LES PREMIÈRES ANNÉES DE ZEUS
L’enfance de Zeus. D apres le tableau de Jordaens. Musée du Louvre.
ZEUS
A la légende de la chèvre Amalthée se rattache celle de la corne d abondance. Là encore nous nous trouvons en face de deux versions. Tantôt, c’est la chèvre elle-même qui se casse une corne contre un arbre. La nourrice de Zeus ramasse l’objet , I entoure de feuillage et 1 apporte à son nourrisson. Dans la seconde version, c’est Zeus lui-même qui brise la corne. Il en fait cadeau aux filles de Melissos, en lui conférant des propriétés merveilleuses. Sur un simple souhait, elle se remplissait de tous les biens de la terre et devint ainsi le symbole de la fertilité et de l’abondance.
La chèvre Amalthée et sa corne furent plus tard placées par Zeus dans la voûte céleste. Suivant Athénée, Zeus enfant aurait été nourri par les colombes. « Elles lui apportaient l’ambroisie des bords de l’Océan. Un aigle, aux serres aiguës, allait chaque soir puiser le nectar à la fontaine et le lui apportait à travers les airs. Aussi Zeus, vainqueur de Kronos son père, donna à l’aigle l’immortalité et le plaça dans le ciel ; il chargea les colombes du bel emploi d’annoncer les saisons. »
Enfin, d’après une légende beaucoup moins poétique, Zeus aurait été tout simplement allaité par une truie, dont les grognements empêchaient Kronos d’entendre les vagissements de son fils.
Le futur maître de l’Olympe était en effet un nourrisson très bruyant et l’on craignait que l’écho de ses cris ne parvînt jusqu’aux oreilles de Kronos. Pour éviter un pareil malheur, des personnages mystérieux, les Curètes ou Corybantes étaient chargés de dominer, par le bruit qu’ils faisaient, les éclats de voix du divin enfant. Ils entrechoquaient leurs bouchers et leurs glaives, en se livrant à une danse guerrière. Pour les punir, Kronos, dans la suite, les aurait changés en lions, mais en compensation, Zeus aurait fait d’eux les rois des animaux.
Pour amuser Zeus enfant les Cyclopes, d’après certains écrivains, forgèrent le tonnerre et les éclairs dont il fit un si terrible usage dans sa lutte contre les 1 itans. D’autre part, Apollonius de Rhodes nous raconte que la nymphe Adrastée avait donné à son nourrisson un jouet merveilleux.
La Danse des Curetes. Rome, Musee du Capitole. (D’apres Overbeck, Atlas der Kunstmylhologie.)
C’était « une boule creusée à jour, formée de cercles d’or entre lesquels serpentait un lierre. Lorsqu’on la jetait en l’air, elle traçait en tombant un sillon merveilleux, pareil à celui que laisse après elle une étoile qui tombe du firmament » .