LE SERMENT
C’est au même ordre d’idée que se rattache l’institution du serment qui joue un grand rôle dans la mythologie grecque. Le serment est, en effet, placé sous le patronage de Zeus. Toutes les divinités sont soumises à cette obligation morale. « Si l’un des habitants de l’Olympe, dit Hésiode, s’est rendu coupable d’un mensonge, Iris, envoyée par Zeus pour consacrer le serment des dieux, va chercher au loin, dans une aiguière d’or cette onde fameuse qui descend, toujours froide, du sommet d’une roche élevée. » Le poète veut parler ici du Styx ; la d îxième partie de ses flots, dit-il, est consacrée au serment, « si 1 un des immortels qui habitent le faîte du neigeux Olympe se parjure en répandant des libations, il languit pendant toute une année, privé du souffle de la vie, ne savoure plus ni l’ambroisie ni le nectar et reste étendu sur sa couche, sans respiration, sans parole, plongé dans un fatal engourdissement. Lorsque, après une grande année, sa maladie a terminé son cours, il est condamné à des tourments nouveaux ; durant neuf années entières il vit séparé des dieux immortels, sans jamais se mêler à leurs conseils et à leurs banquets ; à la dixième année seulement il rentre dans l’assemblée de ces dieux habitants de l’Olympe ». Il y avait à Olympie une statue de Zeus Horkios, où tous ceux qui venaient prendre part aux jeux olympiques prêtaient serment de respecter scrupuleusement tous les règlements et prescriptions relatifs à ces concours.