L'OLYMPE
Zeus et Ganymede.
Hydrie du Musee Grégorien, Rome.
(Lenormant et de Witte,
Elite céramographique.)
Souverain incontesté des dieux aussi bien que des hommes, Zeus avait son siège sur
l’Olympe. C’était la montagne la plus élevée de la Grèce, mais le même nom n’est pas porté par moins de six sommités dans l’antiquité. On trouve ainsi l’Olympe de Macédoine, de Thessalie, d’Arcadie, d’Elide, de Mysie et de Cilicie. Mais c’était l’Olympe macédonien qui
ZEUS
était le plus connu et c’était là que, d’après les croyances populaires des Grecs, Zeus et son cortège de divinités avaient établi leur demeure.
En parlant de l’Olympe, H omère nous dit qu’il n’est « jamais battu par les vents, ni touché par la neige ; un air pur l’environne, une blanche clarté 1 entoure, et les dieux y goûtent un bonheur qui dure autant que leurs jours éternels » .
Sur cet Olympe, Héphaïstos, le divin forgeron, avait bâti un palais pour chacun des dieux. Le plus brillant était celui de Zeus, où les dieux se réunissaient chaque jour autour de leur maître. Apollon les charmait au son de sa lyre, tandis que les Muses faisaient entendre leurs plus beaux chants. Hébé, la fille de Zeus et d Hera, servait aux hôtes de l’Olympe l’ambroisie dans des coupes d’or. C’est de l’Olympe que Zeus lance sa foudre. Chaque matin, Eos (l’Aurore) « quittant la couche du beau Titton » , faisait
sur son char l’ascension de l’O-
Zeus dans 1 Apothéose d Homere, par Archelaos de Priene. Londres, British Muséum.
lympe « pour porter la lumière
aux dieux et aux hommes » et à la disparition du soleil tout rentrait en silence dans la demeure céleste.
A une époque postérieure, quand les conceptions religieuses des Grecs s’affinèrent, ils placèrent le siège de leurs dieux, non plus sur une montagne de la terre, mais dans le ciel. Néanmoins, c’est toujours sous le nom d Olympe qu’ils désignent la cité divine. Voici la description que nous en fait Ovide : « Au haut de 1 Empyrée s’offre une route que l’œil découvre quand l’air est sans nuages ; on la nomme la voie lactée ; son éclat attire les regards. C’est par cette route que les Immortels se rendent au superbe palais habité par le maître du tonnerre. A droite et à gauche, sous des portiques toujours ouverts, résident les dieux du premier ordre ; ça et là des places sont assignées au vulgaire ; à 1 entrée même de ce royal séjour, les dieux élevés au-dessus des autres par leur crédit et leur gloire, ont établi leur siège ; si un tel langage peut être permis, je ne craindrais pas de l’appeler le palais du ciel. »
Zeus, Poséidon et Hades. Kylix du Musée Blacat. (Lenormant et de Witte, Elite céramographique.)