‹ Nouvelle mythologie illustréeChapitre 193 sur 206 · CENTAURES · texte numérisé non relu

CENTAURES

massif de Pélion, d’où Pirithoos les chassa « et les repoussa jusqu’aux montagnes des Ethices », c’est-à-dire jusqu’au pied du Pinde, près des sources du Pénée. Les auteurs anciens localisent encore l’habitat des Centaures sur l’Othrys et l’Oeta. Après la défaite des Centaures, Heraklès fonda, dit-on, la ville d’Elone dans le pays des Lapithes. Ceux-ci étaient établis à Argissa ou Argura, à Larissa, à Atrax, à Gyrthon et à Elateia. Le voisinage de l’Olympe et la Pierie faisaient également partie du domaine des Centaures et c’est en 7 hrace qu’aurait eu lieu l’aventure de Kronos et de Philyra qui furent les parents de Chiron.

On trouve aussi des Centaures en Etolie, sur le mont Taphios, où ils avaient probablement émigré de Thessalie. Le mont Pholoé où se déroule la légende Pholos était situé aux frontières de l’Elide et de l’Arcadie. Dans ce dernier pays on localisait la légende d’Atalante poursuivie par les deux Centaures Hylaios et Rhoikos. Certains auteurs anciens racontent que Chiron et d’autres Centaures avaient été chassés de la Thessalie jusqu’à Phénée et près du cap Malée. Ce qu’il y a de certain, c’est que les légendes relatives aux Centaures étaient très répandues dans le Péloponèse tout entier.

C'est dans la ville achéenne d’Olenos que, d’après Apollodore d’Athènes, Heraklès aurait tué le Centaure Eurytion qui avait profité de son absence pour se faire accorder la main de Déjanire. A Corinthe on retrouve les traces des Lapithes, car l’une des principales familles, celle des Cypsélides, revendiquait comme ancêtre Caineus. De même, à Athènes, les Pirithoides prétendaient descendre de Pirithoos et on sait le rôle joué par Thésée dans le combat entre les Lapithes et les Centaures. Enfin, certaines îles comme Rhodes et Chypre possédaient également des légendes relatives aux personnages qui nous occupent.

REPRÉSENTATIONS II n’y a rien d’étonnant à ce que les artistes se soient de bonne heure

attachés à représenter des personnages d’un aspect aussi original que celui des Centaures. On en trouve déjà l’expression, très primitive d’ailleurs, dans l’art assyrien, mais rien ne prouve que l’art grec ait subi sur ce point une influence orientale. Dans les monuments les plus primitifs, les Centaures sont représentés avec les formes du corps humain par devant, auxquelles s’adapte par derrière une croupe de cheval. Les Centaures ont donc, à ce moment, des pieds humains par devant, comme le montrent les plaques d’un collier trouvé à Camiros dans l’ile de Rhodes, où l’on reconnaît d’ailleurs nettement une influence asiatique. Par contre les peintres de vases attiques s’attachent de plus en plus à donner à leurs créations un caractère original. On a d’autre part trouvé sur l’Acropole deux petits bronzes qui donnent une idée exacte de la façon dont les artistes du VI siècle concevaient le type du Centaure. Celui-ci subit alors une transformation importante. Les jambes de devant, de forme humaine, cèdent la place à des jambes de cheval, les têtes prennent une expression moins sauvage, bien que parfois encore grimaçante. Comme on l’a fait

remarquer, le type du Centaure semble être fixé par la sculpture vers l’époque de Phidias. On voit figurer ces personnages sur les frises du Théseion, sur les métopes du Parthénon, sur la frise du temple de Phigalie. Les principaux mythes dans lesquels les Centaures jouent un rôle sont tour à tour représentés dans des scènes pleines de mouvement dont quelques spécimens nous ont été heureusement conservés.

Le plus grand peintre de l’antiquité, Zeuxis, créa un type nouveau, celui de la Centauresse, dont quelques bas-reliefs de sarcophage peuvent nous donner une idée, à côté de la description qu’en fait Lucien. Sur ce tableau, Zeuxis avait représenté une Centauresse allaitant un enfant. Toute la partie inférieure du corps est celle d’un cheval, l’artiste y avait superposé un buste de femme du plus gracieux effet. A l’époque hellénistique, on s’attacha encore à faire ressortir davantage le côté humain des Centaures. De belles mosaïques nous représentent ces personnages aux prises avec des bêtes féroces, en particulier des lions qu’ils cherchent à écraser sous des blocs de pierre ou à tuer à coups de lance.

Centaure d’une metope du Parthénon.

Table des matières contenues dans le tome premier

Introduction par Jean Richepin

I à XVI

Page 1