‹ Nouvelle méditations poétiques: avec commentairesChapitre 19 sur 74 · A EL · texte numérisé non relu

A EL

Lorsque seul avec toi, pensive et recueillie, Tes deux mains dans la mienne, assis à tes côtés. J'abandonne mon ame aux molles voluptés.

Et je laisse couler les heures que j'oublie ; Lorsqu'au fond des forêts je t'entraîne avec moi. Lorsque tes doux soupirs charment seuls mon oreille, Ou que, te répétant les serments de la veille. Je te jure à mon tour de n'adorer que toi ; Lorsqu'enfin, plus heureux, ton front charmant repose Sur mon genou tremblant qui lui sert de soutien, Et que mes lents regards sont suspendus au tien Comme l'abeille avide aux feuilles de la rose : Souvent alors, souvent, dans le fond de mon cœur. Pénètre comme un trait une vague terreur; Tu me vois tressaillir ; je pâlis, je frissonne. Et, troublé tout à coup dans le sein du bonheur, Je sens couler des pleurs dont mon âme s'étonne. Tu me presses soudain dans tes bras caressants,

Tu m'interroges, tu t'alarmes.

Et je vois de tes yeux s'échapper quelques larmes Qui viennent se mêler aux pleurs que je répands.

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