LA MYTHOLOGIE
« Jamais non plus les travaux d’Aphrodite n’ont été chers à une chaste vierge, à Hestia, qu’engendra la première le subtil Kronos, et elle fut sa fille la plus honorée par la volonté de Zeus porte-égide; vénérable déesse que recherchèrent Poséidon, puis Apollon. Mais elle
LES DIVINITES DU FEU
fut bien éloignée de les accueillir ; elle les refusa obstinément et prêta le grand serment qui certes est accompli ; elle jura, en touchant la tête de Zeus, de rester toujours vierge, noble parmi les divinités. Or, le père des dieux, au lieu du mariage, lui donna une belle récompense ; elle jouit de la graisse des sacrifices, assise au milieu des demeures célestes ; et, dans tous les temples des dieux, elle a part aux honneurs qu’on leur rend, et, parmi les mortels, elle est de toutes les divinités la plus vénérée. » Une tradition ajoute qu’Hestia aurait obtenu de Zeus ces privilèges après la défaite définitive des Titans.
Hephaistos sur un char aile. Kylix.
(Lenormant et de Witte, Elite ce'ramographique.)
Comme Athéna et Artémis, Hestia représente avant tout la virginité et la pureté. Nous ne savons rien des poursuites dont elle a été l’objet de la part d’Apollon et de Poséidon. L’anthropomorphisme grec n’a inventé à ce sujet aucun de ces mythes plus ou moins obscènes qu’on retrouve à propos des deux déesses citées plus haut. Y a-t-il une relation entre cette idée de pureté et celle d’après laquelle le feu purifie tout, et étant pur par lui-même doit être mis à l’abri de tout ce qui pourrait le souiller ? Nous savons qu’après la seconde guerre médique, lorsque les foyers sacrés eurent été profanés par les Perses, on alla chercher à Delphes le feu destiné à les rallumer. D’autre part, à Lemnos, centre du culte