STANCES
Et j'ai dit dans mon cœur : « Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme Tagneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie?
L'un cherche sur les mers les trésors de Memnon, Et la vague engloutit ses vœux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom.
Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber. Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme .
Le paresseux s*endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit ; le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur le bord du chemin.
Où vont-ils cependant? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers .