‹ Nouvelle méthode calquée sur celle de TournefortChapitre 11 sur 13 · DEUXIÈME DES MONOCOTYLÉDONÉES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME DES MONOCOTYLÉDONÉES

Les Périgonées.

Le nouveau terme de périgone, que nous introduisons dans noti’e classification, vient de M. Decandole. Ce botaniste distingué s’est servi le premier du terme de périgone , pour désigner principalement les fleurs incomplettes , c’est-à-dire celles qui n’ont qu’une seule enveloppe florale ; il considère , en outre , le périgone comme une soudure naturelle du calyce et de la corolle.

En nous servant 'de cette expression pour désigner les périgonées , nous reconnolssons pour caractères essentiels, i°. Que cette enveloppe florale est presque toujours colorée et même ornée des plus belles couleurs, ce qui fait que Tournefort l’a prise pour une corolle, excepté cependant dans les joncées où elle ressemble à une glume.

2®. Qu’elle peut être d’une seule pièce, ou en avoir six , régulière ou irrégulière ; quand elle est d’une seule pièce , c’est-à-dire , soudée à la base , elle présente dans son limbe, ou six dents , ou six crénelures , ou six divisions plus ou moins profondes ; si elle est composée de six pièces , ou ces pièces sont rangées sur un seul rang, ou disposées sur deux rangs, dont trois externes sont verdâtres, et trois internes plus colorées.

3”. Qu’elle est d’une consistance plus épaisse et plus ferme que le calyce des apétales.

4“. Que sa durée est plus longue que celle d’une corolle , mais jamais aussi longue que Celle d’un calyce persistant.

5®. Qu’elle peut rester assez long-temps avec l’ovaire , ntiàls qu’elle ne tient jamais lieu de péricarpe , et qu’elle n’en fait point partie.

Nous concluons donc que le périgone, tel que nous l’entendons , diffère du calyce des apétales des plantes dicotylédonées , i°. parce qu’il n’est point destiné à faire partie du fruit.

2®. Parce qu’il persiste plus long - temps qu’une corolle , et jamais autant que le calyce des apétales.

5°. Parce que ses divisions sont toujours au nombre de six ; si elles sont entières , elles peuvent être placées sur un ou sur deux rangs.

4“. Que le péi'igone est l’éguller dans la plupart des’ familles , et qu’il peut être irrégulier dans les iridées , les orchidées.

5". Qu’il est le plus souvent très- coloré, ayant l’aspect d’une corolle.

La classe des périgonées est partagée en deux ordres : dans le premier , les étamines sont disposées autour de l’ovaire, et dans le second les étamines sont insérées sur l’ovaire.

Dans le premier ordre se trouve la famille des llliacées de Jussieu , qu’il ne faut pas confondre avec les liliacées de Tournefort, qui comprennent plusieurs autres grouppes. Pour cette raison , nous allons faire connoître les caractères qui appartiennent exclusivement à la famille naturelle de Jussieu.

Les liliacées de Jussieu se distinguent , 1°. Germination. Embryon droit ou courbé , endosperme charnu ou cartilagineux.

2°. V é gélation. Tantôt racines fibreuses et tige allongée, cylindrique, chargée de feuilles alternes, tantôt une bulbe d’où, sort une hampe.

5". Fructification. Périgone brillant des plus belles couleurs , six étamines placées sur le réceptacle, ovaire simple et libre, style un ou nul, un stigmate ou trifide ou trilobé, capsule à trois valves , trois loges , graines rangées sur deux séries parallèles dans chaque loge.

1®. Les liliacées à pe'rigone en six pièces distinctes, trois stigmates, graines planes.

2°. Les asphodélées , périgone soudé à la base , un stigmate , graines arrondies ou anguleuses.

XVÏ". CLASSE.

Les Plantes Anomales.

