CHAPITRE IX
Des Répons de la Messe*
92. Les répons chantés à la messe sont : le répons-graduel et l'alleluia; on peut y adjoindre l'offertoire.
93. Ainsi que les autres répons, les graduels appartenant à une même échelle musicale, un même mode, ont ordinairement leurs versets sur des mélodies composées de formules semblables; ils ne suivent cependant pas la règle des tons, dont on ne leur donne le numéro d'ordre que par analogie avec ceux-ci: ces mélodies sont très ornées.
°our les étudier avec fruit, il faut prendre à part les versets du même genre. On travaillera donc d'abord les versets des graduels depuis la messe de l'aurore, à Noël, jusqu'à l'Epiphanie, qui sont tous du même ton, et offrent la plupart des formules mélodiques qu'on trouve dans les autres graduels analogues. Lorsqu'on aura étudié soigneusement ces versets, l'exécution des autres deviendra très aisée. Il y a, dans le graduel romain, soixante-neuf répons graduels de ce ton, dont plus de la moitié suivent en tout ou en partie les formules indiquées ici1.
94. L'usage avait prévalu, depuis de longs siècles, de ne plus faire au graduel les répétitions respontoriales : la revision des chants sacrés et, de leurs rubriques ou règles, pour l'édition vaticane, a montré qu'il fallait rétablir, au moins dans certains cas, la principale reprise :
« Un ou deux chantres commencent le répons jusqu'au signe ", et tous ou
1. A partir d'ici, l'élève étant suffisamment avancé dans la lecture et l'interprétation <le la notation grégorienne, aucun exemple ne sera plus transcrit en notes modernes.
seulement les chanteurs désignés, poursuivent avec une grande attention. Deux disent le verset du graduel que le chœur entier achève à partir de l'astérisque placé vers la fin; ou bien, suivant le rite responsorial, quand cela parait plus opportun, le verset est entièrement chanté par les solistes ou même un seul chantre, et tous répètent la première partie du répons jusqu'au verset. »
95. On prendra, comme exemple, le type de mélodies qui se reproduit le plus souvent, le graduel Juslus ut palma, au commun d'un confesseur non pontife. On l'exécutera comme il est dit ci-dessus, savoir :
Répons, le chantre : Justus, le chœur : ut palma, etc. Verset, le chantre : Ad anmintiândum, etc. Finale. lre manière, le chœur avec le chantre : *per noctem. — 2e manière, le chantre ayant chanté per noctem, le chœur fait la reprise du répons Justus, jusqu'à la fin.
96. 11 y a, dans le Graduel romain, vingt-sept répons graduels qui suivent cette mélodie, ou ses formules.
En exécutant le graduel avec la première manière, on fera attention qu'il ne s'agit pas là d'une réponse d'un chœur, mais que le chœur, pour ainsi dire, aide le soliste à achever la fin du chant.
97. La seconde manière, selon les commentaires les plus autorisés, convient surtout dans ces trois cas :
1° Quand il n'y a pas, après la lecture de l'épître ou de la prophétie, d'autre chant que le répons-graduel; alors, pour éviter un vide dans la cérémonie, la reprise est toute indiquée. Ex. : au Jtudi-Saint, pour le Christus factus est, le soliste ayant achevé Projeter quod... omne nomen, le choeur reprend Christus, etc.
2° Quand les paroles le demandent, pour que le sens soit complet. Ex. : à la fête de •aint Jean-Baptiste, le verset se termine par ces mots : et dixit mihi (« etil me dit : ») on comprend bien que cela ne peut pas être une fin, mais amène tout naturellement une autre phrase, c'est-à-dire la reprise du répons Priûsquam, etc.
3* Quand le verset module dans un autre ton que le répons; la reprise est alors impérieusement exigée par les lois musicales. Ex. : aux fêtes de la sainte Vierge, pour le graduel Benedicta,t\ ceux qui se chantent sur la même mélodie .
Be- ne-di-cta * et ve- ne-râ- bi-lis es, etc. Fin du ^ * fa- ctus
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ho- mo. rç Be-ne-di-cta. etc.
On se rend ici très bien compte que le verset, au lieu de finir en mi, comme le demande la toP*lhé principale, module dans l'échelle de j é mais cette finale en ri
n'e.-t pas la fin du chant, elle demande après elle le retour au ton principal, qui est amené tout naturellement par la reprise Benedicta, où dominent les mômes notes. (Cf. les doubles finales pour les versets d'introït, n° 78.) Enfin, la même règle peut être suivie pour raison de plus grande solennité.
98. L' alleliiia, avec son verset, est également un répons, dont les répétitions sont très soigneusement marquées dans les livres liturgiques. Lorsqu'on doit répéter deux fois le mot alléluia avant un verset, cela est indiqué par le chiffre romain if (=11).
Voici trois types ou formules mélodiques choisies parmi les plus anciennes ; la première sert surtout pour les versets alléluiatiques du temps de Noël- Epiphanie, nous la donnons avec les paroles de la messe du jour de Noël.
Le chantre
Puis reprise du chœur qui continue Le chantre
Alle-Iû-ia. * (/. a
v.Di-
es sancti- ficâ-tus
< — i ■■*♦ \ — ItSta-
illûxit no-
bis : ve-
ni-te, gentes,
et adorâ-te D6mi- num : qui- a hô- di- e
Le chœur
descén-dit lux
4~r^\. sjn-.:tF;=0^1^
ma- gna * su-per ter- ram.
Le Chantre : Alleliiia ; le Chœur : a...
99. Depuis le samedi de Pâques jusque dans l'octave de la Pentecôte, on ne dit pas de répons-graduel, mais deux versets d'alleluia dans cet ordre :