DIVINATION
De bonne heure on y ajouta un autre poisson, le dauphin, beaucoup plus décoratif qu’on voit nager à côté des navires. L’hippocampe sert de monture au dieu de la mer, qui est souvent accompagné d’un cortège de Tritons. Enfin, le cheval et le taureau, les victimes préférées de Poséidon nous apparaissent aussi à côté de lui, mais beaucoup plus rarement.
POSEIDON On ne peut pas, comme pour d’autres divinités, suivre la transformation
des représentations figurées de Poséidon, depuis l’antique statue de bois ou xoanon, jusqu aux chefs d œuvre de la statuaire grecque de l’époque classique. La plus ancienne statue du dieu que nous possédions, ne remonte pas au delà du début du cinquième siècle avant Jésus-Christ. C’est un bronze, moins grand que nature, auquel on a donné le nom de la localité de Liwadhostro près de laquelle il a été trouvé, sur le golfe corinthien, à quelque distance du petit port de Hagios Vassilios. Par contre, nous avons des représentations plus archaïques de Poséidon, d’abord sur une série de plaques votives en terre cuite découvertes à Corinthe, puis sur les vases peints et où il figure généralement dans des scènes mythologiques. Le dieu de la mer porte presque toujours un long vêtement et un bandeau dans les cheveux. On le reconnaît aisément au trident qu’il brandit. A partir du Ve siècle, Poséidon est le plus souvent représenté nu ou avec un petit manteau qui ne couvre qu’une partie du corps. Il a de longs cheveux, relevés en une touffe au sommet de la tête, avec de grandes boucles retombant par devant sur les épaules, et couronnés d’un bandeau ou d’un diadème. La barbe, de style archaïque, est en pointe. Nous n’avons conservé complètement que 1 une des deux représentations de Poséidon sur les frises du Parthénon. Il ne reste en effet presque rien (à peine le torse) du dieu de la mer tel qu’il figurait dans la scène retraçant sa lutte avec Athéna au sujet de la possession de l’Attique. Sur le fronton oriental au contraire, nous avons une magnifique image du dieu, assis au milieu des divinités qui assistent probablement au défilé des Panathénées. Poséidon figurait également sur les frises du Theseion, temple consacré au plus illustre de ses fils. D autre part, Valère Maxime nous raconte que le peintre Euphranor avait représenté le dieu de la mer sur le portique du temple de Zeus Eleutherios à Athènes, sous des traits si majestueux que malgré tous ses efforts il ne réussit pas à donner une expression plus élevée au maitre de l’Olympe lui-même.
Deux grands sculpteurs du IV1 siècle, Scopas et Lysippe consacrèrent leur talent à des représentations figurées du dieu de la mer. De 1 œuvre de Scopas nous ne savons rien, si ce n est que Poséidon y figurait avec Téthys et Achille, au milieu d un cortège d autres divinités marines. La statue en bronze de Lysippe se dressait à Corinthe ; Poséidon debout, avait 1 un des pieds posé sur un appui, un rocher ou un dauphin. Cette pose fut dès lors adoptée par les statuaires. On la retrouve dans la statue colossale du Latran dont se rapprochent d autres conservées dans les principaux musées de l’Europe. Citons encore le Poséidon, trouvé comme Aphrodite, gloire de notre musée du Louvre, dans l’île de Melos, la statue de Cherchel, le buste Chiaramonti au Vatican. Enfin, quelques monnaies constituent des documents précieux [jour 1 étude du type de Poséidon dans I art; il en est de même d’un certain nombre de gemmes, de peintures murales et de mosaïques.
DIVINITES DE LA MER ET DES EAUX
Une Nereide.
(Conze, Heroen and Goettergestalten,)
LES AUTRES DIVINITÉS DE LA MER
NÉRÉE. Poséidon occupe la place de beaucoup la plus importante dans la mythologie
de la mer. 11 existe cependant à côté de lui un certain nombre de divinités, dont le rôle, sans pouvoir être comparé à celui des Olympiens qui gravitent dans 1 orbite de Zeus, n’en a pas moins donné naissance à des mythes très intéressants. Le principal de ces personnages de second plan c’est Nérée.
Suivant Hésiode, Nérée était le fils de Pontos qui représente dans la cosmogonie une de ces abstractions auxquelles il manque d’avoir été concrétisée sous une forme vivante. Il avait pour mère Gæa, la Terre et était le frère de I haumas, de Phorkys, de Keto et d’Eurybia. Nérée était donc d’une génération bien antérieure à celle de Poséidon. De son mariage avec l’Océanide Dons naquirent les Néréides dont l’une, Amphitrite, devint I épouse de Poséidon.
Nérée ne joue qu’un rôle modeste et effacé. Son principal caractère c’est la bonté. On l'appelle â/joi yéoo/u, le vieillard marin, nom qui est également donné à 1 riton, Glaucos, Phorkys et Protée. Doué de la vertu prophétique, il prédit à Paris la chute de 1 roie, tandisque Glaucos, son interprète, annonce aux Argonautes la glorieuse destinée d’Heraklès. Celui-ci eut d’ailleurs recours, en plusieurs circonstances, aux bons offices de Nérée. C’est de lui qu’il reçut la coupe du
Soleil grâce à laquelle il put traverser l’Océan ; c’est lui qui lui indiqua la route qu’il devait suivre pour arriver jusqu’au jardin des Hespérides. D’autre part, Aphrodite avait été élevée dans la demeure de Nérée qui témoigna également sa bienveillance à Pélée en lui donnant un remède contre la faim.
Les filles de Nérée, les Néréides, occupent dans la mythologie une place beaucoup plus importante que leur père. L’Iliade en connait trente-quatre, Hésiode cinquante et Apollodore d’Athènes en énumère quarante-cinq. Quelques-unes seules ont cependant fait l’objet de mythes intéressants. Nous avons déjà parlé d’Amphitrite que Poséidon épousa. De même il a été parlé à
différentes reprises de Téthys, recherchée à la fois par Zeus et par Poséidon et qui finit, à son corps défendant, par devenir la femme de Pélée. La Néréide Galatée fut poursuivie par le géant Polyphème, dont elle repoussa les avances. D’après une autre version, elle se serait montrée moins cruelle, aurait donné rendez-vous au géant et aurait finalement consenti à l’épouser, quittant la mer pour le continent. On ajoutait même que Polyphème aurait trouvé un rival dans la personne d’Akis que le mari jaloux écrasa sous un rocher, d’où le malheureux jaillit sous la forme du fleuve qui porte son nom en Sicile.