‹ Nouvelle iconographie fourragèreChapitre 81 sur 138 · ARVENSIS · texte numérisé non relu

ARVENSIS

A Uhœoidei

Tomenfosus Ciioisy.

Cantaboica

Lineattis

Lanuijinosul

Oeer.

Tbicolob

Sicnlus

Liseron des haies, C. sepium L.; Calystegia sepium R. Rr.

Grand Liseron, Liseron vrillé, Grande Vrillée, Manchettes de la Vierge, Boyaux du Diable.

Fleurs blanches, grandes, solitaires, sur de longs pédoncules uniflores, pourvues de 2 grandes bractées dépassant le calice. Capsiile globuleuse, obtuse, sur un disque orangé. Feuilles grandes, pétiolées, sagittées, à oreilles anguleuses-dentées. Tiges volubiles, glabres, très longues, s'élevant quand elles rencontrent un soutien.

Plante très commune dans les bois, les haies et buissons des lieux frais et ombragés de presque toute la France. Ses feuilles, bien que légèrement purgatives, sont mangées par tous les bestiaux, sauf les bêtes à cornes qui paraissent peu les rechercher. Les cochons en mangent . en outre, les racines, malgré leurs propi-iétés un peu irritantes.

CONVOLVULACÉES. 495

FiisRnoN soLDANELLK. L. sulduud.la L.; L. (^ulysldjin solilunellu li. lir.

Chou marin.

Fleurs pui-piirinos, gniiides, solitiiircs, avec l)racti'es obtuses, ovule», eiiibrassiinl le culico- «ans le dépasser j capsule ovoïde-iiigui-'. Feuilles rcniformos, tri;» obtuses, ii oreilles urroiidles, un peu charnues. Tige rampante, de l à 2 décimètres.

Plante commune sur les sables maritimes de la Méditerranée et de l'Océan , qui laisse suinter, quand on la blesse, un suc laiteux ficre et amer; ses feuilles constituent un purgatif assez énergique, principalement employé pour le traitement des hydropisies. Kepousséedea animaux.

Liseron des champs , C. arvemix L.

Pltit Liseron, Liserrl , Liset, Lisette, Clochette des blés, Campanetle, Petite Vrillée. Vrillel , VreitU,

Vroncelle, Bédille.

Fleurs blanches, roses sur les angles, solitaires, sur des pédoncules grêles, allongés, portant 2.3 fleurs. Capsule ovoïde-aiguë, glabre, sur un disque orangé. Graines noires, ét-ailleuses. Feuilles pétiolées, sagittées, à oreilles anguleuses aiguës. Tiges volubiles, couchées ou s'élevant sur les plantes voisines. Souche longue, traçante, profonde.

Espèce extrêmement répandue dans les lieux cultivés, parmi les blés, dans les champs ei moissons, et dans les autres cultures, ainsi que sur les terrains en friche, au bord des chemins, ei même dans les sables arides. Mangée avec plaisir par tous les bestiaux, surtout par les chevaux et les bêtes à cornes , elle contribue à rendre fourragère la paille à laquelle elle est mêlée, et elle est spécialement recueillie, comme plante fourragère, dans certains pays, en Auvergne par exemple, oii on la récolte, en mai et eu juin, pour la donner aux vaches. Toutefois, dans les lieux où il est abondant, le petit Liseron , en étouflFant les semis tardifs, est nuisible aux diverses plantes autour desquelles il s'enroule, notamment au blé, au chanvre, au lin , d'autant que se multipliant facilement par ses racines profondes et extrêmement vivaces, il est toujours fort difficile à extirper. On n'y parvient que par de bons labours et la propagation de prairies artificielles, qui , dans la grande culture, sont le seul moyen de l'étouffer.

C. cantabrica L., fleurs roses, petites, par 2.4 ; feuilles étroitement lancéolées, les supérieures liné.iires ; tiges très rameuses et presque ligneuses à la base, de 3 à 6 décimètres, toute la plante hérissée-poilue, — commun dans le Midi, l'Est et le Centre, sur les pelouses des coteaux, des lieux secs et pierreux, et au bord des rivières, et partout forme des touffes que mangent tous les bestiaux.

