‹ Nouvelle méthode pratique de chant grégorienChapitre 51 sur 70 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Le mouvement des hymnes en vers, est, à notre avis, le pins modcrr de tous; :ous l'estimerions environ au chiffre 100 du métronome.

Exercice — Après l'étude de chaque espèce de strophe, on cherchera dans Antiphonaire ou le Graduel les hymnes du même genre; on en fera une lecture llentive, puis on en étudiera les diverses mélodies.

Strophe ïambique.

108. La forme la plus commune, dans les hymnes, est la strophe ïambi* <\ne. Elle est composée de quatre petits vers de huit syllabes.

Dans le vers ïambique, les accents métriques portent sur les syllabes paires •2, 4, 6) et particulièrement sur la quatrième. Cet accent métrique principal porte presque toujours sur une syllabe déjà accentuée, tandis que les au 1res varient plus ou moins souvent :

Ver-bum su- pÉRnum prôd-i-ens, Nec Pa- tris LiN-quens déx-te-ram, Ad o- pus su- um éx- i-ens, Ve- nit ad vi- tae vé-spe-ram.

1° On remarquera que la mélodie des hymnes met souvent en relief les principaux de ces accents métriques, en en faisant le point culminant (*) de la phrase chantée :

Verbum su-pérnum prô-di- ens, Nec Patris linquens déxteram,

Ad opus su-um é-xi- ens, Ve-nit ad vi-tae véspe-ram.

2° Lorsqu'un vers de cette sorte est terminé par un mot de deux syllabes, il faut bien se garder d'allonger son accent tonique qui doit rester bref. Exemple :

hegnat l)e-ua, De- i caro

De

i ca ro,

109. Dans les chants syllabiques — c'est-à-dire qui n'ont en moyenne qu'une note par syllabe, — des hymnes ïambiques, on a, dans certains pays, l'habitude d'allonger l'accent métrique, et de rythmer ainsi, par exemple, l'hymne des vêpres de l'A vent :

Côn- di- tor al- me si-de-rum, ae- tér-na lux, etc.

Cette façon de chanter peut être acceptée, pourvu qu'on n'appuie pas sur les syllabes ainsi allongées. Les syllabes toniques et les autres doivent garder leur force ou leur faiblesse respectives, qu'elles tombent sur une note longue ou sur une courte. On remarquera aussi qu'on n'abrège pas les notes autres que celles de l'accent métrique, mais que c'est celles-ci qu'on allonge.

§ III. — Strophe troehaïque.

110. Cette strophe est formée alternativement d'hémistiches ou de vers de huit et de sept syllabes, dont les accents sont disposés en sens contraire de la strophe précédente : ils portent sur les syllabes impaires (1, 3, 5, 7). L'accent métrique principal, dans le premier hémistiche, porte sur la troisième et la septième, et dans le second hémisticbe sur la première et la cinquième.

Geni- TÔ-ri, Ge- ni- TÔque Laus et ju- bi- LÂ-tio,

Salus, HÔ-nor, vir-tus Quoque Sit et be-ne- DÎctio :

Proce- DÉiNti ab u- TRÔque CoM-par sit lauDÂ-tio.

Comme pour les vers ïambiques, on remarquera que la mélodie s'a Hache ordinairement à taire ressortir ces accents métriques :

Ge-ni- tô-ri, Ge-ni-toque, Laus et ju-bi-lâ-ti-o : Sa-lus, honor, Yirtus

quoque Sit et bene-dicti- o : Pro-cedénti ab utréque Compar sit lau- .

JZB.

dâ- ti- o.

Ce genre de strophe ne s'applique qu'à quelques hymnes :

Pange lingua du Saint-Sacrement; Pange lingua de la Sainte-Croix; O quoi u'ndis, de Notre-Dame des Sept-Douleurs; Tibi Christe, des Saints-Anges ; Urbs Jérusalem bedta, de la Dédicace, et quelques autres moins usitées.

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