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Nouvelle méthode pour l'enseignement de la musique

CY-st dame le mois d’avril IM fi, que j’ai ouvert à Paris ( rue de C ram- N“ 7i X mon. premier cours de-musique. J’ai développé 'dans le discours ri ouverture, en présence d‘un grand nombre d’artistes et d’amateurs < 1 1 s t i n gu es , me A vues sur la méthode que je me proposais de suivre et dont je'publie aujourd’hui'* les principes : ;

Je il avais alors aucun succès pratique qui put justifier'mes espérances et .'(îonfiriner mes raisonnemens. ‘

Mon ecole s’est formée lentement, et ce n’est qu’après une année que j ai pu offrir au public les résultats que je lui avais promis .

J ai eu fia satisfaction de voir mon etablissement prospérer .aussitôt que ma méthode a eu fait ses preuves .

Jusqu’à ce jour personne n’en avait revendiqué l'invention contre moi. Depuis ce jour, depuis le jour ou j’ai réussi par elle,le public et moi, nous avons appris qu’elle ne m’appartenait pas.

Si ce ii est pas moi qui ai invente ma méthode, pourquoi ne s’est-on pas avise de me déclarer plagiaire .dès le moment que. j’ai pris le titre

d auteur? Pourquoi mes compétiteurs ont-ils eu la modestie de taire leurs droits a la decouverte jusqu’au teins précis où la découverte a commencé à produire de la considération et du profit ?

Ces prétentions si à propos tardives font en quelque sorte justice d’ellestu tunes .

J’ai vu dans les plus graves journaux des manifestes contre mon école l n homme a dit; „J’ai trouve depuis longtems cette méthode prétendue nouvelU ,,seulement ie ne l'ai jamais pratiquée . Un autre: „Je lai pratiquée, seulement ..elle ne nia pa» réussi.,. J’ai dédaigne de répondre a ces propos; je les trouvais plus injurieux pour le public que pour moi.

, de vois, tous Tes jours s’élever des établissements d'apres ma méthode; cela me prouve quelle est bonne et je m’en rejouis. Quand j’aurais l’.envie de fonder sur. mes procédés d’enseignement un monopole de l’instruction musiealé, je ne le pourrais pas ; je ne puis pas être présent dans ving t endroits, et ma journée n’a que douze heures. Que d autres profitent et fassent profiter le public d’une invention qui comme toutes les inven- (UMis , doit tourner au bien general, que (T'aLitres réussissent comme moi par moi,jq m’en fe lie itérai avec eux.

Mais pourquoi se donnent-ils tant de peint pour que mon nom ne si ;i

pas sur leurs annonces ' Obt i end raient - ils moins de faveur en confessant li Write 7 Leurs murs seraient ils moins frequentes s'ils publiaient qu'ib v suivront la méthode. De M/t.uumtno, et non la nouvelle me tho De D'enueitjn èm e nt mutuel ?

On croirait a les entendre que la musique a toujours fait partie de t enseignement mutuel et que pour obtenir ma methp.de je n’ai eu besoin (et ces MM, après moi) que de faire un tour à la rue S 1 Jean de Beauvais. Quand j'ai apporte ma méthode d’Italie je ne connaissais pas. l'euseig-nement mutuel; je l’ai connu depuis et j’ai vu non pas que ma méthode en dérivait mais que ce mode d’enseignement pouvait donner le moyen d’appliquer sans frais ma méthode à l'instruction musicale du peuple.

E N C É N ERAI.

lui Musique est de tous les arts celui qui le premier a du séduire les hommes . Sans donner à la musique une naissance fabuleuse comme les l.gyptiens et les Grecs, l’on se persuadera facilement que l’homme n’a pas tarde a imiter le chant plus ou moins varié des oiseaux, et a profiter des dispositions dont la nature l’a doue lui-même, pour en former un à sa fantaisie . Maigre cette priorité possible sur les autres arts, l’art musical a paru le plus tard de tous avec ses véritables beautés .,•> La Poésie, la Peinture, la Sculpture étaient arrivées à un très haut point de perfection lorsque la Musique notait pas encore sortie de l’enfance.

Je ne suis pas assez enthousiaste pour vanter la musique des Grecs; je n entrerai point dans des détails savants sur ses principes,, sa beauté et surtout sur ses effets merveilleux. Des auteurs laborieux ont fait de profonde.^ recherches sur cet objet, et ils en ont tiré des trésors d’érudition qu’ils nous ont légués bien plus pour l’avancement des lettres que pour celui.de la musique. Il n’y a pas encore trois siècles, que cet art a pour ainsi dire trouvé sa, véritable vie dans les mains des Palestrina, des Za r lino, des Nanino, des Ciffra.La science de ces premiers maîtres s’est transmise comme une sorte de doctrine révélée aux ricarlat i, au x Durante , aux Vinci, aux Léo. aux Sala, &'! et les elévesde ceux-ci ont produit des chef s-d’(eu\ re.

M restait à fixer des réglés ; ce fut l’ouvrage' d’un artiste français. La connaissance de la basse fondamentale démontrée par Rameau à fondé pour la musique une nouvelle ère.

Depuis cette époque; la composition a pris une n arche plus assurée. Le

dans ses inspirations,, a été seconde par ! art, ét le rompositeur a pu se rendre compte de ses procédés. . La musique a cesse d’être la pr« prïé \ e exclusive d'une seule nation; toutes travaillent aujourd'hui sur/ les

mêmes .principes, ■ - -

Mais comme toutes les nations ont pour exprimer la même conception une pantomime différente, des phrases et des locutions différentes, il doit en être de même a l’égard de leur musique vocale.

On peut comparer tes langues aux métaux* qui sont plus ductiles et plus

male a blés les uns que les autres .

Les langues les plus douces, les plus sonores, les plus accentuées peuvent être comparées aux métaux ductiles, et celles qui sont sourdes, muettes et

nasales, aux métaux cassants . La musique de chacunes des nations dont ta

langue approche de l’un ou de l’autre de ces caractères apposés sVn ressentira sans que le fond diffère.-

Suivant moi,toute comparaison meme impartiale entre la supériorité des musiques n’aboutit à rien. La musique italienne, pour en citer une, est bellepour les Italiens et pour les amateurs de leur langue;coihme la musique française' ou celle de toute autre nation l’est pour cette nation meme tt pour ceux qui en ahuent la langue*

J’ai eu lieu de me convaincre plus d’une fois de cette vente. A Paris meme o-ù les sociétés sont composées généralement de., personnes qui ont ; vovagé et qui ont habitué par conséquent leur oreille a la musiqtu dt dif iTérentes- nations , la musique- italienne la mieux chdisitr etHa miéux éxécutce n'est pas goûtée, le plus souvent, et l’ennui bien marqup des auditeurs n’est dissipé qu’à la-ritournelle d’une romance nationale: Çest alors, qu’un murmure spontané qui annonce le goût general, décidé posith emcr,i la qut.-tiin (U supériorité de la musique.

En parlant aux Français je n’adopterai point le langage de J, J. Rousseau ; je ne leur dirai pas qu’ils n’ont point de musique, qu'ils-n’en peuvent point avoir, cm que si jamais ils en ont une, ce sera tant-pis pour eux: mais je conviendrai avec ce philosophe .qu’ils admirent de trop bonne-foi des opéras nationaux, par la seule raison qu’ils sont nationaux.

Si le'philosophe de Cenex e vivait, il désavouerait certainement son opinion;, il reconnaîtrait -que la musique vocale en. France est suscept hle.^rs perdre de sa nationalité, de prendre bien des nuances nouvelles, que la langue tramause s’y prête, et qu’il ne dépend que des compositeurs et des chanteurs de les tMu'dier et de les découvrir,

T es changemens qitf se sont déjà opérés sont généralement sent is; ma Igre les partisans ' austères de. l’ancien tems, malgré- ces hommes qui n’ont plus de

,ùm*sa*eé que dang, les vieux Souvenirs , la musique,'én finance, profitera i-.mme (nus les autres arts,' du bienfait de la ComàW^ion des lum,eres v nt re l t\s peu pics

I.e paradoxe répété par les Français meme, que leur nation ne sera jamais nuis n-ienn(\;; doit être considéré comme une hérésie musicale.

La Franrt * entourée de trois grandes nations musiciennesJ'ItaheJ'Allemaane Fs pagne, occupant un vaste territoire dont la température se confond en part ie avec celles de ces pays, ne peut rester seule' inharmonieux ..

Ke je itant bien loin cette ass e rt i o n, cherchons les causes qui peuvent nuire au développement des dispositions musicales dans les Français, et nous trouverons aisément les moyens d’y remédier.

CWt surtout en laminant ce oui se passe chez les nations mus i r ion nos «tue. 1 on verra ce qui «-.arque i la France pour son 'éducation musicale.

. 1 l ' St pcesence lies modèles qui excite I, peu^e au goût et à la pratique V'" ar,S ' LtS Fran -“' s tr<H, - v ™ f dans les mus,os et les bibliothèques les chefs- Couvre de la poésie, de la peinture, de la sculpture; ou trouvent- ils de h, maisiquc a entendre?

F.sl-ce en fréquentant les églises où le son rauque d'un serpent leur eu donnera plutôt le dégoût?

hrnt-ce aux théâtres qui ne sont ouverts qu’il l’homme riche? bst-ce dans les rues, où des orgues barbares ne semblent jouer que p« itHre ,a crit ique des oreilles françaises?

Kn ,,a ' U ™ A " ima Ënc,les églises sont continuellement .servies en „

-que. et le pnx des théâtres est ù la portée de toutes les classes de lasocuié uns ces pays 1 homme de genie trouve un dédomagement et ure récompense ce ses travaux dans 1 exerution pnhlique de ses ouvrages.

Mais en France, dans quel genre pourra s'exercer un jeune compositeur» ravaillera-t-tl pour 1 egUse » Il n'a pas l'espoir d'entendre l'execution de ses' onvçges; Pour les théâtres! Il n’y a que les théâtres de Paris qui s'oiTrent a

’ , 11 se trouvera en concurrence non seulement

■ les compost tours Françats vivants, mais avec les héritiers des morts, et

- plus avec- des etrangers qui auront peureux l'avantage d'un nom Italien

Le compositeur Français n'a que deux théâtres pour lesquels .Luisse écrire' ta. I.s que le compositeur Italten peut chotsir entre les théâtre- d'Italie '

Allemagne, de France, d'Angleterre et d'F.spagnc- - '

de "'T"" W P ° Ur th - F -s. i.reint les compositions

m 1. d.apasons des acteurs de ces théâtres. Tous les ouvrais7 ,r„„-

- '''I e „ n sur douze ou quinze voix extraordinaires,.

."-,a su'cji i,, -in i.L.,-,- p , l !' ; ,. I j,j i !j., , " I ,"jjl,V r !éé' Hl r j'; yf. 1 '' l'.jé 1 ' U"; Ç; et . loi., - VI

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Ou,n , ]c i nt : vltabll , dans los , ;onposltlonsJ1 „„ rlWte lir

" > ^[ , Hes sonl bien plus graves

replût T" " "" t,nerai ' *" ,h "' r "- nc p ™™"< «P**r ,»'»» cm. un , . I„m de p,™ pour, sa voix, u'aspire- a c , (tl . carrière.qn,'au,anlqu.l „

r, er ,* di ■ V “ ! ■ - ve“t re m p,| a ,: 1 .rbbu-b 1 e n *r,l cb ( .n he a n.od,-

composes pour dr^c ^ ^ dt **

dilficlté A. roussir, ci réduit 1 , ?™ ^ ** ” ,bu * e par la

d'être chanté*. 111,1111 a l .‘ 1 ™“® 1 ' <1"* n’tf pas bcioin

Kn Italie plu» qaVn Allemagne encore, la multiplicité dus ouvrages adaptés J

P™ * «■«•-O «M. plus facile et plus varie 'M a, ut ! ui

d'nsTtt,r S 'r r°-T «m plein succès

. >""" la T-l «Auteur don. la voix ne peut s'éxcrccr

su f e s ouvres peu, toujours un trouver d'autres qui lui conviennent .

- tra.t pen.hle. de penser qu'en France où règne un jroQt si éclairé pour

s étonn-ime l" ‘‘"'l' 1 ' d ” * u,m 'P».v«. perfectionne d'une manière

t tonnante, la musique seule restât en arrière.

|U1LS <IUf ' :f|lK ‘ hl 3 cune nation ne manque ni de dispositions ni de g,Vil .

DK LA MUSIQUE

c O M M E SCI E K C K .

1,11 Musir ) lu ‘ ** st ,;1 science ries sons

Hu ti^'l tttt 0 " ; |Ue ’ iaim ' ;UI Hnnm ' tlf ' ,a mlls iq ut ‘.rusultu la nécessité Z ” 1 eSt POSSib,e l'^t.ève un état du jugur dus sons.

Lts sons « ruprenentrnt par dé. caractère.

Irouvur' Smt ^ U U* «on» étant donnés,

rV ( ■ ‘ r “’ ‘ s " ,racttJ "- s donné», faire entendre le. ion.

V ! al turnativemuni eus problème..,ne rélève « r„r»,e i la .ciun.

(t *t a la pratique rte la musique.

Ainsi que dans Fétide du dessuin l'œil doit avoir saisi lus diOVren» objet»

, a nu"„ su propose du tracer; dans l'étude du la musique', l'oreille dni, Sa,MF U * SGn <1** la. voix doit articuler.

léhnnune discerne avec rapidité lus objets infini.,ai .e pré.ra.e»t à .sa s psii Kihitude qu’il a d'exercer sa vue sur>es objets.

d "r".; 1 ? ^‘l^tude.qui lui manque pour distiïig-uer les sqns et les rapports

. lt ’ Sl acquérir po.ur colinaitre la lane-ue

mus ica le. b

la

musicien qui n'est que

lecteur, maigre le travail pt

k t ,Iun^'

ce titre lui a coure, quand il le mérité, ne sait que la moitié de la langue munirait . puisqu'il ne peut transmétré sa pensee aux autres.

On : ne peut pas mettre en doute que la musique ne soit une 1 a n gu e ; c es t la plus universelle des langues: la musique est soumise aux memes lois d’enseignement que les autres langues et ne doit pas coûter plus de travail. L’en fan t qui à. sept ans écrit et parle la langue maternelle, saurait au même âge, également bien la langue de la musique s'il lui eut été permis de s’en occuper autant que de sa propre langue, La Musique considérée comme langue, né dif- Irre des autres, qu’en ce qu Vile peut’être parlée simultanément par plusieurs personnes et que loin d’en devenir obscure et confuse, elle développé alors toute 1 étendue de ses pouvoirs.

Le la vient l’utilité d’une grande réunion d’éleves pour que chacun puisse s exercer egalement a chanter seul et a chanter en masse. Cette réunion es!

de plus indispensable pour disposer au chant les organes de ceux que la nature 11 avait pas créés musiciens. Les organes rebellés qui résisteraient à une voix ou a un instrument seul céderont à l’impulsion de la colonne harmonique produite par le concours de plusieurs voix, et leleve entraîné malgré lui dans 1 ensemble, sera en quelque sorte force de sentir et de chanter juste.

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