‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 68 sur 138 · oo.Mi'OsÉf;s · texte numérisé non relu

oo.Mi'OsÉf;s

fb écailles très courtes, érodées au sommet. — Feuilles velues sur les nervures, les inférieures rctrécies eu pétiole, ii lobes dentés-auguleux, les supérieures entières, lancéolées, demi-embrassantes. — Tige dressée, robuste, sillonnée, i-ameuse et flexueuse au sommet, à rameaux raides, divariqués, peu feuilles. — Racine pivotante. — Taille de 8 h 15 décimètres. — ^'ivace.

Plante fort commune et répandue dans tonte la France, où elle vient spontanément au bord des champs, des cliemins et des fossés, sur les pelouses des coteaux et dans les lieux incultes, et principalement sur les terrains calcaires ou crayeux. Douée dans toutes ses parties d'une extrême amertume, qui , depuis longtemps, la fait utiliser comme médicament tonique, la Chicorée sauvage est par cela même, dans son état naturel, peu recherchée des bestiaux. Mais par la culture elle perd une partie de cette amertume, et peut être employée alors avec avantage comme plante fourragère.

Cretté de Palluel fut le premier qui tenta d'introduire la Chicorée sauvage dans la grande culture comme fourragère. Il entreprit à cet effet, en 1784, près de Paris, des essais qui tout d'abord lui donnèrent des résultats assez avantageux pour l'encourager à poursuivre l'expérience. V. Yvart, à son tour, essaya cette culture et en obtint le même succès. Arthur Young, témoin de ces tentatives, les renouvela de son côté avec succès. Depuis lors, la culture de la Chicorée sauvage comme fourragère s'est répandue un peu partout , mais sans se généraliser nulle part, malgré la recommandation de Mathieu de Dombasle.

On forme avec cette plante des praii'ies vivaces essentiellement précoces, et qui ont, dans certains cas, donné des résultats économiques importants, rivalisant avec ceux fournis par le trèfle et la luzerne. Le Midi surtout est favorable à cette plante. Ainsi, elle fait partie des prairies les plus renommées de la Lombardie ; et on la cultive en Sicile pour les mulets.

Outre son emploi comme fourragère, la Chicorée est utilisée encore, soit comme plante potagère, soit comme plante économique pour sa racine, dont on obtient par torréfaction un succédané au café. Sont cultivées pom- cela des variétés de l'espèce principale, qui fournissent également des produits à l'alimentation des animaux domestiques. La Chicorée sert également aux usages médicaux ; on utihse à cet effet ses feuilles et ses racines, avec lesquelles on prépare des tisanes toniques. Enfin, dans quelques régions de l'Ouest, on confectionne avec les tiges sèches des balais qui servent surtout à nettoyer les aires du battage, et qui sont, sous ce rapport, préférables aux autres balais, en ce que, moins toufPus, ils emportent la paille sans entraîner le grain.

Culture de la Chicorée sauvage.

Sol convenable. Ensemencements. Soins de culture. — La Chicorée vient dans les terres les plus diverses. Cretté de Palluel dit l'avoir semée avec succès dans un sol sablonneux et médiocre. Elle prospère également dans les terrains argileux et humides ; mais c'est dans les terres argilo-calcaires profondes ([u'elle donne les produits les plus abondants.

COMPDHÉKS. 'ivM

On la propayu par graines. Les semis se foui an priiiLenips, après un seul labour, ou en autonuie si le cliniafc-esl, favorable. Ou l'ôpand In semonce, h la voh^e on hii rayons; la preniiùi'e niiHlioile est plus (^'(vmoniiipK;; la semis eu rayons est plus productif, mais entraîne plus de fj'.'iis cl (Imnie des tiges plus dures. Ce procédé convient suulemout pour les sols très humides; il est suivi en Angleterre, où ou sème en lignes espacées de 1.5 à 2n centimètres. On répand environ 12 kilog. de graines par hectare. Cette graine, enterrée pe\i profondément, est recouverte avec la herse.

La graine est répandue seule, ou bien avec une plante qui l'alu'ite et la protège, le plus souvent dans les avoines, avant le second hersage qui couvre la semence, ou dans les orges, en ayant soin alors de répandre les deux graines le même jour. La Chicorée semée ainsi produit moins la première année ; mais elle rend davantage par la suite.