C. Iricolor 1j. (Belle-de-jour), fleurs bleues, à centre blanc et jaune, en longue grappe feuillée ; feuilles sessiles, obovées; tiges redressées, gazonnantes, très feuillées, de 2.5 décimètres , — spontané dans le Sud-Est , mais plus commun dans les jardins d'ornement.

Les autres espèces indigènes, plus rares et sans utilité aucune, se rencontrent surtout . sinon à peu près exclusivement , dans les lieux divers de la région méditerranéenne.

Liseron tuberculeux , C. Batatas L. ; Batatas edulis Choisy.

Bâta te. Patate douce.

Fleurs blanches ou rosées, assez grandes, par 3.4 sur des pédoncules axillaires. Feuilles cordiformes ou sagittées, plus ou moins profondément lobées, glabres, très grandes. Tiges grêles, étalées, flexueuses, radicantes, souvent très longues, peu volubiles. Racine pivotante, émettant des rameaux qui deviennent tuberculeux à leur extrémité ; vivace.

La Patate, plante exotique originaire de l'Inde et de l'Amérique méridionale, est connue depuis longtemps en Europe. Elle fut importée du Pérou , où les habitants mangent ses tubercules sous le nom de papas, bien avant le seizième siècle. On la cultiva d'abord en Espagne : et plus tard , en 1596, elle fut introduite eu Angleterre. En France, sa culture fut essayée pour la première fois sous Louis X^'^, par Richard , dans le jardin du Triauon. Depuis, on a tenté à plusieurs reprises de l'introduire dans la grande culture ; mais la difficulté que présente la conservation de ses tubercules pendant l'hiver n'a pas permis de l'adopter dans les contrées septentrionales.

-496 • CONVOLVULACÉKS.

Aussi , ftctucllcment, su culturo est-oUe exclusivement réservée aux contrées méridionales de l'F.urope, In Provence, l'Kspngiie, etc., fv l'Algérie. En Amérique, sn culture est surtout répnudue duns In Cnrolino et jusqu'nux environs do New-Yorli.

Pans ces diverses contrées, on cultive In rntate principalement pour ses racines t>il>ercnleuscs, féculentes, d'une saveur sucrée et agréable an pofit , constituant nu aliment sain, nourrissant et de facile digestion ; qui est , pour ces régions, ce qu'est la Pomme de terre pour les pays froids et tempérés. On on utilise, en outre, les tiges et les feuilles, qui fotu'nissont aux bestiaux un fourrage abondant, d'un goût agréable, et pour la recolle duquel uniquement , dans certains cas, on cultive la Patate.

Ln Pntnte, comme toutes les espèces soumises ii la culture, fournit plusieurs variétés, se distinguant par la couleur et par le volume, et offrant , de plus, cliacune. quelques propriétés spéciales. Les principales cultivées dans le Midi sont :

La RouGE-LONGCE et la .Jaune-longue, allongées, cyliudriqiies, îi chair jaunâtre, douce, très sucrée, venues l'une et l'autre de l'Amérique septentrionale, et ne différant que par la couleur de la peau ;

Ln Rose de Malaga , ovoïde, cannelée, très gi'osse, chair ayant le goût de la ehvltaigne ;

La Patate-Ignaîie , grosse, courte, irréguliére, cannelée, à peau grisâtre, chair peu sucrée, mais donnant des produits extraordinaires en grosseur, des tubercules atteignant jusqu'à 4 kilog ; reçue de la Guadeloupe par Vilmorin ;

La Violette, grosse, allongée, irrégulière, chair moins une mais de meilleure conser\'ation que l'ancienne RouGE ; introduite, en 1836, delà Nouvelle-Orléans.

Toutes ces variétés sont facilement modifiées, dans leui-s qualités essentielles, par les influences extérieures, l'excès d'humidité, l'abondance des pluies, qui les rendent insipides; le fumier du sol , qui leur donne un mauvais goût, etc. Lorsque ces changements sont de nature ii empêcher de livrer les racines à la consommation , on a la ressource de les utiliser dans l'alimentation des animaux . qui les recherchent et se trouvent toujours bien de leur emploi.

