIFLORES
Famille des RENONCULACÉES Juss.
ItOSACÉES ET ANOMALES Tocrn.; POLYANDRIE POLYGYNIE Lin.; HYPOPÉTALIE .Tu.ss.
La famille des Henonculacées , ainsi nommée du genre Renoncule qui
en offre le type , se distingue par les caractères suivants :
Fleurs hermaphrodites, de forme régulière ou irréguhère, h périanlhe double, quelquefois simple, inséré sous l'ovaire ; — calice à 3.5 sépales ou plus généralement caducs, souvent colorés; — corolle régulière ou irrégulière, composée de pétales en nombre égal, double ou triple des sépales , et alter- \rant avec ceux-ci ; ces pétales , plans , concaves , onguiculés ou en forme de cornet, donnant à la coroUe des figures très diverses; — étcmiines libres, hypogynes, en nombre indéterminé, quelquefois considérable ; — ovaire formé d'un plus ou moins grand nombi'e de carpelles, un, trois ou plus, séparés souvent, d'autres fois soudés entre eux et pourvus chacun d'une loge nionosperme ou polysperme; chaque carpelle surmonté d'un style toujours Ubre, ordinairement . persistant, astigmate simple; ■ — fruits secs, les uns indéhiscents et monospermes, les autres polyspermes et s'ouvrant par leur angle interne; — graines renfermant un embryon très petit, qu'entoure un périsperme sec et corné ; — feuilles alternes ou opposées, pétiolées ou sessiles, simples ou composées, entières ou diversement découpées , avec pétiole à base engainante ; — tige herbacée ou sous-frutescente , quelquefois sarmeuteuse ; — racines fibreuses ou fasciculées, parfois tuberculeuses.
Les Renonculacées contiennent toutes rm principe acre, très actif, qui agit fortement sur les muqueuses, notamment sur celle du tube digestif, et peut déterminer, quand les plantes sont ingérées par les animaux, de graves accidents. Ce principe exerce même son action sur la peau et y produit une sorte de vésication. Ce sont donc des plantes nuisibles. Quelques-unes ne sont vénéneuses qu'à l'état fi-ais, et particulièrement quand elles sont arrivées à leur entier développement. Quelques autres, par la dessiccation ou la cuisson dans l'eau bouillante, perdent leur principe actif, en même temps que leurs propriétés nuisibles. La présence de ce principe donne à plusieurs plantes de la famille des vertus médicamenteuses que l'on utilise en médecine.
Les Renonculacées comprennent un grand nombre d'espèces, abondamment répandues partout, et formant plusieurs genres que les botanistes par-
4 RENONCULACÉES.
tagent, suivant la forme du fruit, en deux sections princiiiales , se subdivisant ollcs-mômcs, d'apivs la disposition des enveloppes iloralcs, en plusieurs sous- sections; ces dernières comprennent chacune plusieurs genres, dont les caractères distinctifs se trouvent résumés dans le tableau ci-dessous :
en
•ai
Fruits secs monospernies indéhiscents.
Fruits secs
polyspernies
diSLiscents.
Périantlic double.
V rérianthe simple,»
constitué parmi calice à divisions pétaloïdes /
Pétales ( Calice à 5 sépales
nectarifévos. j Calice ii 3 sépales
Pétales dépourvus de nectaire
! Style plumeux ; feuilles opposées Style court ; feuilles alternes pourvues de stipules. . . .
Involucre à 3 folioles, éloigné de la fleur. Involucre rapproclié de la fleur
' Périantbe simple (calice pétai oïde)
[ Sépale supérieur en Fleurs irrégulières.
Périanthe double.
f Follicules libres.
I Follicules
soudés
à la base.
) casque
Sépale supérieur éperonné à la base. . .
( Calice herbacé , moins
Fleurs j grand que la corolle.
régulicros. \ Calice pétaloïde, dé-
' passant la corolle. .
Pétales très petits, tubiileux ; sépales
très grands
Pétales petits, tubuleux, labiés. . . Pétales prolongés en long éperon.
RANTrNCULtJS.
FtCAIÎIA.
Adonis.
Clematis.
Thalicteum.