La plante semée exige peu de soins. Il suffit de tenir le sol propre par quelques sarclages à la main. Il convient en outre, chaque année, au printemps, de passer la herse pour détruire les plantes à racine traçante qui envahissent la couche arable et cultivée.

La Chicorée, arrivée à son développement, grâce à ses profondes racines, résiste à toutes les intempéries : à la sécheresse, dont la préservent , en outre, ses premières feuilles larges et touffues, qui croissent de très bonne heure, s'étalent, couvrent la terre encore humide et lui conservent ainsi une fraîcheur suffisante pour atténuer l'effet des chaleurs; au froid et à la gelée, aux vents et aux orages, de l'action desquels les préservent , eu outre, ses tiges fortes et raides.

Récolte. Produits. — Semée dans un sol convenable et profond , préparé par un labour, la Chicorée végète activement, peut donner plusieurs récoltes la même année. On la fauche comme une prairie ordinaire, et on peut ainsi en obtenir deux, quatre et jusqu'à six coupes, si on a fumé pendant l'hiver. La plante doit être coupée jeune, avant que les tiges aient acquis un degré de gosseur et de dureté de nature à la rendre impropre à la consommation; le moment convenable est celui où les tiges arrivent à 30 centimètres' de hauteur environ.

Le produit obtenu est assez abondant. Cretté de Palluel le porte à .50,000 kilog. environ par hectare pour quatre coupes dans l'année, ce qui serait un rendement supérieur à celui de la meilleure prairie ordinaire , naturelle ou artificielle. V. Yvart, toutefois, n'ose pas garantir un résultat toujours aussi avantageux. A. Young a obtenu, de son côté, un chiffre moyen de 38,000 kilog. Quoi qu'il en soit, il reste évident que ce produit doit varier, comme celui de toutes les autres plantes fourragères, suivant le terrain et les conditions de la culture.

La Chicorée, plante très aqueuse, se dessèche difficilement et prend alors nue teinte noire attestant l'altération de la qualité. Aussi u"essaie-t-on point habituellement, après l'aA^oir fauchée, de la soumettre au fanage pour la

\2~ c.OMPosÉiis.

traiisroi'uiur en fourrage seu. CepeiidaiiL, conmiu ellu ne peuL être consommée en totalilé aussitôt après la récolte, il a fallu chercher un moyen do la conserver un certain temps; pour cela, le procédé le meilleur consiste simplement à la stratifier avec de la paille d'avoine ou de blé devant servi)' à la nourriture du bétail et qui acquiert ainsi do nouvelles qualités alimentaires.

La Chicorée sauvage, bien que vivace, n'a pas une durée très longue : rarement elle dépasse cinq ou six ans; le plus souvent même on la voit commencer à décroître avant ce délai. Et comme il convient de ne pas attendre pour la remplacer que son produit ait trop sensiblement diminué, on peut estimer sa durée ordinaire à trois ou i[uatre ans; quelquefois même on la rompt après la deuxième année.

Après la dernière récolte, on peut laisser ses racines dans le sol , pour lequel elles constituent une matière fertilisante efficace. D'autres fois, en automne et en hiver, ces racines, fort nombreuses et très serrées, sont enlevées et mises à dessécher pour divers usages.

Récolte de la graine. — Lorsque la Chicorée est cultivée pour la graine, celle-ci est récoltée lorsque la plante a atteint sa plus grande vigueur, vers la seconde ou à la troisième année. L'année où l'on veut obtenir cette graine, il ne faut point priver les plants de leurs feuilles, lesquelles sont essentielles pour la fructification. Ou commence la récolte dès que les tiges commencent à blanchir, afin que la maturité des dernières fleurs n'épuise pas inutilement le sol, tandis que la première semence, qui est toujours la meilleure, pourrait se perdre et souiller le champ.

Cette récolte se fait au commencement de l'été. On laisse sécher les tiges coupées, et quand elles sont complètement sèches, on les bat au fléau, autant que possible, quand l'air est parfaitement sec, les graines se détachant alors plus facilement de leurs enveloppes. L'hectoUtre de graines ainsi obtenues pèse 30 kilog.

La Chicorée cultivée pour sa graine étant très épuisante, doit être, immédiatement après la récolte, défrichée et suivie d'une autre culture améliorante et préparatoire, à moins que la terre n'ait été préalablement fumée et qu'on ait pratiqué la culture en rayons, qui laisse toujours un terrain mieux préparé.