Culture de la Patate.

On connaît, pour la Patate, plusieurs méthodes de culture. La plante, redoutant surtout l'humidité, exige dans tous les cas un terrain siliceux , léger, sec et chaud , et de préférence un terrain riche. Dans la Caroline, on lui réserve les parties sablonneuses des habitations. On forme des ados parallèles, espacés de 1 mètre, au sommet desquels, en février, on dépose, à des intervalles de 30 centimètres, des petites Patates, que l'on chausse un peu plus tard. En avril , on coupe au ras du sol toutes les tiges poussées ; la plus grande partie est donnée aux bestiaux; le reste est planté sur des ados semblables aux premiers, et l'on fait ainsi de véritables boutures qui doivent fournir la principale récolte. On commence, en juillet , à arracher les premières plantes, après les avoir dépouillées de leurs feuilles, que l'on utilise comme foiu-rage, et en septembre et octobre on arrache les racines, que l'on conserve, en tas, jusqu'en mars et avril.

Aux environs de New- York, on dépose, en avril ou eu mai, les Patates de semis sur une planche épaisse de fumier, recouverte de terre, et quand les plants ont atteint 8 à 10 centimètres, on les détache à la main pour les repiquer, en pleine terre, en lignes que l'on abandonne jusqu'à la récolte, après un sarclage rigoureux.

En France, où la Patate ne fructifie pas et ne fleurit que très exception-

CONVOLVIII.ACÉKS. 'l97

iiellemeui, on la cullivo à peu pros do ni/!m(!, en semanl des tuberciiles, tantôt en suivant la méthode en ados d(; la (îaroline, tantôt en re]jiqiiant un sol plat les plantes venues sur couche. On plante alors les tubercules, eu mai's et avril, à quelques centimètres les uns des autres, dans une couche de terre recouvrant une couche de fumier; on couvre le tout de chdssis ou de cloches, et quand les pousses ont atteint de 12 à 15 centimètres, on les détache, avec la main , des tubercules, on les dépose sur les plates-bandes, où les pousses s'enracinent.

Ces boutures, garanties du froid par des châssis ou des paillassons, sont enlevées en mai et mises en place dans des fossettes oii on les enterre verticalement, après avoir enlevé la plus grande partie des feuilles, dont la végétation serait préjudiciable au développement des tubercules. On pratique ensuite plusieurs binages, un buttage léger pour entretenir la fraîcheur des racines, et vers la fin de juillet , on commence l'arrachage, que l'on opère par un temps sec et après avoir coupé les tiges.

Les tubercules hors de terre restent quelque temps exposés à l'air et au soleil. Il s'agit ensuite de les conserver en les préservant du froid et de l'humidité. Ils s'altèrent à une température de -f- 4". Il faut donc pouvoir les maintenir à une température de 9" à 10° au moins, en les déposant dans des locaux sains et où ils ne soient pas exposés à l'humidité, qu'ils redoutent par-dessus tout. Pour assurer leur conservation, le mieux est de les isoler le plus possible les uns des autres. A cet effet, ont été conseillés des procédés assez nombreux, et tous, au dire de leurs auteurs, également efficaces. Un moyen simple, qui a souvent réussi, consiste à les stratifler, dans des caisses avec de la mousse sèche, du son ou de la sciure de bois.

La Patate donne des produits assez abondants, de 20 à 30 mille Icilog. par hectare, et une quantité double en Algérie. On en obtient, en outre, des tiges et des feuilles en abondance, que l'on peut donner aux animaux domestiques, et que les vaches recherchent particulièrement. C'est en Algérie surtout que la culture de la Patate comme plahte fourragère poui'rait réussir et qu'il y aurait lieu de l'expérimenter.

Le genre Convolvulus fournit, outre la Patate, quelques auti'es espèces exotiques utiles, entre lesquelles il suffira de mentionner ■

Le C. scoparius L., espèce des Canaries, qui fournit le Bois de rose;

Le C. scammonia L., duquel on retire la Scamnwnée d'Atep, gomme-résine constituant un purgatif drastique des plus énei-giques ;

Le C. jalapa L., Batatas jalapa Chois., dont la racine tuberculeuse constitue, sous le nom de Jalap, un purgatif journellement employé;

Le C. lurpethum L., [potniea turpethum R. Br. , fournissant aussi une racine purgative.

