‹ Nouvelle méditations poétiques: avec commentairesChapitre 65 sur 74 · DÉDICACE · texte numérisé non relu

DÉDICACE

Te souviens-tu du jour où, gravissant la cime

Du Salève aux flancs azurës.

Dans un étroit sentier qui pend sur un abîme Nous posions en tremblant nos pas mal assures? Tu marchais devant moi. Balancés par l'orage, Les rameaux ondoyants du mélèze et du pin, S'écartant à regret pour t'ouvrir un passage. Secouaient sur ton front les larmes du matin ; Un torrent sous tes pieds, s'écroulant en poussière, Traçait sur les rochers de verdâtres sillons, Et, de sa blanche écume où jouait la lumière, Élevait jusqu'à nous les flottants tourbillons.

Un nuage grondait encore Sur les confins des airs, à l'occident obscur, Tandis qu'à l'orient le soufiQe de l'aurore Découvrait la moitié d'un ciel limpide et pur, Et dorait de ses feux la voile qui colore Des vagueit du Léman l'éblouissant azur.

Tout à coup sur un roc, dont tu foulais la cime. Tu t'arrêtas : tes yeux s'îibaissèrent sur moi ;

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