CHAPITRE II De la Médiante
50 La médiante reçoit une formule mélodique, variant en même temps que le ton sur lequel on doit chanter le psaume. On classe ces formules en médiantes à un accent ou à deux accents, suivant l'endroit où la voix s'élève avant la pause.
51. Dans les médiantes à un accent, on élève la voix d'un degré sur l'accent du dernier mot avant la pause ; on l'abaisse sur la syllabe suivante. Les tons les plus simples ayant cette médiante sont les deuxième, cinquième et huitième :
Dixit Dôminus Domino me- o. mé- o. Dômi-num.
Beâtus vir qui timet Dôminura.
52. On désigne sous le nom de survenante la note qu'on doit ajouter, comme dans le mot Dominant, lorsqu'il y a une syllabe de plus entre l'accent et la finale.
Nous indiquons cette syllabe en caractères italique, et mettons la note entre parenthèses.
53. Lorsque le dernier mot est hébreu, comme David, Jérusalem, Ephrata, etc., ou monosyllabe, l'élévation se fait sur la dernière syllabe, et on ne 1 abaisse pas ensuite : la médiante est dite alors rompue1 :
1. Les recherches faites pour l'Édition vaticane ont montré qu'il fallait conserver l'usage de ces formules. L'assertion que l'habitude de supprimer certaines notes à la médiante ne remonte qu'au douzième et au treizième siècle (et quand cela serait?) n'est pas appuyée par les monuments. Au contraire, la médiante rompue est un reste précieux de la plus ancienne manière d'exécuter la psalmodie.
Je- ru- sa- lem *
ex Si- on *
Ephra-ta *
manda- vit de te *
Exercice. — Chantez ainsi le psaume CXI, comme plus haut, avec cette médiante. Chantez aussi le psaume Dixit Dôminus, avecles formules déjà connues.
54. Dans le quatrième ton, la médiante, à un accent, est précédée d'un abaissement de la note récitative : comme dans le ton directané, cet abaissement a lieu deux syllabes avant l'accent :
Dixit Dôminus Dô-
mi- no
mé-
Beâtus vir qui
ti-met
mi-num *
in
do-mo
jus *
Gloria Pa-
tri et
Fi-
li- o *
Exercice. — Chantez sur le quatrième ton les deux psaumes précédents; à la flexe et à la finale, abaissez la voix d'un degré :
t Flexa
2 Médiante
■ fa ■
Jucûndus... et commo-dat, f dispônet... in judi- ci- o : * ... non commo- Terminaison
vé- bi- tur
Dô- mi-nus ex Si- on : * Au verset Tecum du psaume CIX, les mois aénui te se chantent comme s'ils
DE LA PSALMODIE ET DES CHANTS QUI S'Y RATTACHENT lormaient un seul mot, en abaissant la voix sur la dernière syllabe
sae-cu-lô-ruiii. A-men.
gè- nu- i te.
On suit la même règle à toutes les terminaisons des autres tons, lorsque le dernier mot est monosyllabe.
55. Le sixième ton, très rarement employé à l'office des vêpres, est dans un cas analogue au quatrième; l'abaissement se fait sur la syllabe qui précède l'accent, avec une formule spéciale.
Et ex- sul-tâ-vit spi- ri- tus me- j us. * Glô- ri a Pa-tri et Fi- j li- o; *
Mèdiante rompue
Qui- a fe- cit. . qui po- tens est*.
Exercice. — Appliquez ce ton au cantique Magnificat, en conservant encore la même finale que précédemment, à titre d'étude. Remarquez que chaque verset de ce cantique doit commencer de la même manière que dans cet exemple : tine note à la première syllabe, et deux à la deuxième, ce qui constitue l'intonation. Comme le premier verset est très court, on ne fait que l'intonation sur le mot Magnificat et on ne fait pas la cadence de la mèdiante, mais seulement la pause. Cette règle s'applique au chant de ce cantique pour tous les autres tons. Ce cantique se dit plus posément que les autres psaumes.
5G. Les médiantes à deux accents sont celles des premier, troisième et septième tons. On peut en énoncer la règle de deux manières :
1° On élève la voix sur le* deuxième fou avant dernieri accent (tonique ou secondaire) avant la pause, et on l'abaisse ensuite;
Ou. plus correctement; 2° on élève la voix deux syllaoes avant le dernier accent, sauf si cette syllabe est faible.
i«r ton
3e ton
7' ton
Donec ponam i-ni-
Ml-COS TU- Ci.-'
57. Règles des survenantes. — La syllabe survenante se chante sur le ton delà syllabe qui la suit.
a, survenante de l'avant-dernier mot; 6, survenante du dernier mol.
1er ton
7* ton
— —- *-g— ■ — ■ — il— ■ — *— f-
Dixit Dôminus jDô- mi- no me- o : *
im- jPLÉ- bit ru- i- nas : *
Beâtus vir. qui ti- mel Dô- mi- num :*
ma- net in jsaé- eu- lum saé-cu- " li : *
Exercice. — Chantez sur ces deux tons, toujours avec la même finale, les psaumes et le cantique déjà étudiés.
1. Dans ces formules, la médiante rompue, pour les nionoyllabes ou les mots hébreux, n'a pas de raison d'être, puisque la dernière syllabe s'y chante sur un ton de voii plus élevé que la précédente : | t-g
man-da- vit de té
Mais ce serait une faute, en chantant cette médiante, de déplacer l'accent du dernier monosyllabe, et <lo dire :
manddvit dé te
Cette façon d'accentuer est irrégulière et vicieuse.
DE LA PSALMODIE ET DES CHANTS Ql I S'Y RATTACHENT 53
58. Dans le troisième ton, il n'y a pas de modification de la mélodie : le groupe de deux notes, la clivis, se place toujours sur l'avant-dernière syllabe; c'est l'accent seul qui change de place. Il n'y a donc pas de survenante pour le dernier mot, mais il peut y en avoir deux pour l'avant dernier :
Dixit Dôminus Do-mi- no me- o.
Beâtus vir, qui Ti-met Dô- mi- num.
manet in saé- eu- lum saé- eu- li.
Dans le premier cas, la clivis est accentuée et suit la règle ordinaire du ralentissement. Dans le second, l'accent étant reporté sur la syllabe précédente, c'est delà que part le rallentissement, et la clivis, emportée dans l'élan rythmique et placée alors sur la syllabe survenante, peut même, sans inconvénient, être accélérée (règle n" 40).
A la fiexe et à la finale, on abaissera la voix d'une tierce mineure, comme au ton du psaume directané.
Exercice. — Chantez ainsi le psaume Laudâte pûeri.
59. Le ton irrégulier appelé pérégrin a une médiante spéciale qu'on trouvera notée en entier dans l'anliphonaire, ainsi que les autres médiantes particulières à divers tons, (médiantes abrégées, médiantes à anticipationi.