Les diverses espèces du genre Ipom^a L., à fleurs diversement colorées, à tiges volubiles, k feuilles larges et cordées, et dont la principale, Yl. purpurea Lm., Pharbitis hispida Chois., C071volvulus mutabilis Salisb., est le Volubilis, si communément semé en tous lieux pour garnir les berceaux et les treillages.

498 ' r.oNvrii.viM.ACiiKs.

Genre GHESSI-:. — CltESSA L.

Corolle fi lirabe plan, à 5 lobes ; — élaminea saillantes ; — styles 2; — capsule bivalve, il 1 graine.

C. crelica L., fleurs jaunes, petites, par 2.3, sessiles, en grappe courte; feuilles ovalesaiguës, arrondies il la base, sessiles ; tige dressée, de lu ii l.i centimètres ; annuelle, — propre aux rivages de la ^léditerranûe.

Genre CUSCUTE. — CUSCUTA T.

Fleurs blanches ou rosées, très petites, ordinairement sessiles et groupées en capitules globuleuses ; — calice il 4.5 divisions, plus ou moins charnu ; — corolle urcéolée, globuleuse, il 4.5 lobes, parfois munie d'écaillés pétaloïdes insérées k la base du tube; — élumines 4.5 ; — styles 1.2, ii stigmates allongés ou globuleux; — capsule biloculaire, ii déhisoence circulaire; — graines 2.4, grises ou roussiltres, lisses ou chagrinées, îi test dur, épais ; embryon filiforme, dépourvu de cotylédons, enroulé autour d'un albumen charnu central. — Feuilles nulles ; — tiges nues, filiformes, voUibiles, lisses, blanchâtres ou diversement colorées, se ramifiant ii l'infini, portant, à la place de feuilles, de très petites écailles, et, de distance en distance, des paquets de petites fleurs parfois très rapprochés.

Genre comprenant un certain nombre d'espèces, toutes annuelles, parasites, vivant exclusivement de la sève d'autres végétaux , sur lesquels elles s'attachent par des suçoirs et se développent en se ramifiant à l'infini, enveloppant alors ces végétaux en tous sens, comme les mailles d'un inextricable réseau et de manière à figurer à distance de véritables paquets de fil blanc ou rougeâtre entremêlé. Les plantes les plus diverses sont exposées à l'invasion des Cuscutes, qui végètent sur toutes indistinctement, depuis les plus petites herbes jusqu'aux plus grands arbres, sur les plantes acres et vénéneuses aussi bien que sur celles de propriétés douces et émollientes. Elles vivent, en outre, dans les régions les plus diverses, du cercle boréal à l'équateur, des vallées basses et humides jusqu'aux plus hautes montagnes. Offrant toutes des propriétés analogues , elles renferment une matière colorante rouge ou rougeâtre, et sont considérées comme excitantes, apéritives, antiscorbutiques. Les bestiaux les mangent quelquefois. Mais ce qui spécialement appelle l'attention sur les Cuscutes, c'est le danger auquel elles exposent les cultures, pour lesquelles elles constituent un des plus grands fléaux qui puissent les atteindre et entraver leur développement.

Les Cuscutes offrent toutes entre elles une extrême ressemblance, et sont, par cela même, d'une distinction difficile, même pour l'œil d'un botaniste exercé. Aussi, autrefois, n'en signalait-on que deux espèces, la petite et la grande. Une étude plus complète en a fait reconnaître un plus grand nombre, dont le total, espèces ou variétés, s'élève actuellement à soixante environ, dont sept plus spécialement françaises. Elles ont été déterminées soit par leurs caractères botaniques, soit par la nature des végétaux sur lesquels elles se développent plus spécialement , et pai-aissent avoir été de tout temps connues, sinon parfaitement distinguées. — Voici le tableau des espèces indigènes aujourd'hui reconnues :

iEtamines saillantes. ( Calice ii lobes étalés. Minon c. Banb.

