‹ Nouvelle mythologie illustréeChapitre 28 sur 206 · LEDA ET LE CYGNE · texte numérisé non relu

LEDA ET LE CYGNE

Sculpture antique.

Villa Albani,

Rome

(Phot. Alinari, Florence.)

qu’on retrouve d’ailleurs, actuellement encore, dans certains pays orientaux. Platon prétend même que les Cretois avaient porté des lois à ce sujet, lois nullement prohibitnces d’ailleurs. Ce serait pour se mettre à couvert que les habitants de la Crète auraient inventé le mythe de l’enlèvement de Ganymède par Zeus. Comment leur reprocher une passion pratiquée par le roi des dieux lui-même ?

Sans vouloir nous étendre trop longuement sur ce point délicat, rappelons que, d’après Aristote, le législateur avait introduit ce genre d’amour pour mettre des bornes à l’accroissement de la population, en tenant les hommes séparés des femmes. C’était, dit Clavier, par la même raison sans doute que Solon avait cherché à encourager cet amour à Athènes, en le défendant aux esclaves, et cette défense prouvait, comme l’observe fort bien Eschine, qu’il le permettait aux hommes. Le même auteur écrit qu’on doit chercher l’origine de ce goût dépravé chez les Grecs, dans la manière de vivre, précaire, de presque tous les anciens habitants de la Grèce, et dans la crainte d’un surcroît de population.

THALEIA H nous reste encore à parler de deux autres victimes de Zeus, 1 haleia et

Phthia. Les données que nous possédons à leur sujet se résument à très peu de

PHTHIA.

chose. De Thaleia nous savons seulement que, comme Ganymède, elle fut enlevée par Zeus métamorphosé en aigle.

Quant à Phthia, le roi des dieux, pour la séduire, prit la forme d’une colombe. De cette dernière union serait né Achaïos.

EXPLICATION 1 oute une école de mythologues s’est donné la tâche d expliquer les

mythes que nous venons d’énumérer par des phénomènes naturels. A grand RELATIFS , . .

AUX AMOURS renfort d’hypothèses ingénieuses, souvent empruntées à la mythologie comparée, DE ZEUS. on a échafaudé les théories les plus variées. La naissance d’Athéna, c’est l’éclair

jaillissant de la nue. La légende de Danaé et Persée, « est la gracieuse image du soleil nouveau-né, encore caché avec celle qui l’a enfanté dans l’obscurité du crépuscule matinal, ballotté par les vagues au-dessus desquelles il va bientôt élever sa tête brillante ». « Léda, comme Léto, semble être une personnification de la nuit qui, unie au dieu du ciel, conçoit et enfante les deux astres qui éclairent le monde. »

Mais si quelques-unes de ces explications semblent plausibles, d’autres sont extrêmement hasardées et ont dû être abandonnées. Nous nous rangerons sur ce point à l’avis de Bayle qui, à propos du mythe de Ganymède, a dit :

« Je ne m amuserai point à rapporter les explications allégoriques que l’on a données ; ce sont des jeux d’esprit que l'on peut multiplier à l'infini, et par lesquels on trouve dans chaque chose ce que l’on veut. »

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