Ankmone.
Hepatica.
Caltiia.
aconitdm.
Delphinium.
Pœonia.
Trollius.
Helleborcs.
Nigella.
Aquilegia. •
«HNONHULAnÉKS.
Genre RENONCULE. — lUNUNCULUS L.
Ftewrs jaunes ou lilanolioa, terminales ou latijralos ; — calice h 5 sépales caducs; — coroHn ordinairomont à 5 pétales, portant ii leur base un onf^let pourvu on dedans d'un nectaire nu ou pourvu d'une écaille; — carpelles plus ou moins nombreux, disjiosés on capitule» globuleux ou ovoïdes, et surmontés cliaciin d'iui beo droit ou recourbé; — feuilles alternes, entiferes ou plus ou moins découpées ; — racines fibreuses.
Ce genre, qui sert de type à la famille, comprcnfl un grand nomhro d'espèces, que l'on trouve partout, depuis les marais jusque sur ](;s pelouses des montagnes. Souvent elles sont mêlées en abondance à l'herbe des prairies, et exercent alors sur les bestiaux l'influence nuisible propre aux végétaux de cette famUle. De violentes coliques, accompagnées de convulsions, sont les symptômes les plus saillants de l'intoxication produite par les Renoncules. Comme elles perdent leur âcreté par la dessiccation, elles n'offrent plus, mêlées au foin, les mêmes dangers. Néanmoins, il convient de les extirper des prés et des pâturages, où les bestiaux peuvent les prendre en vert et en éprouver de fâcheux efl'ets. Les Renoncules ne sont pas toutes nuisibles au même degré. La R. scélérate, la R. dcre, la R. flainmeltc, et la R. langue, passent pour les plus actives.
RENONCULE SCÉLÉRATE. — R. SCEIEHATUS L.
Noms vulgaires. — Renoncule des marais, Mort aux vaches, GrenouiUetle aquatique, Grenouilklle des prés, Bassinet des prés. Herbe sardonique.
Fleurs jaunes, petites, nombreuses. — Calice réfléolii. — Carpelles très nombreux eu capitules allongés, à bec presque nul. — Feuilles profondément divisées, à segments oblongs ou dentelés; les inférieures lobées. • — ■ Tige glabre, rameuse, fistuleuse, souvent très grosse .à la base, haute de 3 à 6 décimètres. — Espèce annuelle. — Fleurit tout l'été.
Abondante dans les marais , dans les fossés , dans les prés marécageux , autour des habitations, de préférence dans les lieux où l'eau est corrompue , cette plante est une des plus acres de la famille ; ses seules émanations déterminent des picotements au nez et aux yeux. On voit pourtant les moutons et les chèvres, quand ils sont pressés par la faim, en brouter les sommités fleuries. Mais eUe est extrêmement dangereuse pour les autres animaux, notamment pour les chevaux , les bœufs et les vaches , chez lesquels, même à une dose assez faible, elle détermine des symptômes d'empoisonnement.
0 BENONCULACÉES.
RENONCULE FLAMMETTE. — I\. FLAMMULÀ L.
Noms vulgaires. — Renoncule flamme, Flammulc, Petlle-Douve.
Flours jaunes, petites, disposées eu petits bouquets terminaux, portés sur do longs pédoncules. — Carpelles lisses. — FeuiUos infériem-os orales, lancéolées et pétiolées, les supérieures lancéolées^ allongées, légèrement dentées. — Tige fistuleuse de 3 à 6 décimètres, coucliéc, traçante ou redressée. — Espèce vivaco. — Fleurit au milieu de l'été.
Se trouve, comme la précédente, dans les lieiix humides et offre les mêmes propriétés vénéneuses. Elle est d'autant plus nuisible que ses rameaux dressés se mêlent à l'herbe broutée par les animaux, et que ceux-ci, dès lors, parviennent difficilement à l'éviter. Elle fait périr ainsi, chaque année, un assez grand nombre de bêtes à laine.
RENONCULE ACRE. — li. ACRIS h.
Noms vxjloaires. ■ — Renoncule des prés, Bassinet des prés, Bouton d'or, G renouille tte, Jauneau, Patte-de-loiip ; Pied-de-corbin ; Piécot; Fleur-de-beurre.