Valeur agricole et économique de la Chicorée.

Apte à croître sur les terrains les plus divers, et prospérant notamment sur les terrains argileux et humides, où les espèces fourragères ordinaires viennent difficilement ; douée d'une grande résistance à la sécheresse, comme aux froids les plus rigoureux, aux vents et aux orages; d'un accroissement facile, d'une végétation prompte et se prolongeant longtemps en automne ; rustique et exigeant peu de frais de culture, la Chicorée sauvage mérite à tous ces titres de prendre un rang important parmi les cultures fourragères. EUe convient surtout, par sa précocité, en ce qu'elle offre un moyen d'avoir

i;O.MI'OSKIiS.

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LUI Iburrage aboiidaiU (iaus'uiio saison oi'i iiiaiii|iic In noiirriliiro Iraiclio; sa niilturo, oomme lo l'aisail, observer CrctLc tli- l'iilliid, iniiiri'iiil, eu outre, fitre introduite partoul où lus pâtnrafj,es naturels iii;iii(|ni'iil , on les semences des prairies artiliciellus (n'diniiii'cs se i'(!rns(!nt ;ni sol. Dans les lionnes terres, il ne serait poiin, rationnel, sans donle, de la suJistJtncr an trélle et à la luzerne: mais sur certains lej'rains uiédioeres et perméables, elle iiermeltra toujours de former dus prairies artificielles aussi précieuses par leur laejlu enli'utien i[ue par l'abondance de leurs produits.

Cretté, eu associaiît la Chicorée à la piniprunuUu, au Indle ut au sainfoin, a formé des prairies qui ont réussi, et dont les bestiaux se sont parfaitement accommodés. Mais la Chicorée a bientôt dominé et chassé les autres plantes, et la pimprenelle tout d'abord.

M. H. Lecoq dit avoir essayé, de son côté, un mélange de ce genre, mais plus compliqué, et qui lui a donné un magnifique résultat. La pimprenelle est aussi partie la premièi-e, et la Cliicorée a lutté longtemps contre la luzerne, qui, bien que semée en petite quantité, a fini par rester seule maîtresse du terrain. La Chicorée, semée par parties égales avec le trèfle rouge et le brome des prés, a donné, ajoute le même auteur, un des meilleurs fourrages que l'on puisse obtenir.

M. de Père estime aussi la Chicorée sauvage, et la considère comme pouvant tenir une place distinguée dans un cours de récoltes bien réglé, d'autant que, pouvant venir dans les lieux où le trèfle échoue, elle peut , dans une rotation , être substituée à celui-ci et occuper la terre pendant un temps égal.

Quand elle n'est cultivée que pour ses feuilles et ses tiges , la Chicorée est, de plus, améliorante, et propre à nettoyer le sol, surtout si elle a été semée en rayons et sarclée. Aussi est-elle, dans ces cas, toujom's sui\ie de belles récoltes printanières. Mais l'emploi de cette plante étant généralement réservée aux sols médiocres et épuisés, il est presque toujours nécessaire, après sa récolte, de faire usage des engrais, et cela surtout si l'on a enlevé toutes ses racines ; si l'on laisse celles-ci , l'engrais devient moins utile, et \ui bon labour peut suffire pour remettre le sol en état de recevoir une nouvelle semence.

Emploi alimentaire de la Chicorée.

La Chicorée qui croît spontanément, venant dans les lieux secs et arides, où elle contracte une amertume très prononcée dans toutes ses parties, est peu recherchée des animaux. Mais lorsqu'elle est cultivée dans les terrains frais et ombragés, auxquels elle est habituellement réservée, elle perd une partie de cette amertume et acquiert par cela même des quahtés alimentaires, qui permettent alors de l'employer avec avantage, non-seulement comme aliment nouveau à ajouter à la Uste de ceux que l'on possède, mais comme substance particulièrement utile par ses projiriétès spéciales. La Chicorée,

en effet, esseilliellemenl toin(jue, convient pour stimuler l'estomao, augmenter l'appétit, réagir utilement sur les tempéraments lymphatiques; c'est un des meilleurs condiments toniques à adjoindre aux ilillùrents fourrages, et dont tous les bestiaux se trouvent bien.

