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CHAPITRE PREMIER

LES DYNASTIES SUCCESSIVES DES DIEUX GRECS

El

A constitution du Panthéon hellénique a été la résultante d’une longue élaboration dont les principales vicissitudes ont été racontées dans la Théogonie attribuée à Hésiode. Avant que Zeus ne trônât en maître absolu dans l’Olympe, il se produisit une série de révolutions, aux épisodes souvent confus, mais d’un intérêt parfois puissamment dramatique.

LE CHAOS. Le trait distinctif de la Mythologie grecque c’est l’anthropomorphisme qui

donne aux dieux la forme et les passions des hommes. Cette caractéristique n’apparaît cependant pas dès le début, si nous nous en tenons aux traditions hésiodiques (l). « Avant tout, dit la Théogonie, fut le Chaos ; puis Gæa au large sein, éternel et inébranlable soutien de toutes choses, et Eros le plus beau des immortels qui pénètre de sa douce langueur et les dieux et les hommes, qui dompte les cœurs et triomphe des sages conseils. »

(1) D après Homère, le créateur de l’univers aurait ete Océan qui eut pour épousé Thetis. Malheureusement on ne trouve dans les poemes homériques aucune indication au sujet de la descendance de ce couple primitif

Qu’était-ce que le Chaos dans la pensée d’Hésiode ? C’est l’espace, mais un espace qui contient en germe tout ce qui constituera l’univers. Il produisit d’abord l’Erèbe (la région souterraine qui, d’après la conception des anciens, s’étendait sous la terre aussi loin que le ciel sur notre planète) et la Nuit. L’Erèbe et la Nuit engendrent à leur tour l’Ether (personnification de l’air céleste qui enveloppe et domine la terre) et le Jour. C’est donc le Chaos qui se trouve à l’origine de toutes choses et qui sans aucun secours, donne naissance à l’Erèbe et à la Nuit. C’est lui le principe primordial et créateur.

GÆA ET EROS. Immédiatement après le chaos, Hésiode nomme Gæa et Eros. Gaea, c’est

la terre, mère universelle et nourricière des êtres. Elle engendra d’abord Ouranos « qui devait la couvrir de toutes parts de sa voûte étoilée et servir éternellement de séjour aux bienheureux immortels ». De ce fils, Gæa fait son époux et constitue avec lui la première dynastie divine. On verra plus loin comment cette dynastie fut dépossédée et le rôle que joua Gæa dans cette révolution.

Quant à Eros qui plus tard personnifia l’idée de l’amour, il n’est dans la pensée d’Hésiode qu’un principe, mais un principe d’une signification singulièrement élevée. C’est comme on l’a si bien dit « la force attractive qui porte les éléments à s’agréger et à se combiner » . Son pouvoir est sans limites. Nul n’y échappe, ni les dieux, ni les hommes qui cependant n’existaient pas encore au moment où Hésiode place l’entrée en scène d’Eros.

L’union de Gæa et d’Ouranos fut très féconde. Parmi les enfants de ce premier couple divin, il faut tout d'abord citer les Titans. Ils étaient au nombre de douze, également partagés entre les deux sexes. Du côté masculin c’étaient : Okeanos (l’Océan), Koios, Kreios, Hyperion, Japetos, Kronos. Ils avaient pour soeurs Téthys, Théïa, Thémis, M némosyne, Phébé, Rhéa. Nous retrouverons presque tous ces personnages dans la suite de ce récit. Quelques-uns d’entre eux passeront au premier plan, tandis que les autres ne joueront qu’un rôle plus ou moins effacé.

Frères des Titans, les Cyclopes s’en distinguent parce qu’ils ne possèdent qu’un seul œil, placé au milieu du front. Ils sont d’esprit frondeur et imbus d’orgueil. Leur force et leur adresse les rend redoutables. Les Cyclopes sont au nombre de trois : Brontès, Steropès et Argès ; ils personnifient le tonnerre, l’éclair et la foudre.

Une autre triade du groupe des Ouramdes est formée par les Géants, appelés encore Hécatonchires (aux cent mains). Hésiode les représente comme une race orgueilleuse ; de leurs épaules sortaient cent invincibles bras, et de là aussi, au-dessus de leurs robustes membres, s élevaient cinquante têtes ; leur force était extrême, immense, comme leurs corps. Aigion ou Briarée, Kottos, Gygès, tels sont les noms des Hécatonchires qu’il ne faut pas confondre avec d autres géants dont il sera question à propos de la Gigantomachie.

LES OURANIDES.

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