ATHÉNA ET ZEUS
ATHÉNA La fille de Zeus personnifie dans la mythologie grecque la pureté et la
ET chasteté. La beauté sévère ne suffit cependant pas à éloigner d’elle les désirs.
HEPHA1STOS.
Le plus laid des Olympiens, Héphaïstos, osa la convoiter. D’après certains auteurs, il exigea de Zeus, avant de lui fendre le crâne au moment de la naissance d Athéna, qu’il lui donnât pour épouse la fille qu’il allait mettre au jour. Suivant Apollodore d’Athènes, l’aventure se serait déroulée autrement. Athéna était venue demander à Héphaïstos de lui faire une armure. « Ce dieu, qu’Aphrodite avait abandonné, devint amoureux d’Athéna et se mit à la poursuivre : il parvint cependant à la joindre, quoiqu’avec beaucoup de peine (car il était boiteux) et cherchait à la violer; mais Athéna qui était vierge et très sage, se défendit si bien qu’il ne put
ATHENA
parvenir à son but, et il laissa des marques de sa passion sur la jambe de la déesse qui, en ayant horreur, les essuya avec un morceau de laine qu’elle jeta à terre. Elle s’enfuit et Erichthonios naquit de ce qu’elle avait jeté à terre. » Nous reviendrons plus loin sur les légendes relatives à Erichthonios qui jouent un grand rôle dans le culte d’Athéna en Attique. Disons tout de suite que la plupart des auteurs anciens n’admettaient nullement que ce héros fût né de la tentative de viol faite par Héphaïstos sur Athéna, quoiqu’elle s’occupât de lui comme s’il eût été son fils.
ATHENA
ET
POSEIDON
11 n’y a pas à tenir compte de la légende qui fait d’Athéna la fille de Poséidon et de Tritonis, ni de celle qui lui donne pour père le même dieu et pour mère
Naissance d'Athena. Kylix du musee Blacas. (Lenormant et de Witte, Elite céramographique .)
l’Océanide Koryphé. Une tradition beaucoup plus intéressante, c’est celle qui nous montre Athéna et Poséidon se disputant la possession de l’ Attique.
Nous possédons à ce sujet plusieurs versions. D’après l’une, ce fut Poséidon qui vint le premier dans l’Attique. D’un coup de trident, il avait fait jaillir sur l’Acropole une source salée. Athéna, venue ensuite, planta un olivier et revendiqua la possession du pays. La cause fut, dit-on, portée devant le tribunal de l’Olympe et ce fut Athéna qui l’emporta. Un autre récit, que nous devons à saint Augustin, est beaucoup plus détaillé. A l’époque de Cécrops, un olivier surgit tout d’un coup dans un endroit de la citadelle, et une source jaillit tout près de là. Cécrops ayant envoyé consulter l’oracle, celui-ci répondit que la source désignait Poséidon et l’olivier Athéna. C’était aux habitants à choisir celle des deux divinités dont ils voulaient donner le nom à leur ville. Cécrops convoqua alors tous les habitants, hommes et femmes, car celles-ci étaient alors admises dans les assemblées et possédaient le droit de vote. Tous les hommes votèrent pour Poséidon, toutes les femmes pour Athéna. Celle-ci l’emporta parce qu’il y avait une femme de plus qu’il n’y avait d’hommes. Mais Poséidon, irrité, inonde le pays. Pour l apaiser on s’en prit aux coupables, aux femmes. Celles-ci durent subir une restriction de leurs droits. Elles perdirent le droit de vote dans les assemblées ; il ne leur fut plus permis de faire porter leur nom à leurs enfants et, enfin, elles ne devaient plus porter le nom d’ Athéniennes.
La forme la plus commune sous laquelle est rapportée la légende de la dispute d’Athéna et de Poséidon, est celle qui nous montre les dieux promettant la possession d’Athènes à celui des deux
concurrents qui ferait aux hommes le présent le plus utile. D’un coup de son trident, Poséidon fit sortir de la terre un cheval. Athéna, frappant le sol de sa lance, on vit apparaître un olivier. Les dieux jugèrent que cet arbre était un présent plus utile que le cheval et donnèrent le pays à Athéna. Brûlé par les Perses, en même temps que le temple d’Erechtée, l’olivier sacré de l’Acropole ne disparut pas : le lendemain même de l’incendie de nouvelles pousses apparurent. La déesse manifestait ainsi aux Athéniens qu’elle ne les abandonnait pas.
ATHENA
ET
APHRODITE
Dans l’Iliade, Athéna intervient dans le tumulte des batailles. La protection qu elle étend sur ses héros va jusqu’à faire triompher ceux-ci des divinités rangées dans le camp opposé. C’est le cas de Diomède. « Si, lui dit Athéna, l’un des immortels vient pour t’éprouver, ne lutte pas contre lui. Mais si Aphrodite, la fille de Zeus, paraît dans le combat, frappe-la de ta javeline d’airain. » Homère nous montre Diomède s’élançant sur Aphrodite et blessant « avec l’airain aigu la main délicate de la déesse ; l’épiderme est déchiré au travers du manteau divin dont les Grâces elles-mêmes ont formé le tissu ; sur la paume de la main coule le sang incorruptible de la déesse » . Aphrodite fuit le champ de carnage ; elle se plaint avec véhémence de l’affront qui lui a été fait par un simple mortel, mais Zeus lui dit en souriant : (< Chère enfant, les travaux de la guerre ne te sont pas confiés; laisse-les au fougueux Arès, à Athéna; occupe-toi seulement des désirs et des œuvres des hyménées. »
ATHÉNA On a vu plus haut comment Héraklès était arrivé à triompher du géant
ET LES HEROS. Alcyonée grâce aux conseils d’Athéna. Celle-ci manifeste sa bienveillance au HÉRAKLÈS.
fils de Zeus et d’Alcmène en plusieurs circonstances. C’est elle qui lui permit de venir à bout des oiseaux du lac Stymphale, en lui faisant présent de cymbales qu elle tenait elle-même d’Héphaïstos. Héraklès se plaçant sur une montagne voisine du marais d’où les oiseaux monstrueux refusaient de sortir, frappe de toutes ses force sur les cymbales. Effrayés par le bruit, les oiseaux s’envolèrent et le héros les tua à coups de flèches.
Quand Héraklès se fut emparé des pommes du jardin des H espérides, il en fit présent à Athéna. Celle-ci, d’après la légende, les reporta dans le jardin, « car il n’était pas permis qu elles fussent placées ailleurs » .
ATHÉNA La majorité des auteurs anciens nous disent que ce fut le héros argien Persée qui
tua la Gorgone, monstre horrible qui séjournait aux extrémités de la terre. Un autre