Nous donnons le nom d’Anomales aux plantes dont les fleurs sont indistinctes , peu apparentes, les organes sexuels sont sduvent mal déterminés et souvent invisibles, et dont l’organisation est ordinairement diflerente de celle des autres végétaux. Ces caractères d’exception ont empêché les botanistes de leur assigner une place qui les mettent en rapport avec les autres plantes ; cette classe est divisée en deux ordres , savoir : Le premier ordre , plantes anomales monocotylédonées , telles sont les ai’oïdes , les nayades , les prèles , et les fougères. Comme cette dernière famille a été rangée par Tournefort dans sa seizième classe des herbes, la fructification étant disposée sur le dos des feuilles , ce qui fait que quelques botanistes lui ont donné le nom des plantes dorsifères, nous allons présenter les caractères qui distinguent cette singulière famille.

i®. Germination. Cotylédon latéral , étale , membraneux, large et réniforme , produisant une foliole verte , arrondie , slnuée et sans nervure.

2°. Végétation. Tige arborescente pour les fougères d’Amérique ; cette tige est un vrai stlpe , il y a long-temps que dans nos cours , nous avons fait remarquer la différence qu’on doit faire entre le stipe et \o. frons y différence quÿ se trouve consignée dans le Philosophia hotanica de Linnœus. Nous croyons que les grandes fougères de nos climats ont également un stlpe, mais qui n’a pu être développé par la chaleur , et qui est resté caché sous terre. On l’appelle communément racine de fougère ; quelques tiges herbacées de fougères rampènt sous terre , on les considère comme des rhizomes.

Les feuilles sont des frons ou rameaux à appendices foliacés dont les nervurès portent les fructifications.

Feuilles alternes, rarement simples, le plus souvent pennées , diversement ramifiées et roulées en crosse avant leur développement.

3®. Fructification. On a donné diflérens noms aux organes qui accompagnent les graines

de fougères , savoir : conceptacles , sores , induses , seminules , propagules.

Ce sont toujours des capsules ou coques très-petites, membraneuses ou crustacées, sessiles ou pédicellées , nues ou entourées par un anneau élastique , ou recouvertes d’un tégument et toujours grouppées de diverses manières.

Le second ordre, plantes anomales acotylé-fdonées , renferme toutes les plantes de la troisième division, les acotylédonées ou les vrais cryptogames de Linnæus.

Les plantes de celte classe se distinguent des autres végétaux par leurs organes ; les racines qui sont munies de pores radicaux à l’aide desquels les plantes tirent de la terre les sucs nourriciers dont elles ont besoin, sont pour celles-ci de simples griffes ou mains qui les tiennent attachées aux corps sur lesquels elles se fixent , sans paroître puiser aucune nourriture. Les tiges qui tendent ordinairement à s’élever vers le ciel sont dans ces végétaux ou nulles ou réduites à des expansions foliacées qui se confondent souvent avec les feuilles j leur organisation interne n’est qu’un tissu cellulaire ; on n’y rencontre ni vaisseaux lymphatiques, ni vaisseaux propres , ni trachées.

Les feuilles qui sont destinées à exercer la double fonction de transpirer les liquides surabondans qui pourroient nuire à la végétation , et d’absorber dans l’atmosphère les sucs nécessaires à la nutrition , sont , dans ces plantes , privées de pores corticaux , et réduites à se remplir d’humidité à la faveur de cellules qui recouvrent leur superficie ; lorsque l’humidité manque à ces végétaux, ils se dessèchent, se conservent très-long-temps , ils reprennent bientôt leur vigueur si on les met en contact avec l’eau. Leurs organes sexuels sont inconnus , ou mal déterminés dans la plupart ; peut-être en sont-ils privés : les semences enfin auxquelles on a donné le nom de gongyles ne sont peut-être que des espèces de gemmes ou bourgeons qui servent seulement à faciliter leur propagation.

Ce dernier ordre est composé de sept familles, savoir: les lycopodiennes , les mousses , les hépatiques , les lichens , les hypoxylons, les champignons et les algues.

Telle est la nouvelle distribution des plantes du Jardin de l’Ecole de Pharmacie de Paris ; nous n’avons pas la prétention de croire qu’elle est plus parfaite qu’une autre méthode, mais nous aurons rempli notre but , si nous par-

venons à dissuader certaines personnes qui croyent que la méthode de Tournefort n’étoit point susceptible de modifications , et ne pouvoit point servir à classer et reconnoitre les plantes.

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