ASTÉRIE
APRÈS LA MÈRE Demeter et sa fille Perséphone, ou Koré, jouent un rôle considérable dans la
LA FILLE. religion et la mythologie grecques. Nous aurons à nous occuper d’elles à propos
des mystères d’Eleusis si célèbres dans 1 antiquité . Pour le moment nous ne parlerons de Demeter et de Perséphone que dans leurs rapports avec Zeus.
Dans leur acharnement contre le paganisme, les Pères de l’Eglise, en particulier Arnobe et Lactance, n’ont pas hésité à se faire l’écho de légendes du naturalisme le plus brutal et dont on ne trouve d’ailleurs aucune mention chez les auteurs anciens. En un latin qui brave l’honnêteté, mais ne rappelle en rien celui de Cicéron, Arnobe nous raconte que Zeus fut subitement enflammé d’une passion effroyable pour Demeter, dont l’auteur latin fait la propre mère du roi des dieux. Il a d’abord recours à la douceur pour arriver à ses fins. Demeter le repousse avec indignation. Zeus alors se métamorphose en taureau, s’approche doucement de Demeter, la terrasse et la viole. Transportée de colère la victime crie vengeance. Pour l’apaiser Zeus use d’un stratagème d’une grossièreté insigne. Il prend un bélier « bene cum grandibus testiculis », l’émascule, et vient jeter dans le sein de Demeter le produit de l’opération comme s’il en eût été lui-même l’objet. Croyant au repentir de son séducteur, Demeter se radoucit. Elle pardonne au coupable pour ne plus songer qu’à 1 enfant qu elle a conçu. Au bout de dix mois elle mit au monde celle qui, sous le nom de Perséphone, devait servir de thème à l’une des plus curieuses légendes de la mythologie.
M aïs Zeus, d’après Arnobe, était insatiable. Le premier viol ne lui suffisait pas. Perséphone, à son tour, va être victime de sa passion. Cette fois, il prend la forme d’un taureau à l’aspect
L’enlevement d’Europe. Amphore de Ruvo. Musee National de Naples. (Overbeck, Atlas der Kunstmythologie.)
terrifiant. Perséphone succombe et accouche d’un monstre à tête de taureau. Arnobe raconte encore, dans des termes absolument intraduisibles, un autre attentat de Zeus sur la personne de sa mère. Un jour que celle-ci était endormie sur le sommet d’une montagne Zeus essaya d’abuser d’elle par surprise. M aïs Demeter se réveille et se met en état de lui résister. « 11 employa la force, dit un auteur du XVIIIe siècle, et aurait apparemment accompli son abominable dessein, si l’ardeur de sa passion ne se fut évaporée dans les efforts qu’il employa pour surmonter la résistance de sa mère. Une pierre en devint grosse et en accoucha d’un fils au bout de six mois. «
Le maître de l’Olympe ne se contenta pas d étendre les ravages de sa passion à son entourage immédiat. Un assez grand nombre de mortelles excitèrent à leur tour ses désirs. D’après les Pères de l’Eglise, cela ne dura pas moins de dix-sept générations. De ces amours naquirent un grand nombre de héros dont l’histoire légendaire occupe une place importante dans la mythologie grecque. La première femme mortelle aimée par Zeus fut, cht-on, Niobé, qu’il ne faut pas confondre avec la fille de Tantale, dont on lira plus loin la lamentable histoire. Nous ne possédons d’ailleurs, à son sujet, que de maigres données. Fille de Phoronée, roi du Péloponèse et de la nymphe Laodicé, Niobé eut de Zeus, Argos, qui fonda, dit-on, la ville du même nom.
La vraie signification du mot nymphe, dans la mythologie grecque primitive, est celle de jeune fille nubile. Plus tard, on en fit des déesses et on distingua parmi elles les nymjTes des eaux, des montagnes, des champs, etc. Nous les étudierons spécialement à ce point de vue, dans le chapitre relatif aux divinités des eaux.
D’après Hésiode, Callisto la plus belle) était une nymphe. D’autres auteurs lui
donnent un père mortel, Lycaon. D’une beauté éclatante, elle avait fait vœu de rester vierge. Compagne d’Artémis, elle portait les mêmes vêtements qu elle et partageait ses chastes plaisirs.
ZEUS