La Chicorée convient surtout au.x bêtes à laine, tant comme aliment que comme médicament tonique et pui'gati!, (jui, au printemps, vient heureusement corriger, chez ces animaux , les effets de la nourriture sèche d'hiver et prévenir le développement du sang de rate, de la cachexie aqueuse et des diverses affections asthéniques. Semée à graines perdues dans les prairies naturelles et artificielles, elle ajoute aux (pialités alimentaires des produits fournis par celles-ci, et contribue d'une manière tout à fait favorable à l'entretien des troupeaux.

Aux vaches, elle donne un lait abondant et crémeux, ne se ressentant en rien, ditCretté dePalluel, de l'amertume de la plante. Plusieurs auteurs, toutefois, parmi lesquels on peut citer Gilbert, Thaër, Bourgeois (de Rambouillet), disent avoir constaté que la Chicorée rend le lait amer, ainsi que le beurre et le fromage préparés avec celui-ci. En Flandres, les cultivateurs ont la même opinion, d'où le peu d'estime dont jouit, dans ce pays, la Chicorée comme fourragère. Cette opinion doit être fondée ; mais l'expérience a prouvé que la Chicorée mérite surtout le reproche qu'on lui fait lorsqu'elle est mangée seule et pendant longtemps, et qu'on atténue cet inconvénient jusqu'à le faire disparaître, en ayant soin de ne donner la plante qu'en mélange et avec réserve.

Les porcs aussi sont avides de la Chicorée, dont ils mangent les feuilles et les racines. On la donne même aux chevaux, auxquels elle convient notamment comme moyen de les préparer au vert, et qu'elle peut même guérir de certaines affections cutanées. Cretté de Palluel dit, par exemple, avoir soumis à l'alimentation par la Chicorée trois chevaux atteints : deux, de démangeaisons générales, et un d'eaux-aux-jambes, lesquels se sont tous trois parfaitement guéris sans autre traitement, et ont même pris, avec un poil lisse, un cei'tain degré d'embonpoint.

La Chicorée est généralement donnée en vert à l'étable; c'est la forme sous laquelle elle profite le plus. Les animaux d'abord la prennent difficilement; mais ils s'y accoutument vite, et la mangent ensuite avec avidité tant qu'on leur en distribue. Elle peut aussi être, au printemps, livrée en pâturage aux vaches et aux bêtes à laine. On a conseillé encore de la dessécher pour pouvoir' la donner pendant l'hiver aux troupeaux: mais elle profite beaucoup moins sous cette forme que lorsqu'elle est distribuée en vert, le meilleur mode de consommation qui lui convienne.

Variétés de la Chicorée.

On a obtenu , par la culture de la Chicorée sauvage, plusieurs variétés qui fournissent des produits importants à l'économie domestique. Les prin-

cipales de ces variétés sont : la Ch. potarjère, bi (Jli. mu/oage wniélioréc et la Ch.-cafc. ■ :

Gninoni';n potagère. — Cette Chicorée esl, non |i.is mu; vaiiété propreiiieiil dite, mais la Chicorée ordinaire cultivée dans les jardins potagers pour les usages culiuain^s et cueillie, à cet (iffel , avant son entici' d(''velof)p(!inent. On sème à cet elTet la Chicorée ordinaire, dont la feuille naissante loui-nit une salade un peu amère, saine et généralement (istimée. On jmut eji avriir toute l'année par des semis successifs, un peu épais, en pleine terre on sur couche, selon la saison, et qui n'exigent que des arrosements.

C'est de cette même plante qu'on obtient la salade blanche d'hiver dilc Barbe de capucin , Chevetix de paysan , qui est, depuis longtemps, l'objet d'une culture maraîchère importante. Pour l'obtenir, on fait les semis en mars ou avril , et en novembre et décembre les plants sont placés dans une cave, les racines entre des couches de terreau ou de fumier consommé, où, sous l'influence de l'obscurité et de la température douce et égale du lieu , la Chicorée pousse des feuilles blanches et étiolées, que l'on récolte ta mesure qu'elles apparaissent, en les coupant ou en les arrachant.

