PROTÉE
Poséidon
sur le puteal du Musee Capitolin, Rome. (OverbecU, y] lias der Kunstmythologie.)
Comme Nérée, Protée était « un vieillard de la mer. » D’après une tradition généralement admise par les auteurs anciens, il serait d’origine égyptienne. De ce pays il vint en Thrace, y épousa la nymphe Coroné dont il eut deux fils. Ceux-ci abusant de leur force, attaquaient les voyageurs, les forçaient à lutter avec eux et les tuaient. Ecœuré de la conduite de ses fils, Protée demanda à Poséidon de le faire passer en Egypte, et ce dieu, dit Clavier, lui fit par-dessous la mer un chemin par lequel il s’y rendit sans se mouiller.
D’après l’Odyssée, Protée habitait dans l’île de Pharos. « Cette île est fréquentée par le véridique vieillard de la mer, l’immortel Protée d'Egypte. Sujet de Poséidon, il connaît toutes les profondeurs
de la mer Lorsque le soleil est au milieu du ciel, le véridique vieillard sort des flots, poussé par
le souffle de Zéphyre et caché dans les sombres rides de la mer frémissante : au sortir de l’onde, il repose sous une vaste grotte ; autour de lui les phoques de la belle Halosydne dorment en troupe hors des vagues écumantes, exhalant l’odeur suffocante de l’abîme salé. » Protée a la propriété de se transformer de mille manières différentes. Sa fille Idothée, qui, d’après Homère, indique à Ménélas la ligne de conduite qu’il devra suivre pour s’emparer de Protée et obtenir de lui qu’il lui dévoile l’avenir, expose au chef des Grecs les « ruses du vieillard ». « Il essayera, dit-elle, toutes les formes qui se voient sur la terre et se fera serpent, onde, infatigable feu. » Pour échapper à Ménélas et à