LA MEDUSE
de devenir le monstre horrible tué plus tard par Thésée, avait été une Centauresse d’une grande beauté. Un jour qu’elle paissait dans un pré verdoyant au bord de l’Océan, Poséidon la viola. D’après Ovide, le viol aurait eu lieu dans le temple d’Athéna qui punit la Méduse en transformant ses cheveux en serpents.
De r accouplement perpétré d’une façon ou de l’autre devaient naître Pégase et Chrysaor, dont la renommée ne fut pas moins célèbre que celle d’Arion.
La Terre ou Gæa subit, elle aussi, les embrassements de Poséidon. Elle eut de lui un fils, le géant Antée, qui régnait, disait-on, en Libye. Quand un étranger débarquait sur son territoire, il le provoquait à la lutte et le tuait. Les crânes de ses victimes servaient à orner le temple de Poséidon ; d’après une autre légende ce temple aurait été construit avec les ossements mêmes des malheureux tombés sous les coups du géant. Celui-ci possédait le privilège de reprendre ses forces chaque fois qu’au milieu de ses luttes il touchait la terre. Cela ne l’empêcha pas de succomber dans son duel avec Heraklès qui, le soulevant en I air, l’étouffa entre ses bras puissants.
Antée avait, disait-on, épousé Tinge qui donna son nom à la ville de Tingis en Mauritanie. On y montrait le tombeau du géant ; il suffisait de remuer la terre de ce tombeau pour faire tomber la pluie. Quand Sertorius, au IIe siècle avant Jésus-Christ, vint en Mauritanie il voulut se rendre compte si Antée avait vraiment atteint la taille exceptionnelle qu’on lui prêtait et fit ouvrir son tombeau. L’exhumation des ossements le convainquit, dit-on, et il ordonna de refermer
Antée n’est pas le seul de ces monstres, terreur de leur époque, dont la légende attribue la paternité à Poséidon. L’un d’eux, Busiris, se rendit fameux par ses exploits en Egypte. De même qu’Antée, il tuait les étrangers qui avaient le malheur d’aborder dans son royaume. Il avait, disait-on, contracté cette habitude dans de singulières circonstances. Depuis neuf ans la famine régnait en Egypte, quand un devin nommé Phrasios, venu de Chypre, déclara à Busiris que l’abondance reviendrait dans son pays s’il immolait un étranger sur l’autel de Zeus. La première victime offerte au roi de l’Olympe fut Phrasios lui-même, et dans la suite, tous les étrangers subirent le même sort. Quand Heraklès passa par l’Egypte, Busiris l’attaqua, l’enchaîna et le traîna près de l'autel de Zeus. A ce moment le héros brisa ses liens, tua Busiris et tout son entourage. D’après une autre légende, Busiris, quelque temps avant l’arrivée d’Heraklès en Egypte, avait envoyé des brigands enlever les sept Atlantides ou Hespérides. Au moment où ils revenaient, leur mission accomplie, Heraklès les rencontra, les massacra et ramena à leur père les jeunes vierges délivrées.
la tombe.