‹ Nouvelle méthode pratique de chant grégorienChapitre 6 sur 70 · II. — De l'accentuation · texte numérisé non relu

II. — De l'accentuation

VII. — En toute langue, il y a dans chaque mot une ou plusieurs syllabes plus fortes, plus appuyées que les autres. En français, dans un mot de deux syllabes, c'est tantôt l'une, tantôt l'autre qui est ainsi accentuée. Ainsi, dans maison, tablEW, succession, la dernière est forte; au contraire, dans PORte, tab/V. RYTHrn*. c'est l'avant-dernière.

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VIII. — L'impulsion donnée à la syllabe principale d'un mot s'appelle X accent tonique. La syllabe accentuée doit être plus marquée que les autres, sans pour cela être allongée ou tramée.

I\. — Mots de deux syllabes. — En latin, les mots de deux syllabes sont accentués sur l'avant-dernière :

ainsi,

poRta

Rosa

Hora

HERba

TERra

TEMplum

ARbor

qui correspond au français

poRte Rose HEtre HKRbe

TERIC TEMple

ARbre

On devra donc s'habituer à prononcer correctement les mots de deux syllabes en appuyant sur la première.

Exercice de lecture et d'accentuation :

Hymne Ave maris Stella, en l'honneur de la Sainte Vierge. Cette hymne peut être lue régu.ièremeut en battant la mesure, les accents tombant constamment de deux en deux syllabes : | dve j maris | stélla, | Dèi \ muter \ dlma, | etc. Il n'y a qu'une seule exception, à la dernière strophe, au troisième vers, Spiritui Sancto. Le vers Mànstra te ésse mâtrem se lit en élidant le du mot te, comme s'il y avait Mônstra t'éssé mdtrem, de même qu'en français nous ne disons pas le essai, mais Vessai. Les mots Nos culpis s'accentuent comme si ces deux mots n'en formaient qu'un seul.

On s'habituera à lire cette hymne en faisant une petite pause de deux en deux vers.

Xota. — Il n'est pas d'habitude de mettre le signe de l'accent sur les majuscules ; on ne doit pas moins l'en marquer dans l'émission : Ave=dve; Iter=îter.

X. Mots de plusieurs syllabes. — Quand les mots latins ont plusieurs syllabes, ils ont l'accent tonique sur l'avant-dernière ou pénultième, ou sur celle qui précède, ou antépénultième. Cette syllabe est toujours indiquée, dans les livres liturgiques, par un accent aigu.

Pour bien observer l'accent tonique dans les mots de plusieurs syllabes, il n'y a donc qu'à observer la syllabe qui, dans les livres d Valise, est surmontée d'un accent.

X bis. Accent secondaire. — De plus, il faut distinguer, dans ces mots, un accent

LEÇONS PRÉPARATOIRES

Secondaire. On nomme ainsi l'impulsion, moins forte que l'accent tonique, qui se place ordinairement de deux en deux syllabes, avant ou après . Exemple :

ace. ton.

tcc. ton.

ace.

ton.

ace. ton.

ace. ton.

gloriôsus

servithtem

Dôminus

glâria

miseriebrdia

ace aec.

ace. i»c.

tcc. tan.

ate. sec.

ace. aec.

ace. (on.

ace. sec.

tnultitùdin

em

dominât iànibus

icc. sec

.icc. 9ec.

Ces accents sont évidemment moins importants que l'accent principal, et on évitera de les exagérer, «urtout lorsqu'ils tombent sur les dernières syllabes. D'ailleurs, lorsque l'accent tonique est bien prononcé, les accents secondaires se placent généra lement d'eux-mêmes, sans qu'il soit nécessaire de s'en inquiéter.

Exercice sur l'accent secondaire :

Hymne Pange lingua gloriôsi, en l'bonneur du Saint Sacrement. Mêmes observations que pourvue maris Stella. Exception au vers Recûmbens cum freitribus.

Nota. — Quand un mot de trois syllabes accentué à l'antépénultième, comme àngelus, commence par une voyelle majuscule, bien que le signe de l'accent ne s écrive pas : Angelus, on ne l'en prononce pas moins. Par conséquent, un mot de trois syllabes commençant ainsi, et sur lequel on ne voit pas le signe de l'accent, est donc accentué sur la majuscule : Exiit, Adjuva, Omnia, prononcez éxiit, ddjuva, ômnia.

XI. — Monosyllabes et exceptions. — Les monosyllabes, ou mots d'une seule syllabe, tantôt sont accentués, tantôt ne le sont pas. La plupart des méthodes entrent ici dans des détails qui exigent, de la part des lecteurs, la connaissance de la grammaire latine : nous ne les suivrons pas. Retenons seulement que me, te, se, nos, vos, sum, es, est, sunt, sont ordinairement accentués. Qui, quae, quod, quis, ta, seront accentués ou non, suivant qu'ils seront placés ou non devant une syllabe accentuée, ou d'après le sens musical : on pourra donc, dans un Gloria in eœcélsis, chanter en disant qui tollis ou qui tôllis, qui sedes ou qui sédes, tu solus ou tu solus, selon que la mélodie y prêtera.

