ZEUS DETRONE SON PÈRE
Telles sont les principales légendes relatives à l’enfance de Zeus. Les auteurs anciens sont beaucoup plus sobres de détails au sujet de la révolution qui mit fin au règne de Kronos. Hésiode ne consacre que quelques vers à cet événement important. « Cependant le nouveau dieu s’élevait rapidement et ses forces augmentaient avec
Zeus recevant Hera dans son lit nuptial. Palais Farnèse, Rome. (Phot. Alinari, Florence.)
son courage. Le temps venu, surpris par les ruses de Gæa, vaincu par les bras et les conseils de son fils, le rusé Kronos rendit à la lumière les dieux issus de son sang qu’il avait engloutis. » Apollodore d Athènes n’est guère plus explicite. « Zeus étant parvenu à l’âge viril, appela à son secours Métis, fille de l’Océan. Elle fit prendre à Kronos un breuvage qui lui fit vomir d’abord la pierre, ensuite les enfants qu’il avait avalés. »
Kronos détrôné, Zeus eut encore à surmonter de terribles obstacles avant d’arriver à établir sa suprématie d’une manière définitive.
Nous avons retracé, dans le premier chapitre de cet ouvrage, les luttes de Zeus contre les I itans et les Géants et l’opposition violente qu’il rencontra parfois dans son entourage immédiat. Finalement il triompha de tous ses ennemis et, dès lors, régna en maître souverain sur les dieux et les hommes.
ZEUS
MARIAGE El AMOURS DE —EUS.
INNOMBRABLES Les écrivains anciens ont prêté à Zeus une série d’aventures amoureuses qui
k JwU, font ce jjgu je personnage je plus hbertin et le plus passionné qu’on puisse D£ ZELJS.
imaginer. Aucun obstacle ne l’arrêtait dans 1 assouvissement de ses désirs. Déesses et mortelles, parentes et étrangères, nulle femme, du moment qu’elle avait attiré ses regards, ne lui échappa. D’où la naissance d’une foule de dieux, de déesses et de héros, dont l’ histoire constitue, en grande partie, le fond de la Mythologie grecque.
ZEUS ET HERA.
La compagne légitime de Zeus fut sa sœur Hera. Certains auteurs prétendent même que Zeus et Hera n’auraient pas attendu d’être mariés pour se donner l’un à l’autre.
Plutarque raconte qu’Hera grandissait dans l’ile d’Eubée, sous la surveillance de sa nourrice, quand Zeus vint l’enlever. 11 la transporta sur le mont Cithéron dont le gazon leur servit de couche nuptiale. D’après une autre légende, Zeus eut recours à la ruse pour obtenir les faveurs d’Hera : « Par un froid jour d’hiver, la déesse vit s’approcher d’elle un coucou tout transi et grelottant. Emue de pitié elle prend l’oiseau et, pour le réchauffer, le plonge dans son sein. Or ce coucou, c était Zeus lui-même. Ayant repris sa forme naturelle, le dieu veut abuser d’Hera. Celle-ci résiste et se débat.
Elle ne cède que lorsque Zeus lui a promis de l’épouser. »
Modèle des époux volages, Zeus excite à mainte reprise la jalousie et la colère d Hera. De là de fréquentes querelles qui, souvent, dégénèrent en drame. Plus d’une fois Hera quitta le domicile conjugal, c’est-à-dire l’Olympe, bien décidée à ne plus y revenir. Pausanias raconte qu’un jour elle s’était enfuie dans l’ île d’Eubée, témoin des débuts de son idylle avec Zeus. Elle était résolue à ne plus jamais revoir l’infidèle. Zeus, au contraire, sent renaître sa passion pour sa femme légitime. Pour se réconcilier avec elle, il imagine d’attiser encore davantage sa jalousie. Il se rend à son tour dans l’ île d’Eubée. Là, il simule un mariage avec un mannequin vêtu de façon à ressembler à une jeune nymphe. Outrée d’une telle impudence, Hera se précipite sur sa rivale imaginaire et lui arrache son voile. A la vue du subterfuge elle éclate de rire. La voilà désarmée. Une fois encore elle consent à suivre son seigneur et maître.
Hydrie du Musee du Prince de Canino.
(Lenormant et de Witte, Elite ce'ramographique.)
Un passage de l’Iliade nous montre que Zeus ne se croyait nullement tenu de cacher à Hera ses aventures extra-conjugales. Bien au contraire, il lui arrive de les énumérer complaisamment, comme des péchés mignons. Hera aurait bien tort de s en formaliser car, au fond, elle est la seule qu’il aime véritablement. Voici le discours qu’Homère fait adresser à Hera par son époux.
« Viens, et d’abord reposons-nous, et livrons-nous aux délices de l’amour. Jamais déesse ni mortelle ne m’inspirèrent tant de désirs : ni l’épouse d’Ixion, qui enfanta Pirithous, non moins vaillant que les dieux ; ni la fille d’Acrisios, Danaé, mère de Persée, le plus illustre des hommes ; ni la fille du glorieux Phénix, qui donna le jour à Minos et à Rhadamante ; ni dansThèbes, Alcmène,
Zeus prêt à donner naissance à Athéna et entoure de deux Ilithyes, Apollon, Hermes, HeraUles et Arès. Amphore thyrrhenienne. (Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)
mère d’Héraklès à l’âme redoutable et Sémélé, mère de Dionysos, joie des humains. Non, la blonde Demeter, Leto et toi-même, ne m’avez jamais inspiré l’amour que je ressens pour toi et les désirs qui me transportent. »
Cette liste des victimes de Zeus n’est d’ailleurs nullement complète, comme on le verra par la suite. Hera avait d’autant plus heu d’être jalouse que chacune de ses rivales venait accroître le nombre des enfants adultérins du maître de [ Olympe. Elle-même n’eut de Zeus qu’Hébé et Arès, auxquels on ajoute quelquefois Héphaïstos.
ZEUS ET MÉTIS. Suivant certains auteurs, ce n’est pas Hera qui fut la première épouse de
NAISSANCE Zeus, mais Métis. C’était une fille de l’Océan et de Thétys. Hésiode en fait la D’ATHENA.
personnification même de la sagesse. Cette union se termina d une manière tragique. D’après une prédiction, Métis, après avoir mis au monde l’enfant qu elle portait dans son sein, devait donner le jour à un fils tout puissant appelé à devenir le roi des dieux. Zeus était donc menacé d’être détrôné à son tour. Il va demander conseil au plus ancien des couples divins, à