Flenrs grandes, terminales, d'un jaune luisant. — Calice velu, étalé. — Carpelles glabres, à bec court , un peu recourbé. — Feuilles profondément découpées en lobes anguleux et dentés ; les supérieures trifides ; les radicales à contour pcntagonal , et longuement pétiolées ; rarement tachées de brun. — Tige velue, dressée, fistuleuse, haute de 1 à 4 décimètres. — Espèce vivace. — Fleurit tout l'été.
Cette espèce est l'une des plus communes du genre ; elle vient dans les prairies humides, où parfois elle finit par prédominer, ce qui est l'indice d'un sol épuisé et mal entretenu , bien qu'on puisse la rencontrer aussi en abondance dans des prés de très bonne qualité. Elle offre, ainsi que son nom l'indique, et à un assez haut degré, les propriétés malfaisantes des autres Renoncules. Les animaux la rejettent ; mais son abondance la leur rend difficile à éviter, surtout au moment de sa floraison.
Renoncule langue, R. linguaL.
Grande-Douve.
Fleurs grandes , jaunes. Feuilles sessiles, lancéolées. Tige forte et longue, de 5 à 8 décimètres. Souche stonoliftre. Vivace.
Se trouve dans les marais, dans les fossés plus que dans les prairies. Est plus rare que les précédentes^ dont elle partage l'âoreté et les propriétés nuisibles.
Renoncule bulbeuse, R. bulbosus L.
GrenouUlette des prés, Rave ou Herbe de Saint-Antoine.
Fleurs d'im beau jaune, terminales; sépales réfléchis, velus. Tige dressée, peu rameuse, haute de 5 à 8 décimètres, renflée en bulbe a sa base. Vivace.
Croit partout, dans les prés, les pâturages, le long des chemins. Très acre aussi; est mangée seulement par les chèvres et les moutons. Avec ses racines fraîches, pilées et mêlées à de la graisse, on fait ime pâte pour empoisonner les rats, les souris, les mulots, etc.
IlENONCULACIiES. 7
liliNONCUI-E AQUATIQUE, H. uqUaliUs DC. Mille-FmiUi) aquutiriue, Brouille blanche. Fleurs blmiclics.
OflVe 1111 granfl iiomlirc de variiités ; croit dans les fossés , les eaux stagnantes. Est mangée, sans Otrc reclioroliiJe, par presque tous les bestiaiix.
Renoncule flottante, /(. flaUam DC.
Fleurs blanclies. Tige trfcs longue.
Commune dans les eaux limpides et courantes, elle est mnngia sans inconvénient par les bestiaux, surtout par les vaches qui la roolierehent jusqu'au fond de l'eau. Sur les borda de l'Ill , ses tiges et ses feuilles desséchées servent à la nourriture des bestiaux pendant .l'hiver.
Renoncule hampante. II. repcns L.
Renoncule des prés, Bassinet, Petite bassine. Bassinet rampant, Pied-dc-coq, Pied-dc-poulc,
Pied court, Piépon.
Fleurs jaunes, grandes.
Commune dans les endroits un peu humides , dans les fossés, les prés et les champs en jachère , le long des haies. Moins acre que les autres espèces, elle n'est point nuisible aux animaux, qui la mangeut, même en vert, sans en être incommodés. Le bétail, cependant, est loin do la rechercher. Quelquefois elle est employée comme légume.
Renoncule a feuilles d'aconit, R. aconitifolius L.
Pied-de~corbeaii , Bovton d'argent.
Fleurs blanches.
Croît dans les lieux humides, dans les prés de montagnes. Est dédaignée des bestiaux.
Renoncule des champs, R. cwvensis L.
Belle pucelk.
Fleurs jaunes.
Commune dans les terres cultivées. Non refusée par les animaux, bien qu'elle leur soit nuisible.
Renoncule a petites fleurs, R. parviflorus L.
Fleurs jaune pCde.
Vient dans les champs et les lieux un peu humides ou un pou ombragés, le long des haies.
Renoncule a tête d'or, R. auricomus L.
