‹ Nouvelle mythologie illustréeChapitre 34 sur 206 · PRINCIPAUX · texte numérisé non relu

PRINCIPAUX

SANCTUAIRES

ZEUS

LYKAÏOS.

Le culte de Zeus, pratiqué sur le sommet du mont Lycée, en Arcadie, présentait ceci de particulier qu’on y immolait des victimes humaines. D’où provenait cette pratique sanglante contraire aux conceptions religieuses des Grecs? Voici comment la légende expliquait ce fait.

Lykaïos, fils de Pélasgos et roi des Arcadiens, pour inspirer à ses sujets l’amour de la justice, leur aurait raconté qu’il recevait parfois la visite de Zeus. Celui-ci, sous les traits d’un simple mortel, venait s’enquérir de la conduite des Arcadiens. Un jour Lykaïos ayant annoncé la venue du dieu préparait à cet effet le sacrifice habituel. Or, il avait cinquante fils, dont quelques-uns s’imaginaient que les affirmations de leur père, relatives à ses relations avec Zeus, n étaient qu une invention de sa part. Ils résolurent de tirer la chose au clair, tuèrent un enfant et mêlèrent ses chairs à celles de la victime. Zeus arrive, découvre la ruse impie. Il renverse la table du sacrifice et foudroie tous ceux qui avaient pris part à la mort de l’enfant.

Ovide nous fournit une version différente de cette légende. D après lui, ce serait Lykaïos

ZEUS

lui-même qui aurait voulu éprouver la divinité de Zeus en lui offrant la chair d un otage qu il avait égorgé. Le dieu incendie la maison du criminel. D autres auteurs, comme Pausamas, ajoutent que Lykaïos fut transformé en loup ; cette métamorphose aurait même eu lieu plusieurs fois à la suite des mêmes sacrifices. Au bout de dix ans les impies ainsi punis recouvraient leur forme primitive s’ils n’avaient point mangé de chair humaine pendant cet intervalle de temps.

Quoiqu’il en soit de la forme de ce mythe, il f semble bien qu’il doive son origine à la pratique du sacrifice humain usité dans le culte de Zeus Lykaïos.

Les sacrifices humains continuèrent en effet à exister et n’avaient, paraît-il, pas encore disparu au temps de Pausamas.

Un autre trait caractéristique du culte de Zeus Lykaïos, c’est que ce dieu, qui était en outre adoré à Mégalopohs et à Tégée, n’était représenté par aucune image et n’avait pas de temple. Sur le sommet du Lycée s’élevait un simple autel en l’honneur du dieu. « Devant l’autel, dit Pausamas, deux colonnes se dressent, presque dans la direction du soleil levant ; des aigles avaient été gravés sur elles, mais à la mode très ancienne, et ils étaient dorés. C’est sur cet autel qu’on fait à Zeus Lykaïos de mystérieux sacrifices. » Il était défendu aux profanes de s’en approcher sous peine de mort et chacun pouvait les tuer. Une légende ajoutait même qu’un homme ou un animal qui avaient pénétré dans le sanctuaire de Zeus Lykaïos ne projetaient plus d’ombre.

Les Arcadiens prétendaient que la ville de Lykosoura, bâtie non loin de l’endroit où l’on

adorait Zeus Lykaïos, était la cité la plus ancienne du monde. « De toutes les villes que produisit la terre sur le continent ou dans les iles, Lykosoura est la plus ancienne. C est elle qui la première vit le soleil et c’est par elle que les hommes ont appris à construire les cités. »

Zeus du cortège nuptial. Rome, Villa Albar (Overbeck, Atlas der Kunstmythologie.)

Un des sanctuaires les plus vénérés de Zeus, était celui qui avait été établi dès la plus haute antiquité à Dodone et qui était célèbre dans le monde hellénique

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