‹ Nouvelle mythologie illustréeChapitre 112 sur 206 · DES UNIONS · texte numérisé non relu

DES UNIONS

LÉGITIMES caractéristiques est celle de Ktésylla et d’Hermocharès. Ce dernier était un jeune Athénien qui, au cours d’une fête religieuse tomba amoureux de Ktésylla. Ayant pris une pomme, il y grava quelques mots et la jeta dans le jardin d’Artémis. La jeune fille ramassa la pomme et lut à haute voix l’inscription qui s’y trouvait. C’était un serment, par Artémis, d’épouser Ktésylla. Outrée de ce procédé, la jeune fille jette la pomme, mais pour prouver la pureté de ses intentions, Hermocharès alla trouver le père de Ktésylla et lui demanda la main de sa fille. Sa demande fut favorablement accueillie, mais quelque temps après, oublieux de sa promesse, Alkidamos, père de la fiancée, accueillit un autre prétendant. A cette nouvelle, Hermocharès se précipite dans le temple où se trouvait Ktésylla. Celle-ci « sur la décision des dieux » se sentit soudainement éprise d’une passion irrésistible pour l’amoureux évincé. Grâce à la complicité de sa nourrice, elle s’enfuit

APHRODITE

avec lui et ils célèbrent leur union. M aïs, quand elle mit au monde son premier enfant, elle mourut. Les dieux vengeaient ainsi le parjure de son père qui avait juré sur le laurier sacré de donner sa fille à Hermocharès et avait ensuite violé son serment. Au cours de la cérémonie de l’enterrement, on vit un pigeon s’envoler du cercueil. Le cortège s’arrêta; le cercueil fut ouvert et trouvé vide. Hermocharès

alla consulter l’oracle au sujet de ce prodige. 11 reçut l’ordre d’élever une statue à Aphrodite-Ktésylla.

Dans la légende des filles de Pandareos nous voyons Aphrodite accorder sa protection à des orphelines dont les parents ont été victimes de leur impiété envers les dieux. « Aphrodite, dit le poète de l’Odyssée, les nourrit de lait, de miel délicieux et de vins délectables.

Hera les doua, plus que toutes les femmes, de beauté, de prudence; la chaste Artémis leur donna une taille majestueuse et Athéna leur enseigna les travaux les plus merveilleux. >) Quand Méropé et Cléodora ainsi élevées ont atteint l’âge de la

puberté, Aphrodite monte « au vaste Olympe, près du puissant Zeus, qui sait la fortune et le malheur des humains, afin de lui demander pour ses vierges chéries l’accomplissement d’un heureux hyménée. » C’est le moment que choisissent les Harpyes pour enlever les jeunes filles et les « donner comme suivantes aux odieuses Erinyes. » Comme Ktésylla elles sont les victimes innocentes des crimes de leurs parents.

Quand Hera veut s’attirer les hommages de son trop volage époux, elle ne rougit pas de recourir aux bons offices d’Aphrodite. « Confie-moi, lui dit-elle, l’amour et les désirs qui te servent à subjuguer les hommes et les mortels. » Elle demande à lui emprunter « la ceinture merveilleuse où sont tracés tous les attraits, les tendres caresses, les désirs, les secrets entretiens et ces mots qui captivent l’âme même du sage ».

Aphrodite portée par deux genies hermaphrodites. Pelîke. Paris, Musee du Louvre.

(Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)

Les Grecs donnaient à Aphrodite considérée comme la divinité protectrice du mariage l’épithète d’Ourania. Phidias avait représenté la déesse, le pied posé sur une tortue, symbole des vertus

domestiques.

Aphrodite, Arès et Eros. (Lenormant et de Witte, Elite céram.)

ses prêtresses officielles. C’est parmi elles que les plus grands artistes iront chercher les modèles de leurs oeuvres. Cette beauté n’avait, bien entendu, rien de sévère comme celle d’Athéna et d’Hera. Elle respirait la grâce, le charme, la sensualité, la séduction, la volupté. La poésie et l’art grecs s’efforceront, à l’envi, d’exprimer cet idéal. Quelques-unes des statues d’Aphrodite qui nous ont été conservées représentent, comme on le verra plus loin, ce que le génie humain a produit de plus beau et de plus parfait.

APHRODITE

Page 1