Renoncule dorée. Renoncule des bois.
Abondante dans les bois argileux et humides et les lieux ombragés ; fleurit des premières au printemps. Tous les bestiaux la mangent, excepté les chevaux.
Renoncule des montagnes, R. montanus DC.
Commune d.ans les Pyrénées et les Alpes.
RENONCULACEES.
Genre FICAIRE. — FICARIA DC.
CaUcc à 3 sépnlos ; — cnrnllc h 6-12 pOtalos ; — carpelles obtus, en tCte globuleuse.
Offre une seule espèce.
FICAIRE RENONOltLE. — F. MNINCULOWES DC.
Noms vulgaires. — Pellle éclaire, Eclairelte, Clair-bassin, BiUonnée, Grenouilletle, Gannilte, Jauneau, Petite chdlidoine, Herbe aux hémorroïdes. Petite scrophulaire, Pissenlit doux. Pissenlit rond.
Fleurs jaimes. — Racine charnue, fasciculée. — Vivace.
Longtemps confondue avec les Renoncules, dont elle ne diffère que par ses fleurs à divisions ternaires, la Ficaire vient dans les terrains humides, ombragés, et fleurit l'une des premières au printemps. Elle offre, dans le Midi, des variétés à larges feuilles et à fleurs plus grandes. Un peu moins acre que les Renoncules, elle est mangée par tous les bestiaux; les cochons en recherchent les racines. Dans le nord de l'Eui-ope et dans qitelques contrées pauvres de la France, les habitants en font cuii'e les feuilles, qu'ils mangent comme les épinards.
Genre ADONIDE. — ADONIS L.
Calice à 5 sépales caducs; — corolle à 5.9 pétales dépourvus de nectaire; — fruit (orme de carpelles nombreux réunis en capitules oblongs ; — feuilles découpées en fines lanières.
Adonide d'automne, a. auîumnalis L.
Adonide commun , Goutte de sang.
Fleurs d'uu pourpre foncé.
Espèce commune dans les ebamps, les moissons, où sa présence offre d'ailleurs peu d'inconvénients.
Genre CLÉMATITE. — CLEMATIS L.
Fleurs solitaires ou en panicules ; — corolle nulle ; — calice formé de 4 à 5 sépales pétaloïdes; — carpelles nombreux surmontés cbacim d'un style accrescent, souvent long et plumeux après la floraison ; — feuilles opposées ; — tiges grêles, herbacées ou sarmenteuses, touffues et entrelacées, s'attachant aux corps environnants auxquels elles se soutiennent par leurs pétioles qui s'entortillent comme des vrilles.
Ce genre renferme plusieurs espèces, presque toutes acres et irritantes. Les plus communes sont la C. des haies et la C. odorante.
Clématite des haies, C. vitalba L.
Clématite commune, Vigne blanche. Berceau d^ la vierge , Viorne des pauvres. Herbe aux gueux. Fleurs blanches, de moyenne grandeur, réunies en panicules. Styles plumeux très longs. Feuilles pennées, à folioles largement ovales, en cœur à la base, portées par des pétioles volubUes. Tige formant un grand nombre de rameaux, gi-êles, flexibles, s'entrelaçant avec les plantes voisines, formant ainsi des toufi'es plus ou moins épaisses. Toute la plante légèrement velue. Espèce vivace. Fleurit en été.
BENONCULACÉES. 9
Extrêmement commune dans les haies et les buissons, où elle répund une odeur ii la foi» douce et pénétrante, la Clématite est, dans toutes ses parties, d'une îlcreté prononcée; ses tiges et ses feuilles jouissent mOmo do propriétés vésioantes qui permettent de les employer comme révulsif. Malgré ses propriétés actives', qu'elle perd d'ailleurs par la dessiccation, la Clématite commune, dans certaines localités, est mangée par le liétail ; ainsi, sur les bords de la Méditerranée, entre Agdc et Narbonne notamment, elle est, dans ce but, recueillie, séobéo et mise en bottes. Dans le Lyonnais, on la donne, sèche ou cuite, aux vaches. Les Italiens en mangent les pousses cuites en guise d'asperges.
