‹ Nouvelle méthode pratique de chant grégorienChapitre 50 sur 70 · CHAPITRE PREMIER § I. — Des Hymnes versifiées · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER § I. — Des Hymnes versifiées

103. Les hymnes sont des compositions ordinairement en vers formant des strophes régulières; elles sont, comme les psaumes, destinées à être chantées à deux chœurs, ou alternées entre les chantres et le chœur.

lOi. Les vers de chaque strophe sont, comme dans les autres chants, séparé» par des barres; toutefois, ces barres n'ont pas ici la même valeur.

Dans une strophe d'hymne, quelle que soit sa forme, on alterne régulièrement les simples allongements et les pauses. Si les vers sont longs, on fait un allongement au milieu et une pause à la fin; s'ils sont courts, on les enchaîne deux à deux, en alternant allongement et pause à la fin de chaque vers.

On peut assimiler la petite coupe à la flexe des psaumes, et la pause à celle de la médiante.

A.ve, maris stella, f Dei mater aima : * Atque semper virgo, f Félix caeli porta.

Tantum ergo sacraméntum f Venerémur cérnui : * Et antiquum documéntum f Novo cedat rftui : * Praestet fides suppleméntum f Sénsuum deféctui.

105. On doit tenir compte, de plus, de l'accent métrique. On nomme ainsi, dans les compositions en vers, la place de la ou des principales syllabes. La syllabe marquée de l'accent tonique, et concordant avec l'accent métrique, est plus importante que les autres.

La place de l'accent métrique varie suivant le genre des strophes.

106. Chaque hymne — à quelques exceptions près — n'a pas une mélodift qui lui soit spéciale : on la chante généralement, pourvu que la versification

soit la même, sur le ton particulier au temps de l'année ou à la fête que l'on célèbre.

Ainsi, à la fête de saint Jean l'Évangéliste qui tombe dans l'octave de Noël, l'hymne des apôtres Exsûllet caelum lâudibus, est chantée sur le ton de 1 hymne de Noël. Le Vendredi saint, l'hymne Vexilla régis est chantée sur le ton de la Passion, et, à la fête de l'Invention de la Sainte-Croix, sur le ton du Temps Pascal.

Mais, quelle que soit la mélodie sur laquelle on chante l'hymne, elle suit toujours les règles des coupes de vers et des accents métriques.

107. Vers hyperinètres. — On nomme ainsi ceux qui ont une syllabe supplémentaire, qui est. dans les livres liturgiques de l'Édition Vaticane, imprimée en caractères italiques :

Infûnde amôrem côrdibus.

l°Les syllabes de ce genre sont ordinairement affectées d'une note survenante, chantée soit sur le ton de la syllabe précédente, soit sur le ton de la suivante. Pour rétablir l'équilibre dans le rythme de la phrase, il suffit d'accélérer le passage où ce trouve celte particularité :

Mentes tu- 6- rum vi- si- ta

Infùn-de amô- rem côrdi-bus

Dans le second exemple, on chantera les trois syllabes fûnde a- dans le même temps qu'au premier on avait chanté tes tu-.

2° Quand les strophes de l'hymne ne sont pas notées en entier, si la syllabe supplémentaire doit être chantée sur le même I m que la précédente, el'e n'en est point séparée; si on doit la chanter sur le Ion de la suivante, elle est séparée de la précédente par un trait :

Passus cruenta (sur le ton de la précédente). Cum Pa-tre (sur le ton de la suivante).

Les autres cas n'intéressent pas les hymnes habituellementchantécs dans l'office paroissial, ou bien ces hymnes sont notées en entier dans l'Antiphonaiie Vatican.

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