Eoaill . convergentes ( Calice dressé TBIFOLii Bah. Gibs.

Etamines incluses, j FI. en gros capitules. Uajor c. Bauh.

.. ^ ^ Ecailles relevées ( FI. en capit. très petits, dlbn Presi.

\ Glomér. nus — Graines rugueuses — Etamines incluses.. BpiUrmm Weih.

c»; , , , , „, -, $ Styles2 — Ecailles converg. sCiVEOLENS SeriDg.

stigmates globuleux — Fleurs en panieule { „ , , r, •„ . ,

( Style 1 — Ecailles relevées. . Wonagyna Wahl.

CONVOLVULACIÎIES. 499

Petite Cuscute, C. minor G. Bauli.; C. epilhymum Sm.; C. Europxa var. j3 L.

Fleura rosées , en oiipitulea globuleux , sossiles, pourvus il'uno braoti-o. Ciilico h lobca aigus, étalés au sommet. Corolle uroéoléo, il 5 lobes largos, étalés-réflécbis. Etamines saillante». Ecailles grandes, convergentes, formant le tube de la corolle et couvrant entitrernont l'ovaire. Stylos dressés, îi la fin dépassant les etamines. Graines lisses, grisâtres, un peu rénifbrmos, à peu près semblables h celles du Trèfle. Tiges capillaires, rameuses, rougesltrefl.

Espèce habitant toute l'Europe, principalement la région moyenne et méridionale, l'une des plus communes à l'état sauvage, et celle aussi qui vient sur le plus grand nombre de végétaux. Répandue dans les pâturages incultes, les landes, dunes, bruyères, des régions et coteaux secs du Midi principalement , elle vit indistinctement sur les plantes les plus diverses par leurs caractères et leurs propriétés, sur le Thym-serpolet, la Lavande, les Plantains, les Galiums, les Bruyères, les Solidages, les Laitrons, les Armoises, sur les Euphorbiacées et sur les Légumineuses : Genêts, Arrête-bœuf, Ajonc nain. Trèfle, Luzerne, etc. On l'a même fait venir artificiellement sur plusieurs arbrisseaux , l'Epine-Vinette, le Groseiller, le Buisson-ardent , le Sorbier des oiseaux, etc. Elle se montre aussi dans les cultures, notamment dans les champs de luzerne, de trèfle, de pois, etc.; mais elle y est plus rare que les Cuscutes propres à ces végétaux, et s'y développe d'une manière vague et beaucoup plus irrégulière.

Cuscute du Trèfle, C. trifolU Babingt. et Gibs.; C. minor var. p C. Bauh.

(Caractères du C. minor.) Fleurs en glomérules pins gros, plus serrés. Calice h divisions appliquées au sommet. Corolle à lobes plus étroits. Ecailles ne recouvrant point complètement l'ovaire. Styles divergents, ne dépassant pas les etamines.

Cette espèce, la plus connue des cultivateurs, se montre, comme la précédente, dans toute l'Europe moyenne et méridionale. En Franco, elle abonde surtout dans le Midi, attaquant principalement, sinon presque exclusivement, le Trèfle, quelquefois le Sainfoin, et manifestant sa présence, dans les champs de trèfle, par des espèces de taches qui s'étendent de proche en proche en cercles réguliers, et peuvent atteindre jusqu'à 2 mètres et plus de diamètre. On voit, dans ces cercles, la Cuscute, par les spirales multipliées de ses tiges et les suçoirs dont elles sont munies, étreindre tous les pieds de Trèfle à sa portée, les étouffer et les faire périr. Si les touffes de Cuscute sont assez nombreuses et se développent librement , elles finissent par se rejoindre, enlacent leurs propres tiges qui ne trouvent plus rien à dévorer, et s'enchevêtrent en réseaux touff'us, sous lesquels achèvent de disparaître les tiges, les feuilles et même les pieds envahis. Alors les tiges de Cuscute, chargées de fleurs et de fruits, peuvent encore assez longtemps vivre d'elles-mêmes sur le sol et en plein air, et achever de parcourir les diverses phases de leur végétation ; mais après, elles finissent par pourrir, non sans laisser cependant une masse de graines, dont il sera plus que difficile ensuite de débarrasser le terrain.