Mais on dira toujours quis sicut ou qui propter. en accentuant le monosyllabe, comme si ces mots n'en formaient qu'un seul. (Voyez aussi plus haut, n°IX, Nôsculpis.)

XI bis. — Cela vient de ce que certains mots latins, tels que les prépositions et les conjonctions, sont ordinairement privés d'accent. Ces mots, dans ce cas, s'appuient sur le précédent ou sur le suivant, et on les prononce comme s'ils faisaient partie de ce mot. Exemple : dans le Credo, en doit ainsi accentuer cette phrase :

Ace. tunique. — —

Qui propter nos héinines, et propter nostram salur m

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XII. — Les mots hébreux sont ordinairement accentués sur la finale, bien qu'on ne les marque pas généralement du signe de l'accent : Abraham, Isaâc, Jacob, Israël, David. Siôn, Ephratd, Jérusalem, Bethléem. Dans les mots de plusieurs syllabes, ils suivent aussi la règle de l'accent secondaire; c'est celui qui seul est noté dans les livres liturgiques : Bethléem, Jérusalem.

XIII. — Exécution de l'accknt. — Il faut bien se garder d'exagérer la valeur de l'accent tonique en frappant avec trop de force la syllabe accentuée; il ne faut pas non plus qu'il ait si peu de relief qu'on ne puisse le distinguer des syllabes voisines. La syllabe tonique, surtout précédée d'une autre, doit être, pour ainsi dire, soulevée, comme par un léger crescendo, et suivie de même d'un diminuendo, de façon que la nuance vienne doucement se reposer sur la finale. On peut ainsi figurer l'effet de cet accent, pourvu que cet effet ne soit pas exagéré :

Ave Maria grâtia pléna, Dôminus técum : benedîcta tu in muliéribus,

XIV. — De même que les accents secondaires sont plus faibles que l'accent principal, ainsi celui-ci n'est -il pas toujours aussi fort. Les rhéteurs distinguent encore l'accent logique et l'accent pathétique. C'est tout simplement l'accent qui est l plus important d'une phrase ou d'un groupe de mots. Même sans connaître la langue latine, et par conséquent ce que ces mots signifient, leur place plus ou moins importante dans la mélodie peut suffire à les distinguer. En général, d'ailleurs, on observera que, de deux ou trois mots qui se suivent, il y en a un qui doit être accentué, mis en relief avec plus d'attention, surtout quand ces mots sont très courts; Ex.:

et benedictus fructus véntris t.ui, Jésus.

Dans cette phrase, le mot fructus est pour ainsi dire attiré par le mot ventris, et 6'arrête à son accent. De même pour ce qui suit :

Sancta Maria, Mater Déi,

XV. — En chantant, on aura soin de bien articuler les consonnes, surtout celles qui amènent l'accent, qu'on prononcera presque comme si elles étaient doubles; ex. : dôminus = ddô minus. Par contre, on adoucira les syllabes finales, comparables aux syllabes françaises avec e muet; ex. : rosa = rose, rosas = roses. Dans les finales en um (oum), la consonne m n'est pour ainsi dire que l'articulation de la bouche qui se ferme après s'être ouverte sur l'accent :

dominer- um

Ile flaire, I Voyelle sourde,

syllalio sonore. Byllabe étoutlôe.

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XVI. — Quelques personnes croient que l'accent consiste dans un allongement dela syllabe, et ainsi confondent les syllabes toniques a\ec les longues; d'autres disent que l'accent est bref. En réalité, l'accent n'est ni bref, ni long, puisqu'il n'a pas pour mission de mesurer la durée des syllabes : ceci est du ressort de la quantité, dont nous n'avons pas à parler ici. Mais on pourra tenir compte du poids des syllabes qu demandent plus ou moins de temps à être émises ou articulées, suivant qu'elles son composées de telles ou telles voyelles, d'une ou de plusieurs consonnes.

§ III. — De l'intonation et de l'émission du son.

XVII. — En même temps qu'on s'exercera à la bonne prononciation et & l'accentuation du latin, il faudra former la voix et la préparer au chant. Gela consiste en ce qu'on appelle la pose et la gymnastique de la voix.

Voici de quelle façon doit se faire la pose de la voix. On en continuera lesexercices, très simples, aussi longtemps que la voix ne sera pas assouplie i

!• Solfier d'abord, en nommant les notes que l'on devra chanter ; et, ensuite, les vocaliser comme il est dit ci-dessous.

2° Après avoir abondamment aspiré la quantité d'air nécessaire, en ouvrant convenablement la bouche, émettre doucement mais nettement le son à donner, puis le soutenir un certain temps avec la même force. Pendant ce temps, on tiendra la bouche également ouverte, sans bouger ni les lèvres, ni la langue,, ce qui dénaturerait le son. La première voyelle sur laquelle on fera cet exercice sera ô.

Lorsque la voix sera un peu assouplie, on prendra les autres voyelles, ou d'abord, puis d, è, é, u, i.

b° Faire les mêmes exercices en attaquant la note, et en diminuant ensuite le son progressivement jusqu'à la fin, sans fermer la bouche.

4° Enfler et diminuer successivement sans heurt, ni forcer la voix.

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