Chicorée sauvage améliorée. — Obtenue, il y a quelques années, par M. Jacquin, au moyen du choix successif des individus, cette variété peut être considérée comme une amélioration intéressante de la Barbe de capucin ou Chicorée ordinaire; elle diffère de celle-ci en ce (^ue, au lieu d'une touffe composée de quelques feuilles écartées, elle forme une sorte de pomme consistant en plusieurs jets pressés les uns contre les autres avec le cœur fourni comme une escarole, ce qui pourrait lui faire donner le nom de Chicorée' pommée. On la sème en pépinière de mars à juin, et on la transplante à 40 centimètres. Cette variété fournit une sous-variété panachée, à feuilles mouchetées de rouge, que l'on cultive de même pour salades. En Belgique, on cultive la racine de cette Chicorée pour les usages culinaires, comme celle de la scorsonère.

Particulièrement remarquable par la largeur de ses feuiUes, la Chicorée sauvage améliorée pourrait également être utilisée dans la grande cultui'e. pour laquelle, vu le développement de son feuillage, elle serait même plus productive que l'espèce ordinaire.

Chigorée-café. — Outre son emploi comme fourragère, la Chicorée sauvage est cultivée encore pour sa l'acine, qui, torréfiée et pulvérisée, donne une poudre offrant, par son amertume, une certaine analogie avec le café, et ijue l'on emploie, comme celui-ci , soit seule, soil , ce qui a lieu le plus sou vent, en mélange avec la poudre de café. Cet usage de la racine de Chicorée, né des guerres du premier Empire et du blocus continental , s'est depuis fort répandu en Europe et n'a point cessé. Sa généralisation est ce qui a le plus contribué à étendre la culture de cette plante, d'abord en France, puis pi'incipalement en Belgique et en Allemagne.

La plante cultivée à cet effet diffère un peu de la Chicorée sauvage

ordinaire. liUe olli'e des leuilles plus larges, et des racines plus grosses, longues, charnues et douces comme des carottes blanches. C'est faute de l'avoir (îonnue ijuo beaucoup de cultivateurs, qui s'en sont tenus à la variété ordinaire, ont échoué eu essayant cette culture.

On cultive la Chicorée-café comme la variété fourragère. Ou la sème de même un peu clair, en lignes que l'on sarcle, et auxquelles seulement on donne deux binages dans le cours de l'été. Les racines sont arrachées l'hiver suivant; et après avoir été dépouillées de leur chevelu et rigoureusement lavées, elles sont découpées en rouelles, desséchées à l'étuve, torréfiées dans de grandes chaudières ou sur des plaques de fonte, et enfin réduites en poudre dans de grands moulins à café.

De même que la variété précédente, la Chicorée-café, aussi vigoureuse, résistant mieux à la sécheresse et offrant un feuillage plus large que la variété commune, pourrait être introduite dans la grande culture, où elle remplacerait avantageusement celle-ci comme fourragère. Il serait sans doute possible, également, d'en utiliser les racines pour la nourriture des bestiaux, surtout des porcs, qui, mangeant très bien celles de l'espèce ordinaire, s'accomoderaient mieux, naturellement, de racines plus succulentes. Cet emploi offrirait d'autant plus d'avantages que les racines de Chicorée ne sont pas exposées à la gelée, et peuvent ainsi, point essentiel, rester en terre pendant l'hiver.

C. divaricatum Sohousb. ; involucre à folioles esterues obtuses, non glanduleuses ; aigrette à écailles longues, lancéolées-aiguës ; feuilles supérieures très petites ; tige lisse, rameuse, divaviquée dès la base; bisannuelle, — espèce très voisine de la précédente, venant sur les lieux secs du littoral méditerranéen ; sans usages.

Chicorée Endive , Ch. indivia L.

Fleurs en capitules axillaires, dont l'un pédoncule. Aigrettes h paillettes longues. Feuilles entièrement glabres, les infévieui'es et moyennes sinuces-dentées, les supéi'ieures largement ovales,, cordiformes, embrassantes. Annuelle.

