‹ Nouvelle mythologie illustréeChapitre 171 sur 206 · II. — CULTE ET ATTRIBUTIONS DE DIONSYOS · texte numérisé non relu

II. — CULTE ET ATTRIBUTIONS DE DIONSYOS

Dionysos est avant tout le dieu du vin, mais c’est sur la nature tout entière qu’à l’origine s’étendait son empire. Le trait caractéristique de son culte, c’est une sorte de délire qui s’empare de ses adorateurs, auxquels il semble que dans leur ivresse, ils participent eux-mêmes à la nature divine du fils de Zeus et de Sémélé. « Dionysos est le dieu des plaisirs dit Euripide ; il règne au milieu des festins, parmi les couronnes de fleurs ; il anime les danses joyeuses au son du chalumeau ; il fait naître les ris folâtres et dissipe les noirs soucis ; son nectar, en coulant sur la table des dieux, augmente leur félicité, et les mortels puisent dans sa coupe riante le sommeil et l’oubli des maux. » Platon exprime la même idée quand il écrit : « Semblables aux Corybantes qui ne dansent que lorsqu’ils sont hors d’eux-mêmes, ce n’est pas de sang froid que les poètes lyriques trouvent leurs beaux vers ; il faut que l’harmonie et la mesure entrent dans leur âme et la mettent hors d’elle-même. Les bacchantes ne puisent dans les fleuves le lait et le miel qu’après avoir perdu la raison ; leur puissance finit avec leur délire. » Enfin, Aristophane s’adressant au dieu du vin s’écriera : « Guide nos chœurs, ô Dionysos couronné de lierre ; c’est à toi que s’adressent et nos hymnes et nos danses, ô Evios, ô Bromios, ô fils de Sémélé, ô Dionysos qui te plais à te mêler aux aimables chœurs des nymphes sur les montagnes, et qui répètes, en dansant, l’hymne saint : Evios ! Evios ! Autour de toi retentit l’écho du Cithéron, et les accents font frémir les montagnes au noir feuillage, aux épais ombrages, et les rochers de la forêt. »

Le caractère orgiastique du culte de Dionysos apparaît donc nettement. Aux yeux de ses adorateurs, son existence n’est qu’une suite ininterrompue de fêtes bruyantes, dégénérant souvent en orgies auxquelles les femmes surtout prenaient part. Son passage est signalé par des phénomènes merveilleux. Des sources de vin et d’eau jaillissent du sol et des rochers, les fleuves roulent des flots

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