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VIRGINITÉ ET PURETÉ D’HESTIA

d Héphaistos, on éteignait les feux chaque année et une galère sacrée se rendait à Delos où l’on prenait le feu sur l’autel d’Apollon. Enfin, le feu est lui-même un élément de purification qui sert à réhabiliter ceux qui sont entachés de crimes.

Si, comme le dit l’hymne homérique, Hestia est « parmi les mortels de toutes les divinités la plus vénérée » , c’est qu’aucune n’est plus intimement associée à leur vie. On conçoit quelle importance il y avait, aux époques les plus reculées, à ne pas laisser éteindre le feu qu’on ne réussissait à obtenir que par des moyens encore très grossiers. Il se peut donc que la déesse ait représenté l’idée du feu perpétuel. Plutarque nous raconte qu’à Chéronée, en Béotie, le principal magistrat de la cité, l’archonte, faisait chaque année un sacrifice sur le foyer commun et que son exemple était imité par tous les particuliers dans leurs demeures. On voulait ainsi éloigner du pays le fléau de la faim, représentée par un esclave qu’on chassait à grand renfort de horions. D’autre part, Euripide nous montre Alceste sur le point de mourir à la place de son mari, adressant ses suprêmes prières à Hestia. Elle lui demande de veiller sur ses enfants privés de mère, de donner à sa fille un époux digne d’elle, à son fils une compagne de choix et de leur accorder à tous une longue et heureuse vie. Cette idée de protection se retrouve encore dans le fait que les foyers étaient un heu de refuge pour les suppliants. On trouve dans Thucydide le récit de l’arrivée de Thémistocle chez Admète, roi des Molosses. Le maître de la maison est absent ; sa femme conseille au fugitif de l’attendre auprès du foyer et lui met un de ses enfants dans les bras. L'historien grec ajoute : « Ce n’est pas seulement parce qu’elle est le centre de la famille qu’Hestia a ce caractère saint et tutélaire, mais parce que le foyer est voué aux dieux en prenant la forme de l’autel et que la flamme est celle même du sacrifice. » Enfin, l’idée de la purification se retrouve encore dans la cérémonie de l’amphidromie. Le cinquième jour après la naissance d’un enfant, la nourrice, avec le nouveau-né dans ses bras, faisait en courant le tour du foyer.

La place de ce foyer dans la maison a naturellement varié au cours des âges. Au début il se trouvait dans la pièce unique qui servait d’habitation à toute la famille et servait à tous les usages. Avec le développement du bien être le foyer fut déplacé, particulièrement dans les maisons des citoyens les plus riches.

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