Plante exotique, supposée originaire de l'Inde et cultivée dans tous les jardins potagers, oii elle est soumise à l'étiolement, qui lui enlève une partie de l'amertume qu'elle possède naturellement. On en a obtenu , par la culture, plusieurs variétés toutes utilisées exclusivement pour les usages culinaires. Les principales sont ^

La ScAKOLE (Scariole, Escarole), Ch. I. latifolia, à feuilles larges et peu dentées; — variété très répandue en France, cultivée surtout autour des grandes villes, et consommée soit comme salade, soit comme légume. On en distingue plusieurs sous-variétés : la grande Escarole ou E, de Hollande, la plus vohimineuse ; l'E, ronde, à cœur presque pommé ; \'B. blonde, presque jaunâtre en naissant et craignant l'humidité;

L'Endive (Chicorée blanche, Ch. frisée), Ch. l. crispa, à feuilles profondément découpées, frisées sur les bords et toujours couchées sur la terre. — Offre de nombreuses sous-variétés : la Ch. de MeoMx, la plus anciennement cultivée et propre surtout Ji la cuisson ; la Ch. d'Italie, plus pleine et plus précoce; la Ch. toujours blanche, blonde en naissant, ne pommant pas et se coupant jeune; la Ch. corne-de-cer[f à feuilles vert foncé, minces et cœur jaune, etc.

Ces différentes variétés sont toutes soiunises au mPrae mode de culture. Un les sème de janvier à juillet, sur coiiche et sous châssis , sous cloche ou en pleine terre, suivant la saison ; on repique eusuite les plants, à 35 centimètres, dans tous les sens ; et quand ils sont assez gros, on

(MIMI'II.SUKS.

lo8 sui'i't; avoc un lion de paille pour luire hlniiciiir le etiMir. l'ji iiyuiit «oiii *le le» l'ciitrer iivnut lu lin fie la hoiino saison , on pont en avoir jusqu'en janvier.

CiiiconKH Diî Sicile, (Ht. I. siilveatiis; variété trouvée, en lUIn, par M. ilo (inspiirin , •;» Sicile, cil elle est enltivée, sous le nom de Scarinla , comme finirrafje vert. Dan» «on premier dévoloiipeniont, elle vessomblo à la ('liicorée sanvafçe ; elle a seulement les fouilles un peu plu» blondes et ondulées. Mais plus tard , conmio on l'a reconnu , elle acquiert tous les caract<:res de la Scarole, et n'a comnio elle qu'une durée annuelle. Elle on diffère «euloment par ses fouilles lonfçues, vertes et qui no font point conir, ce qui permet de la considérer conmic le type même de l'espèce à l'état sauvage Elle offre particulièrement de l'intérOt comme plante fourragère.

« Cette variété, dit Vilmorin, est d'une végétation vigoureuse et d'un prompt accroissemont; semée à la lin de mars , elle présentait il la mi-juin xme masso de fourrage tr.ès fournie, liante de BO centimètres ii 1 mètre, et qui s'est élevée à plus de l'i^'IO. Un sends fait le 1 H juillet a pleinement monté, et a fo\UMii, au commencement d'octobre, une coupe abondante. Cotte plante se classei'a donc très probablement avec avantage parmi les fourrages auxiliaires, tels que la vesce, le maïs, la moutarde blanebe, etc., qui sont d'un si grand secours pour la nourriture du bétail pendant l'été et l'automne. Elle mérite, sous ce rapport, de devenir l'objet d'essais suivis et variés, soit sur la jaebère, soit sur les olianmes retournés immédiatement apri'S la moisson. (Jion jardinier.) n

3" Tril)ix.

CK.EI»II>IilJBS.

Akènes à aigrette ibrraée de poils simples, non dilatés à la culés et non pinmeux. Réceptacle non pailleté, nu ou pourvu Tribu fort nombreuse, comprenant les genres ci-après :

Ak. dissemblables, ceux du bord carénés, ailés, libres.

xVkèues non

ta « a eu

ou

nbrileux. , FI. jaunes I

tous

, ,,. I Ak. tronu. aux2extv. — Kéc.alv.

xlkenes ' ^

Réceptacle I teunmes j ^j,^^^^ \*'°°'l"'^'' / Akènes Mîéc. non poilu, alvéol. poilu 1 <î" ûec I ^^^^^ j au ^ j ^^j.j^^-^ f

sommet

i semblables J l à la base ( Réeept. à long, soies.

I Akènes atténués au sommet

Akènes terminés en nn bec supportant l'aigrette

' Ak. terminés

en bec sup.l aigrette f

Ak. ovoïdes.

Ak. avec coronule à 5 épines.

épineux y . , . , ■,, , . ' f Ak. a écailles épm. supérieures. . .

Akènes comprimés, ni écaillenx, ni épineux . , .

Kéceptacle

nu.

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