Grande Cuscute, C. major G. Bauh.; C. Europxa var. a L. C. vulgaris Pei's.

Fleurs d'un blano rosé, en capitules globuleux , denses, sessiles, rapprochées, munies d'une bractée Ji la base. Calice charnu inférieurement et se prolongeant au-dessous de l'ovaire. Corolle urcéoléo, à lobes étalés-redressés. Etamines incluses. Ecailles minces, petites, relevées contre la corolle. Styles divergents, courts. Capsule atténuée au sommet. Graines lisses. Tige capillaire, rameuse, jaunâtre.

Espèce dispersée sur un très vaste espace, dans toute l'Europe, en Asie, en Afrique, eu Amérique, se montrant dans les lieux incultes, dans les buissons et les haies, sur la lisière des bois, et venant sur beaucoup de plantes herbacées ou ligneuses, principalement sur l'Ortie dioïque, le Chanvre, le Houblon, les Chardons, la Vigne jeune, etc.

Cuscute bl.\nche , C. alba Presl.

Fleurs blanches, très petites, en capitules denses, petits, serrés. Calice et Corolle à divisions obtuses. Etamines incluses. Tiges très grêles.

500 • CONVOLVULACÉES.

Assez coinnnine dftiis touto la région méditerranéenne, venant dans les garrignes ainsi ijnc ilans les cnltnrcs, les prairies artilieiollcs, on elle se développe à pon près comme le C. Irifolii.

Cuscute du i,in , C. cpilhinin Wcih.; C dcnsiflora Soy.

Fleurs blanclies, Ji capitnlos globuleux , denses, distants les uns des autres, dépourvus île bractée. Calice transparent, charnu, îi divisions ti-ès courtes. Corolle dépassant îi peine le calice, à tube ranflé, il divisions très courtes, étalées. Etamines iuoluses. Ecailles très petites, relevées. Styles divergents, très courts. Graines finement rugueuses. Tiges capillaires, peu ou point rameuses, jaunes-verdâtres.

Vient surtout dans le nord de la France, et croît de préférence sur le Lin, dont elleenvabit les tiges, qu'elle rend cliétives si elle ne les tue, et dont elle diminue notamment le produit quand cette plante est cultivée pour la graiue. Ou dit cependant cette Cuscute inconnue dans les Flandres, 011 est récolté le plus beau lin répandu dans le commerce.

Cuscute odorante, C. sumeolens Sering.; C. corymbosa R. et Pav.

Fleurs blanches, odorantes, en corymbes pauioulés, à pédoncules plus ou moins longs, simples ou raraeux , pourvus d'une bractée à la base. Corolle eampanulée, bien plus longue que le calice, h divisions indécliies eu cornet à leur sommet. Ecailles infléchies, fermant le tube de la corolle. Styles 2 fois plus longs que l'ovaire. Graines rugueuses, plus grosses que dans les autres Cuscutes. Tiges capillaires, rameuses, d'une teinte orangée.

Espèce commune dans tout l'est et le midi de la France, vivant dans les cultures, principalement sur la Luzerne, espèce que, dans le Midi, elle attaque aujourd'hui presque exclusivement! et dans les champs de laquelle elle révèle sa présence, à distance, par l'odeur suave de vanille et d'héliotrope que répandent ses fleurs. — On croit cette Cuscute originaire de l'Amérique méridiouale, du Chili notamment, d'où elle aurait été introduite avec des graines de Luzerne importées de cette contrée par le commerce de Marseille et de Bordeaux.

Cuscute monogyne , C. monogyna Vahl.

Fleurs roses, en grappes allongées, pédonoulées, avec une bractée à. la base. Corolle presque cylindrique, plus longue que le calice, à divisions très courtes. Ecailles appliquées. Style simple. Capsule très gi'osse. Tiges du volume d'une ficelle, rameuses.

Espèce ne se montrant en France que dans le Midi, de l'est à l'ouest, fort répandue d'ailleurs en Europe, en Asie, et croissant sur divers arbi-es et arbrisseaux : Térébinthes, Vigne, etc.

Page 1