SECHES
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L our décrire la manière de faire ces préparations je prendrai seulement le bras pour exemple.
Le membre devra\être choisi autant débarassé de graisse que possible. Une solution de deux onces d’oxi-muriate de mercure dans une demipinte d’esprit de vin rectifié sera injectée dans les artères , et le lendemain on fera une autre injection avec une pareille quantité d’esprit de vernis blanc (i) dans lequel on ajoutera un cinquième de vernis de thérébentine et un peu de vermillon. Le membre doit ensuite être placé dans de l’eau chaude, et y rester jusqu’à ce qu’il soit convenablement échauffé pour faire la grosse injection dans les artères, et les veines même, s’il est nécessaire. Si l’on doit injecter les veines, il vaut mieux
en faire sortir le sang qu’elles contiennent , avec
de l’eau/, avant de pousser dans les artères. la so- /
(i) Voyez la composition, de ca vernis à la fid de cet
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ouvrage. ï • v"c ï "*
Iution d’oxi-imiriate de mercure , parce qu'il revient toujours par les veines quelques portions de cette injection qui coagule tout le sang qu’elles contiennent; et empêche la grosse injection de parvenir dans les plus petites branches.
Après que le membre a été injecté on le dissèque. Chaque fois que Ton quitte ce travail , ( et quelquefois aussi pendant la dissection ) , il est bon de couvrir les parties qui ont été mises à découvert avec un linge imbibé d’eau 5 et lorsqu’on reprendra la dissection on remarquera un grand avantage, c’est que les parties injectées avec la Solution de muriate sur-oxigéné souffrent trèspeu d’altération en plusieurs jours, et sont retrouvées dans le même état où on les a laissées 5 tandis que par la méthode ordinaire , en un, pu au plus deux jours , tout est si changé, qu’il y a peu de profit à revoir ce qui a été fait, et si la dissection est longue on le reconnaît à peine lorsque tout est fini. Un autre avantage c’est que l’on peut disséquer partout puisque cela ne porte aucune odeur.
Lorsque la dissection est achevée , c’est-à-dire, lorsque toutes les parties sont à découvert , et que l’on a oté toute la graisse et le tissu cellulaire, il faut mettre le membre ainsi préparé dans une solution de deux onces d’oxi-muriate de mercure dans une pinte d’esprit de vin rectifié et l’y laisser plongé entièrement pendant une quinzaine dé
jours au moins , car il ne peut y rester trop longtems. Le te ms de cette macération doit toujours être compté de la fin de la dissection. Une boîte de chêne peinte en blanc et vernie, est ce qu’il y a de mieux pour contenir le membre dans la solution. On aura soin que le couvercle ferme ermétiquement pour empêcher l'évaporation de l’esprit de vin. Les vases métalliques ne sont pas convenables.
Afin d’économiser la solution je mets l’épaule à un bout de la boîte , et comme il n’y a besoin que de peu de liquide pour couvrir la main, j’élève l’autre extrémité. Par ce moyen une plus grande quantité de solution est portée à la partie qui a le plus besoin d’en être recouverte. De plus nomme il y a de grands espaces entre le bras et les côtés de la boîte , je place dans ces espaces des bousilles à demi remplies d’eau, ce qui fait qu’une bien moins grande quantité de solutiçn devient nécessaire. Les bouteilles ne doivent pas presser sur le membre , car il faut que la solution parvienne librement à toutes ses parties.
On retirera le membre tous les deux ou trois jours, et on otera tout ce qui pourrait rester de tissu cellulaire, puis on le remettra en menant la partie qui touchait le fond de la boîte en/ dessus, La meilleure chose pour placer la préparation lorsqu’on la retire de la solution, est une auge de boucher qu’on aura d’abord bien huilée,
sansquoLce vase s’imbiberait de manière à causer tine grande perte de solution.
« Toutes les choses dont on fera usage doivent être très propres , et comme la solution agit beaucoup sur les instrument il faudra les tremper jje tems en tems dans du vernis blanc.
Quand le membre aura resté assez long-tems dans la solution, on l’en retirera pour le vernir et le peindre. Pour faire cela commodément , on fixera à chaque bout d’une table ou d’une planche , un morceau de bois d’un pied et demi de long sur trois pouces quarrés d’épaisseur. Au milieu de cette pièce de bois vers son bord supérieur, on pratiquera un trou pour recevoir une vis de bois d’un demi pouce de diamètre sur six
de long. L’extrémité de chaque vis doit être percée d’un trou pour recevoir des cordes avec lesquelles l’épaule peut être attachée d’un côté et la main de l’autre. La meilleure manière pour fixer la main , est de se servir d’un morceau de bois de quatre pouces de long et d’un demi pouce d’épaisseur, au travers duquel on perce h^it trpus à peu p/ês à un tiers de pouce l’un de l’autre. Alors on pa^e un morceau de ficelle à l’extrémité de chaque doigt , et chaque bout de la cy/de par un des trous. Par ce moyen tous les doigts seySnt attachés au morceau de bois. Un autre trou doitêUe
fait à peu près au milieu de ce morceau de bois , par lequel doit passer une corde attachée à la vis.
Quand le membre est ainsi suspendu, il faut l’essuyer avec un morceau de linge propre , et placer Un petit morceau de bois entre les tendons du
fléchisseur sublime et du profond , près le poignet. Le membre doit être ensuite enduit de vernis
blanc. Le même jour, les nerfs, les tendons et expansions tendineuses doivent aussi être vernis; ce que Ton répétera tous les jours une fois pendant trois jours de suite. Le cinquième jour les tendons doivent être recouverts d’une couche
de vernis jaune et de peinture blanche (i) mêlés par parties égales; on recommencera cette opération le septième , le huitième et le neuvième jour. On enduira les nerfs aussi souvent qu’il paraîtra nécessaire , avec un mélange p/r parties égales de peinture blanche et de vernis blanc. Aussitôt que les muscles sont devenus roides ils peuvent être peints , en faisant attention que les nerfs et les tendons ne soient pas touchés par la peinture, ce que l’on évitera en interposant une
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petite pièce de bois entre ces parties et les muscles.
A peu pr^s un mois apÿes que le membre a été retiré de la solution, ceux des nerfs et des tendons qui ne sont pas suffisamment peints , doivent être recouverts de peinture et de vernis autant de fois que cela est jugé nécessaire. Mais on laissera toujours un jour d’intervalle entre chaque appli-
(i) Voyez $et ouvrage.
la composition de cette peinture à la fii
cation de peinture ou de vernis. Il en sera de
meme pour les parties des muscles qui paraîtront ne pas avoir été peintes / mais il est mieux d’attendre quelque tems de plus pour peindre chaque partie des muscles qui peut le réqùérir.
Tout cela étant terminé, on lavera les tendons et les nerfs avec de l’huile de lin bouillie. La
brosse dont on se servira à cet effet, contiendra aussi peu d’huile que possible, et devra être tirée doucement sur eux une seule fois. Il est essentiel de faire attention à ceci , parce que si Ton passait Une seconde fois le pinceau , la peinture qui recouvre les tendons et les nerfs pourrait être détruite par l'huile de lin qui a beaucoup d’action sur cette peinture; ce qui gâterait l’apparence de la préparation. Au bout de deux jours si l’huile est parfaitement sèche on en passera une couche sur la totalité du membre, et lorsque cette dernière est bien sèche aussi, il faut enduire le tout avec 'du meilleur vernis copal. Enfin, quand ce vermfe sera sec 5 on en donnera une seconde couche et même une troisième s’il est nécessaire.
Les pinceaux que l’on emploie pour vernir doi-
vent être de poils de chameau.
Vers le neuvième jour, après que les tendons ont été peints , la préparation peut être interrom-
pue, et le membre rester dans cet état pendant quelque tems, suspendu dans un sac de papier. On peint les nerfs et les muscles quand il est plus