Clématite odorante, C. flammula L.
Clématite brûlante.
Fleurs très nombreuses. Feuilles deux fois pennées. Toute la plante glabre. .
Se rencontre dans les mêmes lieux et jouit des mêmes propriétés que l'espèce précédente. Elle produit, sur la peau, la sensation d'une bn'ilure. On la donne aussi aux bestiaux après l'avoir fait sécher.
Genre PIGAMON. — THALICTRUM h.
Fleurs petites, en paniculos ; — corolle nulle ; — calice à 4.5 sépales caducs ; — carpelles plus ou moins striés, terminés par un style court, non plumeux; — feuilles alternes, deux ou trois fois pennées ; — tige herbacée, glabre.
Renferme un grand nombre d'espèces, qui offrent entre elles une grande ressemblance et possèdent à peu près les mêmes propriétés. Moins malfaisantes que les autres plantes de cette famille, ces espèces sont pourtant laxatives et diurétiques.
PiGAMON JAUNE, T. flavumh.
Pigainon commun, Pied-de-milan, Rue des chèvres, Rue des bois, Rue des prés , Rhubarbe des pauvres, Fausse rhubarbe.
Fleurs herbacées jaunâtres, en panieules terminales. Feuilles à folioles épaisses, cunéiformes ou trilobées. Tige droite et sillonnée, de 5 à 8 décimètres. Vivace.
Recherchée des bestiaux, qui la mangent verte ou sèche, cette plante, la plus commune du genre, donne im foin abondant, gros, « de bonne mâche, » mais de qualité médiocre. Ses racines et ses feuilles pourraient être utilisées comme laxatifs.
PiGAMON A FEUILLES d'ancolie , T. aquilegifoUum L.
Colombine panachée, Colombine plumacée.
Fleurs violacées ou assez souvent blanches. Folioles presque orbiculaii'es , lobées. Vient dans les bois montagneux. Cultivée dans les jardins.
1 0 RENONCULACÉES.
Genre ANÉMONE. — ANEMONE L.
FUurs do couleur variable, le plus onlinaircraent solitaires, rarement géminées ou on omliollc simple, supportées par un pédoncule radical et munies d'un involucre à trois folioles plus ou moins distant de la Heur; — coVo/Zo nulle; — calice à 5.10 sépales pétnloïdes, caducs; — carpelles non striés, portant un stylo persistant, nu ou plumeux ; — feuilles toutes radicales, subdivisées.
Ce genre comprend de nombreuses espèces dont l;i plupart liabitcnt les hois et les prairies découvertes. Généralement dore et corrosives, elles ne sont broutées par les bestiaux que lorsque ceux-ci sont pressés par la faim. Comme les Renoncules, les Anémones perdent lem" âcreté par la dessiccation et se mêlent alors au foin sans inconvénient.
ANÉMONE PULSATILLE.- — A. PULSATILLA L.
Noms vulgaires. — Fleur ou Herbe du vent, Fleur aux dames, Fleur de Pâques, Passe [leur, Coquerelle, Coquelourde, Teiejne-œuf.
Fleurs d'un violet pâle, grandes, campanulées, il 6 folioles velues à leur face externe, recourbées en dehors dans leur moitié supérieure. — Carpelles soyeux, réunis en une tête arrondie et portant un style plumeux ; folioles de l'involucre profondément dentées. — Feuilles ailées, à découpures très fines — Une ou plusieurs tiges uniflores de 1 à 4 décimètres. — Vivace.
Cette plante, assez commune, vient sur les pelouses sèches, les coteaux exposés au vent. Elle fleurit de bonne heure et disperse ses graines sans laisser de traces de son passage. Sa précocité la fait quelquefois brouter des chèvres et des moutons.
Anémone des bois, A. nemorosa L.
Bassinet purpurin, Sijlvie , Fausse anémone , Renoncule des bois, Bassinet blanc.
Fleurs petites, blanches ou rosées eu dehors, portées sur un pédoncule grêle, allongé et uniflore. Carpelles pubescents, terminés par im style court. Taille de 1 à 3 décimètres. Vivace.
Fort commune dans les bois et dans les prés, cette plante ofl're toutes les propriétés de la précédente; mais, fleurissant de bonne heure et s'élevant peu, elle est sans danger.
Genre POPULAGE. — CALTHA L.
Corolle nulle ; — calice ii 5 sépales pétaloïdes; — 5 à 10 carpelles libres, comprimés et pointus.
Pienferme une seule espèce.
POPULAGE DES MAEAIS. — C. PALVSTRIS L.
Noms vclgaiees. — Souci d'eau. Souci des marais, Clair-bassin de rivière. Grand bassin d'or,
Gannelle, Giron, Cocusseau.
Fleurs d'un beau jaune. — FeuiUes réniformes. — Tige peu rameuse , haute de 1 à 3 décimètres. — Espèce vivace. — Fleurit au commencement du printemps.
Très commune dans les prairies marécageuses, acre et vénéneuse, cette plante est repoussée par les animaux , excepté par les porcs, qui la mangent
UKNONOn.AOJiES. 1 I
sans en soulirir. Sèche, elle ne fait qu'un mauvais i'uiii. Sa précooité, dans tous les cas, la rend plus nuisible dans les pâturages que dans les prairies. Dans certaines localités l'on, ejj fait confire les boutons, et on les mange comme des câpres. Parfois, on se sert de ses fleurs, que l'on pile avec un peu d'alun, pour colorer le beurre. Cette plante est très difficile à faire disparaître des terres qu'elle a envaliies.
Genre ACONIT. — ACONITUM L.
Double enveloppe florale ; — p,eurs en grappes simples ou panieulées ; — calice forme; do 5 sépales colorés, inégaux, le supérieur en forme de casque recouvrant la corolle; — corolle a, 5 pétales irréguliers; les deux supérieurs, allongés, renfennés dans le casque et munis d'un long onglet eanalioulé, coudé à sa base ; les pétales, inférieurs très petits ou nuls ; — 3 à 5 carpelles libres, aigus; — feuilles palmatiséquées.
Plantes acres, ne perdant, par la dessiccation, qn'une faible partie de leurs propriétés ■vénéneuses. Comprend plusieurs espèces, toutes vivaces.
ACONIT NAPEL. — A. NAPELLUS L.
Noms vulgaires. — Fleur en casque, Capuchon, Capuce de moine, Coqueluchon, Madrictte,
Thora, Tore, Tue-loup.
Fleurs d'un bleu violacé, d'une nuance plus ou moins claire, disposées en grappes terminales, serrées, formant des espèces d'épi. — Feuilles nombreuses, pétiolées, palmées, découpées en lanières linéaires, luisantes, glabres. — Tige di-oite, cylindrique, simple ou rameuse au sommet; haute de 5 à 15 décimètres^ — Racine épaisse, napiforme.
Très commun dans les lieux humides et ombragés des hautes montagnes, ainsi que dans les bois, l'Aconit constitue, dans toutes ses parties, un poison violent pouvant tuer les personnes ou les animaux qui le mangent ; il provoque une sorte d'ivresse et des contractions spasmodiques. C'est donc une plante essentiellement nuisible, dont il faut soigneusement pm-ger les pâturages, et qu'il faut éviter également de laisser se mêler au foin.
Aconit tue-loup, A. hjcoctonum L.
Fleurs jaunes, eu grappes ovoïdes, terminales.
Vient dans les mêmes lieux que le précédent, dont il possède toutes les propriétés vénéneuses, peut-être à un plus haut degi'é d'activité.
Aconit anthora, .4. anthoraL.
Fleiu's jaunes avec un casque large ; taille peu élevée. Egalement vénéneux.
nENONCULACÉES.
Genre DAUPHIN ELLE. — DELPHI NI UM L.
Fleurs en grappes paniculéos, terminales; — calice à 5 sépales colorés, le supérieur portant un éperon à la base; — corolle à .4 pétales irréguliers, les deux supérieurs prolongés en un éperon commun inclus dans l'éperon du calice ; — 1 à 5 carpelles sessiles, terminés en pointe ; — feuilles plus on moins divisées ; — plantes herbacées, annuelles.